
Loopkin
Lyon, France

15 décembre 2005 à 7:55
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Excusez moi, j'ai séché VF hier (je n'ai pas d'excuse valable ni mot des parents), et ce matin, je me suis réveillé tard. J'ai immédiatement commencé à lire cette discussion, mais elle est particulièrement longue, tortueuse et compliquée. C'est fou comme le nombre de discussions politiques portant notamment sur l'environnement se développe sur VF. Est-ce un phénomène de mode? Est-ce propre à VF? Retrouve-t-on un début de prise de conscience sur d'autres forums qui, comme VF, sont, à la base, sans rapport avec la politique? Je remarque qu'on commence à avoir de plus en plus d'articles sur les problèmes écologiques sur Internet, à la radio, aux infos, dans certains journaux. C'est bon signe, mais c'est évidemment encore insuffisant. Je ne suis pas climatologue, mes connaissances scientifiques générales sont celles d'un ingénieur en veille technologique, pas celles d'un spécialiste. Je connais les phénomènes de mécanique des fluides globaux qui régissent l'atmosphère, mais pas plus que n'importe quel autre ingénieur. C'est à dire presque rien. Quant aux réactions chimiques, aux phénomènes thermodynamiques et magnétiques qui se produisent là haut, je me sens totalement incompétent. Par exemple, cela paraît du bon sens que si la température moyenne augmente, l'évaporation de toutes les surfaces d'eau (libre ou en glace) sera plus importante et la vapeur d'eau ainsi obtenue amplifiera le phénomène. En ce sens, on a là une rétroaction positive (accélérateur). Mais d'autres conséquences que je ne connais pas pourraient, elles, boucler en rétroaction négative (modérer, donc freiner les variations). Ce qui coule de source (oups, pardon), c'est aussi la diminution, voire l'annulation, du Golf Stream, ce qui, effectivement, aurait cette étonnante conséquence d'amplifier le froid EN HIVER dans les zones tempérées et polaires. Chouette, on aura des saisons de ski de rando plus grandes, et nos glaciers retrouveront leur dignité de maintenant, voire celle du XVIIIème siècle. Je sais, cette conséquence plutôt locale sera désastreuse, car nos hivers seront bien plus rudes (augmentation des dépenses énergétiques de chauffage), et nos étés seront comme l'été 2003. Et dans les zones tropicales, et intertropicales, ce sera tout le temps beaucoup plus chaud, été comme été. Mais une question: HappyRotter semble attaché à préciser que l'évaporation est peut-être, non pas un facteur amplifiant, mais carrément un facteur déclenchant, puisqu'il le cite dans les causes initiales de l'effet de serre. Mais je ne vois pas comment cette évaporation aurait pu augmenter d'un coup, comme ça, sans crier gare. Il faut bien qu'il y ait eu ce réchauffement de presque un degré que nous constatons depuis le début de l'ère industrielle. Et ce réchauffement est provoqué par l'effet de Serre (serre mais inutile...), lui même provoqué par AUTRE CHOSE que l'évaporation (au début). Et cet autre chose, j'ai bien l'impression que les scientifiques sont arrivés à un consensus global, comme le dit Nakata: c'est surtout l'émission du CO2. Et je rajouterais de l'O3 (ozone), du CH4 (méthane) émis par les pèts des millions de bovins que nous élevons en vue de les manger (non, ce n'est pas une blague, c'est sérieux), et de certains NOx désastreux (oxydes d'azote divers). Sur Mars, on n'a pas encore établi avec certitude la présence d'aquifères d'eau en glace voire liquide (si très profonde) dans le sous-sol. Les deux calottes semblent irrémédiablement en glace de ... CO2. Dommage! Et même si on arrive à prouver que Mars contient bien des aquifères, le coût énergétique d'importation chez nous à grande échelle semble encore plus fou que le coût et le temps nécessaires à une utilisation "sur place" en vue d'un terraformage. Mais ça vaut DEJA le coup de se pencher sur la question, à tous les niveaux. Même à un méta-niveau: est ce que ça vaut le coût d'éventualiser une exploitation de cette nouvelle planète, en vue, comme celle-ci, à terme, de l'épuiser. Car autant on a fini par se rendre compte que la Terre est finie, donc que ses ressources ne sont pas illimitées, autant on sait déjà que Mars est aussi une boule, et même qu'elle est fichtrement plus petite que notre maison actuelle. Je propose donc pour le moment d'oublier l'utopie martienne, et de revenir chez nous. Par ailleurs, quelqu'un a fait une erreur de raisonnement en disant qu'à quatre dans un avion qui fait 20 000 km (en supposant qu'il y en ait... l'A400 peut-être? ) on polluait autant qu'une seule personne. Non. On pollue bien quatre fois plus, sauf si on est prêt à être à quatre sur le même siège, et que notre poids total, bagages compris, ne soit pas sensiblement plus élevé que celui d'une personne et de ces bagages. Quatre enfants qui font une pyramide sur un siège pendant 25 heures d'avion... mmmm... peu probable. Si trois cent personnes ont besoin d'un avion pour aller de A à B, ça fait un avion, que je sache. Si quatre fois plus ont besoin d'un avion, ça fait 1200 personnes, et on affrète quatre