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Ce message s'adresse à ceux et celles qui se sont fait jetés par des associations en France. Là, ça m'a choqué de voir des gens disant "j'ai contacté les restos ou la croix rouge... et ils ont dit on a assez de bénévoles, alors moi je pars à l'étranger, c'est plus facile de trouver". Cet exemple est peut-être caricatural mais il résume ce que j'ai pu lire à plusieurs reprises. Tout d'abord, pourquoi proposer son aide seulement à des ONG ou assos aussi grandes, il y en a des tas de ptites assos en France ayant besoin de bénévoles. Secondo, quand on se fait jeter une fois, et bien on retente (cf l'histoire de la chute de vélo). Perso j'ai contacté le centre du volontariat de ma ville qui m'a fait faire un entretien pour connaitre mes motivations et aussi mes domaines de prédilection (enseignement), le temps que je souhaitait y consacrer (mini 2h/semaine sinon je vois pas l'intérêt) et suite à ça ils m'ont proposé de contacter des assos de soutien scolaire, bref en une aprem j'avais trouvé une asso super contente d'avoir de l'aide et je suis restée 9 mois avec eux. Donc ce n'est pas un chemin de croix de trouver une asso, faut de la persévérance (et contacter le centre du volontariat local, ils centralisent les demandes de bénévoles des assos!). J'ai aussi fait des chantiers à l'étranger, en Europe, dans des domaines qui m'intéressaient pour voir si ça me plaisait, et bien ça m'a plu! Je comprends très bien que ces assos n'envoient que des gens expérimentés dans les pays du sud et j'encourage tout ceux qui veulent direct aller en Afrique, Asie ou Am du Sud de tenter l'aventure en France ou en Europe cad dans un environnement proche. Choc culturel+ aunucne expérience de chantier ça doit faire un joyeux mix...
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Hei! C'est cool de conseiller les p'tits jeunes à partir directement en Afrique, Am. du Sud, Asie, ... Je voulais moi meme partir en Afrique, à tout jsute 18ans... Projet? Faire de l'humanitaire pour voir si je peux être capable de bosser auprès de personnes en difficulté (c'était mon preojet professionnel depuis l'age de 15ans). Pourquoi l'afrique? J'y étais allée à plusieurs reprises, et je voulais y retourner. Comment j'ai fait? Méthode classique: je contacte des assos... Mais réponses: trop jeune ... DOmmage, mais... (la chute de vélo! ;o) ) Je pars quand meme. Me voila partie pour 3 mois, dans un pays qui n'était pas le mien, immergée (submergée) dans une culture qui n'était pas la mienne, et où les valeurs professionnelles m'étaient totalement inconnues... Superbe mix! 3 mois... Si long et si cours à la fois... Un apprentissage de la vie responsable et ... une grosse claque dans la figure... Expérience innoubliable et surprenante. Retour? Difficile durant 2 mois. Malade physiquement parce que malade psychologiquement... Un voyage (surtout dans l'humanitaire) se prépare... Son départ, son séjour et surtout son retour... Chose que je n'ai pas faite, et je l'ai payé... |  |  |  |  |  | La liberté n'est pas oisiveté, c'est un usage libre du temps: c'est le choix du travail et de l'exercice. Etre libre, en un mot n'est pas pas ne rien faire. C'est être le seul arbitre de ce qu'on fait ou ne fait point. |  |
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Désolé de répondre si tard a ce message, mais je viens juste de m'inscrire sur le site et ton propos m'intéresse. C'est vrai que les associations caritatives françaises ont parfois du mal à trouvers des bénévoles. Mais je suis d'accord avec ceux qui disent qu'une vocation ne tient pas de la génération spontanée. C'est une longue construction. Pour ma part, au départ, ma profession de journaliste n'était qu'un alibi pour voyager (j'en ai pris conscience progressivement). Tout au long de mes voyages, le fil rouge de mes reprotages était l'humanitaire, le social et tout ce qui pouvait effectivement me donner bonne conscience, surtout si c'était sous les tropiques. Quand j'ai fait la synthèse de mes actions après cette prise de conscience, je me suis rendu compte que ma démarche n'était pas inutile et peu à peu je me suis investi plus personnellement, sans passer spécialement par des associations ni pour des raisons professionnelles. À titre purement privé. Ce qui fait qu'au fil du temps, j'ai également mis mon savoir-faire au service d'associations bien de chez nous, comme la banque alimentaire, le secours populaire etc. Ce qui ne m'empêche pas d'organiser la plupart de mes "vacances" à l'étranger autour de cette même logique humanitaire, car je