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hery
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Livre: "Kuyatè, la force du serment" (Mali)

27 juin 2009 à 3:54
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« On dirait qu’une faculté qui nous semblait inaliénable, la mieux assurée de toutes venait de nous faire défaut : la faculté d’échanger nos expériences. » (Walter Benjamin, Le Narrateur)

Drissa Diakité :
Kuyatè, La Force du Serment. Aux origines du griot mandingue.
L’Harmattan, Paris / La Sahélienne, Bamako.
2009.

Kuyatè, la force du serment repose opportunément la problématique de la tradition orale comme source de l’histoire africaine. Au moment où les fétichistes de l’écriture reviennent à la charge, arguant que le passé lointain de l’Afrique est absent du fait de la non-existence de document écrit (sic), Kuyatè, la force du serment apporte la magistrale démonstration que la parole ancienne est en pays mandingue un merveilleux réservoir de connaissances historiques, de savoir-faire et de savoir-être.

Le titre Kuyatè réfère aux griots (jeli, en bamana), ces détenteurs par excellence de la mémoire historique chez les peuples mandingues ; les Kuyatè (Kouyaté) sont les tout premiers à exercer la jeliya, « fonction de griots » : dans la plupart des versions de l’épopée de Soundiata, le jeune héros est en compagnie de son jeli qui recevra plus tard le patronyme de Kuyatè. L’histoire suggère que de tous les temps, les sociétés Mande on eu des jeli. Drissa Diakité nous donne à lire un récit captivant relatant les principaux événements qui ont conduit à l’avènement de l’empire du Mali au XIIIe siècle. Il met en scène plusieurs figures historiques : Soundiata Keïta, Soumaworo Kanté, l’adversaire de et vaincu par Soundiata, Tiramagan Traoré, l’un des généraux de Soundjata, Fakoli Kourouma, Kamadian Kamara, etc. et porte un éclairage nouveau sur le rôle des grands clans constitutifs du Manden.

Avec force, Kuyatè retrace en quelque sorte la genèse des héros fondateurs de l’empire du Mali au XIIIe siècle. Au cours des siècles qui suivirent, d’autres personnalités emblématiques poursuivront cette grande aventure humaine jusqu’au-delà des limites du continent africain.

A recommander vivement à tous ceux et celles qui s’intéressent à l’aire culturelle Mande en général, ainsi qu’au Mali et son histoire glorieuse en spécial.

Drissa DIAKITÉ est historien, professeur à l’ÉNSup de Bamako de 1982 à 1996, ancien doyen de la faculté des Lettres, Langues, Arts et Sciences Humaines de l’Université de Bamako. Il a publié de nombreux travaux consacrés à l’histoire de l’Afrique et du Mali (dont une contribution pour l’ouvrage actuel, Petit précis de remise à niveau sur l’histoire africaine à l’usage du président Sarkozy, réponse au révoltant discours politique du Président français, tenu à l’Université Cheikh-Anta-Diop/Dakar, à l’occasion de sa première visite officielle en Afrique).

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Re: [hery] Livre: "Kuyatè, la force du serment" (Mali) (en réponse à...)

8 juillet 2009 à 17:16
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bonsoir hery,
bonne idée que de nous proposer un bouquin !
dans ce livre est il question aussi de la grande charte du Mandé, appelée Manden Kalikan ou le serment du mandé, fait historique transmis de génération en génération, grâce à la tradition orale?
cette déclaration aurait été solennellement proclamée dans la capitale de l' empire du Mali, le jour de l' intronisation de Soundjata Keita.
merci
à bientôt
christian

"Celui qui voyage sans rencontrer l' autre ne voyage pas , il se déplace "
Alexandra david-Neel
http://voyagerencontre.canalblog.com/

hery
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Re: [atoll] Livre: "Kuyatè, la force du serment" (Mali) (en réponse à...)

9 juillet 2009 à 2:43
  Répondre

 
dans ce livre est il question aussi de la grande charte du Mandé, appelée Manden Kalikan ou le serment du mandé, fait historique transmis de génération en génération, grâce à la tradition orale?

Christian, bonjour !

OUI, vraiment, dans la mesure où L’épopée de Soundiata (Sunjata) passe pour être la charte sociale du Mande. Cette grande œuvre de fiction comprime un savoir encyclopédique dont la fonction est d’expliquer l’ensemble des phénomènes sociaux. Lisez sur ce point l’article intéressant ...

John W. Johnson (1992) « Dichotomy of Power and Authority in Mande Society and in the Epic of Sunjata »,

paru dans le bouquin très recommandable …

Austen, Ralph (ed.) 1999. In Search of Sunjata : The Mande Oral Epic as History, Literature and Performance. Bloomington : Indiana University Press.

