Forum voyage
 Billets d'avion   Chambres d'hôtel   Séjours   Circuits   Croisières   Thalasso   Weeks ends   Voitures   Annonceurs 
 Forum   Rechercher   Mon compte   Communauté VF 
Forum > Entre deux voyages > Carnets de voyage, textes de voyageurs > Retour d'Ouzbékistan: un super beau voyage! (septembre/octobre 2007)
 

Japon
 Voyages au Japon 
sejourVoyages en Asie
chambre hôtelChambres d'hôtel en Asie
billets avionBillets d'avion pour l'Asie
Voitures de locationVoitures de location

Chine
 Voyages en Chine 

Première page Page précédente 1 2 Page suivante Dernière page
Tout afficher


mamina64
Sud-Ouest, France

Photo/image personnelle du membre mamina64.


20 novembre 2007 à 17:21

Message 1 de 40
Consulté 2 676 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Retour d'Ouzbékistan: un super beau voyage! (septembre/octobre 2007) Répondre

Bon, allez, je me lance...

J'ai trop apprécié, avant mon départ, de lire les carnets des autres voyageurs pour ne pas faire profiter de ma petite expérience les futurs conquérants de l'Ouzbékistan. Mis sur papier les souvenirs vont être plus concrets et c'est aussi un peu pour vous la Tribu ! Clin d'oeil

Après pas mal de réflexions nous avons fini par opter pour un voyage "clé en mains" alliant visites culturelles, beaucoup de temps libre, randos, nuits chez l'habitant, petits hôtels traditionnels et surtout possibilité de privatiser notre groupe... et quel groupe ! quel groupe ? : trois couples de "jeunes retraités" Yolande et Jean-Marie, Annick et André, Pierre et Mamina (pour les petits-enfants et pour VoyageForum). Nous nous connaissons depuis....bof... très très longtemps, nous avons souvent voyagé ensemble mais nous sommes très séparés géographiquement, nous sommes donc ravis de nous retrouver une fois de plus ! Jean-Marie a rempli sa gourde d'eau bénite de Lorraine, André a préparé quelques bonnes réparties, Pierre part à la découverte avec son flegme habituel et nous les femmes, nous avons bien affuté notre langue... le voyage ne sera pas long, nous avons trop de choses à nous raconter ! ça va les enfants ? Tire la langue

Et puis d'abord, pourquoi l'Ouzbékistan ? certainement pas grâce aux opinions diverses et peu (!) variées des gens à qui nous l'avons annoncé : où cé ? kes ki y'a là-bas ? kes ke vous allez faire ? vous z'avez pas peur ?... ben évidemment ! un pays en AN ! proche de l'Afghanistan... des fois qu'on rencontre Ben Laden... c'est vrai que nos mésaventures ivoiriennes en ont refroidi quelques-uns... mais ça, c'est une autre histoire...

C'est donc sous un ciel pluvieux et après des embouteillages monstres que nous quittons Paris fin septembre. Une personne de l'agence nous a remis nos billets d'avion, nos passeports et nos visas à l'aéroport... petite surprise : nous sommes douze à faire le même voyage... bon on verra ça à l'arrivée... ce sont des gens charmants mais nous espérons bien être à six !

Arrivée à Taschkent à 7 h 30 nous devons reprendre un avion pour Ourgentch à 10 h. Nous avons largement le temps, du moins c'est ce que nous croyions ! juste avant nous un avion venant de Turquie a débarqué une bonne centaine de femmes, probablement des commerçantes, qui ont chacune 2 à 3 chariots remplis de colis impressionnants. Les douaniers, en fort grand nombre mais guère efficaces en rapidité vérifient minutieusement les paquets, les factures, les documents divers et, 2 h après nous n'avons pas avancé d'un pas ! il n'y a bien sûr aucun guichet de transit. Nous essayons tant bien que mal de faire comprendre à des fonctionnaires nonchalemment appuyés sur les comptoirs que l'heure approche pour nous... sans réaction... nous nous adressons à l'un d'entre eux qui semble être le chef (enfin, un peu plus agité, un peu plus de galons, comme quoi on peut vite devenir chef !) il s'en fiche aussi... un autre enfin entend notre demande et ouvre un nouveau guichet. Nous n'avons pas un temps de réaction suffisamment rapide, 2 commerçantes ont pris les devants, il nous faut encore attendre... là ça devient chaud ! et personne manifestement de l'agence dans les environs. A 10 h, l'heure du départ, nous sommes enfin en territoire ouzbek, un jeune homme brandit une pancarte à notre recherche, il avait interdiction de s'approcher plus et nous attendait bien trop loin. L'avion sera en retard, il nous attend un peu plus loin, qu'est-ce-qu'on ne fait pas pour des touristes ? c'est un Tupolev, les fauteuils sont un peu avachis, il manque parfois un bout de ceinture (les hotesses doivent les prendre pour leur démonstrations Malin ) mais tout va bien, on ne nous a pas hué pour notre retard, bien au contraire, des sourires partout, après l'air revêche des douaniers, c'est bien sympa !

