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mijoperette
France

16 décembre 2007 à 18:14

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Mon premier voyage au Maroc Répondre

Départ programmé pour le 2 décembre... 2005. Hé oui, cela fait un bout de temps que tout cela est arrivé, mais dans mon coeur, c'est encore hier !
Destination... MAROC, d'abord MARRAKECH, puis ESSAOUIRA.

Il fait gris et froid lorsque nous arrivons à Toulouse, mais nous sommes tellement contents que cela nous est indifférent !
Le hall de l'aéroport est déjà décoré pour les fêtes de la Noël et, comme des enfants, nous posons devant les guirlandes argentées.

N
ous sommes accueillis chaleureusement par l'équipage marocain de la compagnie Atlas Blue. Nous avons choisi le côté hublot, nos amis sont assis derrière nous. Un peu de crispation et d'excitation au moment du décollage et puis la magie opère. Voir la terre d'aussi haut est un spectacle dont je ne me lasse pas. Quelques photos, avec juste un petit bout d'aile d'avion, pour éviter toute allusion à un quelconque trucage, de la ville de Toulouse qui s'éloigne à toute allure. Nous passons au dessus des nuages bas qui donnaient à la campagne un air si triste et montons à la rencontre d'un ciel tout bleu. Petit virage vers l'ouest ( je suis très attentive Malin) nous ne passerons pas au dessus des Pyrénées et nous dirigeons vers l'océan. En face de nous, il y a plein de choses appétissantes, une immense île flottante, des nuages pareils à de la crème fraîche en pleine émulsion... ou alors celle sublime d'un capuccino géant ! Ah, on voit bien que j'ai été à bonne école avec mon mari pâtissier !
Puisqu'on parle de gâterie, voici que s'avancent dans l'allée, le steward et l'hôtesse. Ils poussent devant eux un chariot et nous dégusterons (Jean et moi), notre "première" corne de gazelle accompagnée du "premier" thé à la menthe : PREMIER, est le mot que je vais employer une multitude de fois ! Nous sommes un peu le "ravi" de la crèche : L'innocent, quoi !
Le voyage se poursuit sans incident et l'heure approche où notre avion prendra contact avec le sol marocain.
Nous nous plions aux formalités d'usage aux bureaux des passeports, où d'impressionnants policiers nous scrutent attentivement. Nous troquons quelques euro contre beaucoup de dhirams ! Nous avons l'impression d'être riches et nous apercevrons très vite qu'il n'en est rien !


Le contact avec Fouzia a été tout de suite très chaleureux. Fouzia est la jeune femme qui a servi de lien entre Nadine et les propriétaires des riads où nous logerons. Ce sera un allié précieux dans toutes les démarches administratives et autres, auxquelles nous serons confrontés. Grâce à elle, de nombreux tracas nous seront évités.

Nous nous engouffrons tous les cinq dans le taxi qui l'a amenée jusqu'à nous et roulons sur les grands boulevards qui séparent l'aéroport de la ville. Ils sont bordés de fleurs, palmiers et autres plantations méditéranéennes qui me laissent à penser que c'est l'image "vraie" du Maroc que nous allons visiter.


Et puis, quelques images insolites, rapides, que je n'arrive pas à fixer sur pellicule : un âne tirant une carriole avec comme conducteur un homme en burnous, des mobylettes pétaradant bruyamment, des calèches chargées de touristes. Voilà qui donne à réfléchir ! Le taxi nous laisse devant un hôtel et descendant sur le trottoir, nous sommes assaillis par toutes sortes de choses : la chaleur, le bruit, la circulation intense et hétéroclite. Quelques enfants et adultes nous demandent une pièce et Fouzia commence les mises en garde. Ces conseils nous inquiètent et nous rassurent à la fois. Hassam, le gérant du riad où nous logerons pendant trois jours, est là. Il nous aide à porter nos bagages et nous lui emboîtons le pas.
Tous marchent trop vite, je n'ai pas le temps d'enregistrer ce qui se passe autour de nous. Pour l'instant, rien ne me paraît différent ou si peu, mais au fur et à mesure que nous avançons, la rue devient plus étroite, plus animée, plus bruyante. Il faut faire attention à tous les engins motorisés ou non, que nous croisons. Carrioles à bras, vélos, mobylettes, calèches, enfants qui courent, bref, il faut regarder partout à la fois et surtout ne pas perdre de vue mes compagnons qui marchent à grands pas !
"Balek... balek", voilà un mot que nous enregistrerons vite : ATTENTION ! C'est le cri que poussent tous ceux dont nous entraverons le déplacement. Celui des porteurs ployant sous des charges impressionnantes, des tireurs de carrioles et des voyageurs pressés à mobylette.
Tout en trottinant pour rester à la hauteur de mes compagnons, je regarde de tous les côtés et ne vois que des magasins à ciel ouvert, emplis de mille objets de toutes les couleurs. Nous obliquons sur la gauche, le sol est plus accidenté, le passage que nous empruntons est bordé de plantes en pot. De minuscules boutiques y ont trouvé place. J'aperçois quelques cageots de fruits sur ma gauche, je suis sidérée. J'ai l'impression de croiser le regard de l'un des patriarches de l'Ancien Testament. C'est tout simplement celui d'un vieux monsieur barbu, vêtu d'une longue robe brune à capuchon. Il est cerné de tous côtés par de ses cagettes de fruits, je ne vois que son buste. Son regard qui me fixe, me donne des frissons. Voilà un personnage qui va nous intriguer au plus haut point et nous ne pourrons nous empêcher de vérifier, tous les soirs, s'il est toujours à son poste.
Nous passons sous deux vieilles portes, probablement une des limites de la médina. La lumière est plus faible. Deux ruelles plus loin, nouveau virage à gauche. La rue est de moins en moins accueillante, plus sombre, le sol bien moins entretenu. Glups ! Heureusement que nous avons un guide ! Une porte dans le mur, une plaque doré "DAR MARHABA".

Hassam a sûrement un clé magique. Un couloir garni de tapis, une armoire remplie de livres, des affiches colorées sur les murs, et puis..., des exclamations s'échappent de notre bouche. Un joli patio où pousse un bel oranger, une vasque remplie de pétales de roses, des sièges en fer forgé garnis de coussins, une table de même facture sur laquelle un beau bouquet de roses exhale un léger parfum, des pièces ouvertes sur le patio où les portes sont remplacées par de lourds rideaux blancs, tout concourt à nous arracher un cri d'émerveillement. On comprend ce que le mot "paradis" veut dire !
C'est RAJA, une jeune fille, qui nous accueille avec une tasse de thé. Nous choisissons nos chambres afin d'y déposer nos bagages, nous nous asseyons autour de la table et tout en sirotant le thé, remplissons laborieusement les papiers officiels qui font de nous, des résidents provisoires.J'ai choisi la chambre que nous avions visionnée sur le site Internet. Des pétales de roses parsèment les dessus de lit. Nous marchons sur des tapis jusque dans la salle de bain. Le lavabo et la robinetterie sont en cuivre, les murs peints en bleu. Magnifique ! Pierre et Nadine sont nos voisins et occupent une chambre aussi jolie.
Nadine ne nous laisse pas souffler, nous sommes prêts à aller "faire un tour" dans les souks. Nous sommes encore dans la cour lorsque le muezzin lance du haut du minaret, son appel à la prière.
Plus de Hassam, plus de Fouzia, Raja n'est pas là, c'est Nadine notre CHEFTAINE ! En avant pour les souks !
Nous retrouvons la ruelle sombre où deux chats efflanqués se disputent un morceau de "je ne sais quoi". Nous croisons la route d'un petit âne qui a l'air bien triste... à moins qu'il ne profite d'un temps de repos bien mérité !

Puis à nouveau le soleil et le bruit de la rue où les gens se pressent dans tous les sens. Nous débouchons sur la petite place où les tapis semblent descendre du ciel jusqu'au sol. Des coussins, des bonnets de toutes les couleurs, des paniers en osier, des poufs. Et ce n'est que le début des merveilles!
Des paniers d'épices, de plantes séchées, des étagères garnies de flacons colorés, remplissent déjà nos yeux de bonheur ! Mais tout cela est encore à ciel ouvert, nous ne découvrons les vrais souks que quelques dizaines de mètres plus loin.
Ce n'est qu'un lascis de ruelles, carrelées au début puis, très vite, en terre battu, ombragées et rendues plus fraîches par des lattis de tôles que la lumière du soleil parvient difficilement à traverser. Et c'est maintenant un concours de couleurs et d'odeurs plus surprenantes les unes que les autres, qui se déroule sous nos yeux ébahis. Fouzia, qui avait déjà remarqué mes regards émerveillés, m'a mise en garde et fait promettre à Nadine de ne rien acheter le premier jour.
Des vêtements bigarrés, des milliers...au moins, de babouches, de sacs à main, de foulards, de ceintures, de poteries, de tapis, de vaisselle, d'objets en bois, en fer, en argent... que sais-je encore ?
Des lampes, des lustres au couleurs chaudes posés à même le sol ou accrochés sur les murs et grimpant jusqu'au plafond, des lanternes ciselées aux vitraux colorés, des poteries brunes, ocre, orange, des écheveaux de laine rouge, orange encore, suspendus au dessus de nos têtes et puis de temps en temps, une porte ouvragée, l'entrée d'une mosquée. Et puis des marchands de pâtisseries orientales et de fruits secs. J'en salive déjà !
Un peu plus loin, le souk des tisserands (souk Smarine). Un des marchands nous accoste et nous montre les différentes sortes de plantes aux propriétés colorantes, dont ils se servent pour teindre les tissus. A l'aide d'un grand foulard bleu, il me transforme en un tour de main, en une femme touareg.