Pour les Francophones, l’ouvrage en deux volumes (1988/91), « La grande geste du Mali » de Cissé, Youssouf Tata/Wâ Kamissoko laisse recueillir des informations sur ce sujet, surtout son tome II, « Soundjata, la gloire du Mali » (Paris : Karthala/ARSAN).

Petite note linguistique : kalikan (mot bamana) veut dire « serment » (< kali v.réf. « faire un serment, jurer » + kan n. « voix, parole ; langue parlée »)

Bonne journée, hgb

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L'épopée de Sunjata (Mali) (en réponse à...)

13 septembre 2009 à 10:01
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(supplément)

L’épopée de Sunjata, « gloire du Mali »

Dans l’histoire et culture précoloniales de l’Afrique, ce sont avant tout deux figures légendaires qui ont trouvé le plus grand intérêt : le souverain des Zulu, Chaka (Afrique du Sud, début 19e siècle), et un certain Sunjata Keïta (13e siècle). Depuis le 14e siècle, des voyageurs communiquent de ce Sunjata, premier roi (masa ou mansa, en bamana) d’un empire dit « Malli ». Ils nous décrivent avec enthousiasme la grandeur des cours royales où les griots (bardes ; jeli, en bamana) jouent un rôle social important (constituant avec les numu, les forgerons, la société Mande [caste] dite nyamakala) ; ils sont les détenteurs des généalogies et gardiens des traditions. En fin de compte, personne ne saura si Sunjata a été un roi historique ou plutôt un personnage légendaire, mais nous savons qu’en Afrique occidentale sa gloire a survécu jusqu’ici, sept siècles au moins ! En tout cas, c’est un fait incontesté que la valeur de cet épopée pour la culture africaine est comparable à l’œuvre d’Homère pour la culture européenne.

Jusqu’à nos jours, les ethnies Mande (Bamana, Khassonke, Maninka, Mandinka, Soninké, Soussou, etc.) rattachent leur tradition orale, leur histoire à la personne de Sunjata. Surtout chez les Maninka, il jouit d’un prestige extraordinaire. Les Maninka estiment qu’un pacte sacré (, en bamana) établi par Sunjata est le fondement de leur société. Ils croient que la société d’antan se divise en clans différents (si, en bamana), ayant chacun son pays. Ce n’est qu’après sa victoire sur Sumaworo (Kanté) que Sunjata a pu établir une société dans laquelle les clans vivaient ensemble en paix.

Dans la société Mande chaque clan a sa tâche spécifique : guerriers (kèlèden), prince-guerriers (magan ?), griots (jeli), cordonniers (garanke), forgerons (numu), marabouts (mori), guerriers de carquois aristocratiques (tontigi), « hérault » proférant des panégyriques à contenu islamique (funè ou finè, catégorie spéciale de jeli). L’épopée de Sunjata marque le début de cette différentiation des rôles sociaux, et illustre une image idéale des attitudes exemplaires des membres de ces formations sociales : Sunjata le prince-guerrier, Tiramagan le chef de l’armée, Jakoma Doka le griot & joueur du balafon (Jakoma Dòka waar’i sigi balakun na ka bala fò, J.D. est allé s’asseoir pour jouer le balafon ; p.126).

Ainsi, l’épopée de Sunjata est l’histoire du Manden ...

L’épopée de Sunjata est l’histoire de deux frères consanguins qui naissent presque en même temps : Sunjata et Dankaran Tuman. Tandis que le dernier est un enfant bien portant, Sunjata est maladif et reste paralysé des jambes pendant plusieurs années. Dankaran Tuman, jeune adolescent, ravitaille régulièrement sa mère, Sogolon Kèjugu, en feuille de baobab (nsirafura, en bamana), condiment commun pour la préparation de sauces. Sunjata ne pouvant faire de même pour sa mère, celle-ci est toujours obligée de quémander le condiment désiré auprès de sa coépouse, Tasuma Berete. Aussi dépend-elle de la générosité de la mère de Dankaran Tuman. Un jour, au lieu de feuilles de baobab, la mère de Sunjata ne reçoit que des mots qui la blessent profondément.

A k’e dògòkè dè n’i, i ba dè n’i kunnatègè ne la bi. (Elle dit : « Ton petit-frère, sa mère m’a insultée aujourd’hui » ; p.91)

La mère humiliée s’en prend à son fils paralytique qu’elle bat et couvre d’injures. Sunjata, touché par la colère de sa mère, décide de se lever et de marcher. Ses premiers pas le conduisent au baobab qu’il déracine et porte devant la maison de sa mère : tous les jeunes du village devront venir se servir en feuilles chez lui et sa mère.

