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Forum > Entre deux voyages > Carnets de voyage, textes de voyageurs > Mes parents à Bornéo/Java (Indonésie) + photos
 

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Muhammad
France

30 janvier 2008 à 13:13

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Mes parents à Bornéo/Java (Indonésie) + photos Répondre

En juillet 2007, j’ai emmené mes parents en Indonésie… Kalimantan, Java. récit.


BESAN

" Besan ". En Indonésien, ce terme désigne la première rencontre entre les familles respectives de deux époux. Ma famille fit " Besan " avec celle de mon épouse quatre ans après mon mariage. A l’époque, j’étais beaucoup trop occupé par les formalités administratives pour prendre en charge mes parents et organiser en plus leur séjour au Kalimantan occidental. Qui plus est parce que mes parents n’avaient jamais vraiment beaucoup voyagé et auraient sans doute été incapables ne serait-ce que de me rejoindre seuls à Pontianak. Pour eux, je me représentais le pire : considérant leur naïveté, je les imaginais très bien détroussés par un chauffeur de taxi crapuleux et perdus à Jakarta, ou embarquant pour les Célèbes plutôt que pour Bornéo etc.… Aussi, je préférais leur faire comprendre que leur présence compliquerait encore une situation déjà proche de l’inextricable. Décision qu’ils accueillirent paradoxalement avec un immense soulagement. Un voyage à Bornéo ? Cela ressemblait à un mauvais rêve !
Quatre après notre mariage et notre arrivée en France, je réussissais donc à faire prendre l’avion à mes parents pour la première fois de leur vie. Curieusement, plusieurs mois avant le départ, mon père, photographe naturaliste amateur de son état, faisait preuve d’une grande bravoure : il ne craignait pas les petites bestioles, au contraire, et était persuadé de réussir quelques clichés magnifiques à faire pâlir de jalousie ses camarades du club photo local, plus habitués aux petites libellules bêtement vertes qu’aux cobras royaux, pour choisir un exemple bien spectaculaire. Ma mère, elle, envisageait cette aventure avec inquiétude. Avant de ne serait-ce qu’imaginer l’emmener un jour au Kalimantan, j’avais avoué qu’il était fréquent de voir des mygales jusque dans les maisons, et avais exagéré ( ? ) la voracité des moustiques (ma mère est allergique aux piqûres d’insectes) et le caractère implacable de la chaleur équatoriale. Aussi restait-elle sur mes récits et s’inquiétait-elle grandement des conditions de séjour à Taranga, le village de mes beaux-parents. Mais plus le départ approchait, plus la tendance s’inversait. Mon père manqua d’annuler son voyage à la dernière minute (avant de prendre les billets), inquiet des conditions sanitaires, de la nourriture, des maladies, de son épouse, de la sécurité, des tremblements de terre, des terroristes islamistes etc.… tandis qu’à l’inverse, ma brave maman était de plus en plus excitée à l’idée de partir ! Rassurée par son pharmacien qui fit un sacré chiffre de vente sur les anti-moustiques malgré mes suggestions de s’équiper sur place pour des sommes plus modiques, elle mettait progressivement de côté tous les sujets susceptibles de l’angoisser, et ne retenait plus que l’idée qu’elle allait faire le voyage de sa vie.


PARIS – TARANGA (KALIMANTAN OUEST)

