
Grobi France

28 octobre 2003 à 18:18
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Un petit poeme de Jean Richepin qu'il m'a ete donne d'apprendre par coeur grace a l'adaptation musicale du Seul, de l'Unique: Georges Brassens. Speciale dedicace aux personnes qui aiment la langue francaise comme j'ai pu le lire dans certains messages. Oiseaux de Passage Oh vie heureuse des bourgeois, qu'avril bourgeonne ou que decembre gele, ils sont fiers et contents. Ce pigeon est aime trois jours par sa pigeonne, ca lui suffit il sait que l'amour n'a qu'un temps. Ce dindon a toujours beni sa destinee et quand vient le moment de mourrir il faut voir cette jeune oie en pleure: c'est la que je suis nee, je meure pres de ma mere et j'ai fais mon devoir. Elle a fait son devoir c'est a dire que oncque, elle n'eut de souhaits impossible. Elle n'eut aucun reve de lune, aucun desir de joncque, l'emportant sans rameur sur un fleuve inconnu. Et tous sont ainsi fait: vivre la meme vie, toujours, pour ses gens la cela n'est point hideux. Ce canard n'a qu'un bec et n'eut jamais envie, ou de n'en plus avoir, ou bien d'en avoir deux. Ils n 'ont aucun besoin de baisers sur les levres, et loin des songes vains, loins des soucis cuisants, possedent pour tout coeur un viscere sans fievre, un coucou regulier et garantit dix ans. Oh les gens biens heureux tout a coup dans l'espace, si haut qu'ils semblent aller, lentement un grand vol en forme de triangle arrive, plane et passe. Ou vont-ils? Qui sont-ils? Comme ils sont loin du sol! Regardez les passer, eux, ce sont les sauvages, ils vont ou leur desir le veut par dessus monts. Et bois, et mers, et vents, et loin des esclavages, l'air qu'ils boivent ferait eclater vos poumons. Regardez-les avant d'atteindre sa chimere, plus d'un l'aile rompue et du sang plein les yeux, mourra, ces pauvres gens ont aussi femmes et meres et savent les aimer aussi bien que vous, mieux. Pour choyer cette femme et nourrir cette mere, ils auraient pu devenir volaille comme vous. Mais ils sont avant tout des fils de la chimere, des assoifes d'azur, des poetes, des fous. Regardez les vieux coqs, jeune oie edifiante, rien de vous ne pourra monter aussi hauts qu'eux. Et le peu qui viendra d'eux a vous c'est leur fiante. Les bourgeois sont troubles de voir passer les gueux...
Voyager c'est demander d'un coup a la distance ce que le temps ne pourrait nous donner que peu a peu...
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