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Forum > Entre deux voyages > Carnets de voyage, textes de voyageurs > Mauritanie: trek du côté des oasis de l'Adrar
 

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wapiti74
Annecy (74), France

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Description de la photo/image: "mon" lac...


2 juin 2007 à 13:49

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Mauritanie: trek du côté des oasis de l'Adrar Répondre

Mon carnet malien ayant eu un tel succès, je me suis dit que ce carnet mauritanien qui date de quelques années pouvait aussi intéresser quelques-uns d’entre vous. Clin d'oeil

Vous me pardonnerez la piètre qualité des photos, il s’agit de copies scannées.

Mauritanie : trek du côté des oasis de l’Adrar


C’était en avril 2002. La première fois que je partais avec mon frérot Wapata à l’étranger. Notre premier trek au Sahara. Départ d’une France où le printemps était cette année là plus que frileux, directement pour le désert brûlant de l’Adrar. Direction : Atar.


Ce voyage commence un dimanche soir, par une nuit très dure, très longue. Notre première expérience de vol charter vers l’Afrique.
A 22h30, je récupère mon frérot à Paris gare de Lyon. Un ami a la bonté de m’accompagner et de nous emmener à l’aéroport Roissy CDG. C’est une aubaine, mais nous y arrivons très tôt, à 23h30. Il nous faudra attendre 01h30 pour retirer nos billets et l’enregistrement des bagages vers 02h30. Nous sommes au Terminal 9 (le T3 actuel), vaste hangar noir de monde cette nuit-là. C’est le pèlerinage de La Mecque, de nombreux vols sont en attente. Partout des hommes en grande discussion, des femmes et enfants assis sur les rares sièges ou affalés sur leurs bagages. Nous « campons » comme eux tous dans ce brouhaha terrible. Impossible de fermer l’œil. Embarquement vers 03h45.
Vol charter : confort minimal, les genoux dans le menton, impossible de bouger, climatisation insuffisante… je n’ai pratiquement pas dormi, je suis limite malade et la perspective de commencer un voyage, et qui plus est un trek, dans cet état de fatigue n’est pas pour me réjouir.


Jour 1, lundi : d’Atar à Chinguetti

Nous atterrissons vers 8h30 heure locale, heure solaire GMT, à Atar. Atterrissage de toute beauté. L’avion effectue un cercle au-dessus de la piste d’atterrissage, bande de bitume au milieu du désert rocheux, au pied de la haute muraille de l’Adrar, abrupte et rougeoyante. Température matinale agréable : 19°C ; cela change des frimas que nous avons supportés en France les jours précédents…
Nous descendons sur le tarmac où nos sacs nous rejoignent ; nous les récupérons sans autre forme de procédure de sécurité. Heureusement, nous ne sommes que des touristes, essentiellement trekkeurs, et aucun de nous n’a intérêt à se tromper de bagage ou se charger d’un supplémentaire volé au voisin.
Les formalités de douane se passent tout en lenteur. Que d’officiers pour contrôler et recontrôler nos passeports et carnets de vaccination ! Opérations de change, premiers ouguiyas en poche.
Nous recherchons dans la foule notre guide pendant un petit moment, avant d’être parmi les derniers et de nous rendre compte que nous ne cherchons pas le bon nom d’agence ; nous avons été sous-traités à Allibert. Ce n’est pas une mauvaise nouvelle : je connais déjà cette agence et n’en pense que du bien.
Nous succombons à l’appel des vendeurs de chèches qui nous assaillent à la sortie du bâtiment. On n’aurait pas dû se presser comme cela, on les a payés au prix fort… Erreur de jeunesse. Fou

Nos guides et 4x4 nous transfèrent très rapidement à « la maison d’Atar », maison typique, base logistique de l’agence. Nous sommes 23 clients un peu déboussolés et fatigués ; nos guides que nous trouvons quelque peu économes en paroles nous demandent de nous scinder en 2 groupes. Je fuis instinctivement les familles avec ados et les instits (je suis en vacances !) pour rester avec quelques jeunes de notre âge et un couple un peu plus âgé. Cela se révèlera un excellent choix, nous constituerons un groupe homogène de 10 personnes qui s’entendront très bien.