Le premier jour (les premières 36 heures plutôt), mes parents vécurent dans l’ordre un premier voyage en avion (bah oui, ça n’est pas banal pour tout le monde !), une escale à Abu Dabi (Horreur, ce luxe étalé jusqu’à la nausée… ils partagèrent mon dégoût…), le trajet aéroport-hotel à Jakarta (la circulation chaotique, la pollution, les bidonvilles, la chaleur de l’atmosphère… et des personnes !), puis, le voyage (long, épuisant…) jusqu’au village au Kalimantan, et enfin, une rencontre émouvante (larmes pour tout le monde ou presque) avec ma belle-famille (nombreuse !)… OUF !
Comme tous les voyageurs, Jakarta suscita les effraya et les fascina à la fois… En trois semaines, nous nous rendrions trois fois dans cette ville, et à chaque fois, depuis la fenêtre du taxi ou du train, ils ne perdirent pas une miette du spectacle qui s’offrait à eux. Ce qui les surpris le plus fut sans doute la grande gentillesse des gens malgré la misère, le rythme de vie effréné et la taille de la ville plus propice aux relations impersonnelles.
Après une nuit de sommeil réparatrice dans un hôtel (médiocre) de la rue Jaksa, nous partîmes tous les 4 (mes parents, moi et mon épouse qui était bien entendu du voyage) pour Pontianak. Le voyage se déroula sans événement notable. Après quelques courses à Pontianak et un repas dans un resto Minang, nous partîmes joyeusement pour Taranga, à 150 km dans les terres, au cœur de l’une des régions les plus pauvres du Kalimantan Ouest… Rapidement, les constructions se raréfient et laissent la place à des rizières magnifiques. Après un dernier arrêt dans une petite ville de l’arrière-pays, nous quittons la route qui file vers Sintang et le centre de Bornéo et remontons vers le nord. L’état de la route contraint le chauffeur à rouler à une allure raisonnable… 30 kilomètres/heure environ… On ne sait jamais, un cochon domestique pourrait surgir à n’importe quel moment des buissons ! La route fait environ trois mètres de large et serpente entre des collines et des rocs recouverts de jungle de plus en plus imposants. La nuit tombe. Nous passons trois villages dayak (sous-groupe Kanaytn, je précise, pour les férus d’anthropologie… le terme exogène DAYAK désigne en fait toutes les populations animistes et christianisées de l’île de Bornéo, par opposition aux habitants du littoral…), et au bout d’une heure arrivons enfin à Taranga.
Taranga, sa route, ses églises, sa mosquée, ses chiens semi-errants rongés par la gale… Mes beaux-parents, comme la plupart des " Malais " du coin habitent le centre du village. Bon… nos aventures prennent ici un caractère beaucoup plus personnel… la maison est animée, quelques-uns de mes beaux-frères, neveux et belles-sœurs guettaient notre arrivée. L’émotion est à son comble. Mes beaux-parents, à qui je baise la main, accueillent chaleureusement mon père et ma mère. Je crois qu’au fond d’eux-mêmes un doute subsistait toujours quand à la reconnaissance de notre mariage par ma famille. Cette rencontre balaye d’un coup leurs inquiétudes. Le courant passe tout de suite. Malgré la fatigue, le protocole est respecté… nos parents respectifs sont installés sur des fauteuils trop moelleux pour être agréables par cette chaleur, boivent du thé brûlant, et échangent quelques politesses. Après un repas sans originalité (poisson, riz, manioc/saka-saka, tempe) mais délicieux (tout est à base d’aliments frais), mes parents sont invités à se détendre et laissés tranquilles. Je les avais prévenu que les indonésiens n’avaient pas pour habitude de couver leurs invités, mais plutôt de leur foutre une paix royale, aussi, quand tout le monde à l’exception de mon beau-père se retrouva absorbé par un sinétron débile (euphémisme ?) à la télé, mes parents ne furent pas choqués. Je les invitais à faire ce qu’ils voulaient et à circuler librement, mais cela ressemblait trop pour eux à du sans-gêne pour qu’ils réussissent dès le premier soir à considérer cette maison comme la leur. Pendant leur repos, je discutais avec mon beau-frère par alliance, un javanais, des possibilités de voir dès le lendemain quelques beaux coins de forêt primaire. Malheureusement, en trente ans, les alentours de Taranga ont été saccagés. Seules le sommet des montagnes et les lieux sacrés des Dayaks sont encore à peu près préservés. Le reste a encore la couleur de la verdure, certes, mais les grands arbres et les animaux sont extrêmement rares, et pour quiconque a randonné dans une forêt d’altitude préservée, la différence entre la " vraie forêt " et une plantation d’hévéas (même laissée à l’abandon) ne fait aucun doute. D’autant que les Dayaks mangent à peu près tout ce qu’ils rencontrent : chauve-souris, singes, varans, serpents, en plus du gibier traditionnel… la faune est donc d’une extrême pauvreté. Mon beau-frère se propose toutefois de nous emmener sur une colline où les grands arbres sont toujours intacts parce que les Dayaks utilisent cet endroit pour entrer en contact avec les esprits de leurs ancêtres ou cette deuxième espèce de fantômes que sont les gardiens de certains lieux naturels. Des fantômes qui ne sont donc le fantôme de personne, mais plutôt des êtres immatériels vivants depuis la création et pouvant prendre une quantité d’apparences n’ayant pour limite que celle de l’imagination des locaux...


AUX ALENTOURS DE TARANGA

Mes parents ayant passés une bonne nuit (dans la chambre la plus fraîche, bien protégés des moustiques), nous pûmes dès l’aube nous mettre en route dans le camion-benne de mon beau-frère. A la faveur du jour, mes parents trouvèrent que malgré mes réserves (depuis Sumatra j’étais quelque peu blasé) les paysages étaient d’une grande beauté… vallonnés, verdoyants… Le village de transmigrants javanais dans lequel nous nous arrêtâmes acheva de les convaincre du charme que dégageaient les lieux. Ma mère préférait définitivement ces hameaux de quelques dizaines de maisons aux paysages de forêt primaire dans lesquels nous devions évoluer un peu plus tard. Davantage de variété peut-être ? Les grands arbres ne la fascinèrent pas autant que les maisons en bambou et la décontraction des paysans du coin… Une famille de singes se fit la malle au dessus de nos têtes… Plus tard, après presque quatre heures de marche, de retour près au camion, nous fûmes invités par quelques vieilles javanaises à goûter aux spécialités qu’elles étaient en train de préparer. L’une d’entre elles, pourtant originaire de Java, confiera à mon épouse que nous étions les premiers blancs qu’elle voyait de visu. Mes parents étaient aux anges : l’hospitalité des gens, leur humour, suffisaient à les mettre de bonne humeur pour la journée.
A Taranga, tout était fait pour distraire mon père et ma mère. De plus en plus de gens apportaient à mon père des insectes bizarres, des scarabées superbes, des mantes religieuses d’une taille inhabituelle, une chauve-souris… Mais la grande excursion était encore à venir. En attendant, je promenais mes parents derrière la maison de ma femme. A quelques pas, il fallait déjà enjamber une rivière sur des ponts improvisés, puis passer dans des champs aux contours incertains pour regagner les collines au loin. Malheureusement, autour du village, si le décor de collines, de forêts et de savanes secondaires était pittoresque, en terme de biodiversité, on était encore loin du compte. Mais le peu de papillons, de libellules, de fourmis géantes et de scolopendres rencontrés suffisait à ravir mes parents qui passaient leur temps penchés sur ces petites bêtes. Parfois, un paysan passait et se demandait ce que ces hollandais curieux étaient en train de faire, mais dès que je traduisais les réponses de mon père, ils étaient satisfaits et nous mettaient le nez dans quelque chose que nous avions raté de peu : des fleurs, des nids, un lézard volant, un massif de plantes carnivores… je connaissais bien les chemins mais pour tout ce qui était insectes et plantes, j’avais encore beaucoup à apprendre ! Trouver un guide un tant soit peu naturaliste s’avéra une mission impossible. Les Dayaks payés pour l’occasion filaient à toute allure d’un point de départ A à un point B (un lieu-dit, une plantation éloignée…) sans s’intéresser à tout ce qui aurait pu passionner mes parents, puis, en sueur, choisissaient une bonne souche, y posaient leurs fesses, se roulaient une clope, la fumaient lentement avant de repartir aussi vite que possible, impatients, en direction du point A. Malgré mes explications sur ce que recherchaient mes parents, il était inimaginable pour ces forestiers de s’intéresser à des animaux non comestibles, ou même, à la forêt. Un de nos guides manqua même de s’évanouir après trois bonnes heures de marche forcée avec pour seul carburant un café et des cigarettes. Ça lui apprendrait à faire le mariole. Les meilleurs guides étaient encore les gamins. Très jeunes, débrouillards, ils se faisaient un jeu de débusquer des oiseaux, des insectes, de grimper aux arbres… Et au bout de quelques mètres, ils étaient toujours au moins trois ou quatre à nous accompagner.




