
Pinoy7
Mambajao (Camiguin Island), Philippines

14 octobre 2008 à 21:21
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@jaba: Merci pour ta belle définition de culture: "je pense aux choses du passé qui ont laissé des traces visibles, sonores, et gustatives". Les traçes visibles sont très souvent des héritages du pouvoir réligieux ou du pouvoir laïque, mais rarement du "bas" peuple. Comme Yannick écrit,au Philippines ces objets datent majoritairement de l'occupation espagnole (églises, fortifications, mais aussi villas et objets d'art) et beaucoup plus rarement de l'influence chinoise (pagodes tao). Le peuple, surtout à la campagne isolée, n'a évolué que peu. Ainsi, on y trouve des outils, des objets réligieux, des instruments de muisque et des façons de construire qui n'ont pas changé les derniers 500 ans. Ce ne sont pas seulement les objets qui portent la culture, mais aussi la façon de vivre. A ce moment j'observe mes voisins pêcheurs qui ont suspendu un filet à 200m. Ils chassent les poissons en tappant sur l'eau, en jettant des pierres, en criant et en chantant. Un autre voisin fabrique des meubles en bambou. Il n'a que ses différents "bolos" comme outils. Il n'utilise ni clou, ni plastique. Seul produit moderne est le vernis final. Les traçes sonores tu peux entendre lors d'une fiesta. Ici sur Camiguin tout le monde se prépare pour le Lanzones Festival qui commence samedi. Tous les tribus s'entrainent pour la grande parade. Ainsi, on entend chaque nuit les tambours partout dans les forêts et des terrains de basket. Si tu veux les entendre, tu touves ici des vidéo-clips avec son du Ati-Atihan 2008 de Makato et Kalibo. La musique et les costumes et masques montrent parfaitement les différentes influences (chinoises, malay, espagnoles et autres). Ou as-tu déjà entendu de la musique cléricale jouée sur un orgue entièrement en bambou? Ca crée une chair de poule. Les traçes gustatives sont aussi multiples que les différentes influences culturelles. Je ne pense pas au "chicken adobo" qui est espagnol, mais par exemple à un "kinilaw", c'est du poisson cru, préparé avec une marinade de buco, calamansi, oignions et herbes. (je salive...). Vas dans une eatery à la campagne, mets ton nez dans les différents pots, c'est beau et bon. En ville les eateries sont plutôt dègues. Pourquoi en sait-on si peu? Il n'y a pas des objets gigantesques - au contraire, au Philippines tout se joue dans des petites, très petites dimmensions. Il te faut absolument lire: "A heritage of smallness" écrit par Quijano de Manila (Nick Joaquin). Cet essay devrait être la lecture obligatoire de chaque visiteur des Philippines. Il y a d'autres raisons. Mais je ne me mèle pas dans la politique, donc je me tais. D l'autre coté les paysages sont à couper le souflle. Dès que tu téloignes des villes, la nature développe toute sa splendeur et richesse. Sais-tu que les Philippines ont la plus grande bio-diversité du monde? Ceci au-dessus et au-dessous de l'eau. Sur ma petite ile de Camiguin nous comptons 54 spécies d'oiseaux et 24 mamifères. Certains de ces animaux on ne trouve nulle part ailleurs. En 2006, des chercheurs américains on découvert un peroquet et une souris inconnus jusqu'à ce moment. Mais bon, ils sont petits (voir plus haut). Ouff, ça m'a fait du bien. J'aime les Philippines, j'aime les Pinoys et Pinays. J'y vis, j'y suis bien, j'y suis heureux. Mais quand je suis en Europe, je me fais un grand plaisir d'aller dans les musées, dans les galéries d'art, à l'opéra et au théatre. Aller voir des vieilles pierres à Rome, Venice, Paris Prague, Londres, Bruxelles, Berlin est en bon contraste. Cheers, Boo |