A l’exemple des relations entre la mére de Sunjata et celle de Dankaran Tuman, nous notons que les rapports entre coépouses sont faits de tensions permanentes qui poussent même le plus faible des enfants à prendre fait et cause pour sa mère. D’ailleurs, l’histoire de la mère de Sunjata suggère que la retenue et la souffrance silencieuse sont les conditions favorables pour une femme qui veut donner le jour à un fils valeureux, à un héros. Pour faire passer ce message d’une manière encore plus efficace, ce n’est pas uniquement l’histoire de vie de Sogolon Kèjugu qui est dépointe, au contraire, celle-ci est présentée en contraste avec le comportement de la mère de Dankaran Tuman. Cette femme est l’incarnation même de l’arrogance et de la cupidité ou de la soif du pouvoir. Son fils prend la succession du roi mort. A peine Dankaran Tuman est-il fait roi que la reine mère pousse son fils à chasser son-demi-frère du pays afin d’éviter toute velléité de contestation du nouveau régime. Pour Sunjata et sa mère commence une nouvelle phase de souffrances et d’humiliations car l’étranger ne reconnaît pas le titre, la dignité qu’on a par sa naissance. Pendant cet exil, le pays de Sunjata est attaqué en conquis par le roi-sorcier Sumanworo. Celui-ci soumet le Mande à un régime tyrannique sans précédent. Dankaran Tuman abandonne son peuple et se réfugie dans un pays étranger. C’est alors qu’une délégation s’apprête à la recherche de l’enfant prodige.

Oi ko, ko mori bèè n’a lòyòrò misiri ka da la, k’ai be waa Magan Sunjara kò, Nema. Ko ni Jaratògò be se ka Sumaworo kèlè cèn, k’ai be taa a nò fè. U y’i ròbèn. (Ils ont dit : « Chaque marabout a sa place dans la mosquée. » Qu’ils iront à la recherche de Magan Sunjara à Nema. Que si c’est le nommé Lion qui peut mettre fin à la guerre de Sumaworo, qu’ils iront le chercher. Ils se sont préparés ; p.132)

Le fils de Sogolon ne veut accepter de mener la lutte contre l’envahisseur que s’il perçoit un signe lui annonçant que son entreprise sera couronnée de succès. C’est ainsi que, voyant sa mère malade, il s’adresse à Dieu qu’il implore : que celui-ci mette fin aux jours de Sogolon, si toutefois il est appélé à libérer sa patrie. A la veille de son retour au Manden, Sogolon s’éteint. Sunjata retourne au Manden, chasse Sumanworo de son pays qu’il libère et révolutionne.

Magan Sunjara nara ka Sumaworo gwèn, k’a bò fanga la Manden yan. Magan Sunjara sigi fanga la, a ka dugu fòlòfòlò, o le Dakajala di. (Magan Sunjata est venu chasser Sumaworo du pouvoir, ici, au Manden. Quand Magan Sunjata a pris le pouvoir, sa toute pemière ville a été Dakajala ; p.161)

Il existe une interdépendance entre mère et fils. La mère détient sa renommée et le respect grâce à son fils. Mais pour que les entreprises de ce fils soient couronnées de succès, la mère doit être prête à tous les sacrifices. Bien que notre résumé ne le fasse pas ressortir, le fils, de retour, doit totale obéissance à sa mère. Tout ce qu’il entreprendra, doit contribuer à faire plaisir à la mère. Par un tel comportement, le fils se révèle comme un enfant digne, un enfant qui mérite de sa mère qui a donné le jour à Sunjata.

La mort de la mère de Sunjata symbolise au moins deux choses : elle est d’une part l’expression du sacrifice suprême de la mère pour le succès du fils. D’une autre part, elle signifie que tant que le fils est dans le giron de la mère, il ne pourra jamais se réaliser pleinement. Sous une perspective psychologique, on pourrait alors dire que l’accomplissement du fils suppose le meurtre de la mère.

hgb

Références :

Jansen, Jan 1995 : L’Épopée de Sunjara, d’après Lansine Diabate de Kela. Texte recueilli, traduit et annoté par Jan Jansen, Esger Duintjer et Boubacar Tamboura. CNWS, Leyde ; Traoré, Karim 2000 : Le jeu et le sérieux. Essai d’anthropologie littéraire sur la poésie épique des chasseurs du Mande (Afrique de l’Ouest). Köppe, Cologne.

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hery
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Re: [hery] L'épopée de Sunjata (Mali), petite rectification ... (en réponse à...)

19 septembre 2009 à 4:25
  Répondre

 
Petite rectification :

Dankaran Tuman, jeune adolescent, ravitaille régulièrement sa mère, Sogolon Kèjugu, ...

La mère naturelle de Sunjata est Sogolon Kèjugu, la mère de son consanguin Mansa Dankaran Tuman est Tasuma Berete, coépouse de la mère de Sunjata.

Mille regrets pour vous avoir déconcerté un peu ! Pardon !

hgb

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Assigué
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Re: [hery] L'épopée de Sunjata (Mali), petite rectification ... (en réponse à...)

