
PLASCASSIER
Alpes Maritimes et Alpes de HP, France
9 octobre 2005 à 5:56
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Qu'en pensez-vous? Méditation sur un déclin de Jean Daniel (Nouvel Obs' du 8 au 14 Septembre 2005) Lorsque des immigrés meurent dans deux immeubles en feu en plein Paris, on s'indigne, on s'alarme: Pourquoi ça ? Pourquoi chez nous ? Mais lorsque le cyclone Katrina fait les dégâts que l'on n'avait cessé d'annoncer,alors on est saisi, mais on veut se rassurer. Puisqu'on leur avait annoncé le pire, les populations devaient bien s'y attendre. Et surtout les pouvoirs locaux et fédéraux, la garde civile, les services de ravitaillement et de santé. On s'apprêtaità admirer- comme on l'avait fait après l'attentat contre les tours de Manhattan-l'impressionnante capacité de mobiliser les solidarités. La surprise horrifiée va venir trois jours plus tard, au moment des scènes d'abandon, de dévastation, de deuil et de violences. On ne croyait évidemment cela possible que dans un tiers-monde en proie à toutes les malédictions. Les européens ont mis plusieurs jours avant de manifester leur compassion et d'offrir leur aide ? Sans doute. Mais leur émotion intense s'est d'abord accompagnée de la conviction que, tout de même, les Etats Unis sauraient et pourraient faire face à une telle catastrophe. C'est ensuite seulement, et dans l'effroi, que l'on a mesuré l'étendue des insuffisances, des lacunes, de l'imprévision et de l'irresponsabilité d'un Etat riche, d'une superpuissance comblée. Toutes les boussoles étaient faussées et les repères effacés. Nos protecteurs attendaient de nous une protection. Alors, soudain, on s'est demandé ce qu'était désormais un Etat riche.Peut-être, après tout n'était ce qu'un Etat où les pauvres étaient plus délaissés qu'ailleurs ? Le quart monde, ce n'est pas chez les damnés de la terre, c'est chez nous. On dit partout, et nos correspondants le confirment, que les Etats Unis se révélent à eux-mêmes dans leur tragique faiblesse, dans leur inéductable vulnérabilité. Nous autres français savons bien désormais méditer sur le déclin. Mais il n'est que de lire le bouleversement article de Jean Updike publié dans nos pages Débats, écrit quelques jours avant l'arrivée du cyclone, pour voir que nous n'avons plus l'exclusivité. Depuis le 11 septembre 2001,les Américains savaient qu'ils n'étaient pas les maîtres de l'humanité. Depuis le 29 août 2005, ils savent qu'ils ne peuvent pas maîtriser leur société. ------- un grand voyage commence toujours par un petit pas. ..............
(Ce message a été modifié par PLASCASSIER le 9 octobre 2005 à 5:57.)
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