Les 4x4 sont chargés du barda de nos bivouacs et des bagages, avant que l’on ne s’y entasse pour rejoindre Chinguetti par la route… Un bien grand mot : Parlons de « piste » ! Belle piste récemment réalisée par un maure originaire de Chinguetti ; elle monte à l’assaut des falaises rouge brique de l’Adrar, puis file sur le plateau rocheux.
Nous ferons deux arrêts durant ces 3 à 4 h de trajet chaotique et poussiéreux.
Le premier, pour un point de vue sur la passe d’Amogjar où ont été tournées les scènes du film « Fort Saganne » ; nous devinons les vestiges du fort au loin….
Le second devant des gravures et peintures rupestres datant de 4000/5000 ans… Magnifique, la girafe !

Plus tard, alors que la plupart somnolent, je reste subjuguée par le paysage et... quelques dunes semblent sortir de l’horizon sans fin. Au début on croit au mirage, mais elles se précisent peu à peu, et on finit par déboucher sur Chinguetti, entourée de sable.
Après un dernier baroud d’honneur dans le sable, les 4x4 nous abandonnent sous un bosquet d’acacias, au milieu des dunes, à cinq minutes de la « ville ».
Après un frugal repas (sandwich de crudités et pomme, arrosés des 3 thés et d’eau encapsulée), nous sombrons dans une sieste plus qu’indispensable pour tous. Peu de courageux pour affronter le désert, la chaleur, la fatigue…

A 16h notre guide Mohamed nous secoue pour une visite guidée de Chinguetti, citée ancienne entourée de sable, bâtie de chaque côté d’un oued gigantesque la plupart du temps à sec.
Nous déambulons dans Chinguetti l’ancienne, le ksar, la ville fortifiée, 7ème ville sainte de l’Islam, peu à peu engloutie par les sables… avec ses maisons en pierres sèches et pisé… avec ses milliers de livres conservés par les grandes familles, dont certains très anciens, véritables manuscrits multicentenaires en peaux de chameau ou de chèvre… avec son minaret restauré à l’identique (le dernier des anciens ksars) du haut duquel le muezzin appelle encore à la prière cinq fois par jour. Nous prenons le temps de visiter un musée et sa bibliothèque, dans la fraîcheur qui se cache derrière les murs de terre.


Viens ensuite la traversée de Chinguetti la nouvelle, avec ses rues commerçantes, ses hôtels, sa coopérative féminine, son école… et ses habitants hauts en couleur sous leurs boubous bleus, leurs chèches blanches ou noires, ses femmes en voiles noirs ou multicolores, ses enfants en guenilles ou survêtements de marque,… sa poussière et ses déchets… Des centaines de sacs plastiques et autres objets divers et abîmés qui traînent et volent partout aux alentours. C’est déplorable. Heureusement depuis 2002, de grandes campagnes de nettoyage ont été mises en place et Chinguetti a retrouvé une certaine propreté paraît-il. A l’époque, nous avions trouvé cela bien triste.

19h. Le soir tombe sur le campement monté : deux tentes berbères en coton blanc et bleu, trois tentes dômes jaunes, le carré de tapis et matelas mousse, le petit feu des cuisiniers. Premier dîner de désert, instauré par les 3 thés verts à la menthe suivis d’une soupe, d’un ragoût de légumes, et de fruits au sirop. Un menu qui se révélera classique au cours de cette semaine.
Très vite le duvet nous accueille (la sieste n’a pas comblé tous les retards), aux sons du mariage maure célébré en ville.



Jour 2, mardi : Erg Ouarane et oasis de Lagueïla

La fin de nuit est très fraîche et le réveil aux chants du muezzin entre 5 et 6h un peu trop tôt à notre goût. La nuit a été certes réparatrice, mais encore trop courte.
Démontage rapide des tentes, petit déjeuner (café/thé, tartines de confiture/Nutella/fromage fondu), pendant que l’équipe charge les chameaux. Pas contents les chameaux, terribles râleurs qui blatèrent !