12 octobre 2009 à 12:30
  Répondre

 
i ni su Hery,

Belle épopée - Très bon narrateur - j'ai aimé !

"elle est sur ma langue, la parole du Manden est sur ma langue " !.........


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Re: [Assigué] L'épopée de Sunjata (Mali) ... (en réponse à...)

25 octobre 2009 à 6:58
  Répondre

 
Maliden, I ni sògòma,

[Belle épopée - Très bon narrateur - j'ai aimé !] ça me plaît ... Je crois que "Kuyatè, la force du serment" est un des meilleurs ouvrages sur l’immense histoire complexe du Mande. En fait, une actuelle version de l’épopée du Mali, à d’innovations dans le détail, racontée par un historien précisant les connaissances sur l’histoire de l’empire de Sunjata. Selon Moussa Sow (en préface), sa version est à la fois un travail de compilation exceptionnel permettant une complexe réinterprétation et une composition littéraire donnant un nouveau souffle à la légende (c'était toujours mon sentiment lors de la lecture). Une version fraîche et innovatrice. Grandiose !

Ce qui me semblait très important à lire, c’est que " l’actualité de Kuyatè, la force du serment, se mesure également au fait que, de par son existence même, il interroge à nouveau le statut de la tradition orale dans les ‘études africaines’. Drissa Diakité, dans l'avant-propos de son texte, s'érige en défenseur de a tradition orale, ou, plus exactement, de la légitimité d'y recourir pour fonder en textes les constructions identitaires nécessaires : 'Il est de la responsabilité des historiens africains d'interpeller le passé de l'Afrique afin d'en faire un repère utile pour toutes les générations d'Africains. Kuyatè, la force du serment, s'inscrit dans cette démarche.' Une telle proclamation pourrait sembler 'vieux jeu', mais c'est précisément contre les empressements postmodernes à vouloir enterrer tous les témoignages du passé pouvant inspirer pour l'avenir et contre les illusions que l'Afrique pourrait faire fier de ses sources matérielles et morales dans son développement, que s'élève le vieux militant. Et s'il semble s'accommoder d'une posture culturaliste voire afro-centriste, sa préoccupation est en réalité purement d'ordre scientifique : comment, sans dogme ni idée préconçue, mettre à profit le potentiel heuristique de la tradition orale, par ailleurs largement démontré, pour avoir une connaissance de plus en plus fine du passé de l'Afrique. " (Moussa Sow, p.20)

Bon dimanche à toi & famille, hgb

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Re: [Assigué] Sunjata Keïta & Les Griots, en bamana-français ... (en réponse à...)

25 octobre 2009 à 7:19
  Répondre

 
Re ...

Voici une courte version de Sunjata et notice sur les griots, en bamana-français ...

Sunjata Keyita (Soundiata Keïta)

Sunjata Keyita tun ye Mali kòrò mògòba dò ye (Soundiata Keïta était une personnalité du Mali ancien).

An bèna ale de ka maana bò mògòw ye bi (C’est sa légende que nous allons raconter aujourd’hui aux gens).

Sunjata tun ye masa ye, min fasa dara jeliw fè dònkili caman na (Soundiata était un roi dont les louanges ont été chantées par les griots dans maintes de chansons).

A tògòw tun ka ca kosèbè (Il avait beaucoup de noms).

A tun bè wele Sunjata, Mande Jara, Sogolon Jata, Nare Magan Kòn Jata, Sogo Sogo Sinbon Salaba (On l’appelait Soundiata, Lion du Mande, Sogolon Diata, Naré Magan Diata, Sogo Sogo Simbo Salaba).

San kèmè tannifilanan laban na, filèkèla dò y’a fò masa Nare Magan Kòn Fata ye k’a ni musi dò bèna bèn, min cè ka jugu fo k’a fò n to ten (A la fin du douzième siècle, un devin confia au roi Naré Magan Kon Fata qu’il allait rencontrer une femme qui était laide à l’exces).

Filèlikèla y’a gèlènya masakè ma k’a k’o muso cèjugu furu, sabula o bèna dakabanaden de wolo a ye (Le devin recommanda vivement au roi d’épouser cette vilaine femme, car cella-là donnerait le jour à un enfant extraordinaire).

A ko k’o den bèna kè masa ye, Mande ma deli ka min nyògòn sòrò (Il annonça que cet enfant deviendrait un roi tel que le Mande n’en jamais eu).

O kuma diyara Nare Magan tulo la kosèbè (Ces propos plurent beaucoup à Naré Magan).

O kosòn, a ye Sogolon cèjugu furu (Ainsi, il épousa Sogolon la vilaine).

Kalo dama dòw tèmènna (Quelques mois passèrent).

Sogolon ye kònò ta (Sogolon la vilaine tomba enceinte).

A jiginna denkè la (Elle accoucha d’un garçon).