J'ai eu un peu peur mais tout se passe gentiment même s'il apprécie peu que sa prestation "intempestive" ne soit pas rémunérée. Je vais apprendre rapidement qu'il ne faut pas trop s'attarder devant les étals. On est vite pris à partie et il faudrait acheter dans toutes les boutiques! Ils ont pourtant des mots charmants pour nous interpeller : "gazelle" pour les femmes, "moustache" pour les hommes et usent de sourires enjoleurs . "Pour le plaisir des yeux, gazelle"..." combien tu me donnes, moustache ?"... "ça va, chef ?"... et quand on refuse poliment leurs propositions, ils répondent, un brin désabusés : "Peut-être demain, inch Allah !"
Et tout ça avec le sourire, une bonne leçon pour nous, européens !
La ruelle débouche sur une place, RHAZA KADIMA. Là, plus de pavés, seulement la terre battue. Plusieurs boutiques d'apothicaires, où les plantes les plus diverses, sont présentées dans de jolis paniers. Les marchandises, même dans les endroits les plus sordides, sont toujours disposées avec un goût parfait et une harmonie de couleurs merveilleuse. Bien entendu, nous n'avons retenu aucun enseignement de notre passage chez les tisserands, et nous faisons aborder par un des apothicaires. Alors là, c'est formidable ! On peut soigner n'importe quelle partie du corps et .... du coeur ! On peut maigrir et fait rarissime... grossir ! Bon, pour cela je préfère aller vers les marchands de fruits secs !!! Tire la langue
Nous sommes à l'étal n°140, notre beau parleur a pour nom, Ahmed Chalgoum. Non, non, je n'invente rien ! Il m'a laissé sa carte avec quelques annotations en marge, pour le cas où...Nos hommes sont restés à l'écart et se marrent, surtout quand ils nous entendent promettre de revenir. En tous les cas, je suis d'accord avec Nadine, charmant ! Bien entendu, nous nous laisserons séduire par un de ses confrères... mais ceci est une autre histoire !

Fini de marcher dans les souks ! Voici la place JEMAA EL-FNA. Jean nous fera souvent rire, pas moyen pour lui de retenir ce nom. Point névralgique de la médina, c'est l'endroit où tout un monde hétéroclique se croise : habitants, marchands, touristes, gens de la campagne venus tenter leur chance auprès des étrangers, charmeurs de serpents (certains sont faux...les serpents !), marchands de "vraies " dents et dentiers (!), porteurs d'eaux d'opérette, musiciens habillés de blanc et tirant des sons lancinants de leurs surprenants instruments de musique à corde . Un vrai théatre à ciel ouvert, et nous, au milieu, ébahis !

Il y a, sur cette place, un marché, chaque après-midi. Ce sont des marchands de fruits secs qui cohabitent avec des vendeurs de jus de fruits, de vêtements, de quincaillerie, d'herbes médicinales, etc...Elle est cernée également par des restaurants, des boutiques plus modernes, des cafés. Les bureaux de poste sont tout près, les marchands de cartes postales aussi !
Un témoignage pour célébrer la gentillesse de tout ces gens : Nadine et moi, toujours gourmandes, nous laissons tenter par un verre de jus d'orange. Nos billets de banque sont tout neufs et surtout trop gros pour payer le prix dérisoire de la boisson convoitée et le jeune homme qui nous a servies, ne peut nous rendre la monnaie, et bien sûr, le jus d'orange est déjà avalé Fou . Pas de problème, il nous fait crédit ! Il faudra que nous revenions deux fois pour acquitter notre dette car il est parti entre temps faire se prières ! Magnifique, je crois que ce pays va me plaire ! Il va falloir que les "ploucs" que nous sommes, laissions nos préjugés avec nos bagages.
Nadine et le jeune marchand
Et puis, merveille. Après la place Charles de Foucault où de nombreuses calèches, tirées par des chevaux poussifs, aux articulations noueuses, attendent patiemment le touriste éreinté, voilà la KOUTOUBIA. Magnifique mosquée dont on aperçoit le minaret de loin. Il est déjà 19h, le soleil va bientôt disparaître derrière elle. Vite, photos ! Cette tour a servi de modèle à la Giralda, à Séville. La légende dit que les boules dorées qui sont au sommet du minaret, proviennent de la fonte des bijoux de Zineb, l'épouse de Yousef ben Tachfine. Malheur à ceux qui ont tenté de dérober ce trésor ! Ils ont été décapités et leur tête a été exposée sur la place ! Brrrr....On ne rigolait pas, en ce temps-là !

Un beau jardin, entouré de grilles, jouxte la mosquée. Nous nous promenons dans un décor fleuri et arboré. Innocents, pour ne pas dire pire, nous sommes étonnés de voir les Marocains se comporter de la même façon que nous, les voir assis sur les bancs en train de papoter, de lire, nous paraît bizarre. Heureusement, la couche de préjugés (et je reste polie) qui nous enveloppe, ne va pas résister longtemps et bientôt nous évoluerons avec de meilleurs sentiments au milieu de ces gens qui nous accueillent avec tant de gentillesse. Je garderai assez longtemps, la honte d'avoir éprouvé tant d'appréhension à leur égard !
C'est décidé, nous prendrons notre premier repas sur la place...comment, Jean ?... Jemaa El-Fna ! Bravo !

Le soir, elle se transforme en un immense restaurant où des vendeurs ambulants montent leurs stands et proposent aux passants leur cuisine (brochettes, tajines, couscous, harira, et j'en passe !)Il y a les cuisiniers et les cuisinières qui font leur travail avec sérieux, les serveurs empressés et surtout, les rabatteurs, ceux qui vous accostent avec humour et gouaille : "Je suis le fils caché de Bocuse"..." j'ai appris à faire la cuisine à Paris"... Il y en a même un qui connaissait, par son cousin de Paris, les dessous de l'affaire Bernard Loiseau !!! Certains étals figuraient sur "le guide du Routard". Ils sont tous éclairés par des centaines de lampes, montées en série je ne sais pas comment ! De temps en temps, une coupure d'électricité survient et aussitôt, le système D fonctionne ! La lumière revient par miracle et les murmures qui s'étaient élevés, s'arrêtent.
Après beaucoup d'hésitations, nous optons pour le n°11. (?) Brochettes, tajines de légumes, aubergines et poivrons grillés, le tout arrosé de thé à la menthe, le délicieux pain plat et rond (KESRA), tout cela donne un petit goût d'aventure à notre repas ! Nous flânons au milieu des badauds, Nadine se fait accrocher par deux femmes qui veulent lui dessiner un tatouage au henné. Elle n'ose pas refuser et leur tend la main. Elle est tombée sur des "scribouilleuses" qui ont taché ses vêtements. Bof, un aller-retour au pressing et il n'apparaîtra plus rien !
Retour au riad. Nous n'avons pas trop sommeil, trop excités par le voyage, et partons à la découverte des étages supérieurs. Un joli salon de repos donne sur le patio, des chambres sont prêtes à accueillir d'autres touristes.
Enfin ! Dans nos lits aux beaux draps bleus !
5h30: C'est l'appel à la prière, lancé du haut du minaret par un muezzin particulièrement en voix, qui nous réveille. Ce sera comme cela tous les matins !
Petit déjeuner à 8h30, servi par Raja qui a confectionné de délicieuses crêpes que nous nappons abondamment de confiture. Le beurre étant un peu trop rance, nous ferons l'impasse ! Incertain
Le ventre calé, nous nous concertons pour la suite des réjouissances. Notre "cheftaine" a plein d'idées et nous nous rallions à son choix.
Objectifs du jour : 1/ Palais de la Bahia
2/ Trouver un resto
3/ Medersa Ben Youssef
4/Hammam des Mille et une Nuit

PALAIS DE LA BAHIA :
Superbe demeure princière, de style andalou du XIXe s.

