
Fabricia
Alpes Maritimes, France
Photo/image personnelle du membre Fabricia.
Description de la photo/image: Amber Fort, Rajasthan, octobre 1994 : une belle indienne offre aux visiteurs un gobelet d'eau puisée dans sa cruche.
11 novembre 2004 à 9:00
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Hanoï - C'est dans un avion Fokker à hélices, tout neuf, que nous décollons en direction de la capitale du nord, Hanoï, où nous atterrissons à 15h. Un taxi nous promène d'hôtel en résidence, établissements situés dans les artères surpeuplées du centre-ville, où règne une cacophonie intense qui ne dit rien de bon... pour notre repos nocturne. On tourne longtemps dans les rues grouillantes de motos, scooters, vélos, charrettes, piétons, lorsqu'enfin nous arrivons à l'hôtel Huyen-Trang, dont les chambres donnent sur une cour intérieure. C'est au petit restaurant à l'entresol de l'hôtel, minuscule salle sans fenêtre, que nous dînons d'une soupe végétale, assortie d'un riz cantonnais et de maigres cuisses de poulet. Demain et les jours suivants, nous ferons des découvertes culinaires réjouissantes dans cette jolie ville. Contraste frappant avec Saïgon, surnommée "la dévergondée" à l'inverse d'Hanoï-la prude, selon les résidents français qui ont le sens de la formule-choc. Nous préparons le point d'orgue de la région : la célébrissime baie d'Ha-Long, que nous explorerons seuls en voiture avec chauffeur et un guide francophone, Luong, étudiant qui rêve de s'inscrire dans une université française. Quelques démarches au bureau d'Air-France pour reconfirmer nos billets de retour. Incursions dans les librairies, nombreuses, puis halte gourmande chez le traiteur Beaulieu, la boutique des gastronomes de l'hôtel Sofitel. Ce luxueux palace de la chaîne française trône sur la plus belle avenue de Hanoï. Devant la façade blanche à colonnades, une "traction-avant" Citroën noire, au charme rétro, est garée en face de l'entrée du Sofitel, telle une icône personnifiant l'élégance des belles années du colonialisme défunt. La plus chic brasserie de la ville, c'est indéniablement "Le Club" du Sofitel, où se retrouvent les expatriés pour leurs repas d'affaires ou de plaisir. Dans un décor très élégant, un somptueux buffet présente une montagne de délices auxquels on ne résiste pas : foie gras, caviar, saumon, fraîches salades, viandes et poissons et irrésistibles desserts composent un festin royal. Je n'ai vu, nulle part ailleurs, même en France, un buffet aussi raffiné. Poussant nos estomacs devant nous (se souvenir de Peter Mayle, dans "Un bonheur en Provence"...), il faut se faire une douce violence pour ne pas manquer la visite du musée d'ethnologie fortement recommandé par mon neveu Ky, d'origine vietnamienne. Le trajet semble obscur au chauffeur de taxi, qu'on remet plusieurs fois sur la bonne route à l'aide d'un plan de la ville. Ce n'est pas la première fois que nous remarquons les difficultés des conducteurs, que ce soit en Inde, en Indonésie ou au Vietnam, quand on leur précise une destination où ils ne sont encore jamais allés. Ce musée est loin de tout, très excentré et fort peu visité par les clients des taxis. Consacrées aux traditions millénaires du Vietnam, d'immenses salles présentent les divers aspects historiques du pays. Eblouissant, fascinant. Une foison d'objets rituels artisanaux, évocations des moeurs, richesses des documents, reconstitution de l'habitat des provinces, démonstrations de leurs techniques, cérémonies chamaniques, instruments de musique traditionnelle. Comment on fabrique les chapeaux coniques, le "nan", coiffures si typiques de l'Indochine de nos livres d'images, qui servent à la fois de protection contre le soleil et la pluie. Tout près de notre hôtel, comble de bonheur pour les fines gueules nostalgiques de la bonne bouffe française : un coquet restaurant, "Le Café des Arts", tenu par un compatriote, un voisin, puisqu'il vient de Nice. Sur le tableau noir devant le portail, des plats qui font saliver, tels que "brochettes de filet de boeuf-frites" et "crème brûlée"... Jolie salle au premier étage, tables placées devant les fenêtres d'où l'on a une vue plongeante sur la rue très animée. Incessant ballet des petits commerces, portés dans les lourdes "palanches" sur les épaules de frêles marchands qui sillonnent inlassablement les ruelles encombrées. Ce sont deux paniers accrochés en équilibre sur un balancier, très lourds, qui obligent les porteurs et les porteuses à courir sans à-coups pour ne pas renverser le contenu : sur l'un des paniers d'osier, un réchaud et du charbon de bois, sur l'autre tous les ingrédients -légumes-poisson-poulet- pour cuisiner le "phö", ce pot-au-feu traditionnel qu'on mange à toute heure, accroupi sur le trottoir, au milieu de la cohue habituelle. Il n'est pas rare que des familles entières soient installées en rond devant leur porte, assis sur de minuscules tabourets, pour partager leur repas : on a l'impression, très gênante, de traverser leur salle à manger ! L'agitation de la ville donne le tournis à tous les visiteurs étrangers, quand on se trouve encerclé par des milliers de véhicules pétaradants qui engloutissent les piétons au moment du crépuscule, à l'heure des sorties de bureaux... Gare à ne pas se faire écharper par ces engins lancés à toute allure, à peine freinés par les feux de signalisation parfois "facultatifs" !... ------- Fabricia - Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
(Ce message a été modifié par Fabricia le 13 septembre 2005 à 7:31.)
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