ne parviens toujours pas à m'envoler au bout du monde uniquement pour la simple géographie, même si cette discipline n'intéresse également. Je suis revenu du Népal et de l'Inde hier où je n'étais pas retourné depuis 10 ans. J'étais avec ma fille July, 18 ans. Elle connaissait l'Inde, mais pas le Népal. Là elle vient de se découvrir une passion pour ce pays. En septembre elle était inscrite à la fac en sociologie. De retour elle a décidé d'abandonner la socio pour apprendre le népalais pour y retourner travailler… dans l'humanitaire. Je trouve ça plutôt formateur. Je suis convaincu qu'à partir de ses expériences elle prendra progressivement conscience qu'il y a aussi des actions à mener à sa porte. Pour ma part, malgré ce que je viens d'écrire, je suis parti pour la première fois, cette année, sans projet précis. Une semaine avant mon retour, j'estimais que mon séjour manquait singulièrement de contenu concret et pensais avoir râté mon voyage, malgré le plaisir de voyager avec mes deux filles, quand j'ai rencontré à Varanasi (Bénarés), le docteur Bernard Sab, un toubib français qui au nom de son association Action Bénares, soigne les lépreux et autres indigents depuis 1973. Il traite notamment les femmes brûlées pour avoir refusé de payer une dote. 85 % d'entre-elles décèdent malgré tout. Lui, accueille bien volontiers des volontaires non formés. En deux mois il leur apprend a changer des pansements et à sourire aux patients. C'est tout. Mais c'est beaucoup. Certains craquent (surtout les étudiants en médecine paradoxalement), d'autres pas. J'ai aussi rencontré Angela, une journaliste allemande qui était venue faire une reprotage sur Bernard. Elle est restée 2 mois sur place à désinfecter des plaies dans la gare de Bénares et a repris l'avion le même jour que moi, sans avoir eu le temps d'écrire une seule ligne pour son journal. Elle comptait se rattraper dans l'avion. Quant à moi, je me suis retrouvé dans la salle des femmes brûlées, un peu aux portes de l'enfer, avec une petite caméra vidéo amateur appartenant à l'épouse de Bernard (car pour la première fois je n'avais même pas pris un appareil photo), elle aussi, médecin, pour réaliser à leur demande, un petit documentaire de 10 minutes sur leur action. Des images terribles destinées aux conférences qu'ils vont engager pour la première fois en Europe (Allemagne et France) à la fin de l'année, afin de recueillir des fonds, car l'association, totalement autonome, est actuellement en peril financier. Ultime information, selon Bernard plus de 50 % des bénévoles qu'il accueille poursuivent une action caritative dans leur pays après leur retour. Cordialement, Jean-Luc
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Bonjour, Je viens juste "d'arriver sur ce site", donc mon message peut sembler hors date..... quoi que la flamme d'une discussion se ravive.... ...... Pour info (& sans vouloir paraître trop directe ), le terme "Humanitaire" est bien formé sur la même racine étymologique que "l'Humanité" ? L'Humanité se situe a priori ici ou là....... non?! Et "ouvrir une porte à ceux qui ont souffert" (que celle soit très solide ou en train de s'entrebailler) ne devrait se confronter qu'à peu de reproches De mon coté lorsque j'ai redoublé ma seconde année de fac, j'ai décidé de franchir le pas d'une porte estudiantine dénommée formellement "association à caractère humanitaire et sociale". Que d'appréhension à surmonter (serais-je à la hauteur? mais finalement à quelle hauteur? la mienne ou celle d'Autrui ?). L'intégrat° s'est faite progressivement par un investissemt & des ressources que je m'ignorais. L'ensemble des projets (Téléthon, Sidaction, semaine de l'environnemt, pièces de théatre à Noël en milieu hospitalier, festival contre le racisme, convois humanitaires en Europe de l'Est -Roumanie & Serbie-.......) m'est apparu tant essentiel qu'enrichissant . Cette année-là j'ai notamment participé au convoi humanitaire que nous avons conduit du début à la fin en Roumanie (stricto & largo sensu !), avec 8 compères en veillant à ce que nous emmenions parvienne là où nous le souhaitions ! Ce voyage ne s'est pas fait sans heurts, mais la vie est ainsi faite ! L'année dernière j'ai "coordonné" un projet novateur qui étant totalemt absent de la fac, devenait nécessaire (l'AFPS : +/- brevet de secourisme). Puisqu'il faut bien un début à tout, laissons donc à chacun le courage de se trouver que cela paraisse égoiste de l'extérieur qu'importe. Plusieurs maillons sont nécessaires à une chaîne, certains seront parfaits (ainsi la perfection existe?), d'autres moins.....