C'est un véritable labyrinthe, une succession d'appartements entourés de patios et de cours. Des orangers, pamplemoussiers, des palmiers, une multitude de bassins et de fleurs, des plafonds en cèdre de l'Atlas, peints et décorés, des salles tapissées de faïences de Tétouan, des portes ornées de ciselures représentant des versets du Coran, tout concourt à faire de ce lieu, un enchantement. On imagine sans peine, la belle favorite enveloppée de tous ses voiles et entourée de jeunes filles riant et chantant. Je feuillette le guide touristique et, déception, .... le maître des lieux est décrit :" petit gros bonhomme court de jambes, envahi d'un embompoint qui lui donne une singulière démarche de roulement". Zut ! Moi, j'aurais préféré la description d'un bel éphèbe ou celle d'un beau ténébreux ! Je reprends pied avec la réalité et rejoins mes compères qui sont en grande conversation avec un couple de Français. Eux aussi ont évité les grands complexes hôteliers et séjournent commme nous dans des riads où l'on peut vivre plus près des habitants.
Devant l'entrée du palais, un fonctionnaire de police monte la garde assez nonchalamment. Un collègue vient le retrouver et Jean, ayant des problèmes avec la batterie de sa caméra, s'adresse à lui pour lui demander s'il connaît un magasin où il pourrait la remplacer ! (Ouf, elle est un peu tordue, ma phrase ! ... Non, finalement, en la relisant, ça devrait aller ! Malin )
Nous sommes alors escortés, par le plus aimable policier de Marrakech ! D'abord jusqu'au magasin où Jean trouvera son bonheur, puis jusqu'au restaurant "EL BADI" où nous soupçonnons notre "intègre" policier, de toucher quelques bakchichs.
Peu importe, nous avons traversé les rues, sous sa protection et les mobylettes n'avaient plus qu'à ralentir ! Nadine l'a remercié, lui faisant remarquer qu'en France, c'est plutôt menottes aux poignets, où lorsqu'on fait partie de la jet-set, qu'on a droit à une escorte rapprochée ! Il rigole, le policier !

Nous montons au premier étage de l'établissement, une terrasse ensoleillée nous tend les bras. Les vestiges d'un rempart servent de base à des nids de cigognes, la place des Ferblantiers est toute proche. Les coups de marteaux assénés sur le métal résonnent dans l'air surchauffé, en se penchant, on peut voir une carriole tirée par un âne et chargée d'une quantité impressionnante de bananes. Des éclats de voix se font entendre, curieuse, j'assiste à une joute verbale accompagnée de beuacoup de gestes, entre deux jeunes. Pas bien méchant, tout ça !
Bien insstallé sous un parasol, nous avons quand même une pensée pour nos enfants que nous avons abandonnés en pleine grisaille, en France. La carte des menus en main, nous nous lêchons les babines. Nous sommes trois à opter pour un tajine de poulet aux citrons, Jean tente un tajine de boulettes "kefta". Bien entendu, nous aurons droit au thé à la menthe, servi dans les règles de l'art, par l'aimable serveur qui ne voit aucun inconvénient à se faire prendre en photo, pour la énième fois de l'année !



Comblés par ce bon repas, voilà nos deux gazelles et nos deux gazous, repartis à l'assaut de la ville.
La place des Ferblantiers est à deux pas. Elle est entourée d'arcades, les ateliers se trouvent là, ainsi qu'un café dont les chaises sont installés sur le trottoir. Les artisans exposent à même le sol, devant leur boutique, les lampes et autres objets qu'ils ont fabriqués. (je ne résiste pas et fais mon premier achat : une lampe que je mettrai à côté du sapin de Noël, à la maison).


Nous allons traverser la place, quand un jeune garçon nous aborde hardiment : "ça va, chef ?...ça va, les gazelles ?" Il est tellement mignon que nous ne l'évinçons pas. Nadine lui demande si nous sommes bien dans la direction du "MELLAH". Bien entendu, il devient tout naturellement notre guide, et cela malgré nos protestations. Il nous fait rire quand il nous raconte, dans une version tout à fait personnelle, l'histoire de sa ville. Petit à petit, il nous entraîne dans une multitude de petites rues, si étroites que plus aucun véhicule motorisé ne passe. Si tortueuses, que bientôt nous ne savons plus où nous sommes. L'inquiétude me tord un peu le ventre, je remarque la mine désapprobatrice de nos hommes, mais Nadine, confiante en son petit cicérone, continue de discuter avec lui. Et bien sûr, il nous amène tout droit à la boutique que tient son grand frère Rachid ! Nous sommes à la criée berbères des apothicaires... normalement ! Nous nous sentons un peu "bêta" devant la manipulation du petit Mohammed, qui a réussi son coup. Encore sous le charme du petit "voyou", nous achetons des épices (tant pis pour Ahmed Chalgoun !), des morceaux d'ambre pour les hypothétiques mites que nous aurions dans les armoires, et même une poudre de perlimpimpin que nous devons faire "sniffer" à nos ronfleurs de maris et... à un de leurs copains, resté en France !!!Malin
Ici aussi, les plantes sont miraculeuses ! Rachid me donne un feuillet où toutes les vertus curatives de ces plantes sont vantées, il se fend d'un sourire radieux lorsque je lui avoue avoir huit frères et soeurs. Il veut voir la photo de la fratrie que j'amène toujours avec moi et s'écrie : "mais c'est la vraie famille berbère, gazelle ! "Voilà qui va faire plaisir" ! Moi, en tous les cas, je suis aux anges et ne regrette pas mes achats !
Ce sacripant de Mohammed nous entraînerait bien dans un autre périple. Mais là, nous sommes fermes et déclinons son offre. Il a l'air un peu déçu, mais nous retenons nos sourires pour ne pas predre la face !

MEDERSA BEN YOUSSEF :
Décidément, nous sommes infatigables !Nous devons retraverser le souk pour atteindre le troisième objectif. Les "gazelles", les "moustaches" fusent de tous côtés. Nous filons à toute allure derrière Nadine qui file comme le vent ! Nous répondons par la négative, mais toujours avec le sourire, aux propositions alléchantes des marchands, "pas cher gazelle, juste le plaisir des yeux !"
Voici la médersa, imposante, construite au milieu de la médina. Ce n'était à l'origine, qu'une simple université coranique, fondée au XIVe s, par le sultan Abou el-Hassan. Puis, sa renommé s'étendit partout dans le Maghreb. Nous franchissons les lourdes portes de bronze et traversons un sombre couloir décoré de mosaïques. voilà la grande cour rectangulaire et so bassin de marbre blanc destné aux ablutions. Le bas des murs est orné de zéligues colorés. De jeunes hommes sont en train de discuter, ils nous jettent un coup d'oeil indifférent. Au fond de la cour, un magnifique portail donne accès à la salle de prière. Un escalier conduit sur plusieurs étages, aux différentes chambres. Ce sont plutôt des cellules spartiates où les jeunes (il fallait avoir au moins 20 ans) habitaient le temps de leurs études. Les mezzanines de bois délicatement ouvragées, profitent du puits de lumière dispensée par un toit en piteux état. Cette école a été très longtemps laissée à l'abandon et de gros travaux sont encore à effectuer. L'état marocain est en train de réhabiliter tous ces vieux bâtiments historiques.


Objectif n° 4 : le hammam.
Il est situé près du riad, et nous avons rendez-vous vers 17h. Le hammam des Mille et Une Nuits. Tout un programme ! Nos "gazous" ont l'air inquiets de nous voir excitées comme des puces. Nous fanfaronnons un peu, mais c'est le première fois que nous allons nous faire dorloter, c'est l'inconnu pour nous.
Devinez ce qui nous attend dans le petit boudoir où nous a installées une jeune fille ? Un thé à la menthe... bingo ! Petite photo souvenir, nous voilà parties à papoter.. même un peu trop fort ! Chut, ici, c'est le calme qui doit régner ! Un brin confuses, les gazelles !
Nous sommes conduites dans la salle de repos où nos maillots "intégraux" font recette ! Nos cache-misère nous seront vite enlevés ! Douche tiède, entrée dans une autre salle où on nous enduit généreusement de savon noir, et entrée dans le hammam où un bain de vapeur nous enveloppe tout de suite. Assises sur de hautes marches de pierre, d'autres femmes sont là. Nous les imitons timidement, en restant sur la première marche (plus près de la sortie ? ). Nadine ne peut supporter cette chaleur et s'éclipse, me laissant désemparée. Petit moment de panique, on me rassure, elle est juste dans la pièce à côté. Je me détends, moi qui suis frileuse, je suis bien, mais bien !.... Il faut tout de même sortir de cet endroit surchauffé, une jeune fille m'attend de pieds fermes, un gant de crin à la main. Elle me demande de m'allonger sur le bas flanc en pierre, sur un tapis de caoutchouc. Enduite de savon noir, je glisse comme un poisson entre ses mains expertes. C'est avec beaucoup d'énergie qu'elle m'étrille, elle chante gaiement et me demande si je connais Aznavour. Tu parles, Charles !... je ne connais que lui. Et me voilà partie à chanter à tue tête "la Bohême, la bohême..."C'est une grosse rigolade, ma voix résonne, je m'éclate ! Re douche, shampoing et à nouveau enveloppées dans un peignoir, nous repassons par la salle de repos. Direction, premier étage, salle de massage. Une douce pénombre règne là-haut, des murmures ténus s'échappent des rideaux clos et c'est sur une chanson de Céline Dion (Triste) que le massage commence. Dans le noir, une silhouette féminine s'active autour de moi et essaie d'apaiser les tensions de mes muscles nouées. Nous sortons de nos cabines respectives, ointes d'une huile d'argan jusqu'à la pointe des cheveux, ce qui me donnera un faux air de "Joséphine Baker", toute la soirée ! Fou