7h15. Départ plein ouest, dans les dunes de l’erg Ouarane. Douces ondulations ocres, avec des variations de jaune, rouge, blanc… Quelques végétations très éparses et buissonneuses, dont l’"acacia brosse à dents" dont certains d'entre nous testent l’efficacité avec curiosité…

A 10h45, nous arrivons sur l’oasis de Lagueïla perdue au milieu du sable. Elle apparaît dans un creux avec ses quelques maisons dômes en bois et paille, son puit de pierre, son îlot de palmiers dattiers serrés qui nous abriteront pour la pause déjeuner (salade composée, orange) et la longue sieste jusqu’à 16h environ. Les voisins, l’autre groupe de l’agence, sont un peu bruyants, cela gâche un peu cette pause de fraîcheur sous les palmiers.
Avant de repartir, nous découvrons un peu plus de cet oasis avec ses quelques carrés de culture, mini-potagers et petites plantations de blé ou de maïs, surprenants sous ces latitude, au milieu de ce sable. Et nous nous hydratons au puit, une bolée d’eau pour humidifier la tête et le chèche, le plein d’eau dans les gourdes, avec ses petites pastilles purificatrices.

Dure marche l’après-midi, sous le soleil et la chaleur, dans le sable qui enfonce, à monter et descendre des dunes de plus en plus formées… Dur ! Très Dur ! Gros coup de pompe, très probablement dû au repas un peu frugal de la veille, à la fatigue accumulée avant les vacances, à celle du voyage et de la nuit blanche de voyage, à cette grosse chaleur à laquelle il faut s’habituer.



2h30 plus tard, assis au sommet d’une dune, nous soufflons en contemplant le bivouac qui se monte dans un creux, entre 4 acacias… et le soleil qui bascule vers l’horizon.

Le temps de descendre pour monter les tentes, la nuit tombe, les 3 thés sont servis. La fraîcheur nocturne nous ravit, la flamme du feu et la voûte céleste nous hypnotisent. Au menu, soupe, couscous très copieux et fruits au sirop comblent nos estomacs affamés et nos papilles… avant un bon gros dodo.




Jour 3, mercredi : Erg Ouarane

Mohammed nous lève à nouveau vers 6 h, avant le soleil, pour un départ à 7h15, une fois le bivouac démonté, le petit-déjeuner avalé, les dromadaires bâtés.

Ce matin, les dunes se creusent, les montées et descentes sont plus appuyées… on se souvient qu’hier Mohamed avait dit : « ce matin, c’était plat ; demain, plus dur, vous verrez… » Le bougre, il n’avait pas menti !
Le vent doit aussi y être pour quelque chose dans la difficulté, d’où l’utilité des chèches. Il fait quand même meilleur qu’hier après-midi…

Au fil des heures, les dunes s’espacent pour laisser place à des étendues plus plates et légèrement rocailleuses.
Vers 11h deux frêles acacias nous servent d’abri pour le repas, classique (salade, fruit frais). Rapidement Mohammed et les chameliers nous montent la tente nomade, la khaïma, pour abriter tout le monde pour les 4 heures de sieste. Finalement, on est ravi d’avoir du vent pour respirer un peu dans la touffeur ambiante, même s’il nous envoie pas mal de sable dans la figure… Philippe qui nous sert de rempart, en est recouvert et en a copieusement avalé !

Avant 16h, c’est reparti. L’est malin le Mohamed : il commence par nous réclamer gentiment la tente, puis les tapis… jusqu’à ce qu’on soit debout pour partir !
Nous apprécions encore le vent qui nous permet de respirer un peu… parce qu’il fait chaud et la réverbération est forte. Nous marchons sur un terrain mixte de sable et rocaille, plus porteur que la veille, avec encore quelques dunes à grimper et dégringoler… Là-bas, au loin, apparaît parfois une masse rocailleuse… le programme de demain.

