
Chris51
Nice, France

9 octobre 2007 à 15:53
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Bonjour, Quels que soient les conseils que pourront te donner des voyageurs expérimentés, si tu veux préparer sérieusement ton voyage tu ne pourras pas faire l'impasse sur la nécessité de poser la question par écrit au "Sysselmannen", le Gouverneur du Svalbard (Spitzberg en terminologie internationale). Tu peux le faire sur le site officiel ici : http://www.sysselmannen.svalbard.no/eng/ Aussi bien pour la location du fusil que pour tes projets de randos en autonomie de 2 à 4 jours, et cela quel que soit le secteur. En voyageurs indépendants, on est limité à un secteur restreint appelé "Secteur 10", qui englobe Longyearbyen et les deux stations minières russes de Barentsburg et de Pyramiden (cette dernière étant abandonnée). Les fabuleuses beautés du Spitzberg ne sont pas là ... Attention en cas de problème, à défaut d'avoir mis en place des garanties (cautionnement) auprès des autorités et de s'être déclaré (quel que soit le secteur), les frais de secours sont mis à la charge des personnes secourues. Au tarif local (no comment !). Reste le problème éternel de l'ours et du fusil ... (ça me fait penser au titre d'une fable ...) L’ours polaire est bel et bien le carnassier le plus dangereux de la planète. Bien plus que les grands fauves de la savane. Avec ses 500, parfois 600 kilos, ses 3 mètres de long et sa démarche nonchalante, son comportement est totalement imprévisible : il peut sembler se balader à 300 mètres de vous dans la plus totale indifférence, et puis en une fraction de seconde, sans aucun signe avant-coureur, fondre sur vous comme une furie. Ridicule et totalement inutile d’essayer de courir, car lui il court à 40 km/h hiver comme été sur n’importe quel terrain, lande, marécage, bourbier, neige ou glace ! Et là, vous faites quoi avec votre fusil tout neuf loué la veille, vos doubles gants-mouffles et votre permis de chasse aux alouettes dans le Berry ? Le temps d’avoir réalisé ce qui se passe, il est déjà sur vous. A moins d’être Buffalo Bill en personne, le fusil ne vous sert à rien du tout. Même si vous aviez la présence d’esprit et le sang froid nécessaire pour épauler, viser et tirer, vous devriez impérativement lui trouer du premier coup soit le crâne soit le cœur, sinon, toute autre blessure ne ferait qu’amplifier le déchaînement de violence. Les gens qui ont assisté à une attaque d’ours polaire sont sidérés par la furie de la scène. C’est que l’ours a une vie difficile, et la nature l’a formaté pour qu’il ne laisse pas passer ses chances … Au Spitzberg, les locaux ont deux ou trois plaisanteries à ce sujet. Ils disent fort justement « Pensez toujours qu’ici, contrairement à chez vous, vous n’êtes pas au sommet de la chaîne alimentaire … ». Et encore : « De toutes façons vous n’aurez pas le temps de souffrir : avant la fin de la troisième seconde, il a déjà broyé la tête … ». Tout ça pour dire que le fusil de location, entre les mains de voyageurs même aguerris, hum hum ... ça risque fort de ne servir à rien. En revanche, peut-être plus encore que l'ours, le danger, c'est ... le fusil ! C'est vrai que les loueurs ne sont pas très regardants pour confier un fusil de location à un voyageur. Pour ma part, j'ai toujours eu peur ... des porteurs de fusil, et je pense qu'ils constituent, eux, un réel danger pour eux-mêmes et leurs partenaires. C'est que pour avoir du sens, le fusil doit être constamment chargé ... alors entre les chutes, les mauvaises manips, le gel du fusil, la peur dans la nuit, ou même l’envie stupide de « faire un carton » sur la moindre chose qui dépasse … (si ! si ! … je n’invente rien !), et bien : ça craint ! En revanche, ce qui est plus utile, c'est la prévention. En « zone à ours », le fil d’alarme détonnant autour du campement est utile. Les fusils ou pistolets d’alarme « spéciaux ours » (à très très forte détonation - dégâts garantis pour vos oreilles) peuvent l’être aussi. Et surtout, avant tout, les précautions élémentaires : ne jamais camper juste au bord de la côte près de la glace de mer, ni sur la glace de mer, mais pas mal à l’intérieur des terres. Toujours placer ses réserves alimentaires (même infimes) à une bonne centaine de mètres de la tente, très précisément sous le vent (attention si le vent tourne), et en vue directe depuis la porte de la tente (avec balisage pour les repérer). Idem pour les moindres restes, casseroles sales, déchets, excréments, etc. S’il y a un ours dans le secteur, il ne peut pas ignorer que vous êtes là : il est capable de sentir ce qu'il aime jusqu’à 15 km de distance. Chris. . ------- Chris et MF Saga : Islande - Spitzberg http://perso.orange.fr/saga.gilabert
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