Toute cette dépense d'énergie ne nous a pas fait perdre l'appétit, sus à la place Jemàa el-Fna.
Le pittoresque de cette place nous surprend encore. Nous serons bien reçus au n°4, et nous ne ferons qu'une bouchée des brochettes et légumes grillés servis par un gentil jeune homme qui semble parler toutes les langues. C'est un étudiant qui travaille là pour pouvoir financer ses études. Il veut être médecin. Nadine a une superbe idée, elle a repéré un marchand ambulant qui ne vend que des boissons chaudes. Aussi, nous déclinons l'offre d'un thé à la menthe, au restaurant, pour aller le boire de façon plus originale plus loin. Ah ces touristes ! Malheur, nous voilà devant un thé au gingembre (?), imbuvable pour nos palais d'occidentaux ignorants ! Le patron a l'air de faire la tête mais il se débrouille avec un de ses confrères pour nous procurer du thé à la menthe. Nous sommes un peu gênés de notre comportement et Nadine veut rattraper le coup en commandant un part de ce qui ressemble à un gâteau au chocolat ! Le patron, méfiant, lui recommande de n'en prendre qu'une petite part : "juste pour goûter". Mais que nenni, elle insiste, persuadée que nous allons nous régaler. Voilà un gros morceau de ce gâteau, que nous allons partager. Pouah! Plein d'épices, sûrement! Un fou rire nous secoue, et sous l'oeil ombrageux du patron, nous essayons bravement d'en manger. Nous manquons nous étouffer. Pierre, comme le grand Zorro, entre en scène, nous enlève l'assiette des mains et, stoïque, avalera jusqu'à la dernière miette du "succulent" dessert ! Bravo, "Moustache dorée" ! Merci Nadine, pour ton initiative ! Malin Les yeux encore mouillés de larmes, nous flânons sur la place où le spectacle continue. Les montreurs de serpents sont là, les diseuses de bonne aventure aussi. C'est une cacophonie de bruits et de musique de toutes sortes. Les gens se pressent autour de conteurs dont les histoires ont l'air d'être passionnantes mais auxquelles nous n'entendons goutte, car racontées en arabe. Dans certains groupes, plusieurs personnes s'agitent en mimant des scènes que nous ne comprenons pas, mais les rires et exclamtions du public nous prouvent bien que le divertissement est à la hauteur ! Quel dommage, de ne rien comprendre !
Un spectacle insolite nous attire plus loin. Pour quelques dirhams, nous allons pouvoir participer aux réjouissances. C'est une pêche aux bouteilles de coca cola ! Eh oui, chacun à notre tour, nous allons essayer d'en saisir une, à l'aide d'une canne à pêche rudimentaire. Nous voilà munis de la canne, terminée par un anneau que nous devons faire glisser en douceur le long de la bouteille et d'un habile coup de poignet, enrober le col du maudit flacon ...qui se dérobe au dernier moment. "Jolie bouteille, sacrée bouteille... comme chantait l'autre !" Tant pis, allons plus loin. Les calèches ont trouvé preneur et circulent dans la ville, les "mobs" pétaradent, les vélos nous passent à ras les talons ! Nous arrivons au niveau des marchants de fruits et nous laissons tenter par quelques dattes et abricots secs. Un homme à l'allure martiale est en train de discuter avec le vendeur. Il nous adresse la parole et nous demande d'où nous sommes originaires. Au fil de la conversation, il nous avoue son appartenance à la police, nous assure de l'efficacité de celle-ci, nous montre sa carte et nous dit qu'il travaille pour ...Interpol. Là, je commence à me poser des questions. Je ne savais pas que les policiers d'Interpol étaient si peu discrets ! J'en suis resté encore aux agents "très" secrets, des romans de ma jeunesse ! Clin d'oeil Trop marrants, ces gens !
Retour en douceur vers le riad. Nous laissons le bruit derrière nous et nous enfonçons dans les ruelles silencieuses de notre quartier. Quel calme, après l'ambiance de folie sur la place !
DIMANCHE MATIN : Une bonne nuit de sommeil, stoppée par l'appel à la prière. Le muezzin est à l'heure ! Petit déjeuner sympa avec un couple de jeunes catalans qui ont passé la nuit au riad. Super, tes petites crèpes, Raja.
Objectifs du jour :
1/ Les jardins de Majorelle
2/ Bab al Gnaou

3/ La MENARA
Traversée des souks, on va finir par se faire repérer ! Malin
Cheftaine Nadine file comme une gazelle, et nous avons droit au spectacle des tireurs de carriloe et des engins à deux roues qui se fraient un chemin au milieu de la foule à coups de "balek, balek". Un porteur de pain sur son vélo, un énorme panier en équilibre sur le porte bagage, nous stupéfie. Un défi à la loi de la pesanteur ! Une bonne odeur s'échappe de sous le linge qui laisse entrevoir de jolis pains ronds. La magie des odeurs et des couleurs opère à nouveau et nous ravit. Plus aguerris, nous passons notre chemin, déclinant toujours les offres alléchantes qui fusent à chaque pas. Jean consulte sa montre qui fait aussi boussole ! Clin d'oeilIl vérifie que nous sommes dans la bonne direction. A l'intérieur des souks, sans la lumière du soleil et dans ce dédale de ruelles, il faut bien ça pour se repérer. On est à l'air libre. Nous nous laissons tenter par quelques biscuits, dont le prix est assez élevé, mais paraît-il, justifié ! Tout en les grignotant, nous sortons de la médina et avons la première vue du Marrakech moderne. De grandes avenues, de grands immeubles nous font penser à ces villes du sud de l'Espagne.
un aperçu du Guéliz.
Nous arrivons près de l'entrée des fameux jardins. Pour avoir potassé le guide touristique, je sais maintenant qui est Majorelle et pourquoi ce jardin existe. Il a été créé par le peintre français Majorelle, dans les années 20, il y planta les essences les plus rares autour d'un modeste pavillon. A sa mort, il resta longtemps abandonné avant d'être racheté par Yves St Laurent, Pierre Bergé, Bernard Tapie et maintenant, par un riche marocain. (voilà pour les cancans !)
Alors là, les amis, nous voilà au paradis... encore une fois !
Une quiétude impressionnante règne en ces lieux, des plantes vertes à profusion, des bouquets de bambous géants, des cactées étranges, des vasques aux couleurs bleu, vert et rose des bassins, où de minuscules tortues nagent au milieu des nénuphars, des palmiers de toutes les espèces où nichent des centaines d'oiseaux, le bruit léger de l'eau qui sourd de tous côtés, la mi-ombre qui nous enveloppe, les jeux de lumière du soleil, qui se faufile dans le lacis des branches, c'est magique ! Une vraie palette de couleurs sur le sol, les vasques, les bassins, les bancs, les grilles. Nous passons sur un petit pont, sous des arcades bleues, envahies avec élégance par des hibiscus et autres fleurs dont je ne connais pas le nom. Un joli pavillon, bleu"majorelle", attire notre regard et nos "gazous", gentils et généreux, attendent pateimment sur un banc que nous fassions quelques achats !





