La mousson n'est pas un grand problème. C'est même un avantage, à mon avis : moins de touristes et paysages plus beaux à mon goût.
MAIS la Birmanie !!!! S'il te plaît, avant de décider, lis cet article de Télérama (en dessous de tout ce que les clandestins birmans avec qui j'ai pu discuter m'ont raconté).
Le premier guide touristique qui décourage d'aller visiter une dictature féroce : BIRMANIE, NON MERCI
Tout pour plaire. Du soleil, la mer bleue, des pagodes à foison, des 5 étoiles au prix d'un Formule1, une monnaie dont le taux de change officiel est de 6 pour 1 dollar et de près de 1000 au marché noir. Avec ça, calme et sérénité assurés pour les touristes: à chaque coin de rue, des flics en civil veillent et alpaguent tout Birman qui aurait un contact autre que "rapide et commercial" avec des étrangers. Bref, voilà une destination de rêve, vantée, avec juste les bémols de rigueur, par le Guide Hachette, et Lonely Planet. Et même le routard, qui évacue l'épineuse question "Y aller ou non?" en quinze lignes et conclut par un "oui" à peine nuance de quelques recommandations éthiques.
D'ailleurs, les Français adorent : sur les 150 000 touristes qui chaque année se commettent en Birmanie, 50 000 viennent de France. Qu'ils sachent que derrière ce paradis de carte postale se cache le pire des enfers. Ils devraient, avant de partir, accorder quelques minutes à la lecture de "Birmanie, mode d'emploi", le premier non-guide touristique qui énumère toutes les bonnes raisons de ne pas se fourvoyer dans ce pays rebaptisé Myanmar par une poignée de généraux sanguinaires et corrompus. Les vacanciers en mal d'exotisme se rappelleraient que, depuis l'annulation du résultat des élections de 1990, qui avaient vu 83% des Birmans voter pour la Ligue Nationale pour la Démocratie et pour son chef de file Mme Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix, la junte au pouvoir, mouillée jusqu'au cou dans le trafic de drogue, détruit systématiquement son pays. Comme au Cambodge de Pol Pot, mais avec plus de raffinement, toute velléité de contestation est brisée, les minorités shan ou karen décimées, les intellectuels enfermés, torturés, expulsés. Depuis dix ans, l'État a fermé les universités et abandonne les écoles, qui ne fonctionnent que grâce à des groupes de parents, tandis que l'armée enflait de 400 000 à 800 000 hommes.
"Venez quand nous serons libres!" supplient les rares survivants de l'opposition démocratique. Un appel que reprend Annie Faure, médecin et co-auteur de ce petit non-guide dans lequel elle raconte tout. Les 20 000 personnes, dont des enfants de 8 ans, réquisitionnés pour nettoyer à la main les douves du palais de Mandalay, sans salaire ni nourriture ; les quartiers entiers évacués en quelques heures (5200 personnes à Pagan, près de 200 000 a Rangoon, la capitale) pour chasser les pauvres vers la périphérie et faire place nette à des hôtels de luxe ; le patrimoine détruit, comme le palais royal de Kentung, dans l'État shan, emblème de cette minorité ethnique, rasé en 1991 pour qu'y soit construit un hôtel qui n'existe toujours pas. Quant à la restauration bâclée et clinquante des hauts lieux de l'héritage culturel birman, tous les archéologues qui se sont rendus sur place en arrivent à la même conclusion que Mme Aung San Suu Kyi, qui évoque "un Disneyland fasciste".
Mais vous avez déjà vos billets et maintenez votre voyage? Ce non-guide suggère alors d'ouvrir les yeux. Sur le travail force, l'exploitation des enfants, les atteintes à l' environnement. Et encourage, prudemment, à s'écarter des circuits touristiques pour prendre un de ces minibus bondés qui bringuebalent jusque dans les faubourgs éloignés. Mais attention : "Protégez les Birmans, insiste Annie Faure. N'entrez pas ouvertement en communication avec eux, respectez leur silence, ne leur offrez rien qui puisse être mal interprété par la police: On m'a rapporte le témoignage d'une famille qui, pour une pièce de 1 franc, sans doute donnée par un touriste à un enfant, s'est retrouvée en prison sous le prétexte de détention illégale de devises".
