
MARSU Du moins encore quelques semai, France
23 mars 2003 à 21:07
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Varanasi ville sainte entre toutes, ou des milliers d'Hindous revent de mourrir! Il y a trois mois de ca dans le sein presque vide de ton Gange sacre, je suis arrivee seule, essouflee apres avoir parcouru les chemins de l'Inde si belle,j'en suis repartie vers le Nepal avec un homme merveilleux, ne sachant quand je te reverrai. Aujourd'hui deux mois et demi plus tard je suis de nouveau assise seule sur tes rives maintenant gorgees d'eau par la mousson. Encore une fois je te quitte, mais seule cette fois ayant laisse derriere moi cet homme magnifique aux yeux si souriants. Le jour se leve sur tes rives sacrees, sous mes yeux encore embues de sommeil, le vent est frais presque froid, les nuages essaient de se mouvoir pour laisser poindre le soleil levant. Ce dernier essaye de faire sa place pour reveiller, pour rechauffer le monde.Les fideles passent a demi-nus,en longhi ou en short devant moi pour se rendre a leur ghat habituel faire leurs ablutions matinales. Les laveurs de linge brise le silence matinal au son regulier des vetements qu'ils battent sur les marches pour les detacher. Peu de touristes s'aventurent sur les ghats a cette Heure matinale, quelques fois un bateau bourre de curieux, actionnant leur camera passe, suivi de pres par un autre qui lui vend le bonheur en fleur a mettre sur le Gange. Le Gange frissonne dans ce vent matinal, les chiens aboient pour remettre les choses oubliees dans la nuit a leur place. Ils reprennent leur territoire qui leur appartient pendant la journee! Territoire qu'ils oublient volontiers durant la nuit pour dormir les uns pres des autres en recherche d'un peu de chaleur animale, pour se proteger du froid de la nuit. Un eclat orange perce le ciel reveillant un retardataire endormi dans son bateau enroule dans une mince couverture pour se proteger du vent. Le soleil reussit a devenir d'une couleur eclatante l'espace d'un instant mais fatigue de se battre contre les nuages il se laisse doucement envahir de nouveau. Dans ce matin plutot gris j'entreprend ma marche matinale vers le Ghat principal, les fideles qui étaient passes pres de moi se laisse a present deriver dans le Gange au gre des courants. Le Ghat est envahi de fideles faisant leurs ablutions, leurs prieres.Assis sur leur petite tourelle a l'abris d'un soleil inexistant sous leur parasols ils egrenent leur "malla", ou offrent les services d'une puja au touriste qui passe en attendant un vrai pelerin. Les femmes sortant de l'eau dans leur sari trempe se depetrent tant bien que mal pour en mettre un nouveau. Six metre de tissu a enrouler autour de soi sans devoiler une parcelle de peau, elles y arrivent avec grace et dexterite sans rien laisser transparaitre. Mes pas depassent le Ghat et se retrouvent stoppes dans leur progression devant un petit pont sous lequel il etait encore possible de passer il y de ca quatre jours. Je continue mon chemin, mes sandales dans les mains, mes pas etant souvent ralentis par l'eau inondant les marches. Plongeant mes pieds nues dans cette eau opaque et polluee. J'avance precautionneusement a la recherche des marches devenu invisibles. Arrivee au Ghat de crémation, le courant est tellement fort que j'hesite, un viel homme brahmane courbe par le poids de son age me prend par le bras pour me montrer le chemin. A "Temple d'eau" duquel on ne verra bientot que le sommet, je m'assoie pour regarder une veille femme effectuer ce qu'elle fait depuis des annees tous les matins. Ses ablutions matinales et le lavage de son sari deja use par le temps qu'elle etendra ensuite sur les marches pour qu'il seche sous le soleil, qui a reussi a faire sa place et qui est deja brulant malgre l'heure matinal. Je prend les rues sinueuses pour le chemin du retour, histoire de m'impregner une derniere