
Alix Nantes, France

25 mai 2004 à 17:29
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Bonjour ! La question posée est très intéressante, ttes les réactions qu’elle suscite en sont la preuve. J’ai moi aussi une réponse à apporter, d’abord en tant qu’étudiante en médecine, profession qui se veut humaniste. Il me semble que l’engagement ds des études médicales se rapproche de l’engagement humanitaire. Au-delà de l’invocation de vocation, cette volonté d’être médecin m’a amené à réfléchir sur mes “bons sentiments”, mes “bonnes intentions”. Ma réflexion forcément fait appel à ma vision de l’Homme, peut-être radicale. J’espère ne choquer personne. Comme l’a dit Nietzsche, et comme l’a relevé qqn + haut, je crois qu’il n’existe pas de bonnes intentions. Je voudrais à cet instant faire référence à la scène du film Le fabuleux destin d’Amélie Poulain où Amélie traverse un pont et est envahie par un élan d’amour dont vous connaissez les effets autour d‘elle. Il se dégage de sa décision d’aider les autres une impression de pureté absolue. Je trouve que le cinéma donne aux Hommes une dimension qu’ils n’ont pas ds la réalité. Les Hommes me semblent en effet par essence des êtres intéressés, égoïstes, ttes leurs actions me paraissent impures. (Je m’excuse d’avance pr les formules ttes faites que je vais employer, je n’ai pas trouvé mieux) La quête de l’absolu, qu’ils ne peuvent s’empêcher d’entreprendre, est douloureuse et désespérée. La vie est un compromis. Un compromis avec sa laideur personnelle. Un compromis avec les impuretés engendrées par notre condition humaine. Il entraîne sa propre douleur, celle de sa capitulation devant sa laideur, s‘ajoutant à la douleur engendrée par cette laideur. Attention à ne pas faire trop de compromis avec ses principes cpdt ! Je parlais en 1er lieu de faire les compromis nécessaires pr ne pas s’anéantir de dégoût, ceux nécessaires pr vivre. Faire de l’humanitaire notamment est un compromis avec ses principes, si on est d’accord avec le fait qu’il n’existe pas de bonnes intentions. On peut se détester de “vouloir soulager le monde”, “apaiser la douleur des hommes”, en considérant l’ironie de ces expressions, car au fond même si on ne veut pas l‘accepter c‘est cela qui nous anime. Mon discours pr l’instant empêche d’aider, d’une manière générale, de par la perversion de l’acte. Je pense cpdt que l’acte d’aider peut être réhabilité au nom seulement de ce compromis dont j’ai parlé + haut. L’Homme doit aider, même si c’est par intérêt (celui inhérent à l’intention humaine seulement, qu’on en soit conscient ou pas) tt simplement car c’est un acte utile, indispensable à l’humanité. Les effets valent la peine de se torturer la conscience. Cette torture me semble cpdt indispensable pr cerner les limites de son engagement et vérifier qu’on agit exclusivement au nom du compromis. Nos vraies intentions, par faiblesse, par lâcheté peuvent être illusions... Je ne réhabilite pas l’humanitaire pr des raisons obscures, malhonnêtes, vouloir moi aussi faire de l’humanitaire et me justifier. L’Homme ne peut tenir en place... Comme vu précédemment chq action réalisée par l’Homme doit tjrs être réhabilitée avt au nom du compromis, je juge simplement en conscience que celle-ci peut l’être, comme certaines, et pas comme d’autres. Mon argumentation est basée sur le postulat de départ suivant, l’humanitaire est utile. Pr reprendre le témoignage de Pollyson, on peut considérer qu’il accentue la fracture Nord/Sud, dc que l’humanitaire est néfaste, nuisible, ou si l’on est + mesuré, inutile, inefficace. Ceci est une considération déterminante et centrale. La misère existe de fait. Je pense que l’humanitaire, du moins 1 certaine pratique, est utile, ne serait-ce pr éviter les ressentis d’abandon. D’autant + que les sociétés occidentales ont leur part de responsabilité... Je suis tt de même d’accord avec Pollyson pr dire que l’humanitaire n’est pas La solution pr combattre la misère, celle-ci devant être politique. (Entre parenthèses, concernant l’engagement politique, je tiendrai le même discours que celui tenu à propos de l’engagement humanitaire. La raison malhonnête