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Ouzbékistan: mer d'Aral, de l'autre côté du miroir...

4 septembre 2009 à 16:45
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Bonjour, Je viens à vous à travers ce témoignage non pas en tant que spécialiste en climatologie, agronomie, océanographie etc ... que je ne suis pas, mais simplement en tant qu’observateur et voyageur épris de vérité et de soif de comprendre. En grande partie mon dernier voyage en Ouzbékistan était motivé par mon intérêt pour la problèmatique de la Mer d’Aral. Dans ce but, et plutôt que de chercher à atteindre un toujours plus lointain et inaccesssible rivage, j’ai concentré mon intérêt pour la région sur la question qui me semblait essentielle : «mais où est donc passée l’eau de la Mer d’Aral?». En effet sans revenir sur les causes de la rétractation de cette mer intérieure, l’eau de la mer d’Aral et des 2 fleuves qui l’alimentent encore aujourd’hui, même faiblement, n’a pas disparu pour autant! Elle a été détournée pour des besoins en irrigation des champs de coton. C’est du moins la version qui prévaut, mettant en avant les seuls appetits démesurés des industriels du coton et l’incroyable incurie des apparatchiks soviétiques et de leurs successeurs. Or, après avoir parcouru longuement la région d’Ourgentch, le Khorezm et une partie du Karakalpakstan dans leurs parties développées par l’irrigation, quel ne fut mon étonnement de constater que ces régions étaient particulièrement verdoyantes, dotées d’une agriculture très éloignée des clichés d’un Ouzbékistan aride et balayé par quelques touffes d’herbes. Il y a certes des champs de coton, mais on est à des années lumières de nos paysages infinis d’agriculture intensive qui prévalent dans nos plaines picardes par exemple. Il s’agit le plus souvent de parcelles de quelques hectares, nombreuses et entrecoupées de haies de peupliers. Elle sont mélangées à d’autres parcelles de champs de céréales, de vergers abondants, des agrumes etc... Le matériel agricole est relativement moderne avec des tracteurs, des convoyeurs, des silos à grain etc... il suffit également d’observer la vie sociale et marchande locale qui s’épanouit au sein d’ innombrables bazars où les étals regorgent de fruits et légumes et autres produits pour s’apercevoir que ces régions ne transpirent pas la misère... ou tout simplement de regarder les gens, leur peau, leur corpulence, leur état physique général pour constater qu’il y a sur la planète beaucoup plus malheureux! Sans chercher à idéaliser quoi que se soit, on est très loin de l’image atrophiée de la paysannerie d’un pays du tiers monde! Et le contraste est saisissant avec les parties non irriguées. En quelques dizaines de mètres, on se retrouve soudainement dans la monotonie de la steppe où seuls trônent les poteaux électriques en formes de rateaux le long des routes bien rectilignes l En résumé et pour comprendre l’importance de cette agriculture, ce ne sont pas moins de: - 200 000 km de canaux, - 120 000 km de tuyaux de drainage enterrés, - 90 000 stations de pompage - 50 barrages-réservoirs d’une capacité de 17 milliards de m³ ...Aujourd’hui, sur les 4, 5 millions d’hectares de terres agricoles de l’Ouzbékistan, 90 % sont irrigués. .... | |
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Re: [williama] Ouzbékistan: mer d'Aral, de l'autre côté du miroir...
(en réponse à...)