Dans certaines zones restées fermées aux étrangers jusqu'au début de l'année, les voyageurs, encore très rares, sont accueillis avec une curiosité enthousiaste par une population avide de contacts, de nouvelles de l'extérieur et, pour peu qu'un brin de confiance s'installe, de confidences sur ses vicissitudes. Mais attention! Tout Birman surpris en conversation prolongée avec un étranger recevra, dans les vingt-quatre heures, la visite des militaires et subira un interrogatoire musclé. Le Slorc, telle l'araignée venimeuse, a tissé sur tout le pays un réseau serré d'indicateurs et de délateurs qui font ressembler parfois la Birmanie à un cauchemar orwellien. Quand le salaire moyen, dans les provinces, est d'une centaine de kyats par jour (moins d'1/2 €), on trouve aisément pléthore de mouchards à la petite semaine, prêts à monnayer pour quelques francs le moindre renseignement.
Comme dans l'Espagne de Franco, qui a bétonné ses côtes et garrottait ses opposants, ou la Tunisie d'aujourd'hui, qui étouffe sous un régime policier, le tourisme, par la caution qu'il apporte à des dictatures, peut faire plus de mal que de bien. En Birmanie, ce calme qui vous enchante, c'est celui de la peur.
Depuis quelques années, la Birmanie s'ouvre au tourisme...
Au premier abord, ce pays semble merveilleux. La Birmanie a en effet beaucoup d'atouts pour plaire aux touristes. Elle possède les plus beaux temples d'Asie et des sites fabuleux tels que Pagan aux mille et une pagodes ou encore le paisible lac Inle. De plus la population est haute en couleur et d'une gentillesse exceptionnelle. Enfin cette ancienne colonie anglaise s'est dotée d'une infrastructure touristique de luxe.
Mais, pour peu qu'on tende l'oreille et qu'on ouvre les yeux, on se rend compte que ces merveilles cachent une des pires dictatures du monde qui bafoue systématiquement les droits fondamentaux de l'homme.
Avant de partir faire du tourisme en Birmanie il faut savoir que :
- Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix en 1991, leader de l'opposition birmane en résidence surveillée à Rangoon et privée de tous ses droits, a demandé que les touristes ne viennent pas pour l'instant en Birmanie.
- les infrastructures touristiques (les grandes routes, les parterres de fleurs, les hôtels, …) ont souvent été réalisées par des travaux forcés. Ce travail obligatoire et non rémunéré est très répandu en Birmanie et souvent lié au développement du tourisme. On estime que plus d'un million de Birmans ont dû travailler pendant des semaines ou des mois depuis que la junte a décidé d'ouvrir le pays au tourisme. Ces travailleurs, composés d'un quart d'enfants, doivent payer leurs déplacements, leur nourriture et ils dorment bien souvent à même le sol sur le chantier.
- afin d'élargir des routes et de donner une image "propre" aux sites touristiques, des villages et des quartiers entiers ont été déplacés de force sans aucun dédommagement.
- tout est surveillé selon le vieux système fasciste: par groupe de dix maisons, il existe un chef d'îlot chargé de surveiller ses voisins et de rendre compte à un indicateur gérant un groupe de cent maisons, lui-même chargé de faire rapport au responsable de 1000 maisons, et ainsi de suite. Tout est fliqué, surveillé, les gens ne peuvent pas passer une nuit hors de chez eux sans en avertir le chef d'îlot qui travaille pour la police.
