
Oublieuse Yeghegnadzor/Yerevan, Arménie

29 février 2008 à 5:46
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Je vais commencer par répondre moi-même à mon message de départ. Je ne voulais pas le faire tout de suite, car souvent lorsque l'auteur d'un message de départ pose dès le début sa propre pensée, cela influcence beaucoup les réponses suivantes, ce que je voulais éviter. Ma définition: Comme déjà énoncé par nombre d'entre vous, nous partons, au départ, avec un certains nombre de "données" non modifiables, ce que j'appellerai des contraintes innées, celles auxquelles on ne peut pas échapper, à savoir, le sexe, les handicaps physiques, mentaux, par exemple, pour ne parler que des plus visibles. Nous partons aussi avec des contraintes liées à la société qui nous entoure, à notre éducation, à l'environnement naturel. C'est ce que j'appellerai des contraintes "acquises" (je n'ai pas assez réfléchi pour trouver un terme plus approprié, si vous avez mieux, n'hésitez pas) en opposiont à "l'inné". Les contraintes innées sont indépassables, on ne peut pas les modifier, et on doit donc faire avec. Bien que la donne ait changé, puisqu'on peut par chirurgie changer de sexe, mais c'est artificiel, et ne reproduit pas exactement la nature. Nous devons donc faire avec. Les contraintes "acquises", sont elles, à mon sens, dépassables. Nous avons le choix, dans l'absolu, de les accepter, ou non, dès lors que nous avons les outils intellectuels pour. C'est là que pour moi, intervient "l'exercice de la liberté". La liberté, pour moi, se résumerait en un mot: le choix. Etre libre, c'est choisir entre plusieurs options, qui peuvent être infinies si on y réfléchit bien. Choisir non en fonction d'un schéma préexistant, imposé par l'entourage et l'éducation. Etre libre, c'est se débarasser de ce que l'extérieur considère comme bon pour vous ou non. Etre libre c'est s'écouter, c'est faire ce que l'on est en train de faire, en pleine conscience. Deux personnes peuvent être au même endroit, au même moment, en train de faire la même chose, et l'une sera libre, l'autre non, juste par le fait qu'elle est consciente du choix qu'elle a fait, pourquoi, et que cela réponde à son désir personnel. Là où je considère que sans contraintes il n'y a pas de liberté, c'est justement que sans contraintes, le nombre de choix devient vertigineux, et mène, à mon sens, à la déprime, à l'abandon, de la même façon que le fait l'absence (ou le sentiment d'absence) totale de choix. De toutes façons, une situation sans contraintes, sur Terre, ça n'existe pas, ça tombe bien Puisque pour moi, etre libre c'est choisir entre plusieurs options, il faut que ces options existent, et qu'elles soient limitées. En fait, comme dit dans un des messages, la liberté, c'est choisir nos propres contraintes, choisir le cadre dans lequel on évolue. Mais là où je vais un peu plus loin, c'est que la liberté, c'est aussi la remise en question constante de ce cadre que l'on s'est forgé. Car on peut se forger un cadre, et qu'au bout d'un moment il ne corresponde plus aux choix qui nous satisfont. Si l'on garde ce cadre alors qu'il est devenu "obsolète", on est plus libre à mon sens. Donc j'associerais un deuxième mot à la liberté: le doute. Peut-être qu'en résumé, ma définition de la liberté, c'est choisir et douter. Et je ne dissocie pas la liberté du bonheur, car dans mon cas, l'un sans l'autre est impossible. Tiens, à ce sujet, en est-il de même pour vous? Pour moi la recherche du bonheur, être heureux, est directement lié au fait d'être libre. Un moment de privation de liberté De façon générale, mon enfance en général, était un moment de privation de liberté. Mes parents n'étaient pas des tortionnaires, je vous rassure, et c'était même, par certains côtés, une éducation bien plus libre que celle de mes camarades de classe. Mais assez tôt, vers 9/10 ans, je n'avais qu'une envie, c'était d'être responsable de moi-même, pour pouvoir enfin faire les choix que je voulais, sans avoir à demander l'autorisation à qui que ce soit. Un moment précis: un jour, je devais avoir 12/13 ans, il y avait un petit festival dans un village à environ 7km du mien, où jouait un ami à moi. Je demande à mes parents si je peux y aller en vélo. Ils ont refusé, car ils considéraient que c'était trop dangereux que j'y aille seule, étant donné que la route passait par la forêt, et qu'étant une fille, je risquais de me faire violer. J'ai demandé s'ils auraient accepté pour mon frère, ils m'ont répondu que peut-être plus facilement. C'est l'unique fois où mes parents m'ont refusé quelque chose en raison de mon sexe. Je n'ai pas désobéi, mais ça m'a profondément choquée, et j'ai vraiment senti une atteinte à ma liberté. Un moment de totale liberté (ou sentiment de totale liberté, à discuter) De façon générale, logiquement, depuis que j'ai 18 ans, je me sens libre. Mais évidemment, j'ai eu des degrés différents de liberté, au fur et à mesure où je comprenais mieux qui j'étais, ce que je voulais, et qu'est-ce que c'était être réellement libre. Je n'avais plus besoin de demander d'autorisation, mais il y avait encore dans ma tête pas mal de barrières qui m'étaient alors invisibles (et j'en ai sûrement encore que je n'ai pas découvertes). Mais globalement, j'ai fait les choix que je voulais, au moment où je le voulais, et qui ne répondaient pas à des critères "objectifs" tels que le jugement des autres, le taux de chômage, ce qui est utile ou pas. Un moment précis: j'étais en Serbie, pour un an d'études. Je décide un jour de partir pour une semaine faire un tour en-dehors de la capitale. Je me rends à la gare, regarde les noms de gare. Et choisis, selon leurs sonorités, les villes où je vais m'arr |