
sbecker Paris, France

14 octobre 2006 à 12:04
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Etape 5: Pomabamba (2900m) - Huillca (4200m) Toujours d'après le topo, je devrais avoir une grosse étape jusqu'au pied du col de Mesapata peu après Huillca. Sauf qu'elle est censée démarrer à Jacapampa, et que je suis ... à Pomabamba. Il faut donc que je parte très tôt. Ca tombe bien: ce matin, pas de tente à plier et encore moins à faire sécher. 5h du mat, et je suis sur la route avec l'aide de ma frontale. Peu après le lever du jour, un jeune péruvien me rejoins. Il marche avec moi vers Jacapampa où il habite. Il m'explique qu'il fait régulièrement le trajet puisqu'il va au collège à Pomabamba. Il fait le trajet à pied aller et retour tous les jours ! Encore aujourd'hui, je reste admiratif quand je pense qu'il m'aura fallu 4 heures de marche à un pas régulier pour rejoindre su casa ! Mais n'y a t'il point de collectivos qui font le trajet: il me semble avoir vu une route ? Oui me dit t'il... mais trop cher. L'utilisation des collectivos est un privilège que seuls les professeurs peuvent se payer, pas les élèves . Arrivé au domicile du jeune homme, la famille me fait la fête et m'invite à les rejoindre. Ca me paraît bonne enfant mais il me faut refuser: 4 heures de marche ininterrompue pour ne rejoindre que Jancapampa et la route est longue au moins jusqu'à Huillca. Lorenzo, le cousin de mon premier compagnon de marche s'empresse de me vendre un coca et de me proposer ses services pour marcher un peu avec moi vers le col de Yanacon. J'accepte avec plaisir et lui emboite le pas. Lorenzo s'avère au moins aussi bavard et c'est tant mieux ! Il me raconte son projet de transformer une bergerie de la pampa en hotel. Pourquoi pas puisque le site au pied des glaciers du Pucajirca est magnifique.
Il est désenclavé par la piste qui relie Jancapampa à Pomabamba et le lieu est de passage pour les randonneurs qui effectuent le trek de Los Cedros. Evidemment, il lui faut de l'argent et donc trouver un travail pour mener à bien son projet. Pourquoi ne travailles tu pas comme muletier demande je à mon jeune interlocuteur de 18 ans ? Je n'ai pas assez d'argent: il faut payer pour avoir sa licence. Plus tard, en France, j'apprendrai le prix en question: l'équivalent de 130 euros, soit une véritable fortune pour un habitant de cette région ! Revigoré par mon diner et petit déjeuner copieux de Pomabamba, je pète le feu sur la première partie du col de Yanacon. C'est alors que je croise Max & Bernd, étonnés de me voir arrivé jusqu'ici. Les retrouvailles sont super sympathiques. On discute rythme de marche, campements à venir puis nous reprenons nos routes respectives qui promettent d'être longues - surtout pour moi. Le col de Yanacon est interminable et si je pétais le feu, je finis par bruler toutes les calories du diner et du petit déjeuner pour m'éteindre petit à petit. La montée finale représente un effort extrême. Habitué à brûler mes graisses les jours précédents, mon corps a gouté au sucre et il faut de nouveau que je franchisse le "mur du marathon" ce qui me vaut de ne passer pas loin de perdre connaissance deux fois au début de la descente du col. Cette fois ci, je suis encore plus fatigué que lors de la 3e étape. J'établie le campement à Huillca, non sans avoir pris contact préalable avec les habitants d'une bergerie toute proche (élévage de lamas et d'alpagas). La nuit, l'utilisation de la lampe frontale m'est interdite. La tente transformée en néon attire tous les chiens de bergeries environnantes qui forment une meute autour de la tente dès que je l'allume . Etape 6: Huillca (4200m)- Alpamayo BC (4400m) Je fais un bilan de la nourriture qui me reste: de quoi aller au bout, sans plus. La météo n'est toujours pas au rendez vous, ce qui est frustrant, même si je commence à etre habitué. Ce jour ci, je le regrette vraiment car arrivé au col de Gara Gara (4800m), la vue suggérée est étourdissante si ce n'est qu'elle est encombrée par de gros nuages gris. C'est précisément au niveau du passage du col que la météo se dégrade de manière significative. Le vent au sommet y est phénoménal ! Dans la descente, j'essuie un semblant d'averse de neige qui sera la seule précipitation que j'aurais eu de tout le trek malgré un temps souvent maussade. Au niveau de Jancacurish, il y'a quelques tentes. Pour un peu, depuis Pomabamba, j'avais presque oublié qu'il pouvait y avoir d'autres trekkeurs :). Il s'agit d'un couple d'américains qui effectue le trek de Los Cedros avec l'appui de l'agence Pony Expeditions. Je connais cette agence - situé à Caraz - de nom pour avoir vu apparaître plusieurs fois son nom dans des topos ou livres type Lonely Planet. Les américains sont sympathiques et leur guide & cuisinière le sont tout autant. On discute un peu avant que je ne prenne la direction du camp de base de l'Alpamayo avec l'espoir d'une amélioration météo dès ce soir. Bingo ! Le ciel se dégage pendant ma montée et il n'ya pratiquement pas un nuage sur le massif de Santa Cruz une fois arrivé au camp. Comme d'habitude depuis que j'ai quitté le parcours du trek de Santa Cruz, je suis seul avec les montagnes, peinard... le pied.
