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Pourquoi je n'arrive plus à quitter l'Arménie?

14 août 2008 à 8:48
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Les jours succèdent aux jours, la chaleur succède à la chaleur. Les chemins poussiéreux, secs, bordés d'arbres fruitiers, accompagnent mes marches à pied quotidiennes. Les montagnes, les montagnes... 4500km pour comprendre qu'il existe une vie avec ou sans montagnes. Arides, majestueuses, mélancoliques. Seuls ces paysages pouvaient enfanter le son du doudouk et les complaintes hoquetantes des Kurdes, Arméniens ou Iraniens. Comment vivre sans tristesse? Comment vivre sans ce silence assourdissant? Comment vivre sans ennui, sans imaginaire, sans amour impossible, sans secrets, sans regrets. Ici il ne se passe jamais rien, pourtant tout le monde attend. Attend mais attend quoi? Le temps, en Arménie, à pris congé. Manteau de neige et paysage en dichromie l'hiver, poussière ocre et soleil de plomb l'été. La Nature n'a pas laissé d'espace au bruit ici, elle lui a préféré les murmures et les promesses non tenues, la quiétude orageuse, les murs et les regards en biais. J'avais perdu, un temps, cette faculté de rester immobile durant des heures, ce plaisir de laisser le corps en sommeil tandis que les pensées, cachées sous mes cheveux, s'entrechoquent, courent tout près ou bien à des milliers de km, goûtent cette liberté qui n'existe qu'à l'intérieur de soi, jouissent d'être interdites, crient sans bruit, s'ébattent, font battre mes paupières ou observent parfois frissonner une larme au coin de mon oeil. Oui j'avais oublié l'enfance, les questions, les extrapolations, les choses qu'on a pas le droit de faire ou de dire. L'interdit réveille les sens, les règles donnent envie d'être contournées, la bienséance recouvre la vie bouillonnante. L'Arménie m'a rendu mes pensées fantasmagoriques, après m'avoir brimée, repoussée, malmenée. Vivons heureux, vivons cachés. C'est un peu ça l'Arménie. Pensées-péchés. Que c'est bon de penser des choses qu'on a pas le droit de faire; de provoquer les vieux en leur demandant d'allumer ma cigarette; de fumer dans la rue principale d'un village, et de créer toutes sortes de jaseries, qu'on me rapporte ensuite; d'entendre les aventures inavouables de mon amie. Oui, c'est bon l'interdit. Ma chère Bretagne me paraît si peu mystérieuse par comparaison, si facile à vivre, si douillette, si réelle. Partir d'Arménie, sera comme se réveiller d'un songe, mi-rêve mi-cauchemar. Il faudra relever les draps, l'émotion me serrera encore le coeur, mais la vie vite reprendra ses droits, le temps refera son apparition, le bruit, la ville. Mes regards se tourneront alors à l'Est, et je soufflerai mon désespoir passé dans cette flûte que l'Arménie m'a donnée. Puisse le vent traverser les frontières, transformer les notes en sanglots et les soupirs en lettres d'amour |  |  |  |  |  | Un ami m'a dit: Le monde serait meilleur si chacun-e regardait dans l'assiette de l'autre et y rajoutait ce qu'il y manque Carnets |  |
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Re: [williama et millebornes] Pourquoi je n'arrive plus à quitter l'Arménie?
(en réponse à...)

15 août 2008 à 2:37
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Ce qui m'est difficile, ça n'est pas de retrouver, mais de quitter. Et non, le plus difficile n'est pas de quitter les amis, car eux ne dépendent ni d'un paysage, ni d'un mode de vie. Il m'était tout aussi difficile de quitter la Bretagne pour l'Arménie. Je me suis trompée en mettant un point d'interrogation à mon titre, ça n'était pas une question mais une affirmation. Mon texte a été déplacé dans "Pensées, réflexions de voyageurs", je n'en suis pas vraiment mécontente, mais du coup cela appelle des réponses, comme si je demandais conseil ce qui n'est pas le cas. J'avais juste posté un texte, pas vraiment une réflexion ni une interrogation, juste un ressenti, une préparation au départ. |  |  |  |  |  | Un ami m'a dit: Le monde serait meilleur si chacun-e regardait dans l'assiette de l'autre et y rajoutait ce qu'il y manque Carnets |  |
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Je crois que des que l on vit des experiences ailleurs ... on regardera tous d une maniere ou d une autre et pour des raisons toutes uniques a chacun, de l autre coté ... d une montagne, d un ocean, d un continent... avec nostalgie, tristesse, emotion ou mieux encore simplement avec un sourire pour les bonheurs vécus. Les lieux, les gens, ce que l on vit grace a eux et surtout ce qu ils nous on permis de decouvrir sur nous même, ce que nous avons pu ressentir en nous, sans savoir quelle en ai la cause reele. Il est difficile savoir s il y a un "Chez soi", certes il se trouve certainement lá oú sont nos êtres chers, lá oú nous nous sentons chéri ... mais il me semble que ce n est pas forcement un lieu exact. Je crois que c est en nous. En vivant hors de son pays d origine, on se forge des bases et des idées differentes. On ajoute des notions de vies a celles que l on nous a inculqué au court de notre education. Et si l on voyage en plus, alors se construit dans notre esprit un melange extraodinaire de sensations et reflexions ... qui peut, tout compliquer diront certains !! Ou au contraire, si l on prend son temps, ouvrir l esprit et être des plus enrichissant. Les retours, nous font peur, c est la fin d une periode, c est le debut d autres choses et souvent nous avons peur de perdre en intensité... C est le retour a la vie "normale" et ça c est difficile a gerer. Moi je pense souvent que nous avons en nous comme "un jardin a souvenirs", dans lequel nous pouvons nous promener a volonté ... dés que la vie nous malmene .... et sourrire des images qui se presente a nous et qui n appartienent qu a nous....Ça c est pour toujours. Oublieuse je te souhaite un bon et beau retour |  |  |  |  |  | Le monde semble sombre ... quand on a les yeux fermés |  |