Nous prenons un taxi pour nous amener jusqu'à la porte Bab al Gnaou. Le chauffeur a une mercédès qui date un peu, mais qui roule parfaitement. Il en est fier, il a changé le moteur. A Jean qui lui demande si elle marche bien, il répond : "oui, d'ailleurs je l'appelle, merci dix fois !" Quel humour, ces Marocains !
Bab al Gnaou, chef d'oeuvre de l'art almohade 12e et 13e siècle. On l'appelle aussi, "porte du bélier sans cornes". Nous marchons sur les pas de Yacoub el-Mansour. Cette porte accède à la mosquée d'el-Mansour (12e siècle). A l'époque, son rôle était décoratif. Elle est pourtant citée dans les textes anciens pour l'exposition des têtes et des corps des usppliciés. Drôle de déco ! Nous découvrons un souk à ciel ouvert et nous promenons au milieu des dageots de clémentines nous n'en trouverons pas en France d'aussi délicieuses) , de marchands de poissons, d'étals de boucherie où les morceaux de viande pendent à l'air libre. Il y a partout, où que nous allions, une activité intense. On ne s'ennuie pas, il y a trop de choses à voir. Photo de la mosquée el-Mansour, dont le minaret est lui aussi surmonté d'une flèche avec des pommes "d'or". Nous traversons la kasbah et jetons un regard sur le palais Badi.

Jean, caméra au poing.

Avenue Homman el-Fetouaki : Un tout petit restaurant, des tajines qui mijotent sur le feu, des odeurs qui s'en échappent et nous rappellent que notre estomac crie famine, à table ! Oh, bon sang, que c'est bon .

Une pâtisserie jouxte le resto, c'est là que nous prendrons le thé, bien sûr en se régalant de pâtisseries aux amandes et au miel ! Bon, faudrait pas exagérer, on dirait qu'on ne fait que manger !




Direction la Menara.
Passage dans un quartier du Guéliz, appelé l'HIVERNAGE. Des diplomates et autres personnalités venaient y passer l'hiver (d'où son nom). De belles villas sont encore là pour témoigner de ces temps fastueux. L'avenue éponyme de l'endroit que nous allons visiter, affiche sa richesse. Nous passons devant de grands complexes hôteliers, de grands murs protègent leurs hôtes. Moi, je m'extasie et prends en photos les magnifiques rosiers qui jalonnent notre parcours. Nous sommes à pied et profitons de ce décor fabuleux.
Au départ, la Menara était un grand bassin, creusé au12e s par les Almohades. Il servait à irriguer l'immense oliveraie , aux proportions bien réduites aujourd'hui (urbanisation touristique importante). La dynastie des Saàdiens, puis celle des Alouites, transformèrent cet endroit en un magnifique jardin.
Profitant de cette belle journée, de nombreuses familles pique-niquent sous le couvert des arbres. Les enfants jouent au ballon, les femmes voilées ou non, ont revêtu leurs plus beaux habits. Certaines sont habillées à l'européenne, la plupart arborent de beaux vêtements traditionnels. Nous franchissons les grilles du parc et approchons du bassin. Le pavillon à toiture pyramidale au tuiles vertes, qui se reflète dans le joli bassin, les sommets lointains et enneigés de l'Atlas en arrière plan , les gens qui se promènent tranquillement, voilà encore un moment à savourer avec délice ! Combien serons-nous à poser devant le plan d'eau ?
Quelques marches plus bas, après avoir marché sur d'immenses tapis posés à même la terre, nous nous rafraîchissons et Jean découvre le "nos-nos", un café crême dont il raffole. Photo, il faut l'immortaliser avant que le lait ne se mêle intimement au café.


Nous faisons le retour avec en pointe de mire, le minaret de la Koutoubia.
Finie la quiétude ! Le brouhaha augmente au fur et à mesure que nous nous rapprochons de la ville. Infernal ! Des voitures de tous les côtés, des mobylettes, vélos, piétons, taxis, bus, à croire que tout Marrakech était de sortie. Jean filme cette cohue et c'est en "formation très serrée" que nous tenterons la traversée du boulevard.

Ce soir, nous mangerons sur la place, mais dans un boui-boui de première classe ! Notre "table" a vue sur la "cuisine" et la "plonge" ! Le coeur est au bord des lèvres et le fou rire, au rendez-vous. Cela nous a donné l'occasion de faire du régime, difficile de finir l'assiette quand le coeur n'y est plus !
Il faut aller se coucher, demain départ pour Essaouira.

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LUNDI MATIN.
Fouzia s'est chargée de la location de la voiture et nous avons rendez-vous avec elle sur la place. Ell nous conduit hors les murs à grands coups de klaxon énergiques. Il ne faut pas hésiter à s'en servir si on veut avancer ! Il n'y a qye 178 kms jusqu'à Essaouira et nous décidons de faire une petite balade en montagne. Pourquoi pas les gorges de l'OURIKA ? Nous longeons les remparts de Marrakech et descendons vers le sud. La vallée de l'Ourika se trouve à environ une cinquantaine de kms de la ville. Nous traversons la plaine du HAOUZ, la route monte tranquillement, le plein d'essence a été fait. La voiture, dont le kilométrage est élevé, semble bien marcher. Cette promenade va servir de test. Pierre est au volant, Jean joue le co-pilote, les gazelles sont assiges sagement à l'arrière. L'appareil à photo prêt à saisir une image insolite, nous sommes toutes les deux très attentives. Nadine a quelques difficultés à discipliner son mari, "moustache dorée" a décidé de conduire comme dans le Dakar. La route d'abord, les paysages ensuite. Pourtant il y a de jolis photos à faire : les couleurs ocre et rouge de la terre, les tapis mis en exposition ou à sécher au bord de la route, le torrent qui descend le long de la vallée, les montagnes de l'Atlas qu'on aperçoit de temps en temps. Sur la rivière, de fragiles passerelles relient quelques masures à la route. Comme il se fait gronder, Pierre finit par arrêter la voiture. Nous sommes à peine descendus du véhicule, que deux très jeunes enfants et un homme relativement âgé, se précipitent sur nous, quémandant une pièce. Nous fouillons nos poches et donnons dirhams et carrés de chocolat. Du coup, retour dans la voiture. Nos hommes rigolent en douce ! Route large et virage prononcé, mais les montagnes qui se détachent au loin sont tellement belles, que nous nous arrêtons un fois de plus. Nous étions pourtant avertis, c'est comme un mirage, on se croit tout seul et tout à coup surgissent d'on ne sait où, un gars en mobylette qui nous présente un plein panier de bijoux de pacotille, et deux enfants à pied, qui courrent de toutes leurs jambes pour ne pas louper les touristes ! Eux, veulent nous vendre des fruits. Repli précipité dans la voiture. Nous décidons de ne plus nous arrêter jusqu'au village de SETTI-FATMA.

Nous sommes attendus, là aussi. Il y a pléthore de guides sur le petit parking où nous sommes obligés de nous garer. Nous choisissons le plus proche de nous, il s'appelle RACHID. Il parle bien le français avec un petit accent rigolo. Il va nous conduire jusqu'à la troisième cascade (il y en a sept). C'est une promenade sympathique que nous ferons en sa compagnie. Nous traversons le cours d'eau sur un passerelle de troncs d'arbres et prenons le sentier qui nous fera grimper gentiment, mais sûrement jusqu'au but final de l'expédition. C'est un parcours ombragé où la présence de saules pleureurs et noyers, nous intrigue. Effectivement, ce sont les Français qui ont amené les plants de ces arbres, il y a de nombeuses années. Les hommes montent gaillardement et Rachid est plein d'attention pour les fragiles gazelles. Une marche trop haute, une pierre glissante, il est là qui nous tend la main, nous"calme le coeur" (nous rassure, et nous indique les bons passages. Chaque détour du sentier nous réserve une surprise. D'abord, les restaurants qui jalonnent le parcours, leur terrasse sous les arbres avec le sol jonché de tapis, poufs et tables basses, tajines qui mijotent sur de petits murs, réfrigérateur "berbère", de simples étagères où, avec un système ingénieux, les bouteilles de soda sont rafraîchies naturellement par de l'eau "de source", qui n'est autre que celle du ruisseau ! Plus loin, un marchand de bijoux et autres objets, eux aussi installés sur des tapis à même le sol, nous fait des offres alléchantes.
De temps en temps, nous faisons une petite halte pour "casser la fatigue" comme dit si joliement Rachid. Nous en profitons pour lui poser des questions sur sa famille, son métier, son village. A la question curieuse, mais combien féminine de Nadine : "combien as-tu de femme, Rachid ?"... il répond en éclatant de rire : "Oh, une seule, ça suffit, autrement il y a trop de soucis !"
Les cascades ne sont plus très loin, nous les entendons, les pierres sont plus glissantes par endroit et Nadine profite de la sollicitude de notre guide, pour accaparer sa main ! Photos, bien entendu, et redescente vers le village.