UNE VRAIE FORET PRIMAIRE

Un jour, nous nous rendîmes jusqu’au nord de Benkayang, dans les montagnes. Lors d’un précédent séjour, j’avais entendu parler d’une ancienne mine d’or en forêt, à quelques heures de la fin de la piste. Mon beau-frère connaissait bien le coin pour avoir dirigé le chantier de construction d’un barrage quelques années auparavant. Sans difficultés, il nous trouva un guide apte à nous conduire jusqu’à la mine dans laquelle, disait-on, des pythons énormes pullulaient, gavés de chauve-souris. Mais le guide m’informa dès le départ que tous les grands serpents avaient été tués par les chasseurs de son village et que nous n’en apercevrions vraisemblablement pas. Il faut dire que la viande de python est excellente, à mi-chemin entre le thon et le poulet. Autre décéption, le vieil homme n’était pas vraiment branché magie noire, et considérait les croyances liées aux esprits de la montagne comme des racontars de primitifs indignes d’un bon chrétien. Restait juste une excursion agréable de plusieurs heures dans le plus beau coin de jungle qu’il m’ait été donné de voir en trois ans en Asie : des arbres gigantesques, une flore délirante, des torrents, des roches imposantes recouvertes de mousses dégoulinantes d’humidité… Mes parents, qui tenaient admirablement le choc (l’enthousiasme ?), n’en pouvaient plus d’inventorier les espèces connues et de découvrir à chaque pas des plantes et des insectes dont ils ne soupçonnaient même pas l’existence. Au terme de deux heures de marche, nous arrivâmes éreintés devant une caverne en partie éboulée. Mes parents n’osèrent pas s’y aventurer. Je descendis donc seul, avec le guide et le plus âgé de mes neveux, qui nous avait accompagné, intrigué par cette vieille mine. A l’intérieur, on percevait distinctement le grondement d’une cascade, mais en braquant nos lampes vers les ténèbres, je réalisais rapidement l’erreur d’appréciation que je commettais : il ne s’agissait pas d’une chute d’eau, mais du battement d’ailes de milliers de chauve-souris ! Nous progressions à tâtons dans trente bons centimètres de déjections… Plus loin, m’expliqua le guide, la hauteur des excréments atteignait un bon mètre ! Nous n’étions pas équipés pour aller bien loin, aussi, nous nous contentâmes d’explorer les galeries avoisinantes au milieu des nuées de chauve-souris. Les parois des tunnels étaient tapissées de toiles d’araignées et grouillaient de vermines. Parfois, on apercevait une chauve-souris plonger en direction de la paroi et gober une petite tarentule (ou une mygale, je confonds les deux). Un rêve d’entomologiste !



DERNIERS JOURS…

Mais je ne fus pas toujours obligé d’emmener mes parents en des lieux aussi éloignés pour susciter leur intérêt. J’appréciais beaucoup leur ouverture d’esprit. Je pouvais leur parler de tous les sujets : nature, culture, politique, histoire locale, ils m’écoutaient avec le même intérêt. Je crois qu’ils appréciaient grandement le fait d’être dans une région absolument non touristique, et donc " authentique ", d’être de plus accueillis dans une famille qui était un peu la leur, et d’avoir pour appréhender cette immersion totale un guide bilingue à disposition (votre dévoué serviteur !). Aussi, faire le tour des plantations de ma belle-famille (hévéas, poivriers, bananiers) en compagnie de mon charmant beau-père leur fit passer une excellente après-midi. Un moment très fort fut la visite du cimetière sacré des ancêtres des malais en pleine forêt. Un lieu étrange, une petite clairière au milieu de la végétation dense de la forêt secondaire où lorsqu’en février 1997 les Dayaks du nord (Kanaytn + Banyuke + Menyadu) s’attaquèrent aux Madurais, des fuyards vinrent se réfugier… et survécurent un mois durant à la chasse à l’homme à laquelle se livraient leurs ennemis ! Un fait étrange puisque le lieu n’est ni très éloigné, ni difficile à trouver… or, la majorité des 45 victimes que fit le raid contre Taranga furent capturées loin dans les collines, en des lieux beaucoup plus inaccessibles que ce cimetière hanté. Les Malais attribuent cette protection surnaturelle à la supériorité de leurs héros enterrés sur les esprits de la guerre des Dayaks. Lorsqu’ils approchaient de cet endroit, me raconta la vieille gardienne du cimetière, des flammes surgies d’on ne sait où leur barraient le passage… Parfois, les Dayaks arrivaient en silence, traversaient à tâtons la clairière sans voir les dizaines de fuyards dont ils sentaient pourtant la proximité…
Mes parents furent enchantés de ces huit jours passés à Taranga. Mes adorables neveux et nièces, âgés de 3 à 17 ans, n’y étaient pas pour rien : de retour de nos excursions quotidiennes, ma brave mère pouvait pouponner à satiété, attendrie par la grande beauté des tout petits. D’autre part, chose étonnante, les villageois furent à leur égard d’une grande gentillesse. Les Dayaks du coin ne me pardonnèrent jamais d’avoir épousé une musulmane plutôt qu’une des leurs, mais mes parents ne firent pas les frais de cette rancœur. Partout où nous allions, les gens s’inquiétaient de leur santé, du plaisir qu’ils avaient à séjourner à Taranga. En pleine forêt, des paysans quittaient le chemin pour me demander si nous étions certains de ne pas être perdus. Les gens du coin n’ayant pas un très bon sens de l’orientation, ils étaient très surpris de nous voir aller seuls aussi loin du village… Malheureusement, cette accalmie ne dura que le temps du séjour de mes parents. Dès leur départ, nos plantations furent visitées, des menaces de mort furent proférées à notre encontre, et nous eûmes même de sérieux problèmes avec un gang local. Mais c’est une autre histoire. Pour le moment, mes beaux-parents, la plus jeune sœur de mon épouse et son fils se préparaient à nous accompagner quelques jours à Java : pour la première fois, ils allaient quitter Kalimantan Ouest !


