
wapiti74
Annecy (74), France
Photo/image personnelle du membre wapiti74.
Description de la photo/image: "mon" lac...
12 novembre 2006 à 6:21
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PEROU : TRACES INCAS ET PAYSAGES GRANDIOSES (suite) Etape 3 : 4 jours autour du lac Titicaca 7 août – Cusco (3600 m) – Puno (3827 m) Encore un lever bien matinal pour prendre le bus touristique qui part à 7h30 et arrivera à 17h30. En ne passant pas par une agence mais réservant directement dans les bureaux de la compagnie à Cusco, nous avons « gagné » les toutes premières places à l’avant du bus, places d’honneur à vision panoramique. Très appréciable. En route, plusieurs arrêts sont proposés, pour se dégourdir les jambes et s’instruire un peu : - visite rapide de l’église d’Andahuaydillas, qualifiée de « Chapelle Sixtine » de par la richesse de son intérieur ;  - visite rapide des ruines incas de Raqchi : temple au dieu Wiracocha, greniers et habitations… et ses étals à touristes sur la place de l’église  - arrêt au petit marché artisanal de San Pablo ; l’occasion de câliner des bébés lamas, alpagas et vigognes, pour le plus grand plaisir des photographes - pause déjeuner à Sicuani ; - arrêt au col de La Raya, point culminant du trajet ; C'est une gare et le train des Andes que vous voyez là en bas... - visite expresse du musée pré-inca de Pukara. Les visites sont un peu « express » et en décevront plus d’un, mais permettent de faire des pauses dans ce long trajet très confortable avec cette compagnie. Le paysage est grandiose sur ce trajet. On passe des vallées cultivées et ombragées d’eucalyptus à celles plus désertiques, roussies d’ichu où paissent les troupeaux d’ovins, bovins et camélidés, sous l’œil protecteur des hauts sommets et quelques glaciers… le tout clairsemé de villages en adobe, de bambins gardiens de troupeaux, de chiens, de stèles à la mémoire d’accidentés de la route… Nous entrons là dans la vaste région de l’Altiplano et approchons du lac Titicaca qui se dévoilera un peu dans la nuit tombante lors de notre arrivée sur Puno. Quelques emplettes s’imposent pour offrir à la famille d’Olga qui nous accueillera demain à Amantani : des bougies, une bouteille de vin… qui seront accompagnées d’une plaque de chocolat français qui traîne au fond de mon sac. A Puno il fait froid le soir. Mais nous avons droit à une bonne douche chaude et même à un peu de chauffage dans chaque chambre, coquette et confortable. En fait, le Cricarlet s’apparente plus à une maison d’hôtes qu’à un hôtel ; on s’y sent tout de suite très bien, comme à la maison. D’autant que Laetitia, la maîtresse de maison joue à merveille son rôle de maman auprès de ses invités. Elle tiendra à soigner nos désagréments respiratoires récurrents depuis notre arrivée au Pérou (sinusite allergique, toux…) avec une infusion maison délicieuse et qui se révélera plutôt efficace. 8 août – Excursion aux îles péruviennes du Titicaca (Jour 1) Avant 8h Olga passe nous chercher pour rejoindre le port, où nous sommes les premiers à embarquer sur l’Americano ; d’autres touristes et le guide « officiel » arrivent. Nous démarrons enfin en direction des îles Los Uros où nous débarquons une vingtaine de minutes plus tard. C’est un peu Disneyland en effet, le guide est un peu fatigant, mais on ne peut qu’apprécier le travail assez fantastique des indiens avec le totora. Nous goûtons même le cœur de ce bambou, riche en iode et fluor, mais sans trop de goût ; pas mauvais non plus.
