
ivo Brousse, Niger

27 décembre 2005 à 8:28
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Ce qui est marrant avec cette histoire, c'est que en partant du principe que des individus veulent en "aider" d'autres, la problématique qui semble en ressortir, ce n'est pas la population cible, mais l'individu qui part. Je ne sais toujours pas pourquoi je suis sur le terrain: ce qui est sur, c'est que je m'y plais, sans quoi je serai déja parti. Pourquoi je m'y plais? C'est là que moi, en tant qu'individu, je supplante l'objet de ma présence sur le terrain: si je reste, c'est que les conditions font que je ressens du bien à être ici. Si tous les jours je me lève avec une boule au ventre, l'envie de vomir de trouille, de pleurer de tristesse ou je ne sais quoi encore, alors que que les objectifs de ma présence ("aider les Autres") sont atteints, est ce que malgré tout j'aurai envie de rester? Pourtant, certains matins je me lève avec le moral dans les chaussettes et le motivomètre proche du zéro. Je râle parce que des gens iciç sur le terrain ne me disent pas merci pour certaines choses: je ne veux pas de médaille, mais je veux être reconnu localement pour ce que je fais auprés des gens. Je veux avoir le sentiment d'exister à leur yeux en concrétisant un projet. Chanque individu n'en revient qu'a soi: j'ai aidé quelqu'un, ça me réchauffe le ventre: les personnes qui ne trouvent aucun intéret dans les menus gastronomiques continuent à manger. S'investir dans une action, s'est afirmer son existence auprés des autres, dire "j'existe". Ici avec Marsu on a traversé des moments où on était tous les deux démoralisés, à se demander ce qu'on faisait là: parce que les conditions n'étaient pas réunis pour qu'on se sente bien, nous, et pas les villageois avec lesquels on travaille: eux durant ce moments là étaient toujours soignés, formés. POurtant on est encore là, car on a pas atteint le seuil de rupture, c'est à dire le moment ou nous, acteurs de terrain, on craque! Ce n'est pas vraiment une question d'égoisme, mais plus une question de contentement de soi: j'ai bien travaillé aujourd'hui, je peux me coucher heureux; Je ne sais pas si ça fait avancer le schmilblick, mauis comme dirait l'autre, c'est mon avis. Sur ce, bonne journée.
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