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| Tu as raison il vaut mieux faire de la poésie que d'aider le tiers-monde. Si effectivement le SVE consiste à faire de la poésie dans ce cas Oublieuse a parfaitement accopli sa mission. 
| Je ne sais pas si le SVe consiste à faire de la poésie, ce qui est sûr c'est qu'il ne consiste pas à aider le tiers-monde , sinon on ne m'y aurait jamais vue... Le SVE (service volontaire européen), est une possibilité, pour tous les jeunes citoyens d'un pays participant au programme, d'aller à la rencontre d'une autre culture pendant 6 à 12 mois. Pour faciliter l'intégration et la compréhension du pays où ce jeune se rend, il participe à un projet mis en place par une association sur place. Les buts ultimes du SVE étant les suivants: - faire naître un sentiment d'appartenance à l'Europe chez les jeunes - ouvrir le jeune à une autre culture, donner à connaître la sienne Tout ça dans le but utopique d'une meilleure compréhension des peuples par effet boule de neige (un jeune rentrant de SVE sera plus "ouvert" à l'autre, partagera son expérience avec les gens qui l'entourent, etc...), afin de faciliter, plus tard, les relations entre peuples européens (Europe élargie aux voisins de l'Europe). J'aime beaucoup cette vision des choses, malheureusement j'ai parfois l'impression que le SVE et Erasmus sont les derniers reliquats des idéaux européens. Le SVE avait d'ailleurs failli disparaître alors même qu'il représente un budget infime dans la bourse européenne.
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Bon, je n'ai pas répondu sur le projet, tout simplement parce que je n'avais pas vu le message en temps et en heure. Deuxièmement, parce que la question était très vague, et que donc je ne savais pas trop par quoi commencer (est-ce que la personne voulait des renseignements précis? un récit? que sais-je...). Ensuite, ce post n'est pas la place pour répondre à ces questions, il faudrait donc que j'ouvre une autre discussion, et comme les personnes intéressées n'avaient pas répondu à ma demande de questions plus précises, je ne l'ai pas fait. Faut vraiment se justifier de tout ici ma parole... Effectivement, il y a des gens qui sont mal tombés concernant leur projet, ça arrive dans tous les pays où le SVE existe, malheureusement. Le SVE est encore "jeune", et les défauts d'organisation existent (notamment pour l'obtention de visas adéquats, en particulier pour les jeunes hors-Europe qui doivent faire leur SVE dans l'UE. J'ai par exemple un ami de Turquie qui n'a jamais obtenu de visa pour son SVE en Espagne, du gâchis!). C'est notamment dû, à mon avis, à la complexité que ça représente vu le nombre de pays et de cultures bureaucratiques impliqués, ainsi qu'au personnel peu nombreux dédié au SVE dans l'UE. EN gros, c'est un peu le bazar, et les assos proposant des projets d'accueil ne se valent pas toutes, beaucoup font ça pour récupérer de l'argent (et pas seulement dans les pays auxquels on pense, c'est aussi le cas en France). Il y a aussi des personnes pour qui le choc culturel est trop grand, et qui décident de repartir. C'aurait pu être mon cas, et celui de la quasi-totalité des volontaires que j'ai rencontrés en Arménie. Pour ce qui est de mon projet, en gros, sur le papier: donner des cours d'espagnol, de français et d'initiation à l'informatique à des jeunes de la région où j'étais (Vayots Dzor), ainsi que créer un site internet. Ce projet c'est moi qui l'ai proposé, il a été accepté par le centre de jeunesse où je devais atterrir (je n'ai pas "souscrit" à un projet préexistant comme c'est habituellement le cas pour le SVE). Au début, c'est ce que j'ai fait, pendant 3 mois environ. Puis il y a eu une coupure en raison de mon pb de visa (j'avais dépassé la date limite, et l'Arménie par la même occasion commençait à me taper sur le système). J'ai donc passé un mois en-dehors de mon projet, à essayer de prendre une décision (rester illégalement, ou partir et abandonner mon SVE). J'ai finalement choisi la première option, et suis rentrée "chez moi", à Yeghegnadzor. Mais mes collègues n'étaient plus trop motivées pour recommencer les cours. Ils ont été abandonnés, à ma grande surprise, car ça se passait plutôt bien, je crois n'avoir pas été ennuyeuse et avoir essayé de leur apprendre des choses très concrètes. Pour l'informatique, j'étais soulagée, car je donnais ces cours en "arménien", et c'était vraiment difficile car il me fallait retenir des termes techniques alors que je ne parlais pas encore couramment la langue. Pour ce qui est du site internet, j'étais très motivée. Il s'agissait de faire un vitrine sur le net de la région Vayots Dzor. Malheureusement, je n'ai eu que très peu d'aide. D'une parce que je n'ai pas