de ces mêmes avions. Ou au mieux deux A380, ce qui réduit un peu la consommation par passager, mais pas tant que ça, et certainement pas de quatre fois. Voilà, c'était juste pour corriger cela avant de continuer. Concernant les actions à court, moyen, long terme: Déjà, je n'aime pas trop le court terme. Surtout quand il s'agit de s'attaquer à des phénomènes à échelle planétaire. Enfin, on peut déjà agir au quotidien, en réduisant nos consommations, ça, plein de sites d'écologie en parlent, ils sont très bien faits, et même si les chiffres peuvent être discutables, ils sont des estimations qui en disent déjà beaucoup. Il va de soi qu'avoir une voiture, surtout un 4x4, c'est terrible. Le train, SI CE N'EST PAS cette absurdité orgueilleuse qu'est le TGV, est effectivement très peu polluant. Privilégions le. De même, le stop. Alors, j'entends déjà: tu te contredis, car ce que tu disais à propos des quatre personnes qui prennent l'avion au lieu d'une est valable aussi ici. Non. Ce serait éventuellement discutable dans le cas du covoiturage, mais là, le mec est déjà sur la route, et sa voiture n'est pas totalement utilisée. Il polluera autant (à la différence d'énergie due à la surcharge supplémentaire près) que s'il ne vous prenait pas. Il y a le vélo, même pour les grands trajets, car, pourquoi se presser? Il y a le voilier, pour couvrir de longues distances intercontinentales, pour ceux qui savent s'en servir et en ont les moyens. Les gens qui font des sports aériens motorisés ou automobiles peuvent arêter tout de suite: c'est effectivement très polluant. J'en reviens, et ne pense pas revoler souvent. Même si c'est une réelle passion, et là, le sacrifice est très grand, je peux le dire. Mais le plaisir d'être enfin cohérent l'emporte. La consommation d'eau et d'énergie au quotidien. Là encore, on peut la diviser par deux au minimum, voire trois ou quatre. Et là encore, on doit montrer l'exemple en permanence à nos enfants et à notre entourage, quitte à passer pour un exalté, un utopiste, un dérangé, un marginal, un exentrique, et que sais-je encore. A force, comme dit LePiaf, les gens peuvent commencer à se RENDRE COMPTE. Les actions possibles sont décrites sur ces sites (je ne donne pas les liens, une simple recherche ici, sur VF, y pourvoiera mieux que moi). L'information, la sensibilisation, et le militantisme doivent être entrepris d'urgence. Faire comprendre aux décideurs, qui évoluent dans une sphère totalement différente de la sphère du monde réel, qui croient faire le bien avec leurs idées de libre-échange et d'OMC, et même de développement durable, et de commerce équitable, qu'ils se trompent, qu'ils font une grave erreur: le monde est FINI. Ils n'ont pas encore compris, apparemment. Faire donc progresser l'idée de décroissance durable, plutôt que de développement durable, l'idée de marchés locaux plutôt que de commerce équitable (souvent fait à l'autre bout du monde) et pire, de libre échange. Les idées de Nakata sur l'agriculture et les taxes sont bonnes. Pour répondre aussi à CatherineGil, j'ai déjà parlé dans une autre discussion (en te répondant, d'ailleurs) des systèmes politiques possibles, en évoquant l'article de Serge Latouche du diplo intitulé "Ecofascisme ou Ecodémocratie?" qui propose de bonnes idées, critiques et constructives. Je vous engage une fois encore à aller le lire (non, je n'ai pas d'actions au Monde Diplomatique, je n'ai pas d'actions tout court, évidemment). L'écologie ne doit pas devenir une idéologie, je suis d'accord. Mais elle doit devenir un comportement reflex de chacun de nous, et surtout, surtout, une connaissance. Connaissance apportée par l'éducation. Education, donc: à tous les niveaux, à toutes les échelles, à tous les corps d'activité. A l'école: dès la maternelle, sensibilisation des plus jeunes par des jeux. Ensuite, à l'école: une matière, sanctionnée comme les autres par un contrôle des acquisitions. Au collège, au lycée. Allons jusqu'à développer une filière ES. E pour écologie, pas pour économie. S pour social. C'est à dire que l'économie NE PEUT PLUS se penser, s'enseigner comme elle l'est encore actuellement. Nous sommes dans un système fermé, et le mot économie n'a plus de sens, et est remplacé par écologie. Gestion de notre espace de vie, de manière globale, avec les entrées: météorites, radiations éléctromagnétiques non renvoyées par l'atmosphère, énergie de la rotation de la Terre autour de son axe, et les sorties: champ magnétique terrestre, déchets spatiaux, engins spatiaux, poussières volcaniques. A l'intérieur, entre ces entrées et ces sorties, il y a un cailloux, avec de l'eau, du magma à l'intérieur, de la vie (ça, c'est incroyable) à la surface et dans les grandes profondeurs marines, il y a même des animaux, et des hommes, qui vivent dans des biorégions, et qui communiquent entre eux des informations, des biens, des services et qui se font parfois la guerre. Je reviens à l'éducation: Encourager les études supérieures dans ce domaine. Nous avons besoin de planétologues, d'écologues, d'économistes reconvertis à l'écologie, de juristes