Den tògò dara Sunjata (Ce garçon reçut le nom de Soundiata).

Filèlikèla ka fòlen na, Sunjata tun ka kan ka kè cè farinba de ye, kungokònòsogo bèè tun bèna yèrèyèrè min nyè (Selon les dires du devin, Soundiata devait devenir un homme très courageux, devant lequel tous les animaux de la forêt devraient trembler).

Mògòw tun bè ka siga o kuma na sisan, bawo Sunjata tun ye san wolonwula sòrò kaban, nka a tun ma taama halisa (Les gens doutaient maintenant de ces paroles, car Soundiata avait déjà atteint sept ans, mais ne marchait jusqu’à présent pas).

Ale tun ye nabara de ye (Il était paralysé des jambes).

Sunjata tun ye cènin kunkoloba ni nyèkilibaw ye, min tun tè kuma kosèbè (Soundiata était un garçon à la grosse tête et aux gros yeux, qui ne parlait pas beaucoup).

Nka, a nyògòn nuguma tun tè (Mais il était un gourmand sans égal). N’a ba tun y’a kòdon dòròn, a tun b’i fofo so fan bèè fè, dumuni nyini na (Dès que sa mère tournait le dos, il se traînait dans toute la maison à la recherche de nourriture).

Sunjata ka denmisènya ma diya koyi (La jeunesse de Soundiata ne fut pas du tout agréable).

Sasuma Berete, n’o tun y’a ba sinamuso ye, o tun t’a fè k’ale ye a nyè na (Sassouma Berete, qui était la coépouse de sa mère, ne voulait pas le voir de ses yeux).

Sinamuso jugu in tun b’i nyagaribò Sogolon na tuma bèè (Cette méchante coépouse se moquait toujours de Sogolon).

A tun b’a don Sunjata ba tulo la sanga ni waati, k’o denkè tè se fosi la fugariya kò, k’ale denkè kòni bè fèn bèè kè ale ye (Elle faisait entendre à tout moment à l’infortunée mère de Soundiata que son fils n’était qu’un bon à rien, tandis que son fils à elle faisait pour elle tout ce qu’elle désirait).

Don dò la, Sogolon taara Sasuma Berete deli nsirabulu la, bawo a tun b’a fè ka nsirabuluna de tobi o don (Un jour, Sogolon partit demander des feuilles de baobab à Sassouma Berete, parce qu’elle voulait faire ce jour là une sauce aux feuilles de baobab).

Nka Sasuma y’a lamaloya (Mais Sassouma l’humilia).

Sogolon kasibagatò seginna so (Sogolon retourna à la maison en pleurant).

Sunjata y’a ba ka nyani komèn minkè, a wulila ka taama (Quand Soundiata eut vent des souffrances de sa mère, il se leva et marcha).

A ka baara fòlò kèra ka taa nsiraju dò bò, ka n’o turu a ba ka so da la (Sa première tâche fut d’aller déraciner un baobab et de venir le planter devant la porte de la maison de sa mère).

O don tèmènnen kò, Sunjata tun bè taa kungo kònò tuma bèè, ka sogow faga k’a n’u d’a ba ma (Ce jour passé, Soundiata allait toujours dans la forêt, tuait des animaux et venait les offrir à sa mère).

A tun ka jugu samaw de ma ka tèmèn kungokònòsogo bèè kan (Les éléphants étaient ses proies préférées parmi les animaux de la forêt).

O kosòn, a tun bè wele ko samafagala (C’est pourquoi, on l’appelait le tueur d’éléphants).

Sinyè caman, a tun bè sama kelen faga, k’o nyun ka n’o bila a ba ka so da la (Plusieurs fois, il tuait un éléphant, le portait et venait le déposer devant la porte de la maison de sa mère).

Sunjata nyògòn donso tun tè Mande bèè, wa kèlèkuntigiba fana tun don (Dans tout le Mande, il n’y avait pas un chasseur comme Soundiata, il était par surcrôit un grand chef de guerre).

A y’a ka jamana jugu bèè la belebele nòminè (Il poursuivit le plus grand ennemi de son pays).

Mande juguba in tun tè mògò wèrè ye Sosow ka masakè – Sumanworo Kante – kò (Ce grand ennemi du Mande n’était autre que le roi des Soussou, Sumanworo Kanté).

Sumanworo tun ye subagaba de ye (Sumanworo était un grand sorcier).

Muru ni binyè si tun t’a don (Ni le couteau, ni la flèche ne pouvaient le blesser).

Nka, Sunjata dògòmuso – Sogolon Kolonkan – sera ka Sumanworo nègèn k’a ka gundo dòn (Mais la petite sœur de Soundiata – Sogolon Kolonkan – parvint à tromper Sumanworo et à connaître son secret).

A y’i teliya k’o gundo bòròtò Sunjata ye (Elle se dépêcha de dévoiler ce secret à Soundiata).