Fin de ce récit et suite sur une autre page intitulée "ESSAOUIRA la blanche". Merci des gentils messages reçus, je vais essayer de m'appliquer pour la suite.
essaouira, la blanche.
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Ceci est la suite de mon premier récit : "PREMIER VOYAGE AU MAROC".
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Nous sommes toujours en décembre 2005, nous venons de quitter Rachid, notre gentil guide dans les gorges de l'Ourika.
Cette fois-ci, nous ne nous arrêterons plus et reprenons la direction de Marrakech. Il faut arriver avant la nuit à ESSAOUIRA.
De Marrakech à Essaouira, la longue route se déroule devant nous, la circulation assez dense de camions et autres engins n'autorise pas les fantaisies. Pierre se consacre à la conduite de notre Palio blanche, et pour une fois, les gazelles ne parlent pas trop fort ! De grandes étendues inhabitées et puis, au bord de la route, une grande bâtisse pratiquement recouverte de tapis. Nous approchons de CHICHAOUA.
La traversée de SIDI MOKTAR nous surprend. Que s'est-il passé ? La rue principale est défoncée, des tracteurs, camions et autres engins de travaux sont sur le bord de la route. Les gens ont des pelles et des pioches entre les mains . Un peu plus loin, dans le lit de l'oued, creusé profondément, des carcasses de voitures, les unes sur les autres, nous donnent à penser qu'il y a dû y avoir de terribles inondations. Nous en aurons la confirmation en parlant de cela avec les gens de Essaouira.
Nous nous sommmes attardés, et préférons donner un coup de fil à Brahim, notre prochain hôte.
La nuit est tombée depuis un petit moment, la destination est proche, les remparts de la ville sont éclairés et nous rouvons une place de parking sur une grande place. Un dernier coup de fil et Brahim est là, tout engoncé dans un vieux manteau taché, un grand sourire sur les lèvres. Il va nous conduire jusqu'au riad. Un jeune garçon met nos bagages dans une charrette à bras, nous passons une des portes de la ville, Bab Marrakech, voilà qui est facile à retenir !
Un enchevêtrement de ruelles mal éclairées, un sol aux pavés inégaux, nous cheminons tant bien que mal derrière eux. Ils s'arrêtent devant une porte peinte en jaune, un tour de clé et nous pénétrons dans une minuscule entrée d'où part un escalier raide aux marches usées et de hauteur inégale. Après notre escapade en montagne, cette ascension est rude à nos jambes. Nous contenons un petit rire en passant devant une porte bleue sur laquelle est écrit en lettres noires "twalit turk". Nous espérons quand même que ce ne sont pas les toilettes communes de l'hôtel !


Comme tous les riads, la maison est construite autour d'un patio. Celui-ci est tout étroit, garni de plantes vertes qui grimpent, cherchant la lumière. Nous sommes au second étage, les murs sont blancs, les portes, volets et fenêtres bleus. Des ouvriers font des travaux de ravalement et de peintures. Brahim nous explique qu'il profite de la saison creuse pour arranger de riad acheté il y a quatre ans. Le décor est tout à fait différent de celui que nous avons connu à Marrakech. Les chambres sont meublés à la spartiate, tout est parfaitement propre, mais il fait froid, un peu humide et j'ai un petit coup de blues. Pas de tapis sur le sol, mais une grosse couverture sur le lit me rassure, je ne vais pas avoir froid et contrairement à Marrakech, nous pourrons dormir dans le même lit . (Jean et moi, of course ! Clin d'oeil)
Nous remplisssons la fiche d'entrée et partons à la découverte de la ville.
ESSAOUIRA, "ES AOUIRA", la "bien dessinée".
Ses rues larges et rectilignes ont été dessinées par un ingénieur français, prisonnier du sultan Sidi Mohamed ben Abdallah. ( c'est fou ce qu'on paraît savant dès qu'on consulte le guide Malin)
C'est par la Porte de la Marine que l'ingénieur commença. Puis il ceignit la ville de remparts et dessina les rues rectilignes.
Nous trouvons sans peine l'une des grandes rues principales. Les magasins sont ouverts, les gens que l'on croise, d'un calme qui nous surprend après la folle ambiance de Marrakech ! Nous sommes fascinés par la tenue vestimentaire de la plupart des femmes. Elles portent le lourd "haïk" blanc qui, de dos, les fait ressembler à notre vierge Marie. Beaucoup d'hommes, eux, portent la longue robe brune à capuchon. On se croirait dans un péplum !


Miracle, nous passons devant les devantures et personne pour nous forcer la main ! Les prix sont afichés dans la plupart des boutiques, il sera sûrement plus facile d'acheter ici, sans tomber dans les marchandages dont ils sont si friands et qui me gênent terriblement.
Nos pas nous conduisent petit à petit vers le port. Une multitude de mouettes s'envolent bruyamment à notre approche pour se poser quelques pas plus loin. le soleil ne diffuse plus qu'une faible lumière et il est difficile de faire des photos. Les barques bleues sont là, dans la pénombre, elles se balancent doucement et semblent nous dire, "à demain".
Juste à côté de la Porte de Mogador (ancien nom d'Essaouira), se trouve un peiti restaurant. Les portes sont grandes ouvertes et le menu alléchant. Nous nous retrouvons tout naturellement assis devant des tables basses, sur les banquettes qui courent le long des murs. Le maître des lieux nous accueillent avec effusion, nous donnant l'impression d'être déjà de vieilles connaissances, attendues avec grande amitié !
J'arrive à trouver le sommeil malgré le froid qui règne dans la chambre. Nouvelle surprise au réveil, pas d'eau chaude pour la douche. On saura, trop tard, qu'il aurait fallu demander la veille ! La toilette est vite expédiée au lavabo, le petit déjeuner pris sur la terrasse, un étage plus haut, nous réconciliera avec la famille de Brahim.
Le bon pain rond et croustillant nous attend avec de la confiture et du beurre qui, cette fois, sied à notre palais. Qu'est-ce qu'on peut être "bourge" quelquefois ! Malin
porte Bab Marrakech
Appareil photo en main, nous sortons de la médina par la porte Bab Marrakech et nous filons tout droit vers la plage. Pas pour nous baigner, non ! Il ne faut pas exagérer, il fait beau, le soleil brille mais la petite laine est de rigueur.
C'est une immense plage de sable fin. La lumière est superbe. La mer vient de se retirer, laissant derrière elle suffisamment d'eau pour que les nuages et les oiseaux s'y reflètent. Magnifique ! Quel beau miroir !




Nous redécouvrons le port, cette fois, au grnd jour. Les bâteaux de p^che sont à quai, les pêcheurs déchargent le poisson, principalement des sardines. Là aussi, on voit les difficultés qu'ils doivent rencontrer. Les bâteaux tiennent la mer, mais ils montrent des signes évidents de vétusté, la rouille est omni-présente et même si les couleurs sont belles, elles ne cachent pas la misère sous-jacente.
Sur le port, les charpentiers construisent de lourdes embarcations selon les traditions ancestrales. Ils utilisent des bois d'acajou et d'eucalyptus. Plus loin, des pêcheurs retapent leurs filets aux couleurs surprenantes : bleu, beige, violilne, vert, ocre, orange. Les jolies barquent bleues se balancent au gré de la houle, bien à l'abri de la petite rade. Des femmes vendent en très petite quantité, des poisssons simplement posés sur des bouts de cartons, à même le sol. Les mouettes se disputent les morceaux de viscères laissés par terre et s'envolent en protestant vigoureusement lorsqu'on les dérange. L'animation est grande et bon enfant. Nous profitons du spectacle avec beaucoup de plaisir et sommes conscients de la chance d'avoir, au moins financièrement, une vie plus facile. Je surprend Jean à maintes reprises, à sacrifier à la "sadaka", l'aumône que tout bon musulman doit à son prochain. Il a souvent le coeur gros en voyant toutes ces personnes âgées, qui, sans un mot, le regard un peu fixe, tendent la main aux passants. Nous serons les témoins de la charité de certains commerçants. Celle en particulier, d'un marchand de poissons frits, qui le soir, puisait largement dans ses réserves.
La vie à Essaouira est largement plus reposante que celle des grandes villes. Nous avons sympathisé avec le jeune marchand de babouches dont nous avons fait baisser fortement le stock. Nos deux garçons, les enfants et petits-enfants de Nadine, seront chaussés pour un moment ! Lorsque nous passons devant sa boutique, il nous salue chaque fois avec enthousiasme.
Les sollicitations des boutiquiers sont nettement moins pressantes, il y a bien encore celles des "apothicaires" qui veulent vendre à nos maris à tout prix (et à tous prix), une poudre aphrodisiaque ! Nos "gazous" déclinent l'offre vigoureusement, ce qui fait rire les marchands. La bonne humeur est de mise dans ce pays, je crois que c'est une des choses qui nous marquera le plus .