Que de monde sur ce chemin ! Nous sommes au moins 5 groupes et leur caravane chamelière, mais nous ne nous en rendons compte que ponctuellement, lors d’une pause sur une crête, en apercevant ou devinant les caravanes, petits points qui se suivent lentement dans le lointain.

Nous arrivons une heure avant le coucher de soleil au campement nocturne, en plein désert une fois encore : quelques touffes d’alfa pour protéger les tentes du vent, qui s’apaise du reste. Et comme par enchantement, les femmes nomades apparaissent de nulle part pour nous vendre leur quincaillerie. Mohamed nous indique qu’il y a un campement à 4/5 km, et qu’elles connaissent le programme des treks… A la tombée du jour, elles sont belles dans leurs voiles noirs. Très belles.

La soirée s’organise autour du feu. Pour la première fois nous assistons à la cérémonie entière des trois thés : la théière sur les braises incandescentes, le lavage des verres qui laisse certains dubitatifs, le jet bouillant qui chante et mousse, les transvasements successifs, les quantités de sucre ajoutées… rituel précis et ancestral du chamelier. Puis viennent la soupe (poivrée !), les spaghettis à la bolognaise mauritanienne (c’est toujours aussi facile à manger, surtout assis en tailleur sur un tapis !), les ananas au sirop… sous la voûte céleste (lune ascendante, Grande Ourse, Orion…) et sur fond de mélopées mauritaniennes.



Jour 4, jeudi : de l’erg au reg, via la Montagne de Zarga

Au réveil, deux constats : le vent s’est relevé dans la nuit, et peu à peu les nuits sont moins fraîches, ou en tous les cas nous les ressentons comme telles. Rituel du matin, avec petit-déjeuner abrité sous la tente (une première !) à cause du vent, pour un départ classique vers 7h20.

Et la marche reprend sur un sol sableux mais porteur, puis de nouveau des dunes, et ce vent, relativement fort. Il faut l’avouer : au départ, nous avons eu presque froid…
Peu à peu la paroi rocheuse s’approche. Nous savons que nous serons à ses pieds à midi…
Des dernières dunes nous débouchons sur le reg parsemé d’acacias, de baobabs rabougris (loin de l’image que nous avons !) et de touffes de végétation. Puis une petite grimpette très raide dans un pierrier, et une descente (assez abrupte même si sablonneuse) sur l’étendue plane suivante. Nous traversons une zone aux couleurs plus claires, probablement un lac asséché. Mohamed semble avoir accéléré, il fait chaud, il est 11h, et malgré la vue qui porte loin, nous ne distinguons pas le campement de midi… grosse demi-journée de marche.

baobab mauritanien

Mais nous voilà enfin au pied des roches noires de la montagne de Zarga. Un acacia abrite notre repas et notre sieste. L’intérêt du désert, c’est que c’est le marché qui vient à nous ! Quelques Maures arrivent avec la fameuse boisson "médicinale" en cannettes rouges (même tiède, elle fait plaisir à tous les estomacs patraques du jour !), nous proposent leur quincaillerie et nous apprennent même à jouer au Zigh : bâtons de type Mikado en guise de dés, crottes de chameau et brins d’acacia pour les pions, damier tracé dans le sable…
Durant la sieste, un chamelier est parti faire de l’eau… il doit y avoir un puit à quelques kilomètres de là.

Une mini-tornade nous fait manger une bolée de sable, et surtout dégringole la tente de Mohamed et ses amis, hilares.

C’est pas tout, ça, mais il faut repartir… et pour de la montagne cette fois ! Montée très raide, très rapide dans le sable jaune-rouge qui enrobe la roche noire et se dérobe sous les pieds. Mais la courte suée nous offre un point de vue exceptionnel au sommet, et surtout une descente « éclatante » sur les crêtes vertigineuses des dunes. Trop fun !
Nous avons vaincu la Montagne de Zarga, simple arête rocheuse bicolore au cœur du reg. Et nous voilà à ses pieds, à fouler le sol d’un lac immense asséché. La deuxième pause soda du jour nous requinque, à moins que ce ne soit la folle descente… Un peu plus d’une heure de traversée de ce « lac » avec ses troupeaux de chèvres qui broutent on ne sait quoi ou grimpent aux acacias pour en apprécier leur végétation épineuse, avant d’arriver aux quelques dunes qui abriteront notre bivouac.

