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14 mai 2008 à 9:25
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La Birmanie redoute une nouvelle catastrophe «C'est terrible», s'est effarée la porte parole des Nations Unies: la Birmanie va devoir faire face à une nouvelle tornade. La Birmanie redoute une nouvelle catastrophe. Moins de deux semaines après le passage devastateur du cyclone Nargis les 2 et 3 mai, une dépression tropicale était en cours de formation mardi au large des côtes birmanes, susceptible de se transformer en ouragan dans les prochaines 24 heures. Selon le Joint Typhoon Warning Centre (JTWC), un institut d'alerte météo du gouvernement américain, la dépression accompagnée de vents soufflant de 45 à 55km/h se trouvait mardi au sud de la principale ville birmane Rangoon. «La formation d'un cyclone tropical important» est «possible dans les prochaines 12 à 24h», explique le JTWC, même si les «données disponibles ne justifient pas pour le moment» l'émission d'un bulletin d'alerte cyclonique. L'ouragan, s'il se forme effectivement et suit la trajectoire actuelle de la dépression, pourrait de nouveau toucher la région du delta de l'Irrawaddy (sud), déjà dévastée par Nargis au début du mois de mai. Le dernier bilan des autorités birmanes est de 34.273 morts et 27.838 disparus, mais les Nations unies estiment que le véritable bilan pourrait dépasser 100.000 morts. Un nouveau cyclone menacerait la survie des rescapés déjà éprouvés, souligne Amanda Pitt, porte-parole de l'Office des Affaires humanitaires de l'ONU. «C'est terrible», lance-t-elle, en soulignant que le gouvernement birman «a la responsabilité d'assister son peuple en cas de catastrophe naturelle». Quelque deux millions de rescapés, pour la plupart de petits riziculteurs, vivent dans le plus grand dénuement et sont menacés par la faim et la maladie. Selon les estimations du Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU, 1,6 million d'hectares de rizières ont été détruits, submergés par la montée des eaux provoquées par le cyclone. La saison des plantations approche et si les riziculteurs ne sont pas à pied d'oeuvre d'ici trois mois, avant la mousson, «nous aurons une grave pénurie de riz dans le pays», pronostique Leon Gouws, représentant du PAM en Birmanie. «Cela maintiendra la dépendance des gens à l'aide étrangère», alors que le PAM ne parvient à acheminer que 20% de l'aide alimentaire nécessaire, à cause de problèmes logistiques et des restrictions imposées par la junte birmane. Les militaires ont jusqu'à interdit l'accès des zones sinistrées aux étrangers, y compris aux spécialistes de l'aide humanitaire. Mardi, le ministère thaïlandais de la Santé a cependant annoncé avoir reçu l'autorisation d'envoyer une équipe médicale dans la région. L'ONU redoute en tout cas une «deuxième catastrophe en Birmanie», une «deuxième vague de décès» si «on ne parvient pas à mettre en place rapidement un maximum d'aide et un effort logistique majeur comparable à la réponse au tsunami» en 2004. Mardi, la presse officielle birmane n'a pas fait mention de la formation possible d'un nouveau cyclone, mais des habitants de Rangoon ont appris la nouvelle par Internet et des radios étrangères. «Un autre cyclone sera un désastre parce que notre centre d'aide est déjà bondé. Je suis très inquiet», expliquait Tun Zaw, un homme de 68 ans qui a trouvé refuge dans ce centre. Selon Johnny Chan, un spécialiste des cyclones à l'Université de Hong Kong, le nouvel ouragan pourrait ne pas être aussi puissant que Nargis en raison de sa proximité des côtes. Le passage sur la terre ferme affaiblit un cyclone, les eaux chaudes de l'océan constituant en quelque sorte le «carburant» de ce phénomène violent. et sur le sîte www.romandie.com La Birmanie restreint l'accès à la zone du cyclone Les autorités militaires en Birmanie ont considérablement restreint l'accès au delta de l'Irrawaddy, région la plus touchée par le cyclone Nargis. Elles ont encore refoulé des étrangers qui s'y rendaient, selon des journalistes et des organisations humanitaires. Les barrages ont été renforcés sur les routes où des policiers, des soldats et d'autres agents en civil contrôlent tous les véhicules - voitures particulières, autocars, camions - et s'intéressent essentiellement aux étrangers, a indiqué un reporter. Des organisations humanitaires sont furieuses du refus de la junte de laisser entrer une aide internationale massive et des experts étrangers pour venir en aide aux survivants du cyclone Nargis, qui a fait plus de 62'000 morts et disparus et quelque deux millions de sinistrés. La sécurité a été considérablement renforcée sur les routes entre Rangoun, la principale ville de Birmanie, et la région de l'Irrawaddy.
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