
journaluc
st-etienne-du-rouvray, France
23 août 2005 à 6:57
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Désolé de répondre si tard a ce message, mais je viens juste de m'inscrire sur le site et ton propos m'intéresse. C'est vrai que les associations caritatives françaises ont parfois du mal à trouvers des bénévoles. Mais je suis d'accord avec ceux qui disent qu'une vocation ne tient pas de la génération spontanée. C'est une longue construction. Pour ma part, au départ, ma profession de journaliste n'était qu'un alibi pour voyager (j'en ai pris conscience progressivement). Tout au long de mes voyages, le fil rouge de mes reprotages était l'humanitaire, le social et tout ce qui pouvait effectivement me donner bonne conscience, surtout si c'était sous les tropiques. Quand j'ai fait la synthèse de mes actions après cette prise de conscience, je me suis rendu compte que ma démarche n'était pas inutile et peu à peu je me suis investi plus personnellement, sans passer spécialement par des associations ni pour des raisons professionnelles. À titre purement privé. Ce qui fait qu'au fil du temps, j'ai également mis mon savoir-faire au service d'associations bien de chez nous, comme la banque alimentaire, le secours populaire etc. Ce qui ne m'empêche pas d'organiser la plupart de mes "vacances" à l'étranger autour de cette même logique humanitaire, car je ne parviens toujours pas à m'envoler au bout du monde uniquement pour la simple géographie, même si cette discipline n'intéresse également. Je suis revenu du Népal et de l'Inde hier où je n'étais pas retourné depuis 10 ans. J'étais avec ma fille July, 18 ans. Elle connaissait l'Inde, mais pas le Népal. Là elle vient de se découvrir une passion pour ce pays. En septembre elle était inscrite à la fac en sociologie. De retour elle a décidé d'abandonner la socio pour apprendre le népalais pour y retourner travailler… dans l'humanitaire. Je trouve ça plutôt formateur. Je suis convaincu qu'à partir de ses expériences elle prendra progressivement conscience qu'il y a aussi des actions à mener à sa porte. Pour ma part, malgré ce que je viens d'écrire, je suis parti pour la première fois, cette année, sans projet précis. Une semaine avant mon retour, j'estimais que mon séjour manquait singulièrement de contenu concret et pensais avoir râté mon voyage, malgré le plaisir de voyager avec mes deux filles, quand j'ai rencontré à Varanasi (Bénarés), le docteur Bernard Sab, un toubib français qui au nom de son association Action Bénares, soigne les lépreux et autres indigents depuis 1973. Il traite notamment les femmes brûlées pour avoir refusé de payer une dote. 85 % d'entre-elles décèdent malgré tout. Lui, accueille bien volontiers des volontaires non formés. En deux mois il leur apprend a changer des pansements et à sourire aux patients. C'est tout. Mais c'est beaucoup. Certains craquent (surtout les étudiants en médecine paradoxalement), d'autres pas. J'ai aussi rencontré Angela, une journaliste allemande qui était venue faire une reprotage sur Bernard. Elle est restée 2 mois sur place à désinfecter des plaies dans la gare de Bénares et a repris l'avion le même jour que moi, sans avoir eu le temps d'écrire une seule ligne pour son journal. Elle comptait se rattraper dans l'avion. Quant à moi, je me suis retrouvé dans la salle des femmes brûlées, un peu aux portes de l'enfer, avec une petite caméra vidéo amateur appartenant à l'épouse de Bernard (car pour la première fois je n'avais même pas pris un appareil photo), elle aussi, médecin, pour réaliser à leur demande, un petit documentaire de 10 minutes sur leur action. Des images terribles destinées aux conférences qu'ils vont engager pour la première fois en Europe (Allemagne et France) à la fin de l'année, afin de recueillir des fonds, car l'association, totalement autonome, est actuellement en peril financier. Ultime information, selon Bernard plus de 50 % des bénévoles qu'il accueille poursuivent une action caritative dans leur pays après leur retour. Cordialement, Jean-Luc
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