4 septembre 2009 à 16:46
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D’autre part, concernant l’ex-port de Moynak. Il est d’usage de présenter cette petite ville comme balayée par les vents où seuls quelques chiens errants auraient encore droit de cité. C’est l’image récurrente et esthétiquement confortable qui nous est présentée à longueur de reportage. C’est si simple! et un caméraman habile pourrait d’ailleurs sans effort présenter la même chose à partir de la plupart des villes ouzbeks (hors partie historique pour celles qui en ont une). En effet, cette impression de solitude est avant tout renforcée par un aménagement qui est commun à toute les villes ouzbeks. Petites ou grandes, elles sont toutes conçues suivant le même modèle : un plan général très étendu, de larges rues / avenues où l’humain devient minuscule, peu de rues transversales, un centre-ville quasi inexistant et une vie sociale qui s’organise essentiellement autour du bazar. Moynak n’échappe pas à cette règle. Les amateurs de chiens errants et de grande solitude trouvent donc matière à s’épancher et donner un arrière plan expressionniste pour véhiculer leur catastrophisme unilatéral. Mais ils omettent de préciser que cette ville sans être folichonne non plus, comporte également des bâtiments administratifs récents, un théatre, des écoles/collège, une grande superette, des maisons et des immeubles qui ne transpirent pas le grand délabrement ... et qu’à la place de chiens érrants, on y rencontre aussi, à condition d’y rester plus que quelques heures, des enfants habillés correctement et les sempiternelles bimbos ouzbeks en talons dans la poussière des rues. J’ai passé plusieurs jours à Moynak pour essayer d’y tisser des contacts et le plus intéressant fut celui d’un ancien pêcheur de 75ans. Selon ses affirmations, le rivage de la mer a toujours été incertain et cela bien avant l’évolution négative commençée dans les années 50. Remontant le cours de son enfance il m’a affirmé que le rivage ressemblait plus à un marécage fluctuant qu’à des brisants sur une falaise. Les bateaux rouillés que les voyageurs photographient en bas du monuments aux morts ont été «repêchés» sur des dizaines de kms pour besoins de commémoration... ils ne sont pas restés en rang d’oignon planter à quai lorsque la mer s’est éloignée comme on peut le voir maintenant! Sans aller jusqu’à nier la catastrophe écologique d’Aral, il serait bon aussi de séparer les problèmes et de sortir de cette stratégie visant à tout dramatiser dans une seule direction lorsqu’il s’agit d’Aral. Ainsi pour certaines régions d’Asie, d’Amérique du nord, de Sibérie, de Corée, de Mongolie ... le blizzard froid et les terribles hivers constatés depuis une vingtaine d’années, trouveraient leur origine dans les dérèglements de l’Arctique. Alors que la même froidure au Karakalpakstan serait uniquement due à la disparition de la Mer d’Aral!!! | |
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Re: [williama] Ouzbékistan: mer d'Aral, de l'autre côté du miroir...
(en réponse à...)

4 septembre 2009 à 16:47
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La machinerie catastrophiste alimentée par les grands organismes internationaux repose sur un consensus de marbre qui ne laisse plus aucune place à la critique. L’objectif est d’amorcer la pompe à fric et les fonds arrivent de toutes parts. Ils sont nombreux à y trouver leur intérêt : crédits pour les scientifiques, cause «béton» pour les écolos, mise à l’index de pays ou d’une idéologie hostile, sujet vendeur pour les médias, pain béni pour les boboïdes philanthropes urbains… Qu’on se comprenne bien, je ne suis pas en train de dire que la rétractation de la mer d’Aral est une opération véritablement géniale. Mais j’aimerai bien que ceux qui actionnent régulièrement la pompe à fric du catastrophisme en diffusant un discours qui leur donne unilatéralment raison... cessent de mettre dans le même sac tous les problèmes. Revenir à l’ancienne mer d’Aral entraînerait l’élimination de plusieurs millions de paysans et sans doute la ruine de tout un pays. Si cette situation contradictoire d’Aral, entre ruine des uns et développement des autres, est proprement absurde, alors que ceux qui ont le monopole du témoignage sur cette région du monde aient l’honnêteté de montrer égalementtous les aspects du problème et pas uniquement les «chiens errants»... Ainsi les millions de paysans ouzbeks qui ont vu leur désert se transformer en terres agricoles n’ont pas envie à leur tour de voir disparaître les canaux d’irrigation... et d’ajouter maintenant leur propre malheur à celui des pêcheurs d’antant. Vu de New york, de Paris ou de Berlin la cause d’Aral semble toute ficelée et la vision du moindre coquillage planté dans les ex-fonds sableux d’une mer envolée, soulève des hauts le coeur, alors que sur le terrain la situation est autrement plus complexe. D’autres désastres écologiques ne bénéficient pas de la même couverture médiatique et semblent même ignorés ou à peine éffleurés. - La mer Morte va disparaître d’ici 2050. La cause: l’agriculture intensive israelienne. 3 pays sont menacés de raréfaction d’eau. - Les grands travaux d’aménagements du Nil ont ruiné tout espoir d’eau potable pour des millions de paysans egyptiens. - et ne parlons pas des travaux du barrage pharaonique des Trois-gorges en Chine qui ont déplacé des millions de personnes, ou ceux à une moindre échelle de nos vallées alpines créant de véritables bombes à retardement. Moi-même avant de me rendre sur les lieux d’Aral, je n’ai pas échappé à l’influence des discours catastrophistes ambiants. Je m’attendais à croiser des enfants «monstrueux» dans les rues de Moynak. D’après certaines rumeurs ils seraient cachés dans les maisons. Mais pour avoir arpenter les rues de cette ville de très longues heures et ce plusieurs jours durant je n’ai pas constaté d’état de délabrement physique choquant parmi les habitants. Je n’ai aucun témoignage à apporter sur ce sujet, ni sur l’influence indéniable des rejets chimiques des expériences menées par les soviétiques sur l’île de Vozrojdénié -décontaminée depuis par les américains- Sur ces quelques faits relatés, je n’ai aucune vérité scientifique révelée à apporter. Ce ne sont que des images, des constatations de voyageur différentes de celles qui nous sont servies habituellement | |
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Re: [williama] Ouzbékistan: mer d'Aral, de l'autre côté du miroir...
(en réponse à...)