pr laquelle on peut vouloir s’engager est ici la satisfaction créée par la conquête, le pouvoir. Un compromis avec cette malhonnêteté est cpdt acceptable, les hommes politiques étant indispensables au fonctionnement de nos sociétés.) L‘ampleur gravissime que prend l’épidémie du SIDA ne peut être neutralisée que par 1 décision politique. Celle-ci impliquerait de s‘accorder 1 + grde marge de manœuvre par rapport à l‘économie... Pourvu que nous vienne un homme, Aux portes de la cité, Qu’il ne s’agenouille pas, Devant tout l’or d’un seigneur, Mais parfois pour cueillir une fleur. J. Brel En attendant cet homme, il me paraît impossible de ne pas agir. Pourquoi l’humanitaire a + de “succès” que la politique ? La politique est sûrement + contraignante, ses effets sont parfois difficilement observables, c’est un travail sur le long terme, il n’y a pas ou peu de retour... C’est peut-être ainsi qu’on peut mettre en évidence le paradoxe de l’humanitaire, servir les autres en se servant soi-même, ou l’inverse... Pr en revenir à mes considérations précédentes car j‘ai fait des parenthèses qui j‘espère ne perturberont pas l’intelligibilité de mes propos, ceux qui s’engagent ont tranché du côté de leur utilité. Leur avis est cpdt subjectif et si objectivement (le + possible) leur engagement ne s’avère pas efficace dc inutile il n’est pas acceptable au nom du compromis. L’utilité, autrement dit l’efficacité, est une autre condition indispensable pr effectuer une mission humanitaire, elle justifie le compromis. Je veux dire par efficace, s’investissant tte la durée du projet humanitaire, de son montage à sa réalisation, en fct bien sûr de ses disponibilités, ne venant pas de tps en tps pr se justifier. Il faut rappeler l’engagement financier qu’1 mission représente, la manière (dons) dont l’argent a été récolté, la difficulté avec laquelle il a été obtenu. Je n’ai cpdt pas un avis aussi tranché que Trans qui, peut-être en raison de cet argent en jeu , recherche la “productivité” des missionnaires humanitaires. Je suis volontairement provocante car j’avoue avoir été un peu vexée par ses propos, me sentant visée lorsqu’il parle des jeunes-plein-de-bonnes-intentions. (Même si notre démarche d’aider est très réfléchie, lorsque l’on veut intégrer le milieu associatif on redoute d’être perçu ainsi. En même tps nos bons sentiments sont faux comme je l’ai dit + haut et l’ironie de l’expression est juste. Cette vérité met tellement mal à l’aise, vis à vis de soi-même, vis à vis des associations.) Ce doit être de l’orgueil mais pas seulement, former les gens afin qu’ils acquièrent les compétences recherchées les rendraient efficaces. Je n’ai pas l’expérience de Trans pr donner un avis sur le fait que l’humanitaire soit une affaire de professionnel(le)s ou pas. J’ai simplement l’intuition que les associations peuvent être efficaces, si elles ont une conception juste de l’humanitaire, de leur rôle, si elles ont une certaine expérience. Rapidement, concernant la question de l’engagement en France ou à l’étranger, je pense que les intentions sont + ou - différentes. A l’étranger la part d’envie d’aider et celle d’envie de découvrir de nouveaux horizons, de s’enrichir personnellement, sont difficilement évaluables et confrontables. Elles varient d’1 personne à l’autre. C’est à chacun de les mesurer et d’évaluer en conscience si les proportions sont acceptables. De + à l’étranger l’engagement peut prendre à nos yeux 1 dimension + grde, assez valorisante, dc attention aux dérives. Pr conclure sans que ceux qui souhaitent faire de l’humanitaire ne se sentent davantage accablés que ceux qui ne le souhaitent pas, je rappellerai que la volonté des 1ers reste une marque d’altruisme louable (Certains devraient s’interroger quant à eux sur leur indifférence) et précieuse pr notre humanité, bien qu‘il me semble qu‘elle cache une quête de reconnaissance, de gratification, d’enrichissement personnel, moralement acceptable ds crt limites strictes, définies par le compromis. J’espère que personne n’a décroché avt la fin ! A bientôt sûrement sur le forum ! Alix
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