osé en demander trop de la part de mes collègues avec qui les relations même si conviviales, restaient distantes, de deux parce qu'au début, je ne parlais pas lalangue et n'avais pas de contacts. J'ai également sous-estimé la somme de travail: la partie à la fois technique du site, et le contenu, je devais tout faire. Mission quasi-impossible, et décourageante, car je travaillais seule, et j'avais l'impression que tout le monde se foutait de ce site. Sauf quand il s'est agi de réfléchir où il serait hébergé, là tout d'un coup mes collègues étaient beaucoup plus intéressés pour mettre ça sur leur site officiel de centre de jeunesse. Sur la fin, j'ai finalement rencontré des gens qui auraient pu énormément m'aider, le centre infos touristes du village d'à côté. Sauf que personne ne m'en avait parlé. Et qu'à la fin, je n'étais plus trop motivée. Rien que le fait de demander un carte de ma ville était compliqué, à la mairie qu'on ne pouvait pas me la donner . Au musée, pour emprunter un fascicule, même juste pour la journée, on m'a répondu: impossible, c'est l'exemplaire du directeur (je précise que mon lieu de travail était à même pas 100m du musée, et qu'il s'agissait d'une toute petite ville de 10 000 habitants). J'ai également eu besoin de traducteurs pour des légendes sur la région que je souhaitais mettre sur le site, seule une de mes amies a été disponible pour ça. Donc le bilan, c'est qu'effectivement, le projet n'a pas vraiment abouti, du fait de la mentalité des gens qui m'entouraient. Complexe vis-à-vis de tout ce qui est occidental, gens peu habitués à cotoyer des étrangers, et donc à les accueillir pour qu'ils se sentent à l'aise. J'ai pourtant fait tout ce qui était en mon pouvoir pour briser le mur invisible entre "eux et moi" (apprentissage très volontaire de la langue, je pouvais communiquer au bout de 3 mois, inscription à trois activités différentes, dont les danses traditionnelles et cours de doudouk), je posais beaucoup de questions, etc... mais rien n'y a fait, tant pis! Moi j'ai retiré de ce SVE énormément de choses, j'ai appris une nouvelle langue et j'ai appris à regarder le monde depuis l'Est, et sincèrement, je n'en demandais pas plus, le projet était pour moi tout à fait secondaire (ce qui ne veut pas dire que je ne l'ai pas pris au sérieux). La déception est plus grande pour ceux qui partent à cause du projet avant tout. Dans un pays comme l'Arménie, il est très rare que les étrangers soient bien accueillis et se sentent à l'aise, mais je pense que les premiers SVE ont "défriché" le terrain, et leur ressenti a beaucoup aidé leurs assos arméniennes à comprendre ce que c'est que d'accueillir quelqu'un qui vient d'ailleurs, et c'est ça le principal. C'est pour cela que je disais que le plus difficile, ça n'est aps le projet en lui-même, mais la rencontre de deux cultures, et c'est à mon avis ce deuxième point qui est le plus intéressant dans un SVE. J'espère avoir répondu à la question! |  |  |  |  |  | Un ami m'a dit: Le monde serait meilleur si chacun-e regardait dans l'assiette de l'autre et y rajoutait ce qu'il y manque Carnets |  |
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Oui mais dans ce cas, c'est le résultat qui importe plus que les moyens d'y parvenir, hors ce n'est pas ma vision des choses. Mon volontariat, c'était avant tout pour faire quelque chose "ensemble" dans le centre de jeunesse où j'étais. Pas de faire "mon truc" et de me casser. Les gens à qui c'était dédié n'étaient pas intéressés? Eh bien tant pis, je ne l'ai pas fait (ou plutôt pas fini, c ar c'était quand même pas mal avancé). De plus, je voulais que ce site soit en arménien et anglais avant tout, donc pour l'arménien, il me fallait impérativement de l'aide. Le but était, en ce qui me concerne, de faire un site sur la région POUR les gens de la région. J'aurais voulu intégrer les jeunes des villages alentours, qu'ils écrivent la page concernant leur village, que le site permette plus de communication entre les jeunes. Car comme tu le sais, la communication est des problèmes majeurs en Arménie. Bon, je n'y ai pas réussi, sincèrement je m'en fiche un peu, car si les gens n'étaient pas intéressés, c'est que donc ils n'en avaient pas besoin. Ce qui aurait été sympa, c'est de me le dire depuis le début . Ce n'est pas uniquement la faute des Arméniens non plus. Je ne suis pas quelqu'un de très "rassembleur", je n'ai pas l'âme d'un leader, et c'est ce qu'il aurait fallu pour un tel projet. Je ne suis pas non plus du genre à pousser au cul. je suis plutôt quelqu'un d'indépendant, mal organisée, et donc je n'ai pas su "prioriser" mes tâches, et chercher au bon endroit. |  |  |  |  |  | Un ami m'a dit: Le monde serait meilleur si chacun-e regardait dans l'assiette de l'autre et y rajoutait ce qu'il y manque Carnets |  |
