
geob
France

3 octobre 2007 à 7:00
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Re: [gildadesiles] Résistance
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Bonjour, L'histoire d'un pays ressemble a la vie d'un etre humain, avec son courage et sa lachete, ses prises de risques et ses compromissions, ce n'est donc pas parfait, et ca vaut pour tous les pays. Un pays qui refuse son passe, le nie, qui ne l'assume pas, sans tomber dans une absurde repentance ( et dire qu'on a meme pas ete fichu de celebrer le bi-centenaire de la bataille d'Austerlitz), est un pays qui a peur de l'avenir, et qui veut vivre que dans le present, un eternel present festif. L'effrondement de la societe francaise, dans toutes ses composantes, cet ete 1940, s'explique, d'apres certains historiens, par le traumatisme de la guerre de 14/18. Les Francais ne voulaient plus consentir a nouveau aux sacrifices de nouvelles generations. Il faut s'interesser surtout a l'histoire du 19 ieme siecle (la guerre de 14/18 est peut etre la derniere guerre du 19 ieme !), et celle du 20 ieme nous devient comprehensible. (lis "le 19ieme siecle a travers les ages" de Philippe Muray, il te surprendra). C'est Napoleon qui a commence a affaiblir la France de "Tirez donc les premiers, messieurs les Anglais", la France de "Valmy", la France qui, apres l'experience napoleonienne, est devenue une puissance moyenne, et la boucherie de 14/18 l'a definitivement etablie dans cette position. Je ne m'attarderai pas sur cette catastrophe que fut le retour de l'ile d'Elbe, et ces "100 jours" qui ont coute si cher a la France, et venons a 1870 Sur cette periode de 1870, il faut lire les journaux des ecrivains, les romans rageurs de Georges Darien, comme "Bas les coeurs", "L'epaulette" - et son pamphlet "La belle France", les livres de Taine sur la construction de la France contemporaine. Et aussi, consulter des ouvrages sur la Commune. On se rend compte que 1940 etait deja deja dans 1870. La France de Napoleon III s'est ecroulee a une vitesse stupefiante, par contre, le nouveau pouvoir, incarner par Thiers, a montre beaucoup de pugnacite pour ecraser la Commune, sous les yeux de l'occupant prussien qui fumait la pipe en assistant au "spectacle" de Francais massacrant d'autres Francais. Ca ne t'evoques rien ? Vraiment ? Je trouve qu'il y a de terribles analogies ! Il ne s'agit pas de s'autoflageller, on ne refait pas l'histoire, mais il ne faut pas la nier, mais l'accepter et rester lucide, ne pas avoir peur de l'avenir. ( cette peur qui nous fait perdre du temps dans la construction d'une Europe politique, ainsi, quelle erreur, quel manque de courage politique d'avoir refuser la C.E.D. en 1954!) Philippe Muray, depuis une vingtaine d'annees, a jete un regard lumineux et ironique sur notre societe qui a est sur un autre temps historique (aux U.S.A, Christopher Lasch, je l'ai decouvert en lisant Muray)> Hier, on se demandait "Qui veut mourir pour Dantzig?". Aujourd'hui, si quelqu'un posait la question "Qui veut mourir pour Rangoon" s'attirait les risees de tous, et encore plus pour "Qui veut mourir pour Taipeh", d'ici quelques dizaines d'annees, peut etre moins, et, esperons, jamais, car tous ces evenements tragiques ne sont que des "spectacles mediatiques" et le resterons pour nous, nous qui sommes trop occupes dans notre eternel present festif et consumeriste. Alors, si un jeune birman m'avait demande "qu'est-ce qu'on peut faire", moi, qui habite a Paris, pres de l'avenue "Des cinq lyceens fusilles par les Allemands", jamais, au grand jamais, je me serais permis de lui repondre : - Rien ! Tout a coup, je me dis que je pourrais parler du premier reseau de resistance, dit du "Muse(r) de l'Homme", vite demantele grace aux...bon, ca fait parie de notre histoire, avec ses ombres et ses lumieres, ses heros et ses traitres, et tous les autres, la majorite, nous tous, qui laissons passer en attendant des jours meilleurs, comme dirait le grand pere d"Anassa dans sa formule brillante et lapidaire. Voila, je n'ai, et je n'aurai plus rien a ajouter, car, apres tout, chacun pense ce qu'il veut., et, comme l'ecrivait Alexandre Vialatte, en guise de conclusion de toutes ses chroniques parues dans la "Montagne": "...Et c'est ainsi qu'Allah est grand!"
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