
hery
Youvarou, Mali
Photo/image personnelle du membre hery.
Description de la photo/image: Pirogues au Lac Koriéntzé (delta intérieur du fleuve Niger au Mali) ...
23 janvier 2008 à 5:48
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Bonjour, pour gagner du temps, je vous présente un interview donné du chef de la Mission culturelle de Djenné. Là, il s'explique ... : Écrit par Levy DOUGNON 13-08-2007 YAMOUSSA FANE, CHEF MISSION CULTURELLE DE DJENNÉ « Djenné renferme les témoignages d'une civilisation disparue » Djenné devra son développement rapide à son inscription sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. Dans l'interview ci-dessous le chef de la Mission culturelle de Djenné, Yamoussa Fané, évoque l'architecture unique de Djenné, les contraintes liées à son statut mondial, les infrastructures acquises et les retombées du tourisme sur la ville historique. OKN : Vous étes le chef de la Mission culturelle de Djenné, pouvez-vous nous dire ce que c'est qu'une mission culturelle et quels sont ses objectifs ? Yamoussa Fané : Une Mission culturelle a pour mission d'assurer la mise en ouvre de la politique nationale en matière de préservation et de mise en valeur du patrimoine culturel, classé patrimoine national du Mali et patrimoine mondial de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco). A cet effet, elle est chargée d'inventorier les biens culturels mobiliers et immobiliers présents sur le site ; élaborer et mettre en ouvre un plan de conservation, de restauration et de promotion du site ; assurer la participation des structures communautaires et des associations culturelles à la gestion du site ; exploiter et diffuser les sources écrites et orales de l'histoire locale. Une mission culturelle est dirigée par un chef de mission nommé par arrêté du ministre chargé de la Culture sur proposition du directeur national du patrimoine culturel. Le chef de mission culturelle est chargé, sous l'autorité du ministre chargé de la Culture, de diriger, coordonner, animer et contrôler les activités du service. Il a rang de chef de division. Une mission culturelle comprend les bureaux suivants : le bureau recherche et conservation, le bureau sensibilisation et promotion. Le bureau recherche et conservation a pour mission d'inventorier les biens mobiliers et immobiliers du site et assurer leur conservation et leur mise en valeur ; élaborer et mettre en ouvre un plan de conservation, de restauration et de promotion du site ; assurer le contrôle des activités de recherche sur le terrain ; collaborer avec les institutions nationales et internationales de recherche ; contribuer à l'élaboration et à la mise en ouvre du programme d'aménagement culturel. Le bureau sensibilisation et promotion a pour mission de diffuser les informations relatives au site pour le faire connaître ; assurer une large diffusion des textes en vigueur relatifs à la protection du patrimoine, notamment classé ; mener des activités culturelles tendant à préserver et à valoriser l'ensemble du patrimoine du ressort de la mission ; associer les structures communautaires traditionnelles, les associations culturelles, les commissions régionales et locales de sauvegarde du patrimoine culturel et les collectivités territoriales à la protection et à la promotion du site ; exploiter et diffuser les sources écrites et orales de l'histoire locale. OKN : Quels ont été les critères qui ont prévalu au classement de Djenné comme patrimoine mondial par l'Unesco ? Y. F. : Les villes anciennes de Djenné sont inscrites depuis décembre 1988 sur la liste du patrimoine mondial selon les critères III et IV ; à savoir la valeur exceptionnelle de son architecture de terre, qui a influencé le mode de construction de toute la sous-région et les sites archéologiques (Djenné Djéno, Hambarkatolo, Tonomba, Kaniana, Algassouba et Welingara), qui renferment les témoignages d'une civilisation exceptionnelle disparue. OKN : Qu'est-ce que Djenné gagne grâce à son statut de patrimoine mondial ? Y. F. : Le statut de patrimoine mondial de Djenné confère à la ville une renommée touristique presque inégalée dans la sous-région. Depuis quelque temps le nombre de touristes ne fait que croître (8981 touristes en 2003 et 9456 en 2004, selon l'Omatho/Djenné). La ville a reçu plus de 15 000 visiteurs en 2005, toutes nationalités confondues. Les implications économiques sont nombreuses et se traduisent par des créations d'emploi, la restauration, l'artisanat et les retombées pour le petit commerce. Le tourisme contribue pour 30 % aux ressources internes de la Commune et a constitué 60 % des ressources mobilisées en 2003 et 2004. En plus des ressources générées par le tourisme, la ville a bénéficié de plusieurs projets dont entre autres : la construction en 1993 de la route bitumée Djenné-RN6 d'une longueur de 30 km dont environ 4 km entre le fleuve et la ville ; l'électrification en 1996 de la ville sur financement propre d'EDM-SA ; le projet d'adduction d'eau de la ville en 1992 financé par le Canada ; la réalisation du