
pataugas
outback NSW, Australie

6 août 2006 à 10:08
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D'accord avec ce qui a été dit dans les messages précédents sur Bruce Chatwin et Arthur Upfield. Pour ce qui regarde Marlo Morgan, c'est entre la fumette et Barbara Cartland. Si tu as l'occasion de le trouver, il y a "My place" de Sally Morgan (rien à voir avec la dame nommée ci-dessus) qui ne t'apprendra rien sur la culture aborigène mais beaucoup sur la condition des Aborigènes descendant de la "stolen generation". J'aime beaucoup les touches d'Arthur Upfield, découvert très récemment grâce à des gens de ce forum (merci! ); il montre à la fois beaucoup de distance par rapports aux moeurs - des Australiens blancs et des Australiens aborigènes - et d'attachement pour les contrées de sa terre d'adoption. La culture aborigène d'Australie est très à la mode depuis peu. D'où une exploitation où chacun va tenter de tirer la couverture à soi, à son savoir acquis lors d'un stage ethnologique, d'une "initiation privilégiée", de quelques rencontres estampillées "authentiques". En Australie, un certain nombre de gens vivent quotidiennement avec des Aborigènes dans des communautés non ouvertes aux visites de touristes, à titre d'enseignants ou de personnel soignant. Après des dizaines d'années, et de leur propre aveu, ils ne savent quasiment rien tant les choses qui comptent dans la culture aborigène ne sont pas partagées avec des non-Aborigènes. L'Aborigène en tant que tel n'existe pas, d'ailleurs; c'est une invention de Blanc, un raccourci de commodité. Il y a nombre d'ethnies aborigènes (de moins en moins, actuellement 27 langues répertoriées, d'après des linguistes travaillant sur les lieux) pas toujours très confraternelles. Il y a aussi "les affaires des femmes" et "les affaires des hommes" qui demeurent secrètes les unes aux autres. Bruce Chatwin en parle un peu. Je suis tombée un jour sur un fascicule (reliure artisanale, non distribuée dans le commerce) où des Aborigènes parlaient des débuts des camps où ils ont été regroupés (années 40), donnant leur travail - souvent minier - en échange du gite et du couvert. Ceux qui parlaient "d'avant" évoquaient beaucoup les coutumes violentes qui régnaient dans leur tribu, la dureté de la vie, la liberté aussi. Curieusement, aucun d'eaux ne regrettait cette époque même si l'absence de liberté et l'obligation de travailler leur pesait à l'époque où ces témoignages ont été recueillis. Pour l'art aborigène, certains disent que l'expression artistique en tant que telle n'existe réellement que depuis qu'elle a trouvé un marché. Un ancien tondeur de moutons me raconta que lors d'un voyage en camion qui les menait, avec plusieurs tondeurs et quelques Aborigènes, d'une exploitation à une autre (distante de plusieurs centaines de kilomètres) quelqu'un demanda: - Vous pouvez m'expliquer l'histoire des kangourous sur les dot-paintings? - Ecoute, nous les kangourous on les mange, alors pourquoi veux-tu qu'on se mette à les peindre? C'est un peu rustre comme histoire mais elle reflète bien le décalage réel qu'il existe entre des cultures avides de puiser quelque aliment essentiel dans des révélations authentiques d'une culture ancienne (d'autres attendent les ovni) et la réalité des cultures en question. ------- je penche donc j'essuie
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