Carnets de voyage...
http://voyageforum.com/voyage/chez_les_dayaks_ibans_kalimantan_ouest_borneo_indonesie_2001_D1521726/
http://voyageforum.com/voyage/sur_dos_crocodile_–_aventures_l’ile_simeulue_aceh_indonesie_D1504080/
http://voyageforum.com/voyage/mes_parents_borneo_java_indonesie_D1502618/
(Ce message a été modifié par Muhammad le 13 février 2008 à 5:11.)

Images attachées: Derrière la maison, Bornéo.jpg (92.8 KB) - Gamins sur pont, Bornéo.JPG (102 KB) - Offrandes esprits Dayak.jpg (62.2 KB)

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Muhammad
France

30 janvier 2008 à 13:15

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Re: [Muhammad] Mes parents à Bornéo/Java (Indonésie) [En réponse à] Répondre

YOGJAKARTA

Je me doutais depuis qu’il avait été évoqué que ce voyage tous ensemble allait être source de " conflits ". Je craignais surtout que les centres d’intérêts de ma belle-mère et de ma belle-sœur soient totalement différents des nôtres : je les voyais gros comme une maison filer vers les tempat rekreasi chères aux Indonésiens, or, j’étais sûr que ces lieux dédiés aux sorties familiales du dimanche ne satisferaient surtout pas mes parents. Généralement, les tempat rekreasi sont noires de monde, sales, et assaillies par des marchands certes sympathiques mais qui réduisent un endroit autrefois sans doute intéressant à un simple prétexte commercial. Néanmoins, je ne pouvais pas refuser à mon épouse ces quelques jours en sa compagnie pour des raisons que les lectrices, j’en suis sûr, comprendront. Les lecteurs mâles célibataires devront peut-être un peu se gratter la tête, mais passons…Donc, nous partîmes à neuf personnes en comptant le petit Bill (3 ans). Ma femme voulait à tout prix aller à Bali, mais je réussis in extremis à trouver un compromis et à emmener la petite troupe à Yogja. Le voyage se passa sans encombres. Les Indonésiens cachèrent leur terreur au moment du décollage, et osèrent regarder par le hublot (il fallut vraiment les forcer ! ) à 20 minutes seulement de notre destination. Dès que mes beaux-parents comprirent que ces traînées blanches qu’ils voyaient sous l’avion n’étaient pas des volutes de fumée consécutives à des feux de forêt (" Mais comment est-ce possible ? Nous survolons la mer, non ? " s’inquiétait mon beau-père) mais des nuages de basse altitude, ils ne décollèrent plus leur visage de la vitre. Je crois que l’avion aurait pu rentrer à Bornéo direct, mon beau-père aurait eu déjà matière à impressionner ses amis de la mosquée. A Yogja, je dégottais un petit hôtel dans le quartier de la gare, dans une cour intérieure. La première nuit, nous ne nous rendîmes pas compte de l’état de délabrement dans lequel il était et passâmes une nuit correcte. Par la suite, les chambres devraient progressivement tomber en morceau, des insectes minuscules et voraces infestaient les matelas (les Kepinding, je ne connais pas la traduction), et le dernier soir, un rat énorme s’invita dans la salle de bains de la chambre de mes parents pour tout dévaster et manger savons et dentifrice. Le plus étonnant était encore le comportement du staff de l’hôtel : sympathique certes, mais occupé la plupart du temps à dormir, regarder la télé, voire balayer le parking, soit ne rien faire. Mais bien sûr, ma belle-famille s’en contenta, les Indonésiens d’extraction modeste étant en général beaucoup moins compliqués que nous autres, les blancs, râleurs et jamais contents plus souvent qu’à leur tour. Quoiqu’il en soit, dès les premiers instants à Yogja, je sus que mes pires craintes étaient fondées : je brûlais d’aller faire un tour en ville, mais les Indonésiens du groupe se déclarèrent fatigués et désireux de passer la journée dans leur chambre… pourtant, il n’était qu’une heure de l’après-midi ! Je partis donc seul avec mes parents le long de la fameuse rue Malioboro. Bon. Au bout de cinq minutes, nous étions déjà gavés, las des guides bidons, des magasins et des propositions d’achats. Nous aurions été seuls, nous aurions filé en campagne dès le lendemain ! Mais il allait falloir passer quatre jours ici !
Le lendemain, nous allions comprendre que les alentours du Kraton étaient encore pires que tout le reste. Personnellement, visiter ce palais m’intéressait très moyennement. Je réussis à faire faire à mes parents de plus en plus découragés un petit tour agréable dans des ruelles et des rues piétonnes calmes et charmantes. Plus tard, nous allâmes visiter le zoo (pitoyable, sordide, détruit par les tremblements de terre) et le fameux musée d’histoire naturelle désormais célèbre chez les naturalistes bas-normands pour ses collections en voie de putréfaction avancée et sa guide certes très sympathique mais totalement incompétente… à la limite, allez-y, pour vous marrer ! La brave dame présenta le rostre d’un poisson-scie comme un morceau de mâchoire de requin géant, des papillons moisis comme un nouvel arrivage de Sulawesi daté d’il y a quelques jours, un python vert fluo de Papouasie comme un serpent magnifique mais au venin mortel… et j’en passe. C’est drôle, j’avais passé une semaine à Yogja il y a six ans, dans un squat d’artistes-punks en banlieue, et j’avais trouvé la ville beaucoup plus intéressante… Les Indos, de leur côté, cumulent les achats en série et les petits tours en carrioles. Seul mon beau-père se montre curieux de voir autre chose que des boutiques souvenirs. Enfin, en naze total, je réussis à faire acheter à mes pauvres parents des batiks hors de prix (dans un atelier d’artistes qui n’a pas l’habitude de vendre et qui ferme demain " alors dépéchez-vous oui vous pouvez payer avec la carte bleue "), mais bon, votre brave serviteur se fait avoir même sur le marché de sa bonne ville natale en France, alors…


