
MOHRIC€34
34, France

29 août 2007 à 18:42
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Je sais qu’elle se cache dans du bleu, celui de la mer et du ciel pour ne pas se laisser accoster facilement. Le bleu, mais pas celui où ce noie d’autres cultures en colorant tout de cette couleur pour mieux capter l’attention dans des images subliminales, non, plutôt le bleu pour contraindre le maléfice à passer ailleurs. C’est le bleu qui la relie à Sète, d’ailleurs, bien des écheveaux marins vont et viennent dessus comme la navette du tisserand, inlassablement ils accommodent et raccommodent ce tapis flottant étendu entre nous. Sur l’horizon des navigateurs, sur la ligne de niveau des aviateurs, tout au long de son rivage, elle signe en blanc d’écume, pour la paix qu’il est temps qu’elle connaisse, pour renvoyer de la lumière au monde qui se languit d’elle, pour confondre ses violeurs et les recouvrir d’anonymat. Et puis aussi et surtout, comme les pages vierges que nous avons à remplir, un blanc-seing. Il paraît, d’après ceux qui l’on surpris dans son intimité, qu’elle a un beau sourire de dent blanche. Au dessus de son sourire, en une certaine saison, elle perche un diadème de flocons sur un suage pour front duquel descend jusqu’au contrefort arrière de son continent une chevelure peut être chocolat, prune, météorite, houblon…, c’est selon l’heure et le temps. Ses merveilleux serviteurs disent que c’est le vent qui la peigne en remodelant sans cesse ses boucles en dunes. Pour les gratifier, discrètement, elle les protège dans des havres d’émeraudes rafraichissants où coule fluide couleur, et plus précieux que le diamant. Bien que grande, elle a gardé ses amusements de jeunesse. Elle se croit encore fée, et ce plaît à par-ci par-là, jouer à créer des mirages. Plus grand monde ne tombe dans ce travers, sauf peut-être les insouciants trop pressés de goûter à ses charmes et approchent la jouissance ultime à leurs dépens. Pour la repérer, je m’aide du soleil, car elle aime cet astre et resplendit à ses rayons. Je crois savoir que vers midi elle est juste en dessous, c’est à ce moment que je peux la pointer. C’est sûr, elle est au bout du port d’envol de ma région, pourquoi n’ai-je pas, quand je travaillais là dedans, profité de la rejoindre. Je ne la désirais pas encore et j’ai préféré une aventure, en sa terre voisine, juste pour effeuiller une fleur du pays. Une hôtesse un voyage, un moment de tangage, un mirage de volage. Notre face à face géologique permet des œillades au dessus des flots, et nous nous dévisageons. Selon les temps historiques, transparait derrière un voile de rage, un rictus sans ambages, des sourcils pointilleux, une voix de grincheux décrivant l’avenir en creux comme la tombe des’espoirs. Certains la rêve tel un fruit, et la voient en kaki, beurk caca d’oie. De temps à autres j’entends résonner chez elle une promesse de mieux, et grand mécréant, je me surprends à confier au vent des prières pour que cela ne soit pas qu’un vœu pieux.. inch allah, ainsi soit’il, ect et tralala, puis je me lasse, et notre amour trépasse. Au fond, bleu à l’âme ou pas nos soifs sont les mêmes, seul le soleil qui brille pour tout le monde devrai tempérer le degré de boire, la, et, en, liberté. Je prends sur moi pour ne pas repousser davantage notre rendez-vous. Je me sens timide et je ne peux rien fixer de précis. Je crains de ne pas lui plaire avec mes sabots face à ses babouches, avec mes sandales contre ses rangers. Comment lui expliquer que je salive à l’idée d’une choucroute et que je rêve d’un tagine. Je m’engage d’une promesse pour lui plaire, dés quarante jours avant de nous voir j’oublierai le cassoulet, le vrai. Aimera t’elle Bach, avec passion, serai-je séduit de la voix muézin ? Vivement les youyous les flonflons, mais trouverai-je les mots pour lui dire, que Mohamed Je ne suis en rien le messager d’antan, comment allons nous concilier si profonde évolution, quel dictionnaire allons nous utiliser, le kabyle, l’occitan ? Deux racines pour Amarrage et Arrimage. Une troisième encore qu’en bourgeon n’a pas encore d’encrage et cherche à étancher sa soif d’horizon en plein désert, quelle déraison ! Mais elle n’a pas tort car elle s’appelle voyage, et veut voir la terre de sa première maison. Maison, maison……,
(Ce message a été modifié par MOHRIC€34 le 29 août 2007 à 18:45.)
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