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Lyon, France

18 avril 2007 à 16:02
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Re: [XiaoLiumang] Nord Laos, province de Pongsaly : 34 jours de balades seul à la rencontre des minorités ethniques
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Salut, Bon écoute, tu ne vas pas me trouver très encourageant mais j'essaye juste d'être objectif. 1) Le contact est vraiment dur avec les villageois ? De l'hostilité potentielle pour les non lao-phones ? (en Chine ça m'est arrivé, même en parlant couramment, d'avoir un accueil franchement glacial dans certains bleds... pas rassuré du tout... apparemment ça t'es arrivé aussi... Alors j'essaie d'évaluer jusqu'où je peux me permettre d'aller sans causer lao, et à partir d'où ça risque de poser vraiment problème...) Ah ben tiens, puisque tu parles de ballades en Chine je suis passé deux fois dans le Quizhou, je parle un peu des ballades du deuxième séjour > ici. Bref, de l'hostilité de la part des montagnards : jamais, en aucun cas. Mais tellement souvent une forte incompréhension et, comme je le disais déjà quelque part, un concept de tourisme complètement inaccessible pour eux, surtout dans leur "misérable" village (soyons clair : on parle des villages isolés, pas de ceux très accessibles, depuis Phongsaly par exemple). Alors oui : paranoïa, méfiance, etc. Et puis, bon ok les montagnards isolés ne sont pas persécutés (du moins pas dans cette province…), mais quand-même, ils n'ont pas beaucoup de droits et ont parfaitement conscience que leur présence là est tout juste tolérée (la culture du pavot aussi). Donc visite d'un étranger = nombreux questionnements pour eux. Alors voilà, pour te le dire crûment : ça me semble totalement inconcevable de débarquer dans les villages isolés sans pouvoir rassurer les villageois, c'est à dire leur expliquer qui tu es, d'où tu viens, pourquoi tu es là, quand est-ce que tu repartiras, etc. Est-il besoin de le préciser : absolument personne, dans les villages isolés, ne parlera un seul mot d'anglais. 2) Tu sais si il y a des sentiers pour atteindre Phu Den Din en longeant la rivière à partir d'Ou Tai ? Des villages ? Bien sûr, plein, trop même parfois, des minuscules sentiers (souvent le plus difficile étant tout simplement de localiser leurs départs qui se situent souvent loin des villages de plaine, en rase campagne) ; de multiples sentiers qui se coupent et se croisent, qui se confondent sans cesse, avec ceux de passage du bétail, d'autres qui ne mènent nulle part, d'autres qui deviennent le lit d'un cours d'eau qu'il faut emprunter sur quelques centaines de mètres et d'où il est souvent problématique de retrouver le sentier terré, des croisements où il faut faire des choix de direction, de multiples rivières à traverser inévitablement à gué sans en voir le fond si l'eau est trouble (s'il a plu récemment), etc. etc. Mais alors c'est surtout à partir de là que ça peut coincer : indispensable de savoir demander son chemin, et cela de plusieurs manières différentes (temps de marche nécessaire, distance, etc.) tellement les réponses sont toujours incertaines. Car surtout : il est impératif de ne pas arriver dans un nouveau village après la tombée de la nuit. Les habitants n'ouvriraient pas leur porte, auraient peur, les chiens se feraient très violents, etc. Le genre de situation qui pourrait, je pense, dégénérer (un jour j'ai connu, "subi" plutôt, une arrivée au crépuscule, ça a été cauchemardesque, vraiment). Donc, avant de quitter un village : obligatoirement connaître le temps d'accès au second. Phou Den Din (ou Phy Den Diu) : alors là l'ami, t'y vas quand-même un peu fort pour la première fois ! La zone la plus inaccessible de cette province reculée ! Et puis la moins habitée aussi, pour sûr la plus difficile à pénétrer. Bon, côté