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Tu verrais comme les vents se fâchent, les silhouettes se cabrent et au loin, les moustaches retournées par la poussée, un chat module à l'extrême sa panoplie vocale. J'entends l'air s'immiscer au travers des fentes du volet dans l'insignifiance du soir. Tout à l'heure, sur le marché, un vieux français buriné comme un pêcheur de sardines avait fini par avoir un visage maghrébin. Les voiles, sur les femmes, arboraient des couleurs de pensées et accablés par la chaleur semblaient des velours. Les cagettes débordaient d'oranges grosses comme des pamplemousses et les fanes des carottes sous la brûlure du soleil rendaient les armes. Un enfant de douze ans, pas plus, écaillait les poissons avec un couteau qui pourrait lui transpercer la main, puis venait réclamer son dû en se frottant le pouce et l'annulaire. L'air commença tout juste à fléchir, et en rentrant je vis sur l'océan les pans brumeux que le vent au large poussait vers la ville. |  |  |  |  |  | Aube Viens donc! Regarde le soleil à son méridien, et de l'autre côté la nuit foule déjà à ses pieds le Maroc. Dante. |  |
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| Tu verrais comme les vents se fâchent, les silhouettes se cabrent et au loin, les moustaches retournées par la poussée, un chat module à l'extrême sa panoplie vocale. J'entends l'air s'immiscer au travers des fentes du volet dans l'insignifiance du soir. Tout à l'heure, sur le marché, un vieux français buriné comme un pêcheur de sardines avait fini par avoir un visage maghrébin. Les voiles, sur les femmes, arboraient des couleurs de pensées et accablés par la chaleur semblaient des velours. Les cagettes débordaient d'oranges grosses comme des pamplemousses et les fanes des carottes sous la brûlure du soleil rendaient les armes. Un enfant de douze ans, pas plus, écaillait les poissons avec un couteau qui pourrait lui transpercer la main, puis venait réclamer son dû en se frottant le pouce et l'annulaire. L'air commença tout juste à fléchir, et en rentrant je vis sur l'océan les pans brumeux que le vent au large poussait vers la ville. 
| tu démarres fort, Tintrane, Aborder Sid Ifni quand on vient de Fort Bou-Djerid, c'est un peu rentrer dans un bouquin de Moravia ou de Dino Buzzati. La petite ville coloniale s'endort sous les chaleurs de juin et ne se réveillera qu'à l'automne. il faut cependant songer à faire réparer ses roues de secours crevées par les longues pistes du Sud. Goulimine n'est plus très loin et ses hommes bleus... les virages de l'anti-atlas et leurs vertiges s'éloignent peu à peu, pour laisser place aux longs rubans d'asphalte. il faudra ce soir, après les sardines grillées, songer à aller se rafraichir au vent du large au pied des ramblas... |  |  |  |  |  | tomas "le cours ordinaire des choses me va comme un incendie" |  |
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Les voiles, sur les femmes, arboraient des couleurs de pensées et accablés par la chaleur semblaient des velours. Salam, Tinitrane, relisant ton exergue sous forme de poème, j'ai été intrigué par cette phrase... ce ne serait pas plutôt: "les femmes, sous leurs voiles, arboraient des couleurs de pensées, accablées par leurs voiles, qui, sous la chaleur, leur semblaient de velours?... |  |  |  |  |  | tomas "le cours ordinaire des choses me va comme un incendie" |  |
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bonsoir, Tinitrane, nous irons donc à la plage blanche, passé Bou-Jirid, là où le ciel et la mer se confondent...lorsque l'on marche sur la plage, le sable chauffé à blanc, brouille l'horizon de vibrations métalliques... seuls les goélands, les mouettes, les pétrelles se disputent les carcasses de crabes morts et les coques délaissées, des hommes bleus, parfois, au haut des dunes, des chèvres égarées, des plastiques épars... le vent soulève des tourmentes éphémères, qui chassent les mouches et les embruns... Paris-Agadir= 301 euros AR taxes comprises inch'allah |  |  |  |  |  | tomas "le cours ordinaire des choses me va comme un incendie" |  |
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