La soirée s’éternisera moins ce soir autour du feu de bois. La nuit sera par contre mouvementée pour beaucoup : le vent assez violent fouette les toiles de tentes, déplante les piquets, insère le sable partout, saoule les esprits,… peu d’heures de sommeil récupérateur cette nuit là !




Jour 5, vendredi : reg

La nuit pèse sur les corps et les esprits, le départ ne se fera qu’à 7h35 ce matin…

Nous montons sur le reg qui s’étend à perte de vue. Le vent ce matin nous réjouit avec son habituelle ‘fraîcheur’. De la roche noire… partout. Très peu de végétation, quelques passages de sable jaune… Encore et encore. Paysage de désolation…
Puis, tout à coup, un canyon que nous dés-escaladons. Finalement, le plateau de reg, ce n’est pas si plat que cela !
Quelques traces de chacal sur le sable sous une roche.
Pause dattes, il nous reste donc environ 1 h de marche : on commence à connaître les habitudes de Mohamed par cœur ! Cette heure paraît interminable… puis, au détour du sentier, la tente se monte au milieu des buissons, des chameaux débâtés et de bruyants troupeaux de chèvres et moutons. Repas (salade composée à base de couscous… l’art de recycler les restes ! et oranges, un peu moins sèches que la veille) et sieste sous la khaïma dans la touffeur. Aujourd’hui, malgré le vent, l’air manque et le repos est difficile à trouver.

L’étape de l’après-midi nous offre ce même paysage désertique (pour sûr, on y est au désert !), sous un caniar épouvantable. Nous sommes plusieurs à nous offrir une panne sèche d’eau. Dur, dur…
Puis nous apercevons des chameaux, deux khaïma, des sacs de voyage… chouette, le campement. Fausse alerte ! C’est celui du 2ème groupe. Pour nous, ce sera encore 45 minutes de marche jusqu’au prochain oued… Il fait très chaud, très soif. Juste avant d’arriver, un puit au milieu de nulle part d’où Mohamed nous puise un peu de liquide bienfaiteur (tentative de réhydratation par l’extérieur seulement !). Heureusement que les troupeaux et les enfants nomades nous ont tenu un peu compagnie au long du parcours cet après-midi.

Soif. Soif. Très soif. Nous séchons deux théières à l’apéritif, sans être rassasiés. Méchoui au menu ce soir ! Pendant la pause de midi, à notre insu, Mohamed a négocié, égorgé et débité une chèvre, qu’il nous fait maintenant griller au feu de bois. Et ce met sera accompagné de frites (cuisinées genre ‘poutine’, avec abus de sel… ce qui est loin de faire l’unanimité)… avant les rituels fruits au sirop (la seule surprise est le genre de fruits… des paris sont pris chaque soir. Magali a perdu aujourd’hui…)

Ce soir l’option « nuit à la belle étoile » fait des adeptes ; j’en suis. Le vent étant tombé, la nuit est calme, douce, claire, bonne. Rien que les frôlements, grincements de dents et remuglements des dromadaires… qui n'hésitent pas à passer à quelques mètres de nos couchages...



Jour 6, samedi : oasis de Varès et Mhaïret
Mohamed n’a même plus besoin de faire le tour des tentes, nous émergeons naturellement avec le jour. Le vent qui s’est levé dans la nuit nous force à déjeuner dans la tente, sous le supplice des nuées de mouches. La galette de Mohamed (cuite dans les braises et le sable) est aussi bonne que celle d’hier soir.
Et nous voilà repartis sur le reg apparemment sans fin. Il fait déjà chaud. Heureusement, l’étape de ce matin nous offre deux belles perspectives : deux oasis.