BOROBUDUR

Fort heureusement, trois excursions vinrent égayer ce séjour. La première, inévitable, à Borobudur – Prambanan… hum… certes… Nous nous garons sur le parking immense du temple de Borobudur. A peine descendus de la voiture, des vendeurs et des vendeuses se précipitent sur nous… Ma belle-mère cède au bout de vingt-deux secondes, ma belle-sœur un peu plus rapidement. Comme mes parents sont des gens biens, l’insistance de ces malheureux ne les énerve pas, mais les émeut terriblement. Perso, je m’englue dans cette empathie qui fait bien mal, j’en ai la larme à l’œil de voir ces centaines de prolos repartir bredouilles… pauvres gens, dans leur situation, garderais-je le sourire, est-ce que je ne céderais pas à la violence contre ces foutus touristes vingt fois plus riches ? A l’entrée, mes parents payent le prix WHITE PEOPLE. 11 euros. Puis, nous pénétrons dans l’enceinte du monument. Je grimpe les marches jusqu’au sommet, quatre à quatre, comme un idiot parce qu’il paraît qu’il faut le gravir en tournant, niveau par niveau, dans le sens des aiguilles d’une montre. Mais étant totalement inculte quant à l’héritage bouddhiste à Java, je ne ressens aucune émotion particulière… juste un joli tas de pierres bien abîmé par les pillards et la corrosion. Bien sûr, si je découvrais ne serait-ce qu’une seules des statues d’ornement dans un coin de forêt reculé, ce serait autre chose, mais là, le fait que ce temple immense soit ainsi bradé lui fait perdre à mes yeux tout son charme. Ma belle-famille est cependant ravie et prend des photos sous tous les angles. A Prambanan, nous décidons tous les trois, mes parents et moi, de profiter du chauffeur pour faire un petit tour loin du site touristique principal. Mais surprise, même les petits temples font payer le prix fort. Je sais que de nombreux occidentaux acceptent cette différence tarifaire, mais là, pour le coup, nous sommes en rogne, nous finissons par une brève ballade dans un joli petit bled de montagne. Le paysage est aride, les grands arbres de Bornéo nous manquent.
Deuxième excursion : les alentours du Merapi. Le plus impressionnant fut ce village englouti sous la cendre. Un lieu de mort et de désolation au pied du volcan. Il fait glacial. Ma femme est toute surprise : " un volcan c’est plein de feu, alors pourquoi fait-il si froid ? " he he he, je l’aime ! Des villageoises rentrent chez elles en transportant sur leur dos des ballots d’herbe. Ma mère saisit l’occasion de pratiquer son bahasa indonesia sommaire, et désignant l’herbe demande : " makan ? " (" manger ? "). La vieille femme n’est pas bête à manger du foin : elle file, vexée. Puis, nous ratons de peu le vieil homme chargé par le sultan de surveiller les colères du Merapi. Celui-ci vient de quitter sa demeure. Dommage. Nous poursuivons vers une tempat rekreasi réputée, Kaliurang. Ma belle-famille reste près des boutiques et dépense son argent. En vingt minutes, nous (les trois français s’entend) grimpons jusqu’au point de vue. Le chemin est tapissé de papiers gras. Quand la montagne et la jungle deviennent plus belles et plus sauvages (au point de vue, les détritus s’arrêtent net !), il est l’heure de redescendre. Notre guide, un homme adorable et prévenant, cherche à concilier les goûts des deux familles et nous conduit à l’orée de sentiers de randonnées. Inintéressant pour mes beaux-parents (d’autant que le Merapi est masqué par les nuages !), frustrant pour nous qui voudrions bien nous y aventurer ! Ras le bol de faire de la bagnole ! Heureusement, le guide finit par nous inviter chez lui pour nous faire goûter ses salaks maison… (à ne pas confondre chers amis de Lombok, avec les Sasaks, qui sont des êtres humains, et non des fruits ! Ce bon Sumanto (le cannibale) est tout de même une exception culturelle à Java…)
Troisième excursion : La plage magnifique de Parangtritis. Battue par les vents. Des rouleaux énormes. Une marche de quatre heures le long de la plage. Une vraie bouffée d’air pur. Nous regrettons terriblement de ne pas avoir visité les plages plus à l’est… Mais il est temps de quitter Yogja, pour Jakarta, en train. Mes beaux-parents rentreront à Taranga, tandis que seul, j’accompagnerais mes parents, las du tumulte de la ville, pour leurs derniers jours en Indonésie.


