
naps
partout et nulle part,mais pas, France
22 août 2006 à 16:50
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Les soldats de l'enfer (Tadjikistan)
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bon alors reprenons ou nous en etions... au depart j etais pas si sur que ca d attendre la petite jap mais vu l etat de delabrement dans lequel je me trouvais il etait clair que j allais pas passer au tajikistan direct et qu il me fallait quelques jours de repos. etant quand meme un pingre dans l ame le lendemain j allai avec les potes a l hotel pas cher qu on m avait conseille et y retrouvai un des japs de bishkek. a lui aussi il etait arrive une galere: il avait 1000 dollars dans la poche de son pantalon et s etait fait pickpocketer la liasse dans un minibus collectif. ben oui,des fois les japs ils sont trop confiants... du coup comme il avait plus de cash et que nul part a osh il avait pu utiliser ses travellers cheques il devait repartir a bishkek mais il avait plus un radis le pauvre. qu a cela ne tienne je t en file un peu amigo,tu me les rendras dans ta prochaine vie,mais a l avenir fais comme tonton naps,tu planques 100 ou 200 dollars en cash quelque part pour pas te retrouver dans la mouise si ce genre de situation t arrive de nouveau. les potes repartent a bishkek et la petite jap se pointe. je lui raconte l histoire et elle ouvre de grands yeux-brides bien sur-etonnes. ca commence a aller mieux,mais j ai toujours pas reussi a faire de radio car c est le week end. j ai pas envie d attendre,allez hop direction les pamirs,on verra bien quand je tomberai sur un hopital. de toute facon le doigt n est pas casse ni luxe car j arrivais encore a le plier juste apres l accident. on trouve un uaz pour murghab et c est reparti. un uaz les gars c est un espece de minibus russe,bien costaud,mais pas vraiment fait pour battre des records de vitesse peu s en faut. un peu avant la frontiere on admire le superbe panorama sur les pamirs(en fait la plus belle partie est en dehors des pamirs justement,quand on peut les voir le long de la route qui va de la frontiere tajike a la frontiere chinoise,parce qu une fois qu on est dedans c est moins joli vu qu on les voit plus). au poste frontiere kirghiz on croise une bmw poussiereuse,qu est ce qu ils fouttent la ceux la avec une caisse pareille,ca serait des trafficants que ca m etonnerait pas... on arrive en haut du col qui marque le debut du tajikistan au crepuscule et les doauniers,c etait a prevoir,nous appellent dans ce qui leur sert de poste frontiere,c est a dire l equivalent d une baraque de chantier de chez nous. ils sont tres interesses par le contenu de nos sacs,surtout le mien avec son hamac mousticaire et son masque et tuba. ils me regardent un peu comme un fou: c est pour nager ca? oui,mais pas ici voyons les gars,on est a plus de 4000 m que diable!!! au debut ils sont un peu aggressifs mais comme toujours ca se detend vite,surtout quand je leur file quelques piecettes d euros pour leur collection. jusqu ici tout va bien,on est rentres dans les pamirs sans le permis et personne n a l air de s en preoccuper. donc c est tout bon,on passe encore quelques postes de controles nonchalants et on arrive a murghab a 4 h du mat. ben oui,c est qu on a bien failli dormir en haut d un col,le uaz avait je sais pas quoi,il calait tout le temps,ca a pris des plombes a solutionner et ca puait l essence,ca ajoute a l altitude et au froid ca aidait pas nos petits poumons a brasser cet air dont la vie a besoin... a murghab un petit hotel local pas cher,hors de question d aller dormir dans ceux a touristes a 10 dollars la nuit. le lendemain on se promene dans le bled et pas de chance on se fait choper par le kgb. la femme aux dents en or est furieuse parce qu on n a pas de permis. bon c est le moment de sortir mon russe provencal et de comme d habitude jouer le jeu en plusieurs actes: 1-faire le malheureux qu il s excuse qu il savait pas et qu il est vraiment imbecile et qu il le refera plus, 2-promettre sur la tete de ses ancetres de faire le permis a khorog parce qu il veut pas se faire deporter et repartir au kirghizstan pour lequel il n a de toute facon plus de visa, 3-une fois la situation un peu detendue commencer a sortir des vannes foireuses et faire le pitre, 4-dire merci et on s en va,demain jure on va a khorog et de toute facon on n a plus trop le choix maintenant. une fois le repas de midi torche on va se balader dans la campagne et on tombe sur un vieux monsieur adorable qui nous invite chez lui dans un petit bled pas loin. on le suit et passe l apres midi a baragouiner avec les locaux,sympa comme tout. le lendemain,pas de transports pour khorog. on nous conseille d aller au poste de controle qui est a la sortie de la ville car tous les vehicules qui vont a khorog sont obliges de s y arreter. les soldats du poste sont sympas et nous adoptent tout de suite,on boit le the et discute de choses et autres dans un melange de russe,d anglais et de language des yeux et des mains car bien souvent on se capte pas trop les uns les autres... y a un autre touriste qui arrive,un sud africain blanc,il est dans la galere pire que nous celui la: il s est fait voler son passport,s en est fait refaire un nouveau a dushanbe mais dans le nouveau y a pas ni le permis ni le visa. il a des photocopies mais le kgb n a rien voulu savoir et l a donc reenvoye a khorog,le gars est venere. on attend,on attend,mais a part quelques camions pourris auquels il faut sans rire une semaine pour aller a khorog y a rien qui passe. et soudain v'la les types a la bmw qu on avait vu l autre jour a la frontiere qui arrivent. ils ont l air de bien connaitre les soldats et leur emmenent de la vodka. ils vont manger en ville et emmenent le sud africain avec eux. a leur retour il m explique qu ils sont bel et bien des trafficants d opium et d heroine,mon intuition ne m avait pas trompe. ils paient les soldats et tout passe comme une lettre a la poste. on pourrait etre tente de dire,avec notre cul d occidental confortablement installe dans un fauteuil que ce sont des pourris,mais faut un peu relativiser la chose: ces types sont tankes dans une espece de cube de beton,sans eau(faut aller a la riviere pour ca),sans wc,sans electricite,avec les carreaux casses et en tout et pour tout comme mobilier un petit poele ridicule,3 lits en fer,une armoire et une table,le tout a 3700 m d altitude. payes une misere,loin de leurs familles,avec x metres de neige et des temperatures siberiennes l hiver. je n oublierai jamais les grands yeux tristes de l un deux qui me disait: tu sais,ici on est obliges de piccoler pour tenir,il fait froid,y a rien a bouffer(rien ne pousse,c est trop haut et la terre est salee va savoir pourquoi,NDLR)qu est ce que tu veux faire,on piccole pour avoir un peu d energie. je comprends amigo,et je comprends aussi que vous croquiez un peu du buziness de la came,qui pourrait vous en blamer au vu des conditions de vie inhumaines que vous avez... le soir toujours rien,les soldats partagent leur maigre bouffe avec nous et on s entasse a 2 dans un lit. le lendemain je decide d aller en ville avec yu i la petite jap histoire de voir s il y a pas un moyen de transport,je commence a peter un cable ici et puis j ai peur que si transports il ya ils soient tous pleins quand ils arrivent au poste. a peine arrive youpi,y a un uaz qui va justement a khorog. on recupere le sud africain et en avant. contents de partir ca on l est,mais je n oublierai jamais ces soldats de l enfer... quand je pense que les petits blancs se plaignent chez nous,y a des coups de pied au derche qui se perdent... a suivre
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