spécialisés en environnement, etc... Lors du passage du permis de conduire: sensibilisation là encore. A la violence routière, oui. Et aussi aux conséquences écologiques de l'utilisation trop abusive de ce merveilleux jouet, cette merveille de technologie qu'est une voiture. Plein de gens n'ont tout simplement jamais été mis le nez dans leur merde, ni lors de l'apprentissage de la conduite, ni après. Il n'y aurait pas autant d'engouement pour le 4x4 sinon. Dans les entreprises. Là encore, au même titre qu'il y a normalement un service de compta, un service de gestion des hommes (pardon, des ressources humaines, comme on dit dans cet affreux jargon), il devrait exister un service "qualité et développement environnemental", pour s'assurer que tout est conforme aux normes. Et ces normes, il faut évidemment les draconiser, et en draconiser l'application par des sanctions plus graves, notamment pour les marées noires ou les pollutions de nappes phréatiques par des engrais stupides. A plus long terme: développer à fond la R&D sur les énergies non polluantes. Nombreuses sont celles qui ont déjà été citées ici. Je ne sais plus si on a parlé de la pile à hydrogène. Ca fait plus d'un siècle qu'on en connait le principe, mais l'accent a été mis sur le moteur à explosion... déjà, dès le début, on érigeait le pétrole comme la nouvelle divinité. Il y a ITER. Il y a le colza, la supracondictivité chaude, la désalinisation, l'augmentation des connaissances en biologie pour relancer la biodiversité dans les régions désertiques (avant de terraformer Mars, nous devrons nous exercer dans notre propre planète!!), l'accroissement de la compréhension des phénomènes scientifiques, quels qu'ils soient, en fait. Pour cela, arrêter de supprimer le financement de la recherche, et, au contraire, l'augmenter sensiblement. La recherche, la santé et l'éducation, c'est l'avenir des peuples. Nous venons de découvrir et de prendre conscience que le monde était fini, qu'il s'agissait d'un écosystème global, et nous venons très récemment, pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, de former une société des nations (SDN), suivie d'une variante, l'ONU. En septembre dernier, on devait la rénover. Raté. Mais ne nous décourageons pas. Seule une instance politique mondiale, qui a un pouvoir important, une juridiction appropriée, et un système de lois construit sur cette idée d'écosystème global peut faire changer le cours des choses à grande échelle et à long terme. Travaillons à une réforme de l'ONU, qui intègre ces nouvelles prises de conscience, et qui intègre en passant la nouvelle donne géopolitique mondiale (l'ONU a été créée à une autre époque où les intérêts planétaires étaient autres). Pour que les pays pauvres arrêtent de se trouver en permanence en situation d'urgence, donc de court terme, ce qui engendre en général des conséquences irrémédiables sur l'environnement, rendons leur ce que nous leur volons chaque jour en pillant leurs ressources, et évidemment, annulons cette dette absurde et criminelle qu'ils ont déjà remboursé trois fois. Ca fera beaucoup pour l'environnement et les habitants de ces pays. Plus important: prenons tous conscience, et faisons prendre conscience à tout notre entourage des conséquences de nos boulots. Remplaçons les "vous savez ce que c'est, il faut bien vivre, hein?" par: "je suis fier de mon métier, il ne nuit ni aux hommes, ni à leur maison". De nombreux métiers ont des conséquences graves sur la paix dans le monde (industrie militaire), la misère humaine et / ou l'environnement. Le seul problème est que ces conséquences sont noyées dans un graphe de causes et de conséquences des responsabilités de chacun aussi complexe qu'impossible à démêler donnant à chacun la possibilité de faire l'autruche, et de dire: oui, mais moi, ce que je fais, c'est juste ça. Sauf que ce juste ça, même si c'est une plaque de tôle qui ne servira que plus tard à en faire une tête d'ogive, ou une mîne anti-humains, c'est plutôt un "déjà ça". Les gens qui fabriquent des armes, ou qui travaillent à un métier désastreux pour l'environnement, il y en a des tas si on compte toute la chaîne de fabrication, ou d'imbrication. Et ils n'ont, en France et dans de nombreux pays riches, malgré le taux de chomage, AUCUNE EXCUSE. Même s'ils ont leurs propres enfants à nourrir (nourrir comment, et surtout gâter comment? avec quelles horreurs de la société de consommation? Nikes, Play Sations, télévision, scooter à 14 ans? voiture à 18 ans?). Si les gens arrêtent de se voiler la face sur les conséquences de leur métier (qui est fait huit heures par jour, tout de même), là aussi, on pourra avancer. J'ai encore plein de trucs à dire. En plus, c'est pas du tout structuré mon truc. Et il fait super beau dehors. A ce sujet, internet, c'est 10% de la consommation en électricité dans le monde. Alors, comme dit HappyRotter, vous pouvez maintenant éteindre votre ordinateur et reprendre une activité normale (et non polluante). A ciao! ------- Geantropie, Vivre l'espace http://geantropie.free.fr
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