4 septembre 2009 à 16:54
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Re: [williama] Ouzbékistan: mer d'Aral, de l'autre côté du miroir...
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4 septembre 2009 à 17:02
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Re: [Boumbastic] Ouzbékistan: mer d'Aral, de l'autre côté du miroir...
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4 septembre 2009 à 17:27
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Re: [williama] Ouzbékistan: mer d'Aral, de l'autre côté du miroir...
(en réponse à...)

4 septembre 2009 à 17:37
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Re: [williama] Ouzbékistan: mer d'Aral, de l'autre côté du miroir...
(en réponse à...)

5 septembre 2009 à 16:54
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Re: [williama] Ouzbékistan: mer d'Aral, de l'autre côté du miroir...
(en réponse à...)

6 septembre 2009 à 3:26
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salut, instructif ton article, j'étais en Ouzbékistan, j'ai vu comme toi les fleuves et les oasis au milieu du désert et de la steppe, c'est sûr l'agriculture de ce pays vit sur les deux fleuves. Aujourd'hui le Nord de la mer d'Arral est presque sauvé suite à la réalisation de barrage qui l'isole du sud de la mer, par contre le reste de la mer continue à recullmer, et cela reste une catastrophe écologique même si elle ne touche pas directement le reste du pays, au même titre que le recul du lac Tchad en Afrique. On peut toujours argumenter sur l'intérêt du dévelloppement de l'agriculture mais il faut aussi peser les conséquences de nos choix, ici on privilégie l'agriculture au dépends de la pêche et de l'équilibre écologique autour d'une mer intérieur, ecosysthème forcément fragile. à bientôt rafa | |
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Re: [Boumbastic] Ouzbékistan: mer d'Aral, de l'autre côté du miroir...
(en réponse à...)

6 septembre 2009 à 4:57
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Re: [williama] Ouzbékistan: mer d'Aral, de l'autre côté du miroir...
(en réponse à...)

6 septembre 2009 à 9:05
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Bonjour, voici ce que j'ai lu: Les gens qui vivent près de la mer d'Aral, site d'un des pires désastres écologiques au monde, pourraient voir bientôt leur économie relancée, avec la reprise de la pêche et de l'agriculture à grande échelle, a annoncé jeudi le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick. Après avoir baissé pendant des décennies, le niveau d'eau de la partie nord de la mer d'Aral, au Kazakhstan, a en effet commencé à remonter et les stocks de poissons se sont partiellement reconstitués grâce à une construction de barrage, faisant espérer un renouveau, notamment économique, dans la région. "Alors que des gens pauvres dans le monde se battent pour avoir de quoi manger sur leurs tables face à l'envolée des prix, c'est gratifiant de voir que le Kazakhstan a trouvé un moyen de redonner aux pêcheurs et à leurs familles leur moyen de vivre sur la mer d'Aral", a affirmé M. Zoellick. Il a rencontré jeudi le Premier ministre kazakh Karim Massimov dans un ancien port de la mer d'Aral, pour examiner les progrès concernant des projets visant à améliorer l'irrigation autour de cette mer intérieure. La mer d'Aral, était à une époque le quatrième plus grand lac au monde, à la frontière entre les anciennes républiques soviétiques du Kazakhstan et d'Ouzbékistan. Mais des programmes d'irrigation soviétiques ont provoqué le rétrécissement de cette mer de près de 70% entre 1960 et 2004, entraînant une brusque hausse des taux de salinité et des effets dévastateurs sur les pêcheries. L'espérance de vie dans la région s'est aussi effondrée, alors que la qualité de l'air se détériorait, ce qui a provoqué une augmentation des maladies respiratoires. Au début des années 1990, la mer s'est séparée en deux parties. La suite ici source AP http://www.algerie-dz.com/...-daral-va-mieux.html http://anne-antomarchi-autour-du-monde.over-blog.net
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