
isard
Argelès Sur Mer (66), France
Photo/image personnelle du membre isard.
Description de la photo/image: Montée au Canigou, partie en sous bois, dans les Pyrénées Orientales
20 décembre 2006 à 13:37
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Salut, A l'époque j'avais 8 ans; je passais mes vacances comme chaque été à Formiguères à la montagne avec mes grands-parents. comme chaque matin, mon grand père descend au village acheter le pain. mais cette fois là, il remonte les bras un peu plus encombrés que d'habitude : il m'offre un lancer. En effet, nous avions un voisin pêcheur qui nous offrait régulièrement de belles et succulentes truites farios. A chaque fois, même rengaine de ma part : " papy, papy, je pourrai pêcher un jour moi aussi ????", et à chaque fois je devenai plus pressant !!! Le cadeau déballé, mon gentil voisin passe sa matinée à m'apprendre à lancer avec un minimum de précision. Et l'après midi, ce sera travaux pratiques en sa compagnie dans la rivière au dessus du village. Il attrappe 3 truites, mais moi rien. Je passe ma journée à accrocher ma cueillière à tout ce que je peux trouver. mais cela n'ébranle pas d'un poil ma motivation, et les jours qui suivent j'y reviens en compagnie de mon grand père. Et à chaque fois que je m'accroche, c'est bien sûr papy qui va dans l'eau pour décrocher la cuillière. Au bout de 5 jours de pêche infructueuse, et voyant que je commence à désespérer d'avoir seulement une touche, mon grand père me propose d'aller pêcher dans un lac de sa connaissance. Ce jour là, je troque donc ma cuillière contre un train de mouche et nous voilà parti pour une petite demi heure de marche. Sur le chemin, je m'en souviens encore : je marchais fier comme un coq dans mon nouvel habit tout vert de pêcheur : le treilli, le tee shirt, la veste de pêche et même le sweat vert malgré la chaleur, rien n'avait été laissé au hasard !!! Nous arrivons vers 16h00 à la Bassette, l'heure du gouter chez les truites selon notre voisin pêcheur. Personnellement, j'étais bien décidé à louper le mien pour enfin en attrapper une !! Effectivement, il y a énormément de gobages, c'est un véritable ballet qu'elles nous offrent. Mon coeur bat au rythme des gobages, c'est à dire à 300 à l'heure, et pourtant je n'ai pas encore fait un seul lancer !!!! Un fois mon train de mouche monté par mon très patient grand père, je fais mes premiers lancers du rivage le plus proche du chemin par lequel nous sommes arrivés. C'est incroyable, les truites gobent moustiques, moucherons et autres autour de mon train de mouches, mais rien pour moi. Je désespère. Pourquoi ne veulent elles pas mordre ? Et pourquoi s'amusent elles à me narguer en s'activant encore plus autour de ma ligne ? C'est sûr, j'ai trouvé, c'est la faute de mon grand père : il est allongé dans l'herbe, il ne parle pas, mais il fait malgré trop de bruit, ou alors n'étant pas habillé en vert (la tenue miracle par excellence pour le bon pêcheur) les truites le voient et du coup ne mordent pas à mon hameçon ; c'est logique. Je change donc d'endroit. De l'autre côté du lac, j'aperçois une petite île. Allez, c'est parti. Je me mouille jusqu'à mi-cuisse pour y accéder, mon grand père peste de l'autre côté du lac (bon sang, s'il continue à crier il va faire fuir toutes les truites !!!), mais finalement je me retrouve sur mon île, heureux. Au bout d'un quart d'heure, toujours rien, et je n'ai plus d'excuses. Ma vigilance baisse.Je lance, je ramène doucement, mais mon regard quitte de plus en plus fréquemment mon buldo pour se porter vers les cimes. Au delà de la falaise, c'est Camporeils, domaine que je connais déjà par coeur. Sur ma gauche, il y a les Bouillouses, et je m'imagine en train de randonner dans ces espaces magnifiques. Tout d'un coup, une secousse, mon coeur fait un bond : c'est trop violent pour que je me sois accroché. Je n'ose y croire. Je cherche mon train de mouche, je ne le trouve pas, mais je vois une tache allongée jaune qui zigzague sous l'eau ... une truite fario .... et mon buldo qui suit la truite ! Impossible, j'ai une truite au bout du fil ! Je suis tétanisé. Que faire, on m'a appris à lancer, mais que faire quand on a une truite ? Je retrouve un semblant de lucidité : allez je dois mouliner ! Que c'est dur, la truite ne se laisse pas faire et elle a beaucoup de force, c'est incroyable pour un petit bout de poisson comme ça !!! Mais finalement sans m'en rendre compte, je mouline comme un fou .. trop vite ... la truite arrive à s'enfuir. Et je reste là tout tremblant sur mon île. J'ai eu ma première touche. Je ne sais que penser : je suis heureux d'avoir gouté à cette joie, mais très frustré de ne pas l'avoir ramenée. il me faudra ce jour là plus de 30 minutes pour arrêter de trembler et me remettre à pêcher. Finalement, j'arriverai à sortir une truite peu après. Je la mesure : elle fait 21 cm. Pas de chance, la maille est à 23cm, je dois la relacher, le sort s'acharne sur moi, le destin ne m'a sans dout pas prévu une carrière de pêcheur. Pourtant mon grand père la mesure à nouveau : 23 cm. Ouf, on peut la garder. Finalement, je serai pêcheur. Je n'ai jamais loupé une saison depuis cette année là. Je tiens à préciser que c'est la seule fois où j'ai gardé une truite qui ne faisait pas la maille, car vous l'aviez déjà compris, mon grand père avait "arrangé" la mesure. Voilà, je ne sais pas si je l'ai bien retranscrite, mais cette journée est une des plus riches en émotions jusqu'à ce jour. Un souvenir inaltérable, j'ai eu l'impression de le revivre lors de l'écriture de ce post, et je le revis à chaque fois avec la première truite de la saison. Bye. Christophe
(Ce message a été modifié par isard le 20 décembre 2006 à 13:42.)
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