- la Birmanie est le premier producteur mondial d'opium, avec une production qui a doublé en 10 ans. L'investissement dans les infrastructures touristiques et leur exploitation permettent le blanchiment d'une partie de l'argent de la drogue. En effet au niveau de l'état, cet investissement permet de présenter des comptes de devises en ordre : il n'y a plus de devises d'origine inconnue, elles proviennent désormais des dépenses effectuées par les touristes, sans qu'aucun contrôle ne puisse démentir cette assertion.
- en allant en Birmanie vous cautionnez le régime et vous lui permettez d'avoir une image plus respectable. Un régime bénéficiant de la visite de beaucoup d'occidentaux ne saurait être le goulag tropical financé par l'argent de la drogue que décrivent ses adversaires…
- l'argent que les touristes vont dépenser pendant le voyage ira la plupart du temps directement dans la poche des dirigeants et du régime car la majorité des sites touristiques et des infrastructures leurs appartiennent. Cette contribution (si petite soit-elle) risque de maintenir un peu plus longtemps au pouvoir ce régime totalitaire.
- la junte militaire dépense huit fois plus d'argent pour la défense que pour l'éducation et la santé.
- un tiers du pays est interdit aux étrangers car il y a des opérations militaires ou du trafic de drogue.
Pour toutes ces raisons, nous vous suggérons donc de suivre le mot d'ordre d'Aung San Suu Kyi, qui demande de ne pas voyager en Birmanie pour l'instant.
Pour tous ceux qui sont tout de même décidés à faire du tourisme en Birmanie, voici quelques conseils que nous vous demandons de suivre au maximum :
- Ne partez pas en voyage organisé car les agences se soucient souvent peu de la politique birmane et elles ne vous montreront que le beau côté de la Birmanie. De plus ce genre de tourisme fréquente bien souvent uniquement les grands sites touristiques et l'argent dépensé va directement au régime en place.
- Partez en petit groupe, c'est le meilleur moyen de découvrir les différents aspects de la Birmanie et de rencontrer la population.
- Boycottez les hôtels de l'état et les moyens de transports de l'état (train, bateau de luxe, avion, …).
- Pensez que chaque fois que vous payez l'entrée d'un site touristique, l'argent va la plupart du temps dans la poche des dirigeants militaires.
- N'entreprenez pas d'actions sur place. Elles pourraient porter préjudice aux personnes inquiétées par le régime. Si un Birman vous parle de la dictature, ne le répétez à personne en Birmanie, même pas à une personne qui vous semble de confiance, car il y a des espions partout et votre interlocuteur risque la prison et la torture.
- Ouvrez les yeux et dès votre retour, soutenez l'action des démocrates birmans.
Les Droits de l'Homme en Birmanie La Ligue Nationale pour la Démocratie et la communauté internationale
à plusieurs reprises au cours de ces dix ans Aung San Suu Kyi s'est adressée à la communauté internationale qui lui a montré son soutien par de nombreux prix honorifiques. Ses demandes sont claires et bien spécifiques : Éviter investissements et tourisme, qui renforcent d'une façon bien directe la dictature au pouvoir, et récemment, donc, de reconnaître ce comité représentant le parlement NLD. En effet, l'apport financier des investissements et du tourisme ne profitent pas à la population.
Citons Aung San Suu Kyi: "Le profit va exclusivement à la junte militaire et ses protégés, à des officiers hauts placés, et contribue au renforcement de l'équipement militaire qui absorbe plus de 50% du budget du pays."
L'armée, la société birmane, les violations des droits humains
L'armée a vu son effectif augmenter de 250 000 à 400 000 en 10 ans. Or ce pays n'a pas d'ennemi extérieur et le seul rôle de cette armée est de maintenir un contrôle très étroit sur la population birmane du centre et les populations ethniques des zones frontalières, ceci d'ailleurs avec des méthodes telles que le dernier rapport des Nations Unies parle de crimes contre l'humanité. Le pays est très peu industrialisé et a une population qui reste essentiellement rurale. à grande majorité bouddhiste, la population mène une vie très simple, suit la voie du milieu, la modération. C'est une société peu consommatrice, où l'on n'a de toute façon pas les moyens de consommer.