Il fait bon se promener au soleil, nous repartons en direction de la Porte de la Marine. Plus loin, une rampe d'accès mène à la Sqala de la Casbah dont la tour crénelée surplombe l'océan. Il y a une rangée impressionnante de canons dirigés vers le large. Heureusement, j'apprends qu'ils n'ont jamais servi. Une jeuen femme, un bébé dans les bras, expose de minuscules aquarelles. Je ne résiste pas à la tentation et j'ai souvent une pensée pour elle, chaque fois que je les regarde à la maison. Nous prenons le temps de flâner, d'un côté l'océan, de l'autre les petites rues qui, en contre bas, bordent les remparts.
plus loin, dans la ville, la vue d'une petite place au fond d'une ruelle attire le regard de Jean. Elle est entourée d'arcades sous lesquelles, plein de petites boutiques sont ouvertes. Poussant ses investigations plus loin, Il découvre le marché aux poissons. Plusieurs étals offrent à la convoitise des gourmands, de superbes sardines, congres, crevettes et autres produits de la mer. Un homme enseigne à Jean, la façon de procéder : On choisit le poisson sur n'importe quel étal, on le paye à qui de droit et, muni d'un poche en plastique dans laquelle sont placés nos achats, on se dirige au fond du souk où un jeune homme fera cuire tout ça dans un four archaïque mais qu'il a l'air de maîtriser parfaitement.
Extra...le poisson cuit à merveille, l'accueil, l'ambiance et l'authenticité du moment que nous vivons !
Tout de blanc vêtus, de drôles d'instruments dans les mains, des musiciens font leur numéro. Je leur donne quelques dirhams et les voilà tout près. Comme Jean les filme, ils attaquent plus vigoureusement leur morceau, c'est rigolo. C'est l'heure de l'addition, nous sommes sidérés par la modestie de la somme qu'ils demandent : 2€40 pour la cuisson, le poisson que nous avons acheté, était déjà d'un prix dérisoire, nous sommes surpris. Pour ne pas nous sentir trop coupables, nous nous fendrons d'un bon pourboire.

Dans une petite rue, le long des remparts, des ébénistes travaillent le bois de thuya. Des artisans en marqueterie font des inscrustations de citronnier, de nacre et d'argent. Leurs ateliers sont minuscules et leurs outils rudimentiares. Tout cela sent bon et Nadine "sniffe" dans tous les pots. Préférant acheter chez l'artisan, nous repartirons avec notre cargaison de petites boîtes, de petis pots. J'ai la chance de dénicher sur une étagère, une mignonne fatma dont le bois brun et luisant, est doux au toucher. Le menuisier se prête gentiment à la séance photo et poursuit son labeur. Nous l'observons un moment, plein d'admiration. Il travaille tantôt sur les racines de thuya, tantôt sur sur le tronc. Les objets présenteront soit une surface d'un brun uni, soit plus ou moins veinée. Ses confrères montrent la même intensité au travail, il faut dire qu'ils doivent fournir les nombreuses boutiques , plus loin. Nous retrouverons dans celles-ci, les pieds de lampes, les encadrements, les plumiers et jouets de bois, les boîtes rondes ou carrées, bombées ou plates, petites ou grosses, toutes aussi tentantes les unes que les autres.

Il est 18h losque nous repassons par la bab Marrakech. Nous sommes hors la médina et un peti crochet nous amènera par hasard, devant une église. Surpris, nouspoussons la lourde porte. Cette église, dédiée à la Vierge Marie et à son Assomption, est le témoignage de la présence pendant plusieurs siècles, de la chrétienté en cette ville. Nous sommes accueillis par "FLANE" (Mr X ou un tel, en marocain), une supture marocaine, représentant un mendiant aveugle, un pauvre, un anonyme, celui que l'on peut voir devant la porte des mosquées et qui tend la main. C'est avec beaucoup d'émotion que nous admirons cette humble silhouette filiforme et la représentation de la Vierge et de son Enfant. Nous sommes saisis par l'atmosphère si particulière de cette église dans laquelle se mêlent si intimement, foi chrétienne et culture marocaine. Les statues, les tapis sur le sol, la senteur du thuya, l'autel et la croix ornés de marqueteries, tout cela nous surprend. Essaouira est la seule ville à posséder une église dont les cloches sonnent tous les dimanches à 10h !
L'autel la Vierge et l'Enfant Flane
Revenons à des préoccupations plus épicuriennes ! Ne serait-ce pas l'heure de manger ? Non, on ne pense pas qu'à ça !... d'ailleurs on va faire du sport dans très peu de temps, puisque notre montre n'affiche pas la même heure que celle qui carillonne dans notre estomac ! Ce sera plutôt main dans la main que nous déambulerons lentement sur le sable. De grandes quantités de branches jonchent la plage. Charriées par une rivière jusqu'à l'océan, le courant les a rejetées sur la berge. Les gens les ramassent et s'en servent de combustible. Rien ne se perd ! Le soleil et assez bas et l'horizon a de magnifiques couleurs. Les mouettes jouent les stars devant notre objectif et piaillent de toutes leurs forces. Spectacle garanti et magique sur le port : Le soleil et assez bas et l'horizon a de magnifiques couleurs. Les mouettes jouent les stars devant notre objectif et piaillent de toutes leurs forces. Le battement effréné de leurs ailes fait un bruit d'enfer... les oiseaux d'Hitchcock sont là ! En premier plan, un homme vêtu de son burnous, le capuchon sur la tête. Une femme de dos, le haïk blanc joliement drapé nous font plonger deux millénaires en arrière. Plus loin, le
spectacle dantesque de la tour crénelée en contre jour, du soleil en train de plonger dans l'océan illuminant de ses derniers feux la petite île de Mogador, nous laisse pantois. Nous cherchons à voir le "rayon vert", que ne peuvent percevoir que quelques veinards, et mitraillons avec passion cette superbe scène. Derrière nous, les remparts sont comme éclairés de mille projecteurs. Mais quel bonheur d'être là !

Bien entendu, la poésie ne remplissant pas les ventres, nous partons à la quête de l'endroit où nous pourrons assouvir une petite fringale. Et bien ce sera la seule fausse note dans notre séjour : décor à vous faire cauchemarder et repas pas à la hauteur de nos attentes. Pas grave !
Déjà mercredi, comme le temps passe vite !

Une petite escapade est prévue, emplettes au centre ville--- pain, sardines en boîte, clémentines, tomates, eau minérale--- Il y aura pique nique sur une des plages entre Essaouira et Agadir.

P8, la route côtière qui descend sur Agadir. Au bout de quelques kilomètres, nous bifurquons en direction de la plage fort prisée par les surfeurs, SIDI KAOUKI. Deux hommes attendent les touristes, le premier, un magnifique chamelier et son dromadaire, le second, un magnifique "casse-pieds", les bras remplis de colliers, bracelets et bagues en métal! Contre quelques dirhams, nous pouvons poser devant le dromadaire. Quant au second bonhomme, il arriva à nous gâcher la promenade sur la plage, tant sa présence auprès de nous est envahissante ! Nous avons beau refuser ses avances, ne plus le regarder, ne plus lui parler, rien à faire ! Il nous suit tout le temps et, énervés par son insistance, nous finissons par fuir cette plage. Il y a là une "koubba", chapelle élevée sur la tombe d'un marabout. Le tombeau à coupole blanche est accolé à une tour ancienne, en partie ruinée.


Tant pis, nous nous en allons, pestant contre ce pauvre homme qui n'a pas réussi à nous soutirer une seul dirham ! Non, mais !
Le paysage défile et nous sommes à l'affût. La route est bordée d'arganiers, cet arbre miracle, dont le bois sert à fabriquer du charbon, les feuilles à nourrir les chèvres. Les noyaux rejetés par ces dernières, sont recueillis par les bergers. Ils en extraient l'huile d'argan qu'on utilise en cuisine. Lorsqu'elle est dénaturée, on s'en sert pour l'éclairage. Cette huile est raffinée d'une autre façon lorsqu'elle devient un produit de beauté.( Ben dis donc, j'espère que tout ce que j'écris est vrai, autrement, il y en a qui vont se moquer de ma naïveté. Je crois tout ce qu'on me dit ! Fou)
Nous avons entendu parler de la façon dont les chèvres peuvent aller chercher leur pitance, haut dans les arbres. Nous sommes déçus et pensons à une galéjade. Il y a des chèvres, il y a des arbres, mais pas de chèvres en haut des arbres. Tiens, il y en a une sur la première branche d'un arganier. Vite, photo. Et puis au détour du chemin, un "arbre à chèvres", deux "arbres à chèvres" ! Fantastique ! Elles broutent les feuilles les plus hautes, leurs petits sabots solidement accrochés aux branches, c'est rigolo ! Le petit chevrier qui les garde, n'a guère plus de huit ans. Il est beau avec ses boucles brunes et ses grands yeux noirs. Il n'a pas la chance d'aller à l'école et fait un travail d'adulte. Nos poches sont pleines de bonbons achetés à Essaouira, quelle chance.
Nous traversons des zones de culture où les hommes poussent des charrues aux étranges attelages. Un dromadaire avec un âne, un âne avec un cheval, de temps en temps, deux dromadaires ensemble.
Un panneau indique la plage "TAFADNA". C'est par là que nous allons pique niquer. La route descend rapidement en direction de la plage. Elle est immense et fait penser à celles des Landes. Le village de pêcheurs, bleu et blanc, est bâti à même le rocher, des arcades laissent voir l'intérieur des habitations et de petits restaurants où Jean voudrait bien nous entraîner. Pas question, ils sont en train de cuisiner des "noubias".. des "loubias"... bref, des tripes !
De petites barques vont et viennent, leur chargement est transporté ensuite par des carrioles tirées par de petits ânes. Ils pêchent surtout la dorade, le merlan et le calamar.
Il fait beau, il fait chaud, nous recherchons un coin d'ombre dans les rochers et entâmons avec appétit, nos provisions. Enfin un endroit sans importun ! Un vrai miracle !