Après une bonne heure sur deux de ces îlots, c’est une longue traversée de 3 heures qui nous attend, au milieu des totoras qui envahissent la baie de Puno, puis en « pleine mer » le long de la péninsule. Nous débarquons enfin à Amantani. Privilégiés que nous sommes, nous évitons la répartition des touristes dans les familles pour aller directement chez Victoria et Aurélia, mère et cousine d’Olga. Accueillis chaleureusement, nous prenons nos aises dans cette petite maison sans prétention, à mi-hauteur du village tout en pente. A 15h nous déjeunons d'un festin ô combien surprenant dans ces familles à la vie très modeste. Le mate de coca digestif est ici remplacé par un mate de munia, une petite plante que Jaime nous avait montrée au Colca mais que nous apprécions pour la 1ère fois.
 En fin d’après-midi grimpette tranquille vers les hauts de l’île pour admirer le coucher du soleil. Au passage, pause au stade de foot où les touristes, marqués par l’altitude, réussissent tout de même un but. Au sommet, au nord, le temple carré de Pachatata (l’homme) est plein de touristes ; Olga préfère nous conduire au sud au temple rond de Pachamama (la femme). Dommage, des nuages gâchent un peu le soleil couchant sur Puno et le lever de lune sur la cordillère bolivienne, le vent nous glace sur les hauteurs… mais c’est une belle promenade qui se finit sous les étoiles, à la lueur de nos frontales.
 Retour chez Victoria pour le dîner. Nous déclinons l’invitation de la soirée villageoise en costumes traditionnels et nous dirigeons vers nos chambres. Cette nuit sera froide comme nous le découvrirons le lendemain avec la glace couvrant les flaques d’eau, mais parfois des sorties nocturnes s’imposent pour aller visiter la cabane au fond du jardin. Sous la voûte céleste, c’est une expédition sympathique. 9 août – Excursion aux îles péruviennes du Titicaca (Jour 2) Le lendemain, réveillés par la maisonnée qui s’agite, après un petit-déjeuner copieux (bien loin du quotidien lorsque les touristes ne sont pas là !), c’est l’heure des adieux à cette famille si attachante. Je pars avec le sentiment de ne pas avoir pris le temps de découvrir Amantani comme elle le mérite. J’aurais apprécié pouvoir y rester une journée et une nuit supplémentaire, ne serait-ce que pour arpenter ses sentiers inconnus de la majorité des touristes, partir avec Aurelia à la recherche des moutons et agneaux perdus depuis hier soir, me poser sur un rocher pour quelques heures contemplatives, déambuler dans les ruelles à la rencontre des locaux, … Mais il est l’heure de descendre au petit port coloré et animé par le marché pour reprendre le bateau-navette.  1 heure de traversée et nous débarquons au « sud » de l’île de Taquile. Après une pause durant laquelle le guide nous explique les us des locaux et leur art du tissage, promenade le long du sentier en balcon très agréable au milieu des parcelles, des maisons d’adobe et des eucalyptus, avec une vue « maritime » sur le Titicaca et sa cordillère bolivienne enneigée. Un petit côté méditerranéen indéniable, avec par endroit l’horizon sans fin de la « mer » (on a dû mal à se souvenir que nous sommes sur un lac)…  Arrivée sur la place principale de l’île, super-touristique, bof. Visite éclair de la coopérative artisanale de Taquile et d’une expo photos réalisée par les autochtones, avant de grimper dans un restau un peu plus haut. Puis c’est l’heure de redescendre –une descente inca !- sur l’embarcadère pour prendre l’Americano qui nous ramènera vers Puno en 2 bonnes heures. Je retiendrais de Taquile ses paysages... et l’image de tous les hommes qui, dès leur plus jeune âge, passent leur journée à tricoter bonnets, gants, chaussettes.  