château d'eau en 1996, ouvre de la Coopération allemande (KFW) ; les projets de restauration et de réhabilitation de l'architecture traditionnelle financés par le Musée national d'ethnologie de Leyde (Rijksmuseum voor Volkenkunde Leiden), etc. La première phase de ce projet (1996-2003) a permis de restaurer une centaine de maisons monumentales. La seconde phase (2004-2007), en cours d'exécution, prévoit la réalisation des activités suivantes : 21 crépissages ; 5 crépissages plus documentation ; 11 restaurations. Le projet pilote pour l'infiltration des eaux usées : ce projet, financé par les Pays-Bas, a permis la construction dans les quartiers de Algassouba et de Yoboucaïna de plus de cent systèmes d'infiltration des eaux usées et la formation d'ouvriers locaux. Les résultats sont probants. Les rues desdits quartiers sont assainies, remédiant ainsi à la stagnation des eaux usées. Le projet de réalisation de systèmes d'infiltration : ce projet, financé par la KFW, a permis de réaliser 800 minis égouts à travers la ville. Le réseau d'évacuation des eaux pluviales : le réseau d'évacuation des eaux pluviales prévu dans le cadre du schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme de 1992 a été réalisé. Il comprend 6,5 km de caniveaux de dimensions variables : 40/40, 60/60, 70/70 et 80/80 ; 1,160 m de cunettes. La longueur totale des ouvrages d'évacuation des eaux pluviales est de 8,4 km (caniveaux et cunettes) La voie digue Djenné Mougna-Saye avec des voies secondaires à l'intérieur de la ville ; la restauration de la Grande mosquée de Djenné par le Réseau Aga Khan pour la culture. La construction du Musée de Djenné financée par l'Union européenne. La construction de la bibliothèque des manuscrits financée par le Psic. OKN : Le statut de patrimoine mondial comporte-t-il des contraintes et quelles sont les mesures d'accompagnement ? Y. F. : L'inscription des villes anciennes de Djenné en lettres d'or au panthéon des sites du patrimoine mondial n'est plus un bien des populations, mais un patrimoine universel. Elle constitue non seulement une fierté seulement pour les Djennékés en particulier mais aussi pour les Maliens en général. Ce classement sur la prestigieuse liste du patrimoine mondial pose le problème de la gestion et de la conservation surtout pour un site vivant. Ainsi, les populations sont portées sur les modifications de plan par l'introduction de matériaux durables à cause des difficultés économiques auxquelles elles sont confrontées depuis une décennie. La diminution du pouvoir d'achat des populations, due au déficit pluviométrique, ne permettait plus de faire face aux exigences d'entretien annuel que demandent les constructions en terre. Il a été constaté, qu'en dix ans, suite à deux inventaires que 30 % des maisons avaient disparu faute d'entretien. Pour préserver cette belle architecture, caractéristique de notre identité nationale, d'une disparition inexorable, le Mali a initié en 1996 le Projet de restauration et de conservation de l'architecture de Djenné financé par le Royaume des Pays-Bas. La première phase de ce projet (1996-2003) a permis de restaurer une centaine (100) de maisons. La seconde phase (2004-2007) en cours d'exécution prévoit les activités suivantes : 21 crépissages ; 5 crépissages plus documentation ; 11 restaurations. Ces projets de restauration, qui ont privilégié les façades monumentales, ont permis de sauver de la disparition de plusieurs maisons et de transformer l'ancien tissu urbain. Cette dynamique de restauration doit se poursuivre afin de couvrir l'ensemble du tissu ancien. En plus de la restauration de l'architecture, la ville a bénéficié de plusieurs projets de développement cités plus haut. OKN : Vous êtes à la phase d'élaboration du plan de gestion et de conservation des villes anciennes de Djenné, pourquoi maintenant et quels sont les avantages de ce plan ? Y. F. : Depuis son inscription en décembre sur la liste du patrimoine mondial, les villes anciennes de Djenné n'ont pas disposé d'un plan de gestion et de conservation. Eu égard aux nombreux changements constatés tant dans l'ancien tissu urbain que sur les sites archéologiques, la Mission culturelle procède à l'élaboration d'un plan de gestion et de conservation des villes anciennes de Djenné dont l'objectif final est une vision partagée de tous les acteurs pour une bonne conservation et une promotion des villes anciennes de Djenné. Ce plan de gestion et de conservation permettra une gestion consensuelle des villes anciennes de Djenné. Il permettra aussi de contribuer de la façon la plus efficace à la préservation et à la mise en valeur de la ville de Djenné dans une perspective de développement durable. A l'issue de ce travail, les limites de la zone classée ainsi que les zones tampons seront mieux définies permettant aux populations de réaliser certaines de leurs aspirations. Propos recueillis par Lévy Dougnon (Radio Jamana Djenné) hgb ------- « Fortune : forte en thunes » Michel Leiris
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