
eliade
France
4 octobre 2008 à 23:30
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Le premier festival de tags sera tenu récemment à Prague
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RÉPUBLIQUE TCHÈQUE • L'art de rue prend ses quartiers à Prague Le premier festival de tags s'est tenu récemment dans la capitale tchèque. L'occasion, pour l'hebdomadaire Respekt, de faire le point sur cet art qui s'attire des critiques virulentes. Dessin d'Ajubel, Espagne ©cartoons@courrierinternational.com voir la galerie d'images Pasta Omer, l'un des pionniers du tag de la scène tchèque, guide une trentaine de personnes dans les rues de Prague et leur dévoile des lieux remplis de l'histoire des tags et des arts de la rue. C'est la première fois qu'il fait cela. "Avec ses feutres Krink, explique-t-il, KR crée des textures incroyables. Ses encres très fluides et très couvrantes sont ses outils les plus précieux. J'utilise des termes des tagueurs", dit-il en réponse aux regards interloqués que suscitent ses propos. "Je m'excuse si vous ne comprenez pas, mais sinon on y passerait la journée", lance-t-il face au mur barbouillé de jaune et de bleu. Ce mur a été tagué par le New-Yorkais KR, alias Craig Costello, venu spécialement à Prague pour NAMES, le premier festival tchèque des arts de rue. "Comme pour beaucoup d'œuvres d'art contemporain, on peut penser : même ma mère pourrait faire ça. Mais c'est faux, votre mère n'y arriverait pas", affirme Pasta Omer. A l'origine du festival NAMES se trouve Jan Kalab, un ancien compagnon de route de Pasta dans leur combat commun pour transformer à l'aérosol des lieux pragois gris et tristes en quelque chose de plus coloré. Pasta Omer et Jan Kalab, alias "Point", ne déambulent plus guère dans les rues de la capitale une bombe à la main. Le premier s'est imposé dans le monde du design et dirige la revue graffiti Clique ; le second dirige la galerie Trafacka. C'est la municipalité qui a confié les surfaces choisies pour les peintures murales et tags à la galerie Trafacka. La plupart d'entre elles sont situées dans les quartiers limitrophes, mais quelques-unes se trouvent dans le centre-ville : l'Allemand Loomit s'est ainsi vu confier une immense surface dans une brèche à quelques mètres du Théâtre national – il l'a décorée d'un gigantesque huit couché, sur lequel semblent progresser des chars militaires. "Ce tunnel est une des zones de tags les plus anciennes de Prague", explique Pasta sur le pont de chemin de fer de Palmovka, alors qu'un train nous dépasse dans un bruit fracassant. "L'apogée fut atteinte en 1998, mais un an plus tard un tagueur très prometteur a fini sous un train. Depuis cette époque, la police est plus répressive, et pour les tagueurs cette zone n'est plus intéressante." Pendant la promenade, Pasta nous rappelle que les graffitis, et l'art de rue en général, ont acquis ici ces dernières années un statut quasi officiel : la plupart des artistes n'utilisent que les surfaces légales ou exposent dans les galeries. Il reste tout de même une branche radicale de cette scène qui ne veut en aucun cas négocier avec la municipalité. Mais, en matière de reconnaissance, tout n'est pas gagné. "Ces derniers temps, les médias ont commencé à traiter les tagueurs de vandales et ce point de vue est par endroits encore vivace", dit Pasta. A lire dans la presse les positions récentes de Milan Knizak, directeur général de la Galerie nationale, pourtant connu pour ces positions anticonformistes, cet amalgame systématique entre graffiti et vandalisme est encore très répandu, même parmi des gens censés être proches du fait artistique. "Je vois un parallèle clair entre la volonté hystérique de laisser sa trace sur un mur de béton et le fait de jeter une bombe dans un supermarché", a déclaré M. Knizak, critiquant par la même occasion la municipalité d'avoir subventionné le festival NAMES. C'est "un soutien à une culture décadente", à des gens qui sont "dans leur grande majorité des adolescents ratés, sans talent et sans éducation". Oubliant de mentionner que le budget du festival a été en grande partie couvert par des partenaires privés – la ville de Prague n'ayant déboursé que 2 000 euros, une somme symbolique vu le prix des peintures spéciales utilisées pour ce street art.
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