
DeCléricy Rouyn-Noranda, Québec (Canada)

3 février 2008 à 15:00
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Naître vieillard et mourir poupon
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Renaître à nouveau! Refaire sa vie! Ce piège à con, ces questions qu’on se pose parfois : si l’on s’offrait de recommencer? Je dis oui. À condition de tout reprendre à l’envers. À la naissance je serais retraité. J’aurais des grenailles dans ma tirelire, une pension de l’État, un chèque mensuel dans la boîte aux lettres, une télé au mur, allumée 24 heures. Ce serait samedi de congé tous les jours. La pouponnière de l’hosto serait pleine de petites vieilles et de vieux hargneux tout ratatinés. On s’emmerderait royalement. Un râtelier dans la gueule, un lumbago persistant, une marchette en aluminium à qui parler, cousine lointaine d’Eskabô, des médocs multicolores, des onguents roses ou gris. J’aurais la couche aux fesses et ferais dans mon froc. Je n’aurais ni mère ni père, mort depuis longtemps. Orphelin de naissance. J’aurais de l’expérience, du vécu, des connaissances, de l’éducation, des opinions sur tout, des certitudes sur rien et des doutes plein la caboche. Je m’appauvrirais petit à petit. À 60 ans je commencerais à travailler. Y’aurais pas meilleur enfonceur de clous que moi sur la planète. Je serais au summum des compétences requises pour mon emploi. Mon patron me trouverait efficace, fonctionnel, productif. Puis, au fil des ans, je passerais de professionnel à apprenti. Là le patron aimerait moins! Tôt ou tard j’apprendrais comment me taper sur le pouce avec un marteau, couper tout croche une pièce de bois et terminer un escalier la dernière contre marche plus courte que les autres. J’apprendrais à désapprendre. Je divorcerais de mon ex pour ensuite nous épouser. Je la rencontrerais pour la première fois au tribunal devant un mec que je ne reverrais plus de ma vie. Au début elle m’énerverait et, les années diminuant, elle m’exciterait de plus en plus. Au lieu d’empironner, les choses s’enmieutraient entre elle et moi. Nos acquis feraient place à des projets en cours et les projets remplacés par des rêves à deux. Nos échafaudages se déconstruiraient. À la fin, démuni comme un ver sans Terre, nu tel un poussin au sortir de sa capsule cosmique, je mourrais comme je suis né; édenté! Sans rien pour mordre le grand Tarla à barbe blanche ou Belzébuth. Bah! Finalement, c’est idiot mon truc. Naître vieillard ou poupon, c’est pareil comme. Tout un voyage genre! DeCléricy
J’en appelle à vous ô Muses Où tant ma vie passe et s’use Qu’encore et toujours j’aime Mes soeurs Galère et Bohème
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