A bientôt, bon week-end
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Je voulais au départ juste réagir au sujet : « Pourquoi l’humanitaire à l’étranger » mais finalement je me suis dit que ce post concernait tous le monde sur ce forum alors j’ai décidé de lancer carrément un nouveau sujet. Dans le doute je vous mets quand même ma réponse ci-dessous, mais merci d'aller répondre directement sur le nouveau sujet du forum. A travers ce message je voudrais avant tout provoquer la discussion et le débat sur un sujet qui me parait fondamental pour tous ceux qui veulent partir « faire de l’humanitaire et du développement ». La première chose qu’il parait important de comprendre c’est que le fait de VOULOIR FAIRE LE BIEN NE SUFFIT PAS POUR BIEN FAIRE. Beaucoup de projets humanitaires, de projets dits « de développement » se révèlent sur le long terme inutiles, voir contre-productifs. Il ne s’agit pas d’incriminer ceux qui veulent partir « aider » les autres mais de les mettre en garde contre le fait que chaque action que l’on pose aura des conséquences et donc qu’il faut bien réfléchir avant d’agir. Vouloir travailler dans le monde de l’Humanitaire c’est avant tout une lourde RESPONSABILITE. Il est important de se rendre compte de l’espérance que les personnes concernées par les projets sur lesquels nous sommes amenés à travailler placent en nous. Nous sommes donc responsable vis à vis d’eux. Nous ne pouvons pas aller nous former à l’étranger au détriment des populations locales, « sur le dos des autres ». En effet, l’Afrique, l’Asie, l’Amérique du Sud ne peuvent pas être perçus comme de formidables « cours de récréation » où nous pourrions aller nous confronter au réel grâce à nos échecs, ... Car le problème est que ce réel, ce sont des êtres humains ! Pour imager mon propos je vais vous retranscrire un exemple de projet qui avait semblé au première bord très intéressant mais qui s’est avéré nuisible au final. Problème repéré par une ONG française dans un petit village au Burkina : les enfants du village doivent marcher pendant 1h30 pour aller à l’école. Solution proposée : l’ONG a décidé d’offrir un vélo à chaque enfant du village pour qu’il puisse aller à l’école plus rapidement. En plus cette solution rentre dans la mode du « développement durable » puisqu’elle est à la fois simple et écologique. Résultat à court terme : Les enfants ne mettent plus que 30 minutes pour aller à l’école ! Résultat à moyen terme : Les vélos commencent petit à petit à s’abîmer. Les villageois ne disposant pas de pièces de rechange ils sont dans l’impossibilité de réparer les vélos. Le constat pourrait s’arrêter là et il serait très classique dans le monde des projets de développement : « un coup d’épée dans l’eau ». Une ONG a voulu bien faire, mais elle n’a pas été au bout de son projet. Tant pis, ce projet n’aura servi à rien… Mais le problème c’est qu’il n’a pas servi à rien, il a servi, mais pour faire du « mal ». Résultat à long terme : Non seulement les villageois se sont retrouvés sans vélo mais en plus ils ont été humiliés. En effet certains des villageois se sont dit après coup : « On doit vraiment être cons, puisque des gens sont venus de loin pour nous aider et que nous n’avons même pas été capables d’entretenir le matériel qu’ils nous ont donné... on est des moins que rien… ». En effet le fait d’être obligé de recevoir l’aide de quelqu’un est toujours un peu humiliant, mais le fait de ne pas réussir à se servir de cette aide l’est encore plus. Quand on cherche à creuser plus profond on s’aperçoit donc de la possible perversité « inconsciente » de ce genre de projet. En effet la prochaine association qui va venir faire un projet dans ce village va se trouver face à des personnes très réticentes, voir ouvertement hostiles, car elles n’auront pas envie de « se faire avoir » une nouvelle fois. Pendant ce temps dans un processus d’inversement de la réalité devenu classique dans les relations Nord-Sud, les membres de l’association risquent de se dire, « putain mais ces gens ne veulent même pas qu’on les aide ! » Parfois il vaut mieux ne rien faire que de mal faire… C’est difficile de se l’avouer mais c’est la réalité… Bien sûr pour ceux qui veulent partir, c’est dur de se remettre aussi fortement en cause… Dur mais au combien salvateur ! Car cette réflexion, ce travail de remise en question, n’est-il pas un pré-requis nécessaire pour tous nos projets à venir ?!?… Sur ces quelques idées, je vous laisse. Ignace p.s. Pour plus de réflexion sur ce sujet je vous conseil d’aller faire un tour sur un blog qu’on a créer avec des amis justement pour réfléchir ensemble à toutes ces problématiques liés à l’humanitaire et au développement : http://boribana.over-blog.com BORI BANA signifie en langue malinké : « La course est terminée, la fuite est finie ». Parce que nous pensons qu'il est important de préserver notre capacité d'étonnement, de réflexion, de prise de distance et de révolte, nous avons voulu initier cet espace d’échange et de dialogue. L’important n’est pas de chercher à avoir le dernier mot, mais plutôt le juste premier, c’est-à-dire celui qui nous pousse à s’interroger et à réagir. Alors allons y échangeons. Quelques articles à lire en priorité : - Synthèse des travaux de réflexion sur le concept de « Développement » http://boribana.over-blog.com/article-92702.html - Les projets de développement, qu'en sais tu ? http://boribana.over-blog.com/article-185101.html - Allons plus loin sur la question du Développement… http://boribana.over-blog.com/article-91270.html - Réponse à "Allons plus loin sur la question du Développement…" http://boribana.over-blog.com/article-91545.html | |
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