VERS LA COTE SUD

Dans mes souvenirs, la deuxième classe était relativement protégée des vendeurs et des mendiants de tous poils. Dans mes souvenirs aussi, si d’aventure on ne voulait rien acheter, cela ne posait pas de problèmes particuliers : c’est vrai, les gens sont tellement polis avec les touristes, tellement souriants malgré leur pauvreté. Et bien je me mettais le doigt dans l’œil jusqu’au coude (ce qui est assez douloureux). Je refusais à mon épouse la première classe (pour 9 personnes la différence de prix est conséquente, oui, c’est bibi qui paye !), et lui assurais que tout aller bien se passer. Les deux premières heures ne me firent pas mentir : peu de passagers, une aération naturelle agréable (je couvais déjà un gros rhume), et surtout, les paysages sublimes du centre de Java… tels ceux que j’aurais voulu faire découvrir à mes parents ! Nous roulons donc vers Jakarta passablement frustrés. Au bout de deux heures donc, un travesti ouvre le bal en chantant le hit dangdut du moment (KUCING GARONG), et des vendeurs et des mendiants prennent peu à peu le train d’assaut. Bien entendu, notre petite monnaie à tous les neufs fondit comme neige au soleil. Aux alentours de Cirebon, nous n’avions plus que des (relativement) grosses coupures. C’est à cet instant qu’une bande de jeunes particulièrement tapageurs choisit de monter dans le train. Les gosses balayaient sous nos pieds sans nous demander notre avis, pulvérisaient du déodorant à trente centimètres de nos visages, puis tendaient la main. Bien entendu, nous n’allions pas leur filer des gros billets… Comme ils ne voulurent pas comprendre que d’autres qu’eux étaient passés par là, ils versèrent dans une agressivité parfaitement déplacée, lançant des vannes en Javanais (aucun de nous ne comprenait leurs âneries), se tapant sur la gueule, hurlant… franchement, je commençais à serrer les poings : Moi, Momo Ali, me faire marcher sur les pieds par 5 crevettes ! Ma femme me chuchotait de ne surtout pas leur rentrer dedans, que cela pourrait tourner au tragique en quelques instants. Il faut dire que j’avais déjà été impliqué une bagarre générale dans une gare à Bandung (du simple fait de ma présence, une histoire de fous !), et que j’avais été surpris de voir soudainement le nombre de mes assaillants se démultiplier et leurs mains s’armer de pierres et de couteaux en moins de temps qu’il n’en faut pour mourir : aussi, je voyais très bien ce que mon épouse voulait dire ! Heureusement, les jeunes types finirent par se lasser et nous arrivâmes jusqu’à Jakarta sans trop de moments de tension supplémentaires… Mes parents me demandèrent plus tard si, par hasard, ces sales gamins ne se seraient pas moqués de nous. Je n’avais pas voulu les inquiéter inutilement, et ils n’avaient rien remarqué ! A Pasar Senen, la gare de Jakarta, nous nous séparâmes en deux groupes au milieu des chauffeurs de taxi qui se demandaient le pourquoi de telles effusions. J’avais constaté à de nombreuses reprises que finalement, les plus vulnérables en Indonésie n’étaient pas tant les touristes, mais plutôt la population locale. Même en des lieux que je ne connaissais pas, j’avais dû toujours guider ma belle-famille, m’occuper d’eux, surveiller leurs affaires… Leur seule revanche fut de me faire répéter jusqu’à plus soif (les grosses ficelles du comique de répétition) le prix que mes parents payèrent pour leurs batiks… on se fait plaisir comme on peut, hein…
Après une nuit dans un hôtel plus que confortable (Ibis Slipi), nous nous mîmes en route vers Ujung Kulon, le parc naturel face au Krakatao (célèbre volcan dont INDOCHINE chanta les mérites, non sans l’avoir au préalable situé à l’EST de Java…), via la route de la côte sud. Pour la première fois, mes parents goûtèrent aux joies des transports locaux sur route. Pendant plusieurs heures, aucun indonésien n’essaya de nous adresser la parole, intimidés par notre conversation en français. Je compris mieux dans quel enfermement pouvait voyager un groupe d’amis, même routards, et comment il était facile de passer quelques mois à l’étranger en passant complètement à côté des habitants du pays ! L’idée que voyager économique (transports et hôtels les plus cheap possibles) garantit d’être au plus prêt des gens est une belle ânerie… ce qui compte, c’est l’ouverture d’esprit, les facultés de décentration, la capacité à penser autrement que depuis son petit nombril. On peut très bien exceller dans cet exercice depuis un logement décent et dans des bus climatisés. Evidemment, on se prive peut-être d’un peu de pittoresque, mais… qu’est-ce qui est vraiment pittoresque après tout ? Au terme de six heures de voyage, nous arrivâmes à la station balnéaire de Pelabuhan Ratu (" le port de la reine ", il y a des dizaines de ports qui portent ce nom en Indonésie). Mes parents ne sont pas trop rassurés par les motards qui tournent autour de nous, insistants, j’ai beau leur dire de ne pas s’en faire, l’apparence des types n’est pas pour les rassurer. Je ne sais pas trop où aller. Une chose est sûre, nous ne voulons pas séjourner ici : la plage est très laide. Nous grimpons dans un mini van qui nous emmène à une heure de là, dans un bled (Cisolok) où il faut attendre un bus pour un autre village où il faudra reprendre encore un autre bus pour arriver à la ville avant le parc. Hum, compliqué cette histoire. D’après les villageois nous sommes encore à dix heures de route du parc. Ce qui veut dire que nous pourrions éventuellement y arriver à la tombée de la nuit, y passer trois jours, puis se retaper une journée complète de bus jusqu’à Jakarta. Nous sommes claqués, saoulés par les transports et les deux grosses valises que se trimballent mes parents (je n’ai pas réussi à les convaincre de prendre un sac), et mon rhume m’a tout de même bien sonné. Nous décidons de passer la nuit ici. Les locaux nous conseillent deux hôtels : le premier est très cher, beaucoup de blancs y séjournent, c’est un ensemble de villas climatisées à vingt mètres de la plage, le second est à un prix plus raisonnable, mais juché sur une colline… De toute façon, nous avons le temps d’essayer celui-ci. Nous y allons en moto et découvrons une construction en bois étrange, une maison alambiquée, construite sur quatre niveaux, toute en tourelles et en sculptures dayak ( ! Que viennent faire des Dayaks au sud de Java ! ? ?). Le coup de foudre est immédiat. Nous craignons juste le bruit d’autres occupants éventuels car les murs ne sont guère isolants, mais le staff indonésien, l’architecte (un javanais ayant résidé 25 ans à Sampit, au Kalimantan, ce qui explique les sculptures), sa femme et un vieil homme, nous assurent que nous sommes les seuls occupants. Pour deux fois 9 euros par nuit nous occupons deux grandes chambres spacieuses, avec fenêtre sur une baie magnifique… le paysage est à couper le souffle ! Mais… " Souci " N°1 : ça n’est pas un endroit où l’on reste juste une nuit… nous annulons donc notre visite à Ujong Kulon. De toute façon, ni les uns ni les autres n’avons envie de retourner crapahuter dans la jungle pour le moment. Souci N°2 : Il n’y a aucun restaurant dans les environs. Juste quelques épiceries. Je n’irais pas jusqu’à dire que le régime nouilles en sachet pendant trois jours matin – midi et soir nous aura gâché notre séjour, mais si, en fait, on peut l’écrire ! Souci N°3 (alors que bon sang, nous sommes dans un lieu d’exception ! ! !) : la plage, ça va cinq minutes. Pour mes parents, cet endroit est loin d’avoir le charme et l’intérêt de Bornéo. D’autant que les gens ne sont pas très accueillants : froids, intéressés, ils gardent leurs distances. Les petits commerçants cherchent à profiter de nous un maximum, sauf un jeune couple sympa. Je n’ai rencontré ce type de comportement que dans des lieux fréquentés régulièrement par les touristes. Ailleurs en Indonésie, pour les denrées de base, les prix peuvent être arrondis au chiffre supérieur, mais jamais du simple au double ! Mais les gens de ce village ont sans doute eu des rapports sans concession avec les occidentaux des villas. Un type me confie qu’ " il apprécie de parler avec les étrangers quand ceux-ci sont polis et accessibles "… un sous-entendu qui en dit long. D’ailleurs, de tous les anglo-saxons qui résidaient là, dans les villas, pas un ne daignera nous saluer…