Ce soir, nous mangerons, dans un petit restaurant, une succulente "harira", accompagnée d'un tajine au poulet, pruneaux et amandes. Nous finirons bien sûr par une tasse de thé à la menthe, servie par un jeune homme si grand, que j'ai dû mettre mon appareil de photo de travers pour pouvoir l'avoir sur la pellicule. Et ça le faisait rire, à ce grand gaillard !

La fatigue se fait sentir, il faut se coucher tôt, demain nous repartons à Marrakech.
Jeudi matin : Nous sommes le 8 décembre et c'est la dernière promenade dans les rues de la ville. Jean juge préférable d'acheter un sac de sport, car nos achats de dernière minute, risquent de ne pas contenir dans nos valises. Sacrées gazelles !
Nous traînons un peu les pieds et regrettons de partir. Nous admirons l'ingéniosité et l'habileté de ces artisans. Un jeuen homme fabrique en un tour de main, des objets insolites, à partir de pédaliers, de chaîne, de roues, de morceaux de fil de fer, de câble. Il visse, il perce, il cloue et trouve une fonction à tout ce qui lui passe entre les mains. Il expose sur le trottoir, dans un assortiment hétéroclite, le produit de son inventivité. Cet immense jeu de mécano nous laisse perplexes et, en même temps, admiratifs.
Les épiciers ambulants ont étalés leurs marchandises : les légumes, les fruits sont bien tentants. Nous prenons plaisir à observer le comportement de leurs clients, puis décidons d'acheter des mandarines. Inutile de chipoter, il faut prendre, soit un demi-kilo, soit un kilo de fruits, car ils ne disposent pas d'autre unité de poids que ceux-là !Nous sommes gourmands, pas de problème. Une buteille d'eau, du pain et à nouveau, des sardines. Nous voilà fin prêt pour un autre pique nique. Petit coup de chiffon sur le pare brise plein de poussière, c'est Jean qui prend le volant.
Nous sommes un peu mélancoliques de quitter Essaouira. Cette ville de marins et d'artistes, cernées de remparts, ouverte sur la mer, aux maisons blanches et bleues, nous a véritablement enchantés. Nous nous arrêtons dans un virage et prenons une dernière photo d'ele, toute blanche dans la lumière du matin.

petit repas pris sur le pouce, sur une place de village, les tomates et le pain que nous n'avons pas mangés, seront donnés à un pauvre homme qui mendie sur un banc. Ce sera notre "flane" à nous. Nous pratiquons la "sadaka" avec application, il est vraiment impossible de rester indifférent à ce qui se passe autour de nous. Un verre de thé à la menthe dans un café "chic", un arrêt pipi dans des toilettes "dernier cri", en voiture et direction Marrakech. L'entrés dans la ville est laborieuse, heureusement, Jean au volant, ne s'en laisse pas compter et conduit dans la cohue comme un chef.

Nous avons rendez-vous avec Fouzia qui doit récupérer la voiture. Nous retrouvons avec plaisir le riad et la petite Raja, aussi mignonne qu'il y a trois jours. Les rues de Marrakech sont aussi bruyantes et animées, mais nous y replongeons allègrement. Le restaurant "El Badi" nous accueille pour la dernière fois et le tajine que nous dégustons est à la hauteur de notre appétit. Promenade digestive sur la place des ferblantiers où nos gazous se font prendre en photo, le bras levé bien haut, la théière bien en main, en train de se servir une tasse de thé fumant.

Vendredi matin, déjà ! Il faut remplir nos sacs, libérer nos chambres. L'avion ne part qu'à 16h, nous laissons nos bagages à Raja, et les récupérerons plus tard. Une dernière visite dans les souks s'impose. Nous n'avons pas fini nos achats ! Malin
Les hommes sont patients et nous accordent la possibilité de dépenser nos derniers dirhams. Nous faisons les gourmandes, nous hésitons, nous regardons de tous les côtés cherchant l'inspiration.
Une vraie caverne d'Ali Baba devant nous ! Le mur, au fond de la pièce, est tapissé d'une quantité incroyable de petites théières de fer blanc. A doite, des pots de toutes tailles, de toutes couleurs, sont disposés sur le sol et sur plusieurs étagères. A gauche, des tajines aux couleurs chaudes, des assiettes, des pots de faïence bleue, des poignards dans de jolis étuis brillants. Au plafond, des lanternes aux vitres multicolores. Le marchand nous surveille du coin de l'oeil et nous invite à entrer : "pour le plaisir des yeux". Il nous recommande de "garder le sourire", même si nous ne faisons pas affaire avec lui.

A mon avis, il a compris que nous allons nous laisser tenter et doit déjà calculer !
Nous furetons avec des airs de conspiratrices, en essayant de ne pas prendre un air trop intérressé, tout en aiguisant notre regard pour trouver dans ce capharnaüm, le petit truc qui nous fera flancher ! Il doit se marrer, le marchand !... Ce n'est pas "un truc", mais beaucoup de petits objets qui seront emballés à la vitesse d'un prestidigitateur, dans un modeste papier brun. Voilà qui va bien remplir le sac que Jean a acheté. Les gazous, généreux, passent à la caisse, le marchandage n'a pas été long, Jean ayant dévoilé un peu trop vite le montant de la cagnotte ! Tant pis, nous avons l'impression d'avoir les plus belles choses de Marrakech dans nos mains.
Fouzia nous attend, un taxi va nous amener à l'aéroport. Un pincement au coeur en quittant notre gentil guide, mais les formalités d'embarquement chassent vite notre spleen. Nous voici dans l'avion, un dernier regard sur la Menara et son oliveraie que nous survolons, une dernière photo aérienne de Marrakech, et nous prenons très vite de l'altitude. Le ciel est dégagé, la nuit tombe vite et le survol du détroit de Gibraltar et de l'Andalousie est un spectacle de toute beauté. Ce n'est qu'un scintillement de lumières multicolores, semblables à des millions de guirlandes de Noël. Les Pyrénées sont cette fois visibles et nous les découvrons avec émotion, comme si nous étions partis depuis des siècles! Toulouse est bientôt en vue et c'est le froid qui nous accueille sur l'aéroport.
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J'ai écrit ces "quelques" lignes, un mois après être revenue du Maroc. Il m'a fallu un certain temps pour me défaire de l'envoûtement dans lequel ce pays m'a plongé. Je crois que je vais garder longtemps au fond du coeur, le sentiment d'avoir vécu quelque chose d'exceptionnel. Je n'oublierai pas de sitôt, Marrakech et sa frénésie de vivre, Essaouira la calme ville bleue et blanche, les beaux costumes traditionnels, tout droit sortis de l'ancien Testament, les contacts amicaux et chaleureux avec les gens du pays, les apothicaires et leurs produits miraculeux, les petis ânes tirant vaillamment des carrioles trop lourdes, les palais visités aux légendes dignes des "mille et une nuits", l'appel du muezzin qui nous a fait sursauter plus d'une fois, les jardins remplis de roses, le paradis qu'est le jardin Majorelle, les épices colorés aux senteurs envahissantes, les délices de leurs pâtisseries au miel, toutes ces couleurs merveilleuses, le brouhaha continue dans les souks et surtout, surtout.... les appels aux "gazelles", dont je ne me suis pas lassée !
---------------------------------------------------------------------------------------------------------La preuve, nous y sommes repartis en décembre 2006. Cela fera l'objet, d'un autre récit.... Faut bien occuper les temps libres que laisse la retraite ! IncertainClin d'oeilRire




marie
(Ce message a été modifié par mijoperette le 17 janvier 2008 à 12:42.)

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