Nous rejoignons donc Ourgentch, à l'Ouest du pays et nous reviendrons dans 13 jours à Tachkent en faisant le trajet par la route via Khiva, Boukhara, le désert du Kysyk Kum et le lac Aydarkul, Nurata, Samarkand, Shahrisabz, le village d'Ayakchi pour une rando, à nouveau Samarkand et la capitale.

Sortie rapide à l'aéroport d'Ourgentch. Nourali nous accueille, il sera notre guide francophone pendant le séjour. Pour l'instant nous sommes toujours 12 (!) Nourali nous conseille d'aller effectuer du change à la banque toute proche. Les premiers auront la chance d'avoir 50 euros, les derniers 20 euros, difficile d'obtenir les justificatifs (ne vous embêtez pas avec ça, vous devez effectivement dans l'avion déclarer les sommes que vous amenez et déclarer ce qu'il vous reste au départ, mais aucun justificatif n'est réclamé, ne prenez que des euros en liquide pour partir) Plusieurs fois par la suite nous avons eu du mal à obtenir des liquidités dans les banques et nous n'étions pas dans des hébergements qui permettaient le change, ne comptez pas sur les distributeurs non plus. Celà n'a toutefois pas été un problème dans la mesure où nous n'avions pas beaucoup de dépenses à effectuer et souvent nous avons pu payer en euros.

Nous montons dans un minibus Sangyong (marque coréenne) pratiquement neuf et en route pour Khiva sous un magnifique soleil.

Premiers regards sur les remparts, nous rentrons dans la vieille ville et nous voilà installés dans un petit hôtel charmant, non loin de la porte ouest. C'est une ancienne maison traditionnelle en bois entourant un jardin bien ombragé, des tapis partout, des tentures brodées sur les murs. Nous montons à l'étage, notre chambre (une véritable bonbonnière rose -Annick et André ont la même en bleu-) fait face à une terrasse couverte dont le sol est caché par des tapis très colorés et de nombreux coussins. Devant nous, au-delà des muriers de la cour, les premières coupoles bleues ou turquoises, les premiers minarets se détachent dans le ciel, le tout sur l'ocre des murs de brique... oui, ça y est... on pourrait voir passer un tapis volant... oui, ça y est... nous sommes au pays des mille et une nuits !





La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)
(Ce message a été modifié par mamina64 le 12 janvier 2008 à 8:08.)

Image attachée: 002 - regard sur Khiva - a.jpg (170 KB)

Annonceurs en lien avec l'Ouzbékistan:

» Annoncer sur VoyageForum.com
  Aucun annonceur actuellement en lien avec l'Ouzbékistan.
Cliquez ici pour ajouter votre annonce publicitaire.
Répertoire des annonceurs Répertoire des annonceurs


GRENE
SUD OUEST, France

Photo/image personnelle du membre GRENE.