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D'accord avec l'analyse, même si j'y vois une pointe de paternalisme, sauf que comme l'a dit Tatra, le SVE n'est ni de l'humanitaire: il ne s'agit pas d'une personne d'un pays développé partant dans un pays sous-développé pour aider les populations, puisque les Arméniens EUX AUSSI, ont la possibilité de partir en SVE dans un autre pays ni de business évidemment, puisqu'il n'y a aucune rémunération, ni aucun but lucratif final. En ce qui concerne mon expérience, le centre de jeunesse dans lequel je suis venu, sait ce qu'est un "projet", et c'est ce qu'est le "faire ensemble". Il le font tous les jours, il n'ont pas une activité à but lucratif. Ils ont donc bien compris dans quel but je venais. C'était à eux de sensibiliser autour d'eux, mais ils sont encore trop englués dans les conventions sociales, ont eu eux-mêmes du mal à s'imposer, étant donné qu'il s'agit d'un lieu mixte, organisant, entre autres, des fêtes mixtes pour les jeunes des alentours. Les choses se font petit à petit. Si j'avais "déguisé" mon SVE en business, alors cela n'aurait eu absolument aucun intérêt, puisqu'il s'agit d'un échange interculturel. Il s'agit d'apprendre à faire des choses ensemble, justement. Peu importe que ça n'ait pas fonctionné tout à fait cette fois-ci, l'important c'est l'échange. J'ai évolué et compris beaucoup de choses sur la société arménienne (et plus largement, je comprends mieux les cultures alentours comme en Turquie, Iran, Caucase de façon générale), et eux auront à mon contact, appris un peu plus sur l'Europe occidentale, de part nos discussions sur des sujets variés, ma façon d'être. Je répète que pour moi, le projet n'était qu'un prétexte. Qu'il n'ait pas abouti, ne constitue pas un échec pour moi. Ni pour le SVE en général je crois. Le projet est un moyen, le but étant la rencontre. J'ai vraiment l'impression de me répéter... Si cela te paraît mince comme but, moi au contraire je le trouve grand et noble, et particulièrement difficile à atteindre et à évaluer. En tous cas, je me sens plus humaine après cette expérience, ça m'a ouvert les yeux sur ce qu'est l'expatriation (je ne parle pas des expats des ambassades, car c'est un monde à part), le besoin d'intégration. Et il me semble que de nos jours, dans un ensemble comme l'Europe où l'immigration depuis les pays pauvres est au coeur des débats, comprendre une telle chose est plus que primordial. Il faudrait que tous les Européens accomplissent un SVE, et de préférence dans un pays totalement étranger (faire un SVE en Angleterre quand on est français, ou en Géorgie quand on est arménien, n'a évidemment pas le même impact). |  |  |  |  |  | Un ami m'a dit: Le monde serait meilleur si chacun-e regardait dans l'assiette de l'autre et y rajoutait ce qu'il y manque Carnets |  |
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mes amis(e) je vous envoi ce texte écrit de la main d'un grand voyageur du moyen âge, ça peux répondre à beaucoup de vos questions ..lisez .. Moi, Hassan fils de Mohamed le peseur, moi, Jean-Léon de Médicis, circoncis de la main d'un barbier et baptisé de la main d'un pape, on me nomme aujourd'hui l'Africain, mais d'Afrique ne suis, ni d'Europe, ni d'Arabie. On m'appelle aussi le Grenadin, le Fassi, le Zayyati, mais je ne viens d'aucun pays, d'aucune cité, d'aucune tribu. Je suis fils de la route, ma patrie est caravane, et ma vie la plus inattendue des traversées. Mes poignets ont connu tour à tour les caresses de la soie et les injures de la laine, l'or des princes et les chaînes des esclaves. Mes doigts ont écarté mille voiles, mes lèvres ont fait rougir mille vierges, mes yeux ont vu agoniser des villes et mourir des empires. De ma bouche, tu entendras l'arabe, le turc, le castillan, le berbère, l'hébreu, le latin et l'italien vulgaire, car toutes les langues, toutes les prières m'appartiennent. Mais je n'appartiens à aucune. Je ne suis qu'à Dieu et à la terre, et c'est à eux qu'un jour prochain je reviendrai. Et tu resteras après moi, mon fils. Et tu porteras mon souvenir. Et tu liras mes livres. Et tu reverras alors cette scène : ton père, habillé en Napolitain sur cette galée qui le ramène vers la côte africaine, en train de griffonner, comme un marchand qui dresse son bilan au bout d'un long périple. Mais n'est-ce pas un peu ce que je fais : qu'ai-je gagné, qu'ai-je perdu, que dire au Créancier suprême ? Il m'a prêté quarante années, que j'ai dispersées au gré des voyages : ma sagesse a vécu à Rome, ma passion au Caire, mon angoisse à Fès, et à Grenade vit encore mon innocence. |  |  |  |  |  | HASTA LA VICTORIA SIEMPRE |  |
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