
karine71
france, France

28 juillet 2005 à 9:35
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Tout est rangé là, pêle mêle dans le débarras. Même pas une fenêtre pour les inonder de soleil, leur offrir une pseudo évasion. Parce que chaque fois que je passe devant, la même étreinte me saisit le ventre. Tout est là. Ma gourde, qui elle aussi comme moi, a soif de l'eau des puits de l'Afrique. Elle reste là, couchée sur l'étagère. Le bouchon ôté laisse apparaitre comme une bouche grande ouverte. Elle n'attend que d'être remplie de l'eau puisée dans les profondeurs du sol et de sentir perler les gouttes fraiches le long de son corps, de sa paroi rouge. Mes 2 fidèles chaussures qui m'ont toujours accompagnées sur ses sols arides, chauds, ces rochers de la falaise de Bandiagara, elles sont là, les lacets emmêlés, à se regarder l'une l'autre et se souvenir de ces pierres, de la sensation de chaleur chaque fois que la semelle touchait le sol. Elles ont l'air si tristes, si inutiles dans ce cagibis sombre. L'espace et les paysages sont leur domaine, pas ce réduit clautrophobique, minuscules qui me fait rougir de honte. Mon sac à dos est lui aussi là, couché négligemment sur le sol, vide, la gueule ouverte. Qu'est ce que j'attends pour lui gonfler le ventre de T-Shirt, de pantalons, de chaussettes... Allongé là il me fait penser à quelqu'un qui dort. Lui aussi aime être chahuté par les secousses des chariots tirés par des zébus sur des sentiers de sable, se frayant un passage de villages en villages entre les champs de mil, d'arachide... Mon chapeau, indispensable compagnon de ces journées gorgées de soleil est accroché à un clou au mur. Je sais qu'il préférerai être perché sur ma tête et tenir son rôle protecteur contre ce soleil agressif. Tiens ! mon lot de chaussettes, qui malgré la transpiration et les odeurs de mes pieds n'ont qu'une idée en tête: se glisser dans leur copines chaussures pour leur tenir compagnie sur ces sentiers magiques du Pays Dogon. Mais toutes ces choses reprendont bientôt vie, ma tête et mon corps aussi. Je vais bientôt retrouver mon Mali, mais à la saison des pluies cette fois ci. Quelles impression nouvelles pour tous mes compagnons de voyages ! Sûrement un remerciement de leur part quand ils auront vu toutes ces choses magiques que je vais découvrir, ces paysages magnifiques, cette sensibilité que j'éprouve et qu'ils doivent ressentir. Décollage le 16/08 pour Bamako, 17 jours de pur bonheur. Bon vol ------- On dit que la nature en nous donnant 2 yeux, 2 oreilles mais qu'une seule bouche a voulu nous obliger à moins parler pour mieux voir et entendre.
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