Les budgets de la junte excluent des articles qui ne sont pas de luxe, tels que l'enseignement. Les universités sont fermées depuis 88, avec un bref épisode de réouverture en 95-96. Elles sont de nouveau fermées depuis décembre 96 pour des raisons de sécurité. Dans le primaire, selon un rapport récent de l'UNICEF, 27% seulement des enfants terminent leur scolarité, les autres étant trop pauvres ou retenus par le travail forcé sur des chantiers tels que des constructions de routes, de chemins de fer, de barrages ou autres. Dès l'âge de 13/14 ans, on les trouve engagés de force dans l'armée, ou bien comme porteurs de matériel militaire dans les zones ethniques, toujours sans salaire et de plus en plus souvent avec juste l'eau de cuisson du riz en guise de nourriture.
L'Organisation Internationale du Travail, dans son rapport de juillet 98, décrit l'utilisation systématique du travail forcé imposé par les militaires sur la population civile. Je cite " l'impunité avec laquelle les officiels du gouvernement et en particulier les militaires traitent la population civile comme une immense source de travailleurs forcés non payés et de serviteurs à leur disposition est un élément d'un système politique basé sur l'utilisation de la force et de l'intimidation destiné à priver la population de ses droits démocratiques. Leurs actions sont une offense grave à la dignité humaine et ont un effet avilissant sur la société civile.
La santé est un domaine également négligé. Il est difficile de trouver des médicaments, de payer un médecin. Les seringues sont réutilises et contribuent à l'explosion du SIDA dans un contexte d'ignorance et de négligence. L'abondance d'héroïne dont la production est encouragée par la junte comme importante source de revenus (1 ma 200.000$ en 97) accélère l'explosion du SIDA.
Impact négatif de la présence de la compagnie pétrolière TOTAL
La pratique des évacuations, des destructions de villages est très courante et l'était particulièrement lorsque la junte a entrepris de vider le couloir du futur pipe line pour Total. Ce chantier devait être préparé puis surveillé par l'armée, avec ses méthodes habituelles. La présence militaire dans cette zone rurale à majorité Karen et Mon a donc été considérablement augmentée. à cause des évacuations de villages, des conscriptions pour des travaux forcés, vols et pillages, viols, incendies de maison, bien entendu par l'armée, dès 92-93 on a vu les petits fermiers quitter leur pays. A Sangla Buri, on voyait 100 à 200 personnes sortir chaque jour et leurs témoignages étaient les mêmes. Ils restent ce que l'Organisation Internationale du Travail appelle Çevidence in the form of secondary statementsÈ, ils sont niés par Total, et restent invérifiables puisque le Myanmar n'autorise pas l'accès de ces zones à l'Organisation Internationale du Travail.
Conclusion
Les témoignages recueillis par tous, privés, organisations humanitaires, diverses branches de Nations Unies, montrent un rapport entre armée et population qui est un rapport de maître à esclave, et des violations de droits humains d'une grande sauvagerie. Le rapport de l'Organisation Internationale du Travail parle de crimes contre l'humanité. Même Mr Lee Kwan Yew dit dans une interview à CNN que des membres de la junte birmane doivent s'attendre à un traitement à la Pinochet, du fait de leurs actions, s'ils s'aventurent en Europe. Il est impossible dans l'état actuel des choses, d'ignorer les nombreux actes criminels de la junte et donc de collaborer en toute innocence avec ce régime. Il est également clair que sans une évolution politique qui change réellement les rapports de la population civile et de l'armée, même des actions humanitaires, aussi vastes soient-elles ne peuvent apporter d'amélioration réelle au bien-être des Birmans.
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(Ce message a été modifié par François (administrateur) le 21 janvier 2003 à 22:07.)