San 1235, Kirina kèlè sen fè, Sumanworo faga, k’a ka jamana lahòrònya (En 1235, lors de la bataille de Kirina, Soundiata réussit à tuer Sumanworo et à libérer son pays).

O kosòn, Maliden caman bè Sunjata fasa da hali bi u ka dònkiliw la (C’est pour cette raison que beaucoup de Maliens chantent encore aujourd’hui les louanges de Soundiata dans leurs chansons).

+++++++++++++++++++++++++++++

Jeliw (Les griots)

Jeliw bè sòrò Afiriki tilebinyanfanjamana caman na, nka u ka ca jamana minw na kosèbè, olu de filè : Mali, Lagine, Senegali, Konowari, Burukina-Faso ani Ganbi (On trouve des griots dans beaucoup de pays d’Afrique de l’Ouest, mais voici les pays où ils sont très nombreux : Le Mali, la Guinée, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et la Gambie).

Kuyate, Jabate ni Sisoko ye jelijamuw de ye (Kouyaté, Diabaté et Sissoko sont des noms de familles de griots).

Jeliw ni numuw ni garnkew tè hòrònw ye, olu bèè ye nyamakalaw de ye (Les griots, les forgerons et les cordonniers ne sont pas des nobles, ce sont tous des gens de castes).

Mògò tè kè jeli, numu wala garanke ye, mògò bè wolo de jeliya, numuya wala garankeya la (On ne devient pas griot, forgeron ou cordonnier, on naît griot, forgeron ou cordonnier).

Nyamakalaw bè se ka furu u yèrè damaw ni nyògòn cè, nka hòròn caman tè sòn ka nyamakala furu wala k’u den furu nyamakala ma (Les gens de castes peuvent se marier entre eux, mais beaucoup de nobles n’acceptent pas de marier une personne de caste ou de marier leur enfant à une personne de caste).

Mali la, a bè fò ko nyamakalaw ni hòrònw tè furunyògònw ye (On dit au Mali qu’une union entre gens de castes et nobles n’est pas convenable).

Mali gòfèrènama ye sariya ta, a bè fò min kònò ko Maliden si man fisa si ye, ko Maliden bèè ye kelen ye (Le gouvernement du Mali a voté une loi, dans laquelle il est dit qu’aucun Malien ne vaut mieux qu’un autre Malien, que tous les Maliens sont égaux).

Nka, o bèè n’a ta, hòròn caman t’a fè hali bi, furu ka don olu ni nyamakalaw ni nyògòn cè (Mais, malgré tout, beaucoup de nobles ne veulent jusqu’à présent pas qu’il y ait une union entre des gens de castes et eux).

Numuw ye nègèbaaaralaw ye (Les forgeront travaillent le fer).

Garankew bè sabaraw ni wolomafèn wèrè caman dilan (Les cordonniers fabriquent des chaussures et beaucoup d’autres choses en cuir).

Jeliw ye kumatigw de ye (Les griots sont les maîtres de la parole).

U nèn ka di kojugu, o de y’a to u tè dèsè fosi fòcogo nyuman na (Ils ont la langue bien pendue, c’est pourquoi ils arrivent à tout exprimer de la meilleure manière qui soit).

Fòlòfòlò, jeliw tun bè masaw ka palèw de la (Autrefois, les griots vivaient dans les palais des rois).

Masaw de tun b’olu n’u ka denbayaw balo (C’étaient les rois qui les nourissaient).

O tuma na, bonyaba tun dalen bè jeliw kan, bawo olu tun ye masaw laadibagaw ye (A cette époque, les griots jouissaient d’une très grande considération, car ils étaient les conseillers des rois).

U tun bè masa olu denw lamò, k’u kalan (Ils élevaient les enfants desdits rois et leur donnaient des cours).

Mògò si tun tè sariyaw dòn ka jeliw bò (Personne ne connaissait les lois autant que les griots).

Kèlè waatiw la, olu de tun b’u ka masakè n’a ka kèlèdenw ja lagèlènya (En temps de guerres, c’étaient eux encourageaient leur roi et ses guerriers).

U tun bè tugu olu kò ka taa kèlèkèyòrò la. U tun mana se kèlèkènè kan dòròn, u tun bè masakè n’a ka kèlèdenw fasa da, ka nkòni fò u kun (Une fois arrivés sur le champ de bataille, ils chantaient les louanges du roi et de ses guerriers, et jouaient de la cora pour eux).

Olu fana tun b’a jira bèè la ko olu ye cè farinw de ye (Ceux-là aussi montraient alors à tous qu’ils étaient des hommes courageux).

U tun b’u juguw laboli sinyè caman (Souvent, ils mettaient leurs ennemis en fuite).