La première se dessine après une heure de marche : l’oasis de Varès avec ses centaines d’habitations… Il est facile d’imaginer l’intense activité qui doit régner ici lors de la guetna, la récolte des dattes en juillet / août.
Une tente auberge nous abrite sous les palmiers dattiers pour une pause rafraîchissante et éducative : Mohamed se transforme pour l’occasion en maître d’école. C’est aussi l’occasion de goûter au Zrigh, boisson à base de lait de chèvre caillé (coupé à l’eau et sucré). Pour ménager nos estomacs nous n’abusons pas (certains n’ont même pas osé y tremper les lèvres).

Puis nous repartons pour encore une heure sur le reg. C’est le supplice des pieds… L’autre oasis ? « Là-bas, avant la montagne… » sauf que nous ne voyons rien ! Puis tout à coup, un creux avant la falaise, une vallée peu large mais longue de cinq kilomètres, qui recèle de verdure et d’habitations : l’oasis de Mhaïret. Une dégringolade de dune et nous voilà sous les arbres, sous la tente. Boissons fraîches, dattes, repas et repos dans la touffeur ambiante. Difficile de se reposer : il fait trop chaud. Certains tentent la douche, pas top… Diagnostic délicat pour certains malheureux petons… la perspective de la montée de départ ne réjouit personne.

16h. Mohamed arrive, implacable. Il faut repartir. Et nous avons beau blatérer comme nos chameaux, rien n’y fera. Même l’option méharée ne dispense pas de la grimpette au Col de Tourvine, côte raide et longue, en plein caniar. Sur le plateau, nous visitons l’école qu’Ahmed, un jeune autochtone de 12 ans, nous fait visiter même si c’est aujourd’hui son dernier jour de vacances. Il est fier de montrer sa place, parler français, lire l’arabe que Mohamed a écrit au tableau, écrire son nom en français…
A la sortie, le taxi-chameau attend ; grimpette sur la bête, essais d’équilibrage, puis tangage de marche, au rythme des marcheurs. Avis de la passagère : là-haut, il ne fait pas plus frais, mais on voit plus loin et le plateau paraît plus vert, les pieds se reposent, mais la selle est loin d’être confortable ! Demain, c'est sûr, je reprends l'option marche, en sandales à défaut de pouvoir rechausser autre chose.

Courte étape : en 1 heure environ nous arrivons au bivouac déjà monté. Nous souffrons tous de la chaleur, qui ne diminuera que peu avec la nuit tombée. Autour du feu ce sera la première soirée sans les vestes polaires.
Déjà les cœurs se serrent : nous savons que c’est notre dernier dîner au cœur du désert. La veillée dure un peu sous les étoiles, avec les chants plutôt mélancoliques des chameliers ; à noter toutefois un petit tour de danse de Mohamed au rythme du t’bol … aurait-il des talents cachés ?… Peu à peu chacun regagne son sac de couchage pour une dernière nuit de silence désertique. Il fait bon, pas de vent, quelques traînées laiteuses à la voûte céleste…


Jour 7, dimanche : Terjit la fraîche et retour à Atar

Dernier lever, un peu tardif : Mohamed nous a offert une grasse matinée (1/2 heure !) Dernier petit-déjeuner au sable, sous un soleil déjà très chaud. Photo souvenir des chameliers que nous ne reverrons probablement plus – Choukran.

Dernier brin de marche (2 heures) jusqu’à l’oasis de Terjit tant espérée…L’avancée s’effectue au milieu du reg, entre des falaises de brique rouge et nous nous demandons bien où peut se cacher cette oasis, même si la végétation, acacias et touffes d’alfa, se fait moins éparse… Soudain, une faille entre deux falaises, une descente abrupte et, au cœur des rochers, nous découvrons de la végétation en abondance, de la fraîcheur, de l’eau, beaucoup d’eau partout, qui coule, qui suinte…

Bains de pieds plus qu’appréciables, douches vivifiantes (même si l’eau n’est pas fraîche) et parfumante (ça commençait à sérieusement sentir le chameau ! !)… Le bonheur n’est pas dans le pré, mais dans l’oasis !