A Puno, nous quittons Olga, nous retrouvons le Cricarlet et ses hôtes, une bonne douche chaude (qui se révélera être la dernière avant longtemps)… et l’Ukuku’s où deux d’entre nous goûtons au fameux Cuy (cochon d’Inde), spécialité locale. C’est aussi fin que du lapin, c’est bon, mais il y a peu à racler entre la peau et les os… contents d’avoir testé quand même. Deuxième tisane médicinale de Laetitia, et dernière nuit au Pérou pour cette première partie du voyage. BOLIVIE : GRANDS ESPACES ET VILLES UNIQUES 10 août – Puno (3827 m) / Copacabana (3817 m) en Bolivie A 7h30 le bus touristique démarre en direction de Copacabana. Au bout d’une heure, le chauffeur accepte de s’arrêter pour une pause urgente collective… Puis, c’est le passage par la douane de Yunguyo, à pied. 25 minutes pour que tout ce petit monde fasse son change à la banque, obtienne le tampon de sortie péruvien, puis quelques mètres plus loin, le tampon d’entrée bolivien. Simples formalités. C’est reparti pour les 20 dernières minutes avant l’arrivée sur la place de Copacabana. Nous rejoignons à pied (tout se fait à pied à Copacabana), avec notre barda sur le dos, l’hôtel derrière la cathédrale au style très arabe. Nous découvrons au passage l’attraction locale : la bénédiction des voitures, bus, camions…  Délivrés de nos sacs, nous nous promenons « en ville » pour monter déjeuner au Cupùla Mirador qui offre une belle vue sur la baie. C’est le premier choc avec les tarifs boliviens : plat copieux + boissons pour moins 20 à 40 bol (soit moins de 4 € !). Ce sera aussi notre première expérience de rythme de service bolivien… déjà qu’au Pérou c’était pas rapide, là, on va passer du temps à table dans ce pays ! L’après-midi se passe en recherche de billets pour les îles du lendemain et pour La Paz et Uyuni… Nous tentons tardivement une grimpette au Cerro Calvario, mais le vent et la poussière nous font rebrousser chemin.  11 août – Excursion à l’Isla del Sol (4080 m) Lever vers 7h. Après sa 2ème douche froide depuis notre arrivée à Copacabana, Christophe se voit expliquer de façon très comique le fonctionnement de la douche par la patronne… Nous engloutissons rapidement le frugal petit-déjeuner de l’hôtel, avant de descendre en courant vers la plage pour embarquer pour l’Isla del Sol. Pour un peu, on loupait le départ ! 2h30 de navigation le long de la côte jusqu’à Yampupata, puis le long de l’Isla del Sol, jusqu’à Challa’pampa, au nord. Rapide achat de provisions de route (barres chocolatées et biscuits) et du boleto du musée, avant de suivre la visite guidée du musée (où l’on découvre la cité engloutie du Titicaca), et de la partie nord de l’île : - point de vue sur les 3 îles entourant la fameuse cité engloutie - l’autel aux sacrifices encore pratiqués annuellement - la pierre sacrée Titi Chkraka avec ses figures (puma, Wiracocha) qu’il faut deviner avec beaucoup d’imagination… - l’ensemble labyrinthique de 80 habitations. Nous quittons rapidement le guide pour "caminer" vers le sud de l’île : connaissant notre rythme moyen de marche, on ne voudrait pas rater les navettes de retour…
Magnifique sentier sur les sommets avec un paysage très différent des îles péruviennes. Cueillette de munia pour l'une, bavardages avec les frenchies rencontrés pour l'autre, et avec Lili, nous ne faillons pas à notre réputation : nous traînons un peu… Il nous faudra 3h30 pour rallier Yumani, en finissant par l’Escalera del Inca et ses fontaines. Nous croisons sur cette dernière portion de nombreux touristes fraîchement débarqués avec leurs valises et gros sacs et qui montent difficilement vers Yumani. Dormir sur l’île était notre première idée… quelle inspiration d’avoir préféré une excursion à la journée ! Pour le coup nous sommes très fiers de nous ! L’Isla del Sol est beaucoup plus sauvage que les îles péruviennes, tout au moins dans sa partie nord et sur son chemin de crêtes. J’ai aimé. Près de