nature ça doit être grandiose mais à mon avis inaccessible seul (villages trop distants, etc.). Bref, à l'approche de la région, ça me semble indispensable de se faire guider d'un village à l'autre par un villageois, et de changer de "guide" à chaque nouveau village traversé (car souvent les villageois de ces zones isolés, après 2 ou 3 villages plus loin que le leur, connaissent trop peu les coins et les sentiers car ils n'ont vont jamais ou trop rarement). Par contre c'est par là, vers le nord Phy Den Diou, que se situent les villages (de l'ethnie) Sila les plus isolés du pays. Eux c'est sûr, ils doivent parfois y partir chasser plusieurs jours ; le truc à faire ce serait de se faire accepter par un groupe de chasseur et de les accompagner. Bon et puis ton coup de la piste (sentier plutôt car piste = impossible, trop escarpé) longeant la Nam Ou, permet-moi d'en douter fortement. J'ai un peu navigué sur la rivière (en amont de Pongsaly/Hat-Sa) et je peux te garantir qu'il n'y avait pas de sentier aux abords. Tu sais, par là les berges elles sont parfois très pentues, c'est très escarpé, les sentiers seront plus loin, plus haut surtout, dans les collines. Et puis c'est sans compter que d'une année à l'autre des chemins disparaissent sans cesse tandis que de nouveaux sont tracés. Ca je l'ai plusieurs fois constaté. Bon si c'est absolument Phy Den Diou ton but, je peux t'indiquer un autre moyen plus sûr d'y accéder. Fais signe si ça t'intéresse toujours. Mais j'insiste et je me répète : là-bas il faudra impérativement communiquer (pour parler des distances, des heures de marche, de toi, de tes intentions ou non-intentions, des sous, de l'hébergement, de la nourriture, etc.). Car par là, dans certains villages, je te garantis que tu peux être le premier touriste à y entrer. Dernière chose : mars/avril/mai, c'est pile le moment de récolte et le gros du commerce du pavot à opium. Plusieurs "étrangers acheteurs" sillonnent alors les villages à cette période. Pas forcément bon de mettre le nez dans leurs affaires. A toi de juger. Tiens, ici je me contente de copier ce que j'avais envoyé à quelqu'un il y a quelque temps (c'est pas forcément plus encourageant, c'est à prendre ou à laisser) : Le nord Laos, y'a de quoi faire. Une infinité de possibilité du moment que l'on ait pas peur de choisir des sentiers au hasard et que l'on ne craint pas de perdre, de temps en temps, quelques journées à se perdre justement. Bref, il faut avoir du temps, beaucoup de temps, pour commencer à soupçonner-deviner-localiser l'emplacement des villages possibles. Il m'a fallu neuf mois de reconnaissance et de ressenti sur place pour commencer à entreprendre des périples comme le dernier relaté, je me suis auparavant longtemps contenté de parcours plus faciles. Alors je vais être très direct, excusez ma brutalité et je ne voudrais pas non plus avoir l'air de me vanter mais ça me semble totalement inconcevable d'imaginer des parcours similaires lors d'un premier voyage au Laos (du moins si c'est votre premier voyage au Laos). Je crois qu'il ne suffit pas de vouloir pour pouvoir. C'est pour ça que je ne donne jamais d'infos trop précises sur l'emplacement des villages que j'ai traversé. J'estime que ce ne serait pas un service rendu, ni au touriste (risques réels de se perdre, etc.), ni aux villageois qui eux pourraient se retrouver totalement désemparés devant l'arrivée d'une personne pas suffisamment préparée. Voilà, pour un premier séjour je me contenterais déjà d'une première approche "facile" aux alentours de coins comme etc. ------- . > Nord Laos, 2007, 40 jours aux confins de la province de Phongsaly > Nord Laos, 2006, 34 jours de balades dans la province de Phongsaly .
(Ce message a été modifié par 321 le 18 avril 2007 à 16:13.)
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