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bonjour, en raison de nos propres états d'ame, ressentis a la beauté d'un pays traversé, dans une relative solitude propice aux réflexion sur soi, sur les autres, le sens de la vie, l'on voudrait parfois communiquer notre ressenti a la Terre entière, comme si celle-ci devait s'arrêter de tourner (comme lors de notre premier chagrin d'amour ). C'est parce que la réalité dépasse notre soi, notre petite personne, que l'on peut, et sait, être bouleversé ... une phrase a retenue mon attention : "comment vivre sans amour impossible", c'est a dire dans le regret toute sa vie, voire dans la souffrance en ne possédant jamais, tout en magnifiant cet amour ! Or rien n'est plus beau et riche qu'un amour partagé et vécu concrètement, que cet amour soit dans un couple, ou d'un autre ordre( amour pour un peuple, une éthnie, qui par leur gentillesse vous le rendent, une terre traversée qui vous transcende par sa beauté, dans ses silences, et qui en quelque sorte vous dit qu'elle vous aime, qu'elle est là pour vous lorsque vous savez la voir sans toutes vos idées préconçues : le milieu montagneux y est propice, et cela fait partie des récits de voyages lus ça et là, des lectures qui invitent a la rêverie, et a l'envie d'y aller voir de près). |  |  |  |  |  | tout être a besoin d'un complément a son soi pour s'épanouir, et non d'un contraire. |  |
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bonjour Oublieuse ... j'essaie de te répondre mais je ne trouve ps les mots exacts, ce poème s'est aussitôt imposé à moi ...... donc, je suis allée le rechercher surle Web ! ah ! ces merveilleux nuages ! ... L'Étranger Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis? ton père, ta mère, ta soeur ou ton frère? Je n'ai ni père, ni mère, ni soeur, ni frère. Tes amis? Vous vous servez là d'une parole dont le sens m'est resté jusqu'à ce jour inconnu. Ta patrie? J'ignore sous quelle latitude elle est située. La beauté? Je l'aimerais volontiers, déesse et immortelle? L'or? Je le hais comme vous haïssez Dieu. Eh! qu'aimes-tu donc, extraordinaire étranger? J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... là-bas... les merveilleux nuages! Charles Baudelaire in "Le spleen de Paris"  |  |  |  |  |  | Il n'y a qu'une espèce valide de voyages, qui est la marche vers les hommes. Paul Nizan |  |
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| Je crois que des que l on vit des experiences ailleurs ... on regardera tous d une maniere ou d une autre et pour des raisons toutes uniques a chacun, de l autre coté ... d une montagne, d un ocean, d un continent... avec nostalgie, tristesse, emotion ou mieux encore simplement avec un sourire pour les bonheurs vécus. Les lieux, les gens, ce que l on vit grace a eux et surtout ce qu ils nous on permis de decouvrir sur nous même, ce que nous avons pu ressentir en nous, sans savoir quelle en ai la cause reele. Il est difficile savoir s il y a un "Chez soi", certes il se trouve certainement lá oú sont nos êtres chers, lá oú nous nous sentons chéri ... mais il me semble que ce n est pas forcement un lieu exact. Je crois que c est en nous. En vivant hors de son pays d origine, on se forge des bases et des idées differentes. On ajoute des notions de vies a celles que l on nous a inculqué au court de notre education. Et si l on voyage en plus, alors se construit dans notre esprit un melange extraodinaire de sensations et reflexions ... qui peut, tout compliquer diront certains !! Ou au contraire, si l on prend son temps, ouvrir l esprit et être des plus enrichissant. Les retours, nous font peur, c est la fin d une periode, c est le debut d autres choses et souvent nous avons peur de perdre en intensité... C est le retour a la vie "normale" et ça c est difficile a gerer. Moi je pense souvent que nous avons en nous comme "un jardin a souvenirs", dans lequel nous pouvons nous promener a volonté ... dés que la vie nous malmene .... et sourrire des images qui se presente a nous et qui n appartienent qu a nous....Ça c est pour toujours. Oublieuse je te souhaite un bon et beau retour Une seule chose : superbe ! C'est exactement ce que je viens de me dire en revenant de Thaïlande, ça a été vraiment très dur surtout que j'ai assez peu d'amis à la Réunion et que ma ville est totalement morte le soir (à part St-Gilles). Je me suis promis d'y retourner en Thaïlande, ça se fera peut-être tôt peut-être beaucoup plus tard mais je le ferai, ne serait-ce que pour me remémorer tout ce que j'ai pu vivre à Bangkok en particulier. 
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Bonjour Kfracasse, Je veux bien parler de mon expérience de SVE, peut-être que ça pourrait trouvr sa place dans la rubrique divers, mais dans ce cas, dis-moi ce que tu veux savoir et j'essayerai de répondre de mon mieux . au fait, je n'ai pas vraiment eu un coup de foude pour l'Arménie, c'est tout l'inverse en fait. J'ai fini par l'aimer, après avoir passé beaucoup de temps à ne pas la comprendre et à être incomprise. L'Arménie, pour moi, c'est comme une amie d'enfance: on a pas forcément de point commun, mais à force d'être côte à côte, on se comprend, on s'accepte tel que l'on est, même si l'autre a plus de défauts que de qualités (croit-on...). Javaludo: ça me fait plaisir que mon texte te parle. |  |  |  |  |  | Un ami m'a dit: Le monde serait meilleur si chacun-e regardait dans l'assiette de l'autre et y rajoutait ce qu'il y manque Carnets |  |
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