Yumani, on retrouve la civilisation, les cultures en terrasse, et même une offre hôtelière impressionnante. A la question : « vaut-il mieux faire les îles péruviennes ou celles boliviennes ? » je répondrais « cela n’a rien à voir ». Les atmosphères et les paysages sont bien différents, même si dans les deux cas nous sommes sur un bout de terre rouge entourée de la « mer » avec au loin la Cordillera Real bolivienne, sous le soleil implacable et le vent frais de l’Altiplano… A Copacabana, le dîner au Kala Uta, pourtant bien noté dans nos guides, est épique. Très long, avec des ingrédients différents de ceux de la carte, une commande jamais arrivée, un serveur débordé, des erreurs nombreuses sur la note… Grosse colère et pas de propina ! A l’hôtel, enfin nous comprenons le mécanisme pour avoir un filet d’eau chaude pour se doucher… pas pratique, mais chaud (ouf !). Et il va falloir s’y habituer parce que ce système, c’est le classique bolivien que nous trouverons souvent… pas toujours avec le même bonheur. 12 août – Copacabana (3817 m) / La Paz (3600-4000 m) / … Grasse matinée. C’est tellement rare dans ce séjour que tout le monde en profite et apprécie. Petit déjeuner, quelques courses, un petit tour sur Internet pour donner des nouvelles, visite de la Cathédrale et déambulation dans la fête permanente de Copacabana…
Déjeuner, avant de récupérer notre barda à l’hôtel pour prendre notre bus sur la plaza. Sur les consignes de notre « guide », nous chargeons les sacs dans les soutes d’un bus, y montons… avant de devoir en redescendre très vite car ce n’est pas le bon. Quelle organisation ! Le deuxième bus qui nous accueille est beaucoup plus « couleur locale » ; Christophe pâlit en voyant nos sacs jetés sur le toit… heureusement il reste des places assises à l’avant… La première heure, la route qui grimpe et redescend est bien sinueuse, avec un chauffeur à la conduite nerveuse qui tente d’éviter les obstacles (trous, piétons…)… gauche, droite, accélération, décélération, bosse, trou… La vue sur le Titicaca est magnifique, mais l’estomac n’apprécie pas vraiment… A Tiquina, pendant que notre bus traverse sur une barge, nous empruntons une navette maritime sur un lac un peu démonté… histoire de digérer. La suite du trajet en bus est beaucoup plus tranquille à travers les immenses plateaux quasi-désertiques de l’Altiplano. Et l’arrivée à la nuit tombante sur les hauteurs de La Paz vous laisse un peu le souffle court. Véritable cuvette dont la moindre paroi est occupée par des millions d’habitations, route périphérique qui descend en spirale vers le cœur de la ville… nous y retrouvons hélas l’atmosphère sonore et très polluée des grandes villes. Débarqués en pleine rue avec notre barda... petites errances dans les rues avant d’arriver à l'agence avec laquelle nous voyagerons cette nuit et pour chercher à dîner sur la calle Sagarnaga. A 20h nous attendons l’embarquement dans un bus grand tourisme… mieux que l’avion ! Sièges confortables et inclinables, bien espacés, coussin et couverture, repas-encas et petit-déj, toilettes à bord et… chauffage. Peut-être trop de chauffage pour moi d’ailleurs : je me retrouve en T-Shirt, avec des suées froides et un estomac au plus mal. La nuit est longue, très longue. D’autant que la route pour Uyuni n’est goudronnée que sur son premier tiers, et laisse ensuite la place à une piste de plus en plus mauvaise… J’ai le temps d’apprécier les paysage désertique à la lueur de la lune... à suivre... ici : http://voyageforum.com/v.f?post=818533#818533
"Nous méritons toutes nos rencontres ; elles sont accordées à notre destin, et ont une signification qu'il nous appartient de déchiffrer." Mauriac
(Ce message a été modifié par wapiti74 le 20 novembre 2006 à 13:33.)
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