A part ces désagréments, le séjour est agréable. Mais au bout de trois semaines en Indonésie, il est temps pour mes parents de rentrer en France. Mon père supporte de plus en plus mal la nourriture (mais il fit un bel effort ! Trois semaines passées sans pause pizza, sans régime de faveur !) et le manque d’hygiène… Je me désole d’avoir aussi mal organisé la fin de leur séjour, d’avoir sous-évalué les distances : nous regrettons amèrement de ne pas avoir approfondi notre visite des alentours de Yogja, mais d’un autre côté, notre présence dans le train et à l’arrivée à Jakarta a rassuré ma belle-famille. Il aurait été fou de repartir à Yogja le lendemain. Aussi, j’accompagne mes parents jusqu’aux portes de l’aéroport, et les laisse repartir seuls, comme des grands, pour la France, la tête pleine de souvenirs impossibles à partager…






Carnets de voyage...
http://voyageforum.com/voyage/chez_les_dayaks_ibans_kalimantan_ouest_borneo_indonesie_2001_D1521726/
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(Ce message a été modifié par Muhammad le 13 février 2008 à 5:14.)

Images attachées: Borobudur.jpg (37.5 KB) - hotelluxeJava.JPG (41.7 KB) - Merapi.jpg (38.4 KB)


annitabanana
Marseille, France



31 janvier 2008 à 15:48

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Re: [Muhammad] Mes parents à Bornéo/Java (Indonésie) [En réponse à] Répondre

Chouette récit, n'hésite pas à en poster d'autres !

Un jour ici, l'autre là-bas...


Muhammad
France

13 février 2008 à 5:16

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Re: [Muhammad] Mes parents à Bornéo/Java (Indonésie) + photos [En réponse à] Répondre

Voilà! J'ai ajouté quelques photos au corps du texte! C'est vrai que c'est plus agréable comme ça (je pense au SASAK STORY de Citoyendum...)! Bonne lecture!

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321
Breton à Lyon, France



13 juin 2008 à 16:48

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Re: [Muhammad] Mes parents à Bornéo/Java (Indonésie) + photos [En réponse à] Répondre

Selamat pagi,

Bravo, j'ai beaucoup aimé ta manière de réussir à capter l'attention du lecteur avec des faits simples ; ainsi que ce ton objectif, sans aucune recherche de sensationnalisme ou d'exagération. Le style très limpide n'enlève rien non plus au truc. Bon arrêtons les fleurs, passons aux questions...!

> C'est quoi exactement les rekreasi ?
> As-tu lu le bouquin ci-dessous ? J'envisageais de le faire, et ton avis m'aurait donc intéressé.

J'attends tes réponses, puis je m'en irai lire le récit de Pulau Simeulue (cette île m'intriguait déjà lorsque, il y a quelques années, je me trouvais aux Pulau Banyaks et que je la devinais à la fois proche et peu accessible).

A +
321



.
> Nord Laos, 2007, 40 jours aux confins de la province de Phongsaly
> Nord Laos, 2006, 34 jours de balades dans la province de Phongsaly
.


Mékong
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13 juin 2008 à 19:13

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Re: [Muhammad] Mes parents à Bornéo/Java (Indonésie) + photos [En réponse à] Répondre

salut Mohammad

content de retrouver Jogja et sa région à travers ton récit. J'y étais en 1999. ça a dû bien changer, il y avait déjà le vendeur de batik pressé à coté de MalioboroMalin comme toi, j'ai eu droit à son speech.
tu te souviens du nom du village enseveli ? j'étais allé au petit village de Soho au pied du Merapi avant de monter
en tout cas de merveilleux souvenirs

Eric

La vertu d'un voyage c'est de purger la vie avant de la garnir
Nicolas Bouvier


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Muhammad
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15 juin 2008 à 3:21

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Re: [321] Mes parents à Bornéo/Java (Indonésie) + photos [En réponse à] Répondre

Merci!

Ah oui, les tempat rekreasi, j'en parle bcp sans avoir trop expliqué ce que c'est. Disons que si tu es dans une ville ou un village en Indonésie et que tu demandes aux gens ce qu'il y a à voir dans le coin, ils vont t'indiquer les OBYEK PARAWISATA ("curiosités touristiques") et les TEMPAT REKREASI ("lieux de récréation, de détente"). En général, ces derniers sont des sites naturels (plages, sources chaudes, chutes d'eau, roches...) aménagés pour les touristes locaux et selon leurs goûts: guichets à l'entrée, vendeurs ambulants de nourriture et de gadgets pour les gosses, et parfois bancs, jeux pour enfants etc. Ce qui fait qu'au final, tous les endroits qui ont été transformés en tempat rekreasi n'ont plus aucun charme pour le voyageur étranger: aseptisés, balisés, noirs de monde le week-end, désertés par les animaux, etc. (Pour moi, ça n'est pas une particularité locale mais un aménagement qui répond aux attentes de personnes peu habituées aux voyages et aux vacances (qui souvent n'en ont pas les moyens financiers), un peu à l'image des usages en France il y a quelques dizaines d'années au début des "congés payés"...)...

