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Forum > Thèmes > Voyager à vélo > Retour d'Arménie à vélo de mi-septembre à mi-octobre
 

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picpa
Marseille, France

31 mars 2008 à 16:00

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Retour d'Arménie à vélo de mi-septembre à mi-octobre Répondre

   
Comme j’avais trouvé très peu d’infos sur cette destination, je vous communique mes impressions pour combler un peu ce manque sur l’Arménie à vélo.


On début, on cherchait une destination un peu éloignée des circuits touristiques classiques, avec une population accueillante, des beaux paysages avec du dénivelé, et une région où on pouvait planter la tente régulièrement sans trop se poser de questions. Ce voyage a duré un mois entre la mi-septembre 2007 et la mi-octobre 2007. On a volontairement limité le kilométrage quotidien pour prendre le temps d’avoir un vrai échange avec les personnes rencontrées, mais pour l’Arménie il vaut mieux raisonner avec le dénivelé. L’itinéraire « prévu » initialement a un peu été contrarié car notre compagnie d’avion nous a livré les vélos avec plusieurs jours de retard (se balader avec 4 sacoches de vélos + ou- à bout de bras a vraiment été une grosse galère en attendant nos montures pour lesquelles on n’avait aucune date donnée pour leur arrivée…).


On avait prévu initialement de faire le tour du lac Sévan et de descendre vers le Sud jusque si possible à la frontière avec l’Iran. Au final pour rattraper les 5 jours sans vélo on a décidé d’attaquer directement par la voie rapide au sud de Erévan pour descendre jusqu’à mi-parcours entre Goris et Kapan. On a un peu triché à partir de Goris, car les dénivelés du sud n’étant pas vraiment une partie de tout repos, on a sauté sur l’occasion quand un camion Iranien qui rentrait au pays à vide nous a proposé (sans qu’on lui fasse le moindre signe) de nous embarquer au passage. Comme on flippait un peu de savoir si on allait trouver un transport qui accepterait nos montures pour le retour et qu’un des vélos avait des signes de faiblesse dans la transmission, on a zappé le trajet jusqu’à Meghri qui nous aurait demandé beaucoup d’énergie. On a finalement trouvé un bus à Goris pour le retour qui après de longs marchandages (ni soute, ni galerie sur la plupart des bus que l’on a croisé) a accepté de nous prendre en payant les vélos comme un passager et en les posant sur les fauteuils avec la roue avant démontée… C’était limite car tous les chauffeurs de bus sauf un ont refusé catégoriquement. Il semblerait, mais c’est une supposition que les camions Iraniens font le trajet jusqu’à Erévan pleins et rentrent au pays plus ou moins vides, ce qui inciterait à persévérer pour faire le trajet entre Erevan et Megri en camion stop et revenir tranquillement à vélo pour le retour plutôt que l’inverse, sachant qu’il n’est pas possible de faire une boucle.


De retour à Erévan, on a pris le train jusqu’à Vanadzor (attention, il n’y a pas de trains tous les jours) et les vélos ont voyagés sans problème dans le compartiment à bagage. De Vanadzor, on a pédalé jusqu’à Idjevan, pour revenir ensuite sur nos pas. On a fait une petite halte à coté d’un petit lac (nom ???) où la pêche de quelques écrevisses nous a permis d’améliorer le repas du soir. On a ensuite rejoint le lac Sévan, et puis après en avoir fait le tour, on est rentré sur la capitale. La rive occidentale ressemble pour ceux qui sont du sud à l’étang de berre sans beaucoup de charme, mais la rive orientale qui n’est bordée que par une piste avec très peu de circulation a été la partie du voyage la plus sympa pour nous…


Au final le bilan est mitigé sur l’intérêt de cette destination à vélo.
Au niveau contact humain, l’hospitalité des Arméniens a été absolument fantastique. Pourtant la communication a toujours été limitée car même avec beaucoup d’effort de notre part l’Arménien est restée une langue incompréhensible pour nous, et le nombre de personnes parlant Anglais était quasi nul. Certaines personnes nous ont ouvert les portes comme de invités d’honneur, juste au bout de quelques minutes à essayer de sortir trois mots. C’était même parfois un peu frustrant car on n’avait bien souvent que notre sourire à leur offrir. Par exemple, un couple de retraités nous a proposé de boire un café chez eux et au final, ils nous ont fait un repas de fête (assez dur à digérer car on avait cassé la croûte 10min avant de les rencontrer…). Un villageois voulait absolument tuer un cochon rien que pour nous pour qu’on reste quelques jours de plus dans son village perdu au sud de Goris. Certains nous ont courus derrière pour nous offrir des pastèques (c’est commode à vélo…), d’autres refusaient catégoriquement qu’on les paye quand on s’arrêtait pour acheter quelques grappes de raisin et quelques tomates sur le bord de la route. Malgré la barrière de la langue, on a vraiment senti chez eux la fierté que des personnes puissent s’intéresser à leur pays et pas uniquement pour visiter les quelques églises très connues d’Arménie. Ils ont été toujours très intéressés de savoir pourquoi on avait choisi l’Arménie comme destination. Curieusement, parallèlement à l’accueil de certains, d’autres personnes nous ont semblées totalement hermétiques au moindre contact et ont refusées le moindre échange malgré tous nos effort à sortir les quelque mot appris pendant ce voyage.