Komin sèbènni tun tè kè o tuma na anw ka jamana kònò, jeliw de tun bè jamana tariki ni masaw buruju mara (Comme à cette époque on n’écrivait pas dans notre pays, c’étaient les griots qui détenaient l’histoire du pays et la généalogie des rois).

Dònniyaba de tun b’u kun na. U tun b’o dònniya ladi nyògòn ma de (Ils avaient beaucoup de connaissances et se les transmettaient).

Fa tun b’a ka dònniyaw d’a denkè ma, o fana tun b’a taw d’a woloden ma (Le père transmettait ses connaissances à son fils, celui-ci aussi transmettait les siennes à son propre enfant).

O cogo la, jeliw ye Mali ko kòrò caman lakana (De cette manière, les griots ont préservé beaucoup de vieilles choses du Mali ancien). Ni jeliw tun tè, bi tun b’a sòrò an ka laada caman tun tununna (Sans les griots, beaucoup de nos traditions auraient aujourd’hui disparu).

Nka, bi bi in na, masaw dama dògòyara (Mais, de nos jours, le nombre des rois a diminué).

Mògò minw bè se jeliw n’u ka denbayaw kòrò, olu man ca bilen (Les gens qui peuvent entretenir les griots et leurs familles ne sont plus nombreux).

O de y’a to jeliw b’u nyèsin waritigiw de ma sisan (C’est pourquoi les griots se dirigent maintenant vers les riches).

U bè olu mabalima, k’u fasa da (Ils les flattent et chantent leurs louanges).

Olu mana misòndiya, u bè wari d’u ma (Quand ces derniers sont contents, ils leur donnent de l’argent).

Ni jeliw y’i fasa da, n’i m’u ladiya, u bè se ka dònkili d’i la o yòrò bèè la, k’i neni, k’i kè yèlèkofèn ye (Quand les griots chantent tes louanges, si tu ne les récompenses pas, ils peuvent tout de suite composer une chanson sur toi, t’insulter et te tourner en ridicule).

Malidenw bè siran maloya nyà ka tèmèn fèn bèè kan (Les Maliens craignent la honte plus que tout).

O kosòn, mògò caman bè juru ta, ka jeliw sòn, wala k’u kannaduloki bò k’a d’u ma (A cause de cela, beaucoup de personnes s’endettent pour faire un cadeau à un griot, ou alors elles enlèvent les habits qu’elles portent et les leur offrent).

O b’u tanga tògòtinyè ma (Cela leur évite de perdre leur réputation).

A man di mògò si ye a ka fò i ma bakilu (Personne n’aime être traité d’avare).

Nka mògò dòw fana bè jeliw sòn de walasa u ka se k’u yèrè jira (Mais certaines personnes aussi ne donnent aux griots que pour se faire voir).

Olu b’a dòn ko n’i ye jeliw sòn u b’o lakali fan bèè (Ils savent que si on donne quelque chose aux griots, ils le racontent partout).

Kunko si tè fò jeliw kò (Aucune manifestation ne se fait sans les griots).

N’u y’a mèn ko furusiri, denkundi, bolokoli wala janaja bè yòrò dò la, u b’u teliya ka taa yen, sabula u b’a dòn k’u bè se ka wari sòrò yen (S’ils apprennent qu’il y a quelque part un mariage, un baptême, une circoncision ou un décès, ils s’y rendent vite, car ils savent qu’ils peuvent avoir de l’argent là-bas).

Jeliw ye furuboloma nyumanw fana ye (Les griots sont aussi de très bons entremetteurs de mariages).

N’i y’a nyini jeliw fè k’u ka musoko dò nyènabò i ye, i bè se k’i hakili sigi, o musoko bè nyènabò (Si tu demandes à un griot de régler un problème de femme pour toi, tu peux être tranquille, ce problème de femme sera réglé).

E ka kan k’i miiri dòròn de, i bèn’i ka jelikè ladiya cogo min na (Toi, tu dois seulement penser à la manière selon laquelle tu pourras récompenser ton griot).

Jeliw bè nafaba sòrò u ka jeliya in na (Les griots tirent beaucoup de profits de leur situation de griots).

U bè nafolo min sòrò jeliya la, hali u tè sugo k’o nyògòn sòrò baara la (Ils ne peuvent même pas rêver de faire en travaillant une fortune telle que celle qu’ils font en tant que griots).

O de y’a to jeli dòw t’a fè ka baara kè (C’est pourquoi certains griots ne veulent pas travailler).

Bi, Bamakò jeli caman kèra faamabaw ye (Aujourd’hui, un grand nombre de griots de Bamako sont devenus très riches).

U bè yaala yèrè Mèrisedèsiw de kònò (Ils se promènent même en Mercedes).

Jeli min dònnen don ka tèmèn Mali jeli bèè kan, o ye Jeli Baba Sisoko de ye (Le griot le plus connu du Mali est Djeli Baba Sissoko).