Description de la photo/image: village nubien depuis le nil


21 novembre 2007 à 7:07

Message 2 de 40
Consulté 2 626 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [mamina64] Retour d'Ouzbékistan: un super beau voyage! (septembre/octobre 2007) [En réponse à] Répondre

bonjour, nous étions en ouzbekistan en avril, 18 jours, 5 amis, clés en main. Il semble que vous ayez fait ce voyage en commencant par Khiva. Le rêve. arrivé le soir tard, une maison BeB dans l'enceinte, et le matin au reveil vue sur remparts. Une image qui me reste et dont je me sers les jours de pluie pour me remonter le moral. J'attends la suite de vos péripéties. J'ai bien rit de votre passage à l'aéroport d'ourgentch. Nous avons vécu la même chose à 2h du matin alors que nous souhaitions le lit. A plus tard Merci Chantal

Il y a un temps pour tout, aujourd'hui c'est celui de la découverte


mamina64
Sud-Ouest, France

Photo/image personnelle du membre mamina64.


21 novembre 2007 à 12:33

Message 3 de 40
Consulté 2 613 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [mamina64] Retour d'Ouzbékistan: un super beau voyage! (septembre/octobre 2007) [En réponse à] Répondre

Khiva - jour 1 -

Nous avons juste le temps de nous rafraichir que l'on nous attend pour le repas de midi (en fait il déjà 14 h) et là, surprise ! j'avais tellement lu et entendu sur la nourriture ouzbek que la magnifique table dressée devant nous m'étonne : bols et assiettes bleus et blancs -décors fleur de lotus nous dira Nourali- pastèque, melons, cacahuètes, raisins secs, plein de crudités variées, yaourt dans de grands verres, pile de pains ronds et plats... on nous sert une soupe de légumes ensuite nous mangerons notre premier plov (riz, carottes et lamelles de viande de mouton). Le tout est excellent et nous faisons honneur au repas.

Ce sera le type de repas traditionnel que nous ferons tout au long du séjour. Les soupes sont délicieuses, parfois agrémentées de nouilles, de raviolis ou de morceaux de viande. Quant au plat principal, nous aurons souvent du plov, cuisiné différemment suivant l'endroit où nous sommes, c'est une sorte de risotto avec lamelles de viande et légumes rapés cuits, très bon en général ! nous avons aussi gouté aux brochettes, à des gros raviolis fourrés aux légumes, à des ragoûts ou plats genre pot-au-feu. Les repas, du coup, sont bien équilibrés car comprenant toujours des crudités, des légumes cuits, des féculents, des fruits en quantité et du pain dont nous nous régalons. Ironie du sort ! ou punition de gourmands ? nous avons tous été malades ! probablement parce-que nous ne sommes plus habitués à des repas aussi copieux (ben oui ! les petits vieux, c'est la soupe et au lit !) plus surement à cause de la cuisine à l'huile de coton (fabriquée à base des graines extraites de la boule de coton). Après quelques assiettes de riz nature, de bols de jus de cuisson et une infecte mais efficace décoction de pelures de grenades (remède local) nous irons mieux mais nous allégeons les repas et nous buvons un peu plus de vodka ! ça fait digérer il parait !

Intermède sur la nourriture terminée ! Après ces agapes, Nourali propose un temps de repos, c'est vrai que nous avons passé la nuit et la matinée en voyage. Nous ferons quelques visites avec lui vers 16 h 30. Nous lui parlons de notre souci de groupe privatisé. Il est surpris, n'a pas l'air au courant. Pour lui, il devait accompagner un groupe de 12 personnes, il va en reférer à son chef à Samarkand...

Presque tout le monde va se reposer, quant à moi, il n'est pas question que je loupe une minute de ce voyage ! j'avais déjà étudié le plan de Khiva, je repère où se trouve le B&B et me voilà partie, le nez au vent dans les ruelles, l'appareil photos en bandoulière (c'est là mon moindre défaut... et le numérique n'a rien arrangé !)

A chaque pas c'est une exclamation, c'est beau, mais c'est beau... en plus, c'est calme, tranquille, quelques commerçants papotent devant leurs boutiques, quelques artisans travaillent le bois ou la soie. On n'entend que le claquement des métiers à tisser ou des outils sur l'ouvrage. Même sur le site archéologique (mini, mini) les ouvriers sont à l'ombre au repos. Un pépé coiffé d'un bonnet brodé, revêtu d'un long manteau rayé, barbe blanche et air malicieux, assis sur une couverture multicolore, m'invite à force de gestes à m'assoir près de lui sur un muret. Il m'offre gentiment un thé dans son propre bol et s'enquiert de savoir si j'ai un homme dans ma vie ! comme j'ai quelques photos sur moi, je lui montre la Tribu... du coup, j'ai l'impression d'être moins intéressante ! Tant pis... ça faisait bien longtemps qu'un inconnu, fusse-t-il un pépé (juste ce qu'il faut pour une mémé) ne m'avait offert le thé !