fois de leur charme, de leur odeurs, moites et puantes. Au detour d'une petite rue je rencontre une procession de gens transportant a bout de bras un corps enveloppe dans une soie rouge et or. De veilles femmes devant moi transportent dans leurs mains fragiles un petit pot d'eau sacre du Gange. Elle en deverse le contenu petit a petit, pendant leur progression dans les rues sur les statues a l'effligie de Shiva,Ganesh...Un sadhu bien mis en ce matin brumeux prend la pose pour deux touristes italiens en echange de quelques roupies. Je laisse mes pas se perdre dans les rues et retrouve le vendeur de charbon affaller sur son tas de charbon,dans la meme position qu'il y a trois mois. Je m'assoie tout pres pour prendre un tchai bien chaud et bien brule. Observant cet homme a la barbe bien grise, la peau burine par le soleil, a moins que ce ne soit la couleur du charbon,a l'affut du moindre mouvement voir si parfois il bouge, s'il respire. Un jeune garcon tout pres decoupe les feuilles de bétel meticuleusement pour pouvoir en faire par la suite des petits paquets bien serres ou il mettra le necessaireau paan indien.Un autre homme plus vieux celui la fait les arrangement de fleurs que les fideles viendront acheter pour les donner en offrande a leur dieu,ou au Gange.Je donne mes deux roupies pour le tchai et reprend ma route, les commercant ouvrent tranquillement leurs portes sortant de leur minuscule boutique tout un barda de truc. On se demande comment ils peuvent ranger autant de truc dans un si petit endroit. Ils installent le banc pour les clients en meme temps qu'ils cuisinent de l'autre main les beignets tout chaud que les gens prendront en passant. Seuls quelques touristes s'aventureront a manger leurs petits beignets bien gras ou encore leur yaourt plus ou moins sucre..Les boutiques pour touristes n'etant pas encore ouvertes seule la vie tranquille des habitants du quartier s'active autour de moi. Une petite rue sombre me fait deboucher sur le marche de fruits et legumes qui commence a s'animer a cette heure. Hommes et femmes indistinctement arrivent avec sur la tete leur lourd fardeau de fruits et legumes.Certains plus matinaux que d'autres ont deja installe leur etalage a meme le sol sur une mince couche de jute,empilant bien soigneusement en forme geometrique, les limes, les citrons, les mangues,les pommes... Je traverse doucement le marche avant de reprendre de l'autre cote les rues sinueuses, au passage je rencontre les eboueurs qui ramassent dans leur petite brouette les debris que la mousson transporte au fil des courants dans les petites rues. L'odeur est presque insuportable, et du meme geste l'eboueur et moi meme mettons sur notre visage notre foulard. Au detour d'une rue un taureau de quelques quintaux me bloque le passage, un indien en face de moi n'est pas plus brave devant ce taureau a l'humeur execrable qui semble avoir mal digerer les tonnes(!!!!) de plastique qu'il ingurgite en guise de repas chaque jour. Nous ne nous imposons pas et faisons quelques acrobaties pour le contourner et continuer notre route. Je me rends au seul restaurant ouvert en cette heure matinale. Je surprends en bras de chemise,cet indien si fier si arrogant en pleine journee normalement en train d'effectuer une des plus basse tache qui soit en Inde. Balayer le plancher, sous le regard attentif et meprisant de son brahmane d'employeur. Je presse le pas au sortir du restaurant mes mon sac sur mes epaules prend un cyclo-rikshaws et me revoila partie vers d'autres experience qui j'en suis sur seront aussi fascinante... a suivre! Suntala 2000
Que le vent te pousse en avant,que le soleil illumine ton visage, que le vent du destin te pousse à danser avec les étoiles.... THE BLOW pour laisser la place à ses rêves!!!! Suntala
(Ce message a été modifié par MARSU le 23 mars 2003 à 21:09.)
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