Repas sans sable (il manque un condiment pour le coup !!) et sieste nettement plus fraîche que les précédentes (pour un peu, on se plaindrait du froid, non ?). Dommage que nos voisins Maures soient si bruyants. Cette petite étape matinale, cette eau, cette fraîcheur, tout nous délasse du désert avant le retour.

A 15 heures passées Mohamed vient nous chercher pour monter dans les 4x4 qui nous ramènent à Atar. Une heure de route dont les 8 premiers kilomètres sont très chaotiques. Nous avons toutefois le plaisir de voir le deuxième groupe à pieds dans la chaleur… MalinMalin
Les falaises de l’Adrar s’éloignent, le reg est dévoré par les 4x4, Atar se rapproche avec ses casernes militaires (on reconnaît la touche coloniale française), ses quelques palmiers dattiers (c’est une oasis avant tout), ses maisons de pierres ou briques rouge, sans toit,… ses rues sales…

Une demi-heure de repos à « la Maison » avant de repartir pour le marché. Mohamed nous a à peine libérés que nous sommes assaillis par les enfants et les hommes pour vendre leurs marchandises ou réclamer des cadeaux. Même si on ne risque pas le vol, nous ressentons cela comme une agression. Mis à part ceux qui ont des achats à faire, nous opérons un replis stratégique dans un troquet pour une boisson très fraîche. Mmmh ! C’est aussi l’occasion d’avoir les 1ers résultats du 1er tour des élections présidentielles françaises. Aïe, le choc ! PirateIncertain

Retour à « la Maison » pour un repas plus que copieux : apéritif (classique : thé, gâteaux, dattes), couscous très garni avec du poulet (1 cuisse / personne !), mangues et bananes fraîches, gâteau au chocolat… Au secours ! Ils veulent nous faire exploser aujourd’hui !! Capitulation avant la fin pour beaucoup d’entre nous ! (et capituler devant un gâteau au chocolat, vous n’imaginez même pas ce que cela représente pour moi ! Fou)

La veillée s’éternise un peu ; nous sommes tristes de laisser Mohamed, de nous séparer… L’ambiance ne s’installe pas vraiment à la grand fête, faute de danseurs (Mohamed a bien fait un tour de piste mais…) et de chanteurs (il n’y a plus nos chameliers !)… L’autre groupe pousse la chansonnette, ce qui nous fait fuir sur le toit terrasse pour dormir. Après tout, la journée de demain s’annonce pénible, autant dormir. Quelques moustiques se régalent avant que nous ne sortions nos armes puissantes. Dernier dodo sous le ciel mauritanien, très voilé ce soir.



Jour 8, lundi : Atar / Paris

Mohamed nous réveille ½ heure avant le lever du jour. Au radar nous bouclons les sacs et absorbons le petit-déjeuner ; fatigués mais sans vraiment avoir envie de partir… Rapide petit tour dans Atar en 4x4 pour nous ‘jeter’ à l’aéroport. Au revoir et dernière photo avec Mohamed. Choukran pour tout, Ami.

Après deux heures d’attente, embarquement. Dans l’avion, après la désinsectisation, l’équipage nous offre un show humoristique qui détend sérieusement l’atmosphère : défilé de mannequins des hôtesses lors des consignes de sécurité, jeux de mots… Leur nuit a dû être dure !

Le trajet de retour, en plein jour, est plus intéressant : nous pouvons observer le désert (ergs et regs), les villes marocaines, les côtes espagnoles et françaises (« Les passagers de gauche peuvent admirer le bassin de la Gironde ; les passagers de droite peuvent admirer les passagers de gauche qui observent la Gironde. » Ah ah ! MalinMalin)

A Paris, nous avons le bonheur d’être reçu par un franc soleil et ses 21°C. Bien : la transition ne sera pas trop violente. Dernier pot au Bar de l’Arrivée et le groupe se sépare. Ciao à tous ; on s’est bien trouvés, on essayera de ne pas se perdre de vue… et qui sait, l’Islande ensemble ?…

Une chose nous frappe : la verdure printanière !
Une envie nous tient déjà : repartir là-bas…

-------
"Nous méritons toutes nos rencontres ; elles sont accordées à notre destin, et ont une signification qu'il nous appartient de déchiffrer." Mauriac

(Ce message a été modifié par wapiti74 le 2 juin 2007 à 13:52.)