Etape 7: Alpamayo BC (4400m) - Laguna Cullicocha (4650m) La journée qui m'est promise promets d'etre moins tranquille que la précédente, mais c'est la dernière difficile. Le ciel est limpide: chouette, j'en profite pour remitrailler le Santa Cruz et ce qui est vraissemblablement l'Abasraju avec mon appareil photo.
En redescendant vers Jancacurish, j'admire l'Alpamayo que je n'avais qu'entraperçu la veille. De ce coté, il est absolument magnifique ! De là à affirmer comme l'Unesco qu'il s'agit de la "plus belle montagne du monde", il y'a un monde assurément.
La marche dans la Quebrada Alpamayo est partulièrement longue et c'était prévu: y'a qu'à regarder la carte. C'est un peu le calme avant la tempête. Le col de Los Cedros (Vientunan sur la carte du club alpin allemand) promets d'être long et raide. Comme prévu, le chemin, relativement plat jusqu'ici change de physionomie. Sur le coup, je me dit "c'est pas possible, c'est vertical" !!! Bien qu'il ne fasse pas grand beau et malgré l'altitude, j'enfile le short pour l'unique fois de ce trek: je m'attends à suer un bon coup. La montée du col s'effectue par un chemin en lacet. Ca grimpe, certes, mais forcément aussi raide que je le croyais. Par contre, la montée est interminable et il n'y a pas de superbe panorama à admirer. D'habitude, je prends du plaisir à en chier, mais aujourd'hui, j'en ai marre. De retour en France, je lirai un récit dans Trek Mag d'un type qui est monté dans le même sens que moi et qui affirme avoir ressenti exactement la même chose . Une fois le sommet atteint, je ne suis pas au bout de mes peines: le chemin n'arrête pas de redescendre et monter, parfois pour passer de "faux cols" avant d'atteindre enfin le dernier col du trek: le col Osoruri. Puis c'est la descente tranquillou vers la laguna Cullicocha. Comme d'habitude, la météo est nuageuse. Qu'à cela ne tienne, j'ai prévu d'y camper pour en profiter demain matin. Euhhhhh, camper oui mais où ? les environs de la lagune sont un univers de grands rochers lisses ! Ahhh, il y'a un super banc de sable avant d'arriver à la mini station "EDF". Le sable.... pfff pas top pour ma tente tunnel. Je decide alors d'aller solliciter le gardien pour qu'il m'aide à trouver un endroit correct. Super !Il y'en a un potable quelques metres en dessous des cabanes. Ce soir là encore, c'est le pied: le ciel se dégage et je suis peinard dans un site absolument magnifique. Etape 8: Laguna Cullicocha (4650m) - Cashapampa (2900m) Cette nuit aura été la plus froide de tout le trek: -10°C peut etre mais pas plus froid. La cordilliere blanche est assez proche de l'equateur et ce n'est pas une cordilliere tres froide. Ce matin, le ciel est limpide: je vais profiter du site à fond ! Le soleil se lève sur la lagune, c'est magnifique !!!! Forcément je mitraille de tous les cotés. Pourtant, je regrette aujourd'hui de ne pas avoir plus de photos !
Surtout des photos sur la fin, au moment où je suis parti et où le soleil commencait à rejoindre son zenith:
Difficile de quitter un endroit pareil, mais il faut bien partir d'autant que je n'ai pas envie de dormir à Cashapampa et que j'ignore jusqu'à quelle heure les collectivos circulent jusqu'à Caraz. Le début du sentier quittant la laguna Cullicoccha est splendide, j'oserai même dire magique . Il s'agit d'un sentier en balcon(j'adore) longeant un canal d'irrigation qui permet d'acheminer l'eau de la lagune en direction du village de Hualcayan. Après cette section en balcon, on quitte le panorama de la lagune (avec du mal tellement c'est beau ! ) et on plonge vers Hualcayan. On dit souvent du trek de Los Cedros qu'il est très difficile en raison de la montée de Hualcayan vers la lagune... et comprends pourquoi. Ce n'est pas raide, mais c'est long, interminablement long. Je dis ça de la descente mais donc, forcément à la montée, c'est encore pire. Le village de Hualcayan se fait attendre... une fois arrivé là bas, renseignement pris, il n'y a pas de collectivo pour Cashapampa, il va falloir marcher sous la chaleur jusqu'à Cashapampa. Mmhh encore 2 à 3h de marche, sans ravito puisque j'ai mangé les dernières barres de céréales au petit déj et dans la descente. Pfff... c'était censé être une dernière journée peinard . Un peu avant Cashapampa, le chemin recroise la route qui relie Hualcayan à Cashapampa et un collectivo attends... le bonheur, le trek est fini !
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