Je continue mon tour, des enfants m'accostent, toujours plein de sourires, ils veulent que je les prenne en photo (ça aussi ça a été une des surprises du voyage... les gens se précipitent devant votre objectif, ils ont ensuite le plaisir de se voir sur l'écran de l'appareil). Ils rentrent de l'école et sont adorables dans leurs uniformes : petit costume marine ou noir et chemise blanche pour les garçons, robe marine ou noire pour les filles agrémentée de larges cols en dentelle, tablier à bavette brodé et moults chouchous et pinces dans les cheveux. Ils me montrent leurs livres et cahiers. Quand on se quitte je leur dis "lahmat", ils me répondent "spasiba" !

Je passe devant de magnifiques portes sculptées, devant des m2 de céramiques bleues collées sur les façades, devant des minarets plus hauts les uns que les autres, mon regard s'attarde sur l'artisanat disposé sur des trétaux et puis soudain... le souffle coupé... Kalta Minor, le minaret court, le minaret inachevé. Il est vraiment impressionnant : large, massif, trapu et en même temps élégant, éblouissant. Ce minaret, qui devait être le plus haut de la ville, n'a jamais été achevé à la suite de la mort du Khan. Il ne date que du milieu du 19 iè s, il a été restauré comme tous les monuments de Khiva. Il est entièrement recouvert de majoliques (technique de vernissage sur briques ou terre cuite) à dominante bleue et vertes. Les motifs circulaires changent constamment, magnifique !

Je rentre au B&B, la tête déjà pleine d'images et nous repartons avec Nourali pour le quart d'heure culturel. Il nous fait contourner les remparts, au passage nous voyons un grand panneau représentant la Route de la Soie, la statue d'Al Khorez et nous rentrons à nouveau dans Ichan Kala (la vieille ville) par la porte Ouest. Là nous nous acquittons d'un billet donnant le droit de photographier - ce sera la même chose dans tous les sites visités, 1000 soums, environ 60 cts d'euros - si celà sert à préserver les monuments c'est bien !

Nourali nous retrace l'histoire de la ville, la chronologie des Khan de la région et leur histoire. Nous passons devant le minaret coupé et la madrasa (ou medersa, école coranique) qui lui est accolée -elle est maintenant un hôtel de luxe- puis nous nous dirigeons vers la forteresse en traversant la place du réghistan. Je croyais ce nom réservé à l'ensemble de Samarkand, en fait, reghistan veut dire "place de sable", et à l'époque où l'on décapitait facilement, le sable permettait d'absorber le sang des condamnés. Cette place servait aussi de marché, il y avait beaucoup d'animaux et je suppose que le sable avait aussi d'autres utilités ! Elle est maintenant toute pavée et un peu sans âme. La forteresse, habitation des Khan, de sa cour, de son harem, de son armée, nous ravit. C'est un dédale de salles, de cours, nous allons de surprises en surprises. Tout est magnifiquement décoré d'un bleu unique, les portes et les piliers sont superbement sculptés et les nombreuses boutiques d'artisanat amènent une vie et des couleurs supplémentaires à l'ensemble.

C'est notre premier regard bien sûr sur ces monuments uniques et nous sommes tous émerveillés... nous ne serons jamais blasés, un peu lasés à la fin du voyage (n'est-ce-pas Pierre ?). La fin de l'après-midi sur les terrasses de la Citadelle, au soleil couchant, au-dessus des remparts et de la ville sera l'image avec laquelle je vais m'endormir ce soir.





La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)
(Ce message a été modifié par mamina64 le 12 janvier 2008 à 8:12.)

Images attachées: PICT1911.jpg (102 KB) - 052 - beaucoup de fruits et légumes.JPG (180 KB)


yangguizi
Shanghai, Chine

Photo/image personnelle du membre yangguizi.

