
Otylia France
28 décembre 2006 à 20:25
Message 182 de 237
Consulté 1 064 fois
Signaler ce message aux modérateurs
Haut de la page
|
Remarque intéressante : dans tous les messages que j'ai lu, vous êtes le premier à avoir relier l'Humanitaire à la religion. Il est vrai que pour un croyant et ce, quelle que soit sa religion, le devoir de charité est incontournable (et je suis croyante). Cependant, je crois qu'il n'est point besoin d'être croyant pour s'engager. Les valeurs républicaines ou encore le sentiment de solidarité recouvrent les mêmes valeurs. S'engager dans l'humanitaire, c'est avant tout être humaniste. L'humaniste croit suffisamment en l'homme pour être capable d'oublier un peu sa propre personne pour valoriser autrui. Pour cela, il sera à l'écoute, prendra soin de découvrir les us et coutumes de l'autre, sollicitera des savoir-faires et des compétences locales auxquels il ajoutera humblement les siennes afin d'améliorer l'ordinaire et donner à autrui les moyens de s'épanouir. Quant aux problèmes que vous évoquez, ils me semblent plus complexes. 1 : Le problème est que les dirigeants d'organismes s'autoproclamment bien souvent présidents, du fait qu'ils fondent eux-mêmes leurs associations. Cette fonction ne s'appuie donc que rarement sur leur expérience, leur réputation ou leurs compétences. Elle est avant tout basée sur leurs motivations personnelles, leurs convictions ou leurs manques affectifs. Fondateurs, ils veulent souvent tout décider, tout chapoter, même s'il n'en trouvent pas toujours le temps ou si leurs projets sont mal réalisés. Et c'est là, hélas, que l'ambition et la reconnaissance exigée prennent le pas sur l'aide humanitaire. J'ai rencontré beaucoup de personnes malhonnêtes lors de mes voyages humanitaires, qui n'hésitaient pas à se faire valoir sur le travail des autres, simplement pour avoir le sentiment d'exister, d'être une Mère Thérésa dans le coeur des pauvres... Mais heureusement, il y a aussi de petite associations sympas, ouvertes et capables de considérer chaque adhérent comme un élément moteur et qui développent les partenariats avec modestie et pure générosité. 2 : Quand c'est le cas, les experts ne sont pas toujours nécessaires. Certaines personnes ayant eu des expériences professionnelles intéressantes se proposent parfois pour préparer les projets d'ordre structurels. Le problème des vrais experts, c'est qu'ils exigent souvent des fortunes pour effectuer des études de terrains, pas toujours indispensables et qu'ils prennent souvent les associations pour des "vaches à lait"... Pour eux, l'humanitaire est un marché à conquérir, rien de plus... 3 : Pour le contrôle financier, je suis d'accord. Les comptes de tous les organismes devraient être rendus public/adhérents, chaque fin d'année et tous les acteurs devraient pouvoir s'exprimer la dessus. Car bien souvent, les dépenses de fonctionnement sont supérieures aux coûts des opérations effectuées ou alors, l'argent est gaspillé pour des soit-disantes priorités qui n'en sont pas. Mais même avec une transparence financière, je ne pense pas que les gens participeraient davantage aux actions humanitaires. La vérité, c'est que la plupart des gens ont de petits salaires et qu'ils se fixent donc des priorités plus modestes : financer les études de leurs enfants, leur payer leur permis de conduire, organiser des vacances... Et c'est compréhensible parce qu'ils travaillent dur pour améliorer leur quotidien. Par ailleurs, la société de consommation dans laquelle nous vivons génèrent des comportements individualistes de plus en plus prononcés... Sans compter que "la peur du lendemain", la peur de manquer d'argent un jour, incite les gens à économiser perpétuellement... L'humaniste se fait donc rare et les mouvements de solidarité s'amoindrissent mais ce n'est pas une raison pour se décourager ; nous sommes tous les acteurs, les forgerons de ce monde dans lequel nous vivons ; à nous de le faire évoluer et de... continuer à croire en l'homme !
Donner, c'est recevoir deux fois
| |