Les repas n’ont pas été très variés, car en dehors de la capitale il n’existe quasiment pas de restos ni même de gargottes. On trouve quelques brochettes à proximité des villages mais contrairement à ce qu’on pensait il n’y en a pas partout et surtout pas à toutes les heures de la journée. Du coup les repas de base se composaient du pain lavash (sorte de chapati indien mais plus fin et plus grand), du fromage (très bon mais très salé), de tomates et de pèches et de raisins tous les deux excellents. Ce qui était très bien c’est qu’il y a dans tout le pays de très nombreuses fontaines y compris dans les zones arides. Du coup on prenait seulement pour 2 jours d’autonomie au cas où mais dans la pratique on en trouvait presque tous les jours de nouvelles fontaines. On a traité l’eau à chaque fois même si on nous disait que c’était ok car les rivières étaient carrément super crades.


Ca c’est un des gros points noirs du voyage car l’Arménie est un pays très sale et en dehors des quelques grandes villes, il n’y a aucune gestion des poubelles et tout fini dans la nature et le long des chemins. Les premiers jours notre poubelle grandissait et au bout de 4 ou 5 jours, comme on ne pouvait pas faire autrement elle a finie dans la nature sur le plus gros tas rencontré ! On a quasiment jamais trouvé de coin, même en s’éloignant des grands axes sans que l’on doive pousser des déchets avant de poser la tente ! Il fallait aussi faire très attention sur le bord des routes où on roulait pour ne pas découper en rondelles nos pneus sur les nombreux tessons de bouteilles. Les rivières, sont dans un état catastrophique car elles servent toute de dépotoir et il nous est arrivé à plusieurs reprise d’hésiter à se laver dedans après la bonne journée à pédaler. Le fil de pèche et les hameçons que j’avais prévu n’ont jamais quitté le sac.


Un des deuxièmes points qui fait que l’Arménie et peu adaptée (selon nous) au vélo est le manque de routes secondaires. Même si la circulation s’améliore grandement quand on s’éloigne de la capitale, la circulation reste assez chargée (mais les conducteurs toujours respectueux) et il n’y a quasiment pas de routes parallèles. La plupart des petites routes sont des impasses qui s’arrêtent au bout d’un fort dénivelé. Attention l’ancienne route qui mène à Djermouk n’est pas praticable en vélo+bagages comme il l’a été dit sur un précédant post (les blocs sont tellement gros et nombreux qu’il a fallu faire 6km en 3 fois : 1 pour le vélo et 2 pour les bagages…). En plus les routes principales, même si il y a beaucoup de dénivelé sont souvent des grandes lignes droites sans fin, ce qui au bout d’un moment est très monotone à vélo, surtout quand il peut se passer plusieurs jours sans croiser un arbre.


Les paysage même si ils peuvent être sympas n’ont pas étés à la hauteur de nos espérances. On ne les a pas trouvé aussi varié que ce qu’on en a lu, mais plutôt très pelés et lunaires avec un manque cruel d’arbres à part le nord et l’extrême sud où on a croise de belles forêts. En voiture, c’est peut-être différent, mais en vélo au bout d’une semaine sans avoir l’impression que rien ne change, c’est plus pesant.


J’espère quand même ne pas trop décourager ceux qui s’intéressent à ce pays car sa population à elle seule mérite un voyage. Après si la visite des nombreuses église n’est pas votre priorité et que vous pensez faire un voyage proche de la nature, il faut à notre sens y réfléchir à deux fois.
Dans les infos pratiques qui peuvent intéresser certains, il y a une consigne à la gare des trains de Erévan où l’on peut laisser des bagages pour plusieurs jours pour une somme dérisoire. On a trouvé dans un marché (c’était dans une petite rue au sud est de la Poste centrale au 9 Trigan Mets Street) du plastique à bulle pour protéger les vélos dans l’avion. C’est bien d’en avoir 3cm² sur soit pour demande ce qu’on veut parce que expliquer ce que l’on cherche avec un dessin c’est loin d’être gagné.
On peut trouver le fameux guide Bradt en anglais dont plusieurs personnes parlent sur ce forum à « l’office de tourisme » (3 rue Nalbandian) de la capitale qui a aussi plein d’adresses de logements qui ne sont pas dans les guides (qui eux comportent des erreurs).
Je vous conseille de partir avec de bons pneus (et une pince à épiler) même si les routes sont en bon état dans l’ensemble car en plus des tessons de bouteilles, on a du se frapper plusieurs fois des séances à enlever les épines dures comme du fer plantées dans nos pneus et nos semelles de chaussures par dizaines. En a trouvé ces épines en grosses quantités à coté du monastère de Noravank mais aussi un peu partout en Arménie quand la végétation était sèche. Pensez aussi à prendre une bonne bâche si vous dormez sous tente pour la protéger et que vous souhaitez la réutiliser par la suite.


Un petit cadeau qui a fait super plaisir à plusieurs Arméniens c’est de leur laisser les cartes routières (imprimées en format A4) que l’on avait trouvé en fouinant sur internet à l’adresse :
http://www.armeniapedia.org/...?title=Armenian_Maps
Comme elles étaient par région et qu’on les avait en 2 exemplaires, on les a données au fur et à mesure de notre progression.
Il ne faut pas espérer trouver des pièces de rechange pour votre vélo, qui sont pour la plupart des monovitesses (on a cependant croisé 2 vélos de courses à Erévan).


Si vous voulez voir des photos de ce voyage vous pouvez pianoter sur :
http://www.bonnegrimpe.com/photoarmenie.html
Bon voyage à ceux qui voudront tenter l'aventure

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