
MOHRIC€34 34, France

21 août 2007 à 12:36
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Plus je montais vers le nord et plus je détraquais ma pendule. Les premiers temps, je mettais mon disfonctionnement sur le compte de la fatigue du voyage et de la monotonie des routes suèdoise, mais à ma première nuit sur le territoire norvégien je crois être tombé hors du temps. j'ai trouvé un coin magnifique pour passer la nuit et tenter de synchroniser mon temps personnel, celui des humains et de la nature. Le temps était mauvais voir même tempétueux, mais des éclaircies laissaient voir la côte en contre bas avec d'immenses reflets argentés. Filant du pied de mon promontoire, sous le soleil de début de nuit, j'apercevais un long rivage en songeant qu'au bout c'était l'île du cap-nord qui pointait ses contreforts, j'en rêvais avec l'empressement de m'y rendre. Vu le mauvais temps je n'ai pas pu préparer mon dîner au dessus d'un feu de bois et me suis contenté d'un casse-croute en pensant m'endormir rapidement aprés. La vue était trop belle et je ne voulais pas manquer mon premier soleil de minuit au dessus de l'océan. J'ai enfilé mes vêtement de pluies et me suis assis à l'abri du vent face au nuages qui déversaient au loin de grosses averses pendant que le soleil jouait à cache-cache. En plein milieu de la nuit la tempête fit rage et c'est dans la voiture que je trouvai refuge. Quelques moutons, en liberté dans ces contrées sont venus me rendre visite, les oiseaux, défendant leurs falaises, venaient espinchouner mes va-et-viens de fantome sur leur territoire. C'est pendant ce premier soir que j'ai commençais à détraquer mon horloge biologique. De toute la nuit j'ai sommeillé une heure ou deux. A mon réveil je me suis rendu compte que c'était les moutons qui m'avaient tiré de la léthargie. Ils se frottaient contre la voiture et au début je pensais que c'était les bourasque de vent qui me berçaient . Au bout de quelques minutes à regarder par la fênetre le jeu du soleil de nuit une seule chose me dérangeait. Un tic-tac assourdissant résonnait dans la voiture. Depuis cette nuit j'ai débranché la pendule de la voiture pour ne plus vivre qu'à mon rythme et à celui du soleil. Au bout de deux ou trois jours j'ai dû modifier ma perception du temps et surtout la gestion d'une journée. Au début, comme d'habitude et comme tout à chacun je planifiais mes journée pour prévoir une randonnée, une visite lointaine à vélo pour partir à telle heure et revenir à la voiture avant la nuit, mais voilà, LA NUIT n'existe pas. Le jour suivant j'avais déja pris le rythme de dormir plutôt le matin à partir de quatre heure et jusqu'à midi. La nuit suivante j'étais au cap nord et vu le mauvais temps (lire rubrique carnet de voyage) je me suis perdu géographiquement et biologiquement. J'ai trouvé le nordkapp, mais perdu le 'nordtemps'. J'ai donc vécu sans montre, sans horloge, sans jour et sans nuit pendant un mois et demi. Vivre ainsi est dérangeant, fatiguant les premiers jours puis on se prend pour un fantome en espérant ne pas affoler les vrais humains. En fait les habitants de ces contrées se souçient guère d'apparition de personnages aussi lubrique que j'ai pu l'être, tout était normal au pays des Trolls, je devais en être un un peu bronzé qui avait perdu le sud, sans plus. De routour dans le sud de la France j'ai encore du mal à reprendre le rytme des jours et des nuits, alors je regarde le ciel et les étoiles, les filantes me piègent avec leurs nombreux rendez-vous. Chaque coin de pays à ses trésors caché en certains lieux, mais aussi en certains temps préçis, reste à savoir l'heure qu'il est en soi, l'heure qu'il est là bas et ailleurs où l'heure ne compte pas, si ce n'est celle du bonheur à faire rimer avec voyageur.
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