
leflâneur
France

26 juin 2007 à 8:39
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Salut à vous ami(e)s voyageurs. Je réponds à Kola que je ne connaissais pas et à qui je dois une réponse sur cet « après » qui semble l’interroger … mais c’est bien sûr aussi aux autres réponses que s’adresse ce petit bonjour et remerciement : Dolma et Catherine toujours si généreuses dans leurs réactions. Scourtoi qui connaît maintenant Wihalane et quelques-uns de mes amis berbères. Pour mieux comprendre il faut savoir que cette année là nous avions, avec mon ami Jacky, établi notre « camp de base » dans la vallée d’Anergui et acheté, pour la modique somme de 3750 Dh, environ 350 de nos €uros, un jeune mulet tout habillé et bien chaussé, prêt-à-porter nos bagages, et servir d’ambulance au cas où, durant nos six mois d’errance dans les reliefs de l’Atlas marocain. J’étais loin d’imaginer alors où me mènerait cette aventure hors du commun dont l’idée avait germé dès mes premiers pas sur cette terre. Les années ont passé. Beaucoup d' équipées et de flâneries solitaires sont nées par la suite sur les rives de l’assif Melloul, sur les hauts plateaux ou les falaises environnantes. Tant d’amitiés sont nées, tant de parcelles de vie ont été partagées, souvent dans le bonheur le plus total, parfois aussi dans la détresse, tant de bien-être m’envahit à chacune de mes escapades berbères qu’aujourd’hui encore je ne peux me priver d’un voyage annuel dans cette vallée. Je n’ai pas pu m’y rendre ce printemps comme à l’accoutumée. Alors j’ai ressorti des photos, quelques textes, des évocateur d’émotions pour retrouver des visages, attiser des odeurs, des parfums, des sons à peine enfouis à la lisière du souvenir, et replonger ainsi depuis le fond de mon jardin dans l’atmosphères de ce pays où, pourtant, comme l’écrit Tahar Ben Jelloun, « … il existe plus de crasse que de savon et plus de châteaux démolis que de palais bien assis ». Alors ensuite… ? Ensuite vinrent de belles aventures et … petites mésaventures, des rencontres inoubliables, des bivouacs sauvages et grandioses, des nuits sans lune et des saisons prospères, des jours accablés de douleur partagée, des fêtes sous les étoiles, des galettes d’orge à manger à genoux, des couleurs flamboyantes, des itinéraires improbables, des errances choisies ou subies des théières cabossées et noircies par la suie, fortes ripailles et doigts jaunis au safran, des montagnes proches du soleil, la tyrannie de la nature à subir sans questions, le verbe haut des assemblées, des rites immuables, les sourires de gamins sortis de nulle part, des regards insondables, l’exil silencieux d’une bergerie sur Koucer, des effluves de kif dans l’air brûlant, les troupeaux affamés, des pâturages grattés jusqu’à l’os, la poussière brûlante d’un souk d’été, les gouttes de pluie glacée de la « chienne de mai », des tendresses partagées, des désirs inassouvis, la générosité de Rantanplan, notre mulet, compagnon et porteur décédé l’an dernier, et toutes ces choses du domaine du ressenti, impossibles à expliquer … José Photos de tissage à voir sur: http://perso.orange.fr/.../JO007D%20LAINE.html ------- « Nomade j’étais quand, toute petite, je rêvais en regardant la route, la blanche route attirante, toute droite vers l’inconnu charmeur… » Isabelle Eberhardt http://perso.wanadoo.fr/wihalane/
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