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wapata
Doussard 74, France

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9 juin 2007 à 4:03

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Re: [wapiti74] Mauritanie: trek du côté des oasis de l'Adrar [En réponse à] Répondre

il me semble avoir déjà lu ça quelque part !!!!
-------
A'panga chez les Dogons

http://wapata74.spaces.live.com


wapiti74
Annecy (74), France

Photo/image personnelle du membre wapiti74.

Description de la photo/image: "mon" lac...


9 juin 2007 à 4:07

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Re: [wapata] Mauritanie: trek du côté des oasis de l'Adrar [En réponse à] Répondre

Cherche bien dans ton album photo, tu devrais en retrouver 98% ! Tire la langue Je l'ai à peine retouché pour le mettre en ligne. MalinMalin
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"Nous méritons toutes nos rencontres ; elles sont accordées à notre destin, et ont une signification qu'il nous appartient de déchiffrer." Mauriac


arneb
France

13 juin 2007 à 16:17

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Re: [wapiti74] Mauritanie: trek du côté des oasis de l'Adrar [En réponse à] Répondre

Salut les Wapi,
Deux ans déjà que je n'y suis pas retourné et ça cicatrisait peu à peu.... et voilà la piqure de rappel... bobo !
A te lire je m'y suis vraiment revu, merci pour tout, les nuits sous les étoiles, les petits déjeuners dans le jour naissant, les horizons sans limites, la fatigue des fins d'étapes, la mélodie des chameaux, le cafard du dernier jour à Atar... merci pour tout...


scourtoi
Sologne, France

Photo/image personnelle du membre scourtoi.


13 juin 2007 à 16:30

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Re: [wapiti74] Mauritanie: trek du côté des oasis de l'Adrar [En réponse à] Répondre

...

Superbe !
Ce soir, c'est la fête du désert.
Trois carnets qui se suivent, trois périples sahariens.

Et puis vos photos sont vraiment belles !
Merci pour cette bonne tranche de voyage !

Sam
Sourire
-------
Les âmes des sorciers disparus reposent
La nuit sur la cîme d'arbres anciens


wapiti74
Annecy (74), France

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13 juin 2007 à 17:13

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Re: [arneb] Mauritanie: trek du côté des oasis de l'Adrar [En réponse à] Répondre


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Deux ans déjà que je n'y suis pas retourné et ça cicatrisait peu à peu.... et voilà la piqure de rappel... bobo !

Bonsoir Arneb Sourire
Je te rassure ? ... ça fait 5 ans pour nous... ce n'est pas cicatrisé !! Fou Cool

A relire et mettre en ligne ce carnet, à scanner ces photos et replonger dans l'album et les souvenirs qui vont avec... autant de "piqûres de rappel" qui font remonter à la surface cette furieuse envie de retourner dans ce fantastique Sahara ; idée fixe qui est toujours tapie, là, au fond du coeur, et nous taraude à chaque fois que l'on se pose la question "le prochain voyage, c'est où ?"...

... et ce sable de l'Adrar... j'en ai toujours au fond de mon sac à dos et de mon sac de couchage !! Malin
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"Nous méritons toutes nos rencontres ; elles sont accordées à notre destin, et ont une signification qu'il nous appartient de déchiffrer." Mauriac


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13 juin 2007 à 17:17

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Re: [scourtoi] Mauritanie: trek du côté des oasis de l'Adrar [En réponse à] Répondre

Merci à toi Sam.
Je n'ai pas encore eu le temps de lire ton carnet, mais je l'avais repéré et je m'y attaquerai d'ici ce week-end, c'est sûr. Quelle belle lecture en perspective !! SourireSourireSourire
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