Oui, j'ai lu le O'Hanlon! Excellente lecture, tu peux y aller les yeux fermés. C'est drôle, admirablement bien écrit tout en restant très accessible... L'auteur semble s'intéresser davantage aux insectes et aux animaux, mais il n'est pas avare de renseignements historiques ou ethnologiques sur les gens qu'il croise (Ibans et Ukits)... Au final, c'est un grand livre d'aventure (que j'ai relu 3 fois!) que l'on peut apprécier même sans mettre les pieds à Bornéo...
Du même auteur, tu peux lire HELP!, son deuxième livre, qui raconte cette fois son aventure, beaucoup plus dure, en Amazonie. L'expérience humaine y prend davantage de place même si les descriptions de la faune locale ne sont pas oubliées pour autant. Point d'orgue: une rencontre et un séjour chez des Indiens à la réputation sulfureuse... il faut voir les guides sud-américains trembler à l'idée d'être assassinés et découpés en morceaux!
Troisième ouvrage de O'Hanlon, le meilleur à mon sens, mais le plus noir: O'Hanlon au Congo, à la recherche d'un monstre du Loch Ness local. Alors là, attention, entre "Voyage au bout de la nuit" et "au coeur des ténèbres", c'est un récit extrêmement sombre, poignant... O'Hanlon en perd son humour. Il manque deux trois fois d'y rester, assiste à la mort d'un homme dès les premières pages, connaît des moments difficiles avec les membres de son équipe et les évoque sans honte (chapeau l'humilité, parce qu'il est vraiment détesté par les Congolais qui l'accompagnent...)... Malheureusement, ce bouquin n'a pas été édité en poche...

Bon, en tout cas, tu as commencé par mon récit le moins rock n roll on va dire... celui sur Simeulue est un peu spécial... on m'a fait la remarque qu'il était assez inaccessible. Celui qui ressemble le plus a ce que tu as vécu au Laos (sauf que moi je suis parti 10 jours seulement!) c'est "chez les Dayaks Ibans"...

à bientôt!

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15 juin 2008 à 3:37

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Re: [Mékong] Mes parents à Bornéo/Java (Indonésie) + photos [En réponse à] Répondre

Salut!
Non, je ne me souviens plus du nom du bled... j'ai cherché cherché et cherché encore, mais rien, je n'ai pas imprimé. En tout cas, sauf si je bouge avec Naps au centre de Bornéo, je retourne là-bas cet été, du côté de Selo, au Nord du Merapi...
Bonne continuation à toi!

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15 juin 2008 à 5:15

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Re: [Muhammad] Mes parents à Bornéo/Java (Indonésie) + photos [En réponse à] Répondre

en fait c'est Selo, j'avais écorché le nom
comme tu parlais d'un village enseveli, je m"inquiétais
c'est un chouette endroit...si je me souviens la route du volcan sur la gauche, après la fontaine, il y a une école

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Nicolas Bouvier


Muhammad
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15 juin 2008 à 6:56

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Re: [Mékong] Mes parents à Bornéo/Java (Indonésie) + photos [En réponse à] Répondre

Oui, Selo n'a pas été enseveli, c'est un village sur l'autre versant.... mais dis-moi, ça doit être très touristique comme bled, non?

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15 juin 2008 à 7:12

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Re: [Muhammad] Mes parents à Bornéo/Java (Indonésie) + photos [En réponse à] Répondre

non ce n'était pas très touristique. rien à voir avec Kaliurang de l'autre coté.
très bon contact avec les villageois
juste Quelques touristes qui partaient du village pour une ascension difficle du Merapi ce qui sélectionne
maintenant c'était en 1999...

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Nicolas Bouvier


Muhammad
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15 juin 2008 à 7:17

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Re: [Mékong] Mes parents à Bornéo/Java (Indonésie) + photos [En réponse à] Répondre

Oh, je ne pense pas que ça a trop changé... tu sais, à Kaliurang, nous y sommes restés une heure, nous étions les seuls occidentaux... ça relativise quand même. Combien de temps faut-il compter pour grimper?

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15 juin 2008 à 7:35

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Re: [Muhammad] Mes parents à Bornéo/Java (Indonésie) + photos [En réponse à] Répondre

faut compter 3 heures

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Nicolas Bouvier


Muhammad
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15 juin 2008 à 14:10

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Re: [Mékong] Mes parents à Bornéo/Java (Indonésie) + photos [En réponse à] Répondre

Pffff, une promenade de santé quoi!Cool

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15 juin 2008 à 14:57

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Re: [Muhammad] Mes parents à Bornéo/Java (Indonésie) + photos [En réponse à] Répondre

à condition d'être en bonne forme...je me souviens d'une nana qui avait renoncé en cours de chemin. les villageois qui nous accompagnaient n'amusaient pas le terrain.
pour toi, vu ton expérience ça devrait être du gâteau

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Muhammad
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16 juin 2008 à 11:32

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Re: [Mékong] Mes parents à Bornéo/Java (Indonésie) + photos [En réponse à] Répondre

Ooops! Je suis en très bonne condition physique, mais je n'ai pas l'habitude de faire de la montagne... question qui va peut être en faire hurler certains, mais est-il impensable d'escalader le Merapi avec seulement une bonne paire de baskets? Je sais que les indos grimpent en tongues, mais nous? ... Je n'ai pas de chaussures de randonnée, et n'ai pas trop envie d'en acheter une paire et de me la trimballer juste pour une ascension...

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16 juin 2008 à 11:50

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Re: [Muhammad] Mes pare