Ale bè nsiirinw de da Arajo Mali la (Il raconte des contes à Radio Mali).

Su mana ko jamana in kònò, mògò caman bè kòròtò ka se so, walasa Jeli Baba ka sufèbaroninw n’a ka nsiirinw kana daminè olu kò (Quand la nuit tombe dans ce pays, beaucoup de gens sont pressés de rentrer à la maison afin de ne pas rater le début des historiettes nocturnes et des contes de Djeli Baba Sissoko).

Jòyòròba bè jeliw la Mali la (Les griots ont une très importante fonction au Mali).

+++++++++++++++++++++++++++++

Amusez-bien à la lecture !

Bonne journée, hgb

«Je radikaler die Ansichten sind, desto kleinbürgerlicher musst du aussehen.» (Jean Ziegler)

Assigué
France

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Re: [hery] Sunjata Keïta & Les Griots, en bamana-français ... (en réponse à...)

1 novembre 2009 à 5:25
  Répondre

 
I ni sògòma Cè do joliba,

Merci pour cette version en bamana.

Bon dimanche Hery

ps : tous les caractères latins ne peuvent donc pas être utilisés, ici !


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Re: [Assigué] Alphabet bamana ... (en réponse à...)

2 novembre 2009 à 3:40
  Répondre

 
ps : tous les caractères latins ne peuvent donc pas être utilisés, ici !

Bonjour Jean-Michel,

oui, c'est vrai ! Ce sont 4 caractères en total qui ne sont pas à réaliser ici ...

Le bambara est écrit essentiellement en lettres latines. L’alphabet officiel du bamana comporte 27 lettres dans cet ordre :

a – b – c – d – e – è – f – g – h – i – j – k – l – m – n – nyng – o – ò – p – r – s – t – u – w – y – z

Les 2 voyelles semi-ouvertes (è et ò) et les 2 nasales palatale et vélaire (écrites en digraphes ny et ng) ne correspondent pas à l’orthographe officielle du bamana. Voici les lettres actuelles qui sont identiques aux symboles API ...

è (http://fr.wikipedia.org/...9rieure_non_arrondie) : le phonème /è/ correspond au "è" du français, p.ex. mère, règle).

ò
(http://fr.wikipedia.org/...C3%A9rieure_arrondie) : le phonème /ò/ correspond au "o" dans "morceau, sortir, tort" mais pas du tout au "o" dans "mot, kilo, clos").

ny
(http://fr.wikipedia.org/wiki/API_%C9%B2) : le phonème /ny/ correspond au /gn/ du français, p.ex. soigner, cognac, pagne.

ng
(http://fr.wikipedia.org/wiki/API_%C5%8B) : le phonème /ng/ n’existe pas en français mais en allemand (p.ex. Dung, Klang, Menge) et en anglais (p.ex. king, song). Cette nasale vélaire ne figure qu’en position initiale d’un morphème bamana.

Si ces quatre lettres actuelles remplacent jamais è, ò, ny et ng à la pratique, à dire vrai, j'ai mes doutes à ce sujet mais bon ...

Remarque importante à propos du /ng/ : l’ècriture ancienne de /ng/ avec 2 graphèmes, la nasale alvéolaire /n/ et l’occlusive vélaire sonore /g/, pour exprimer une seule consonne (nasale vélaire), n’est pas sans problème, car en position médiane peut aussi figurer /ng/ (p.ex. kungo "brousse", sòngò "prix", bangeba "mère") mais dans ce cas, il peut s’agir de deux types de nasalité en mandingue : a. des voyelles nasales préconsonantiques (/VnC/), et b. des consonnes prénasalisées (/nC/). Pour a., il faut dire que le /n/ serve à exprimer la nasalité de la voyelle précédante (V), et n’est donc pas phonologique ; pour b., le /n/ représente une nasale homorganique qui se réalise différemment selon les cas (peut figurer en position initiale également, p.ex. ngomi "rosée". Mais ce /ng/ initial n’est pas identique à la nasale vélaire !). Son statut phonologique reste à discuter ... (mais, désolé, c’est trop compliqué pour l’exposer ici).

Voir aussi l’extrait du dictionnaire bambara-français (de Ch. Bailleul), en bas. Là, tu retrouves du moins l’orthographe actuelle de è, ò et ny (les quelques accents graves sur cette page signalent un ton bas pour distinguer des morphèmes qui ne s’opposent que par la hauteur tonale [haut/bas]).

Bonne semaine à toi, hgb

«Je radikaler die Ansichten sind, desto kleinbürgerlicher musst du aussehen.» (Jean Ziegler)
 

Image attachée:

Extrait du dictionnaire bambara-français.jpg - Livre: &quot;Kuyatè, la force du serment&quot; (Mali)
Image postée par le membre hery dans la discussion «Livre: "Kuyatè, la force du serment" (Mali)».

 

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