Description de la photo/image: Une vue plongeante du lac volcanique Tianchi, du sommet du Mont Paektu (frontière entre la Chine et la Corée du Nord)


21 novembre 2007 à 21:55

Message 4 de 40
Consulté 2 598 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [mamina64] Retour d'Ouzbékistan: un super beau voyage! (septembre/octobre 2007) [En réponse à] Répondre

Comment? Tu n'as pas salué de ma part ma femme (euh, mon amie, enfin ma connaissance quoi Sourire), la vendeuse de sodas près de la porte Ouest?

Je plaisante, c'est un plaisir de te lire. Vivement la suite!


Dolma
Paris & PardelalOcean, France

Photo/image personnelle du membre Dolma.

Description de la photo/image: couleurs québécoises entre feuilles et plume...


22 novembre 2007 à 2:31

Message 5 de 40
Consulté 2 590 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [mamina64] Retour d'Ouzbékistan: un super beau voyage! (septembre/octobre 2007) [En réponse à] Répondre

Un plaisir de lecture que ce carnet et je suis impatiente d'en connaitre la suite Sourire !

Dolma

un chemin et la caresse du vent, alors je pars en voyage...


mamina64
Sud-Ouest, France

Photo/image personnelle du membre mamina64.


22 novembre 2007 à 16:20

Message 6 de 40
Consulté 2 501 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [mamina64] Retour d'Ouzbékistan: un super beau voyage! (septembre/octobre 2007) [En réponse à] Répondre

Khiva - jour 2

Nous reprenons ce matin la visite où nous l'avions terminée hier soir. Tout est concentré dans le périmètre des remparts, un grand rectangle de 600m sur 400, tout est tout près.

Face à la forteresse, de l'autre coté de la place se trouve la Madrasa Muhammed Rakhim Khan, le Khan poète de la fin du 19 iès. Chaque Khan a voulu laisser une trace de son passage. Ils ont fait construire qui une école coranique (où l'on étudiait le coran mais aussi les mathématiques, la philosophie, etc...) qui une mosquée et son minaret, qui une forteresse ou un harem voire un ensemble de batiments... A Khiva, la ville est devenue un véritable musée à ciel ouvert, inscrite depuis 1990 au patrimoine de l'Unesco.

La madrasa Rahkim Khan est la première que nous visitons. Elles seront toutes à peu près semblables : un immense porche d'entrée, une première cour ou salle de réception puis une deuxième cour plus grande autour de laquelle se répartissent les cellules des étudiants (talibans) sur 1 ou 2 étages. Aujourd'hui ce sont les boutiques d'artisanat qui ont remplacé les étudiants mais les vendeurs ne sont pas insistants du tout ! La première salle de cette madrasa abrite un petit musée de photos et de tableaux de l'époque des derniers khans. Dans la deuxième cour nous assistons à un spectacle d'équilibristes accompagnés de musiciens avec des instruments que nous ne connaissons pas. Ils sont là pour nous, pour gagner leur vie, nous jouons le jeu.

Nous continuons la balade, pas tellement de touristes étrangers dans les rues mais des ouzbeks, en famille ou en groupe, qui visitent leur pays, accompagnés de guides eux aussi. Les femmes ont mis pour l'occasion de jolies coiffes dorées entourées de pendants en perles, leurs robes longues en velours ou en soie sont imprimées de grosses fleurs multicolores, elles portent de curieuses claquettes aux pieds, souvent en feutrine rouge, les gilets au-dessus sont d'un autre motif, d'une autre couleur. Pour nous, occidentales, ce sont des fautes de goût, ici, dans le contexte c'est gai, coloré...

Nous arrivons à la mosquée du Vendredi. Dans une douce pénombre les 213 colonnes forment une forêt de troncs sculptés. Deux puits de lumière éclairent à peine l'immense salle. Au fond, face à l'Ouest, se trouvent la niche de Mirhab indiquant la direction de La Mecque et le Minbar, le pupitre de l'imam. Nous restons ici un bon moment, profitant du calme et de la fraicheur.

Notre visite se fait en flânant et nous apprécions bien d'aller à notre rythme, en prenant le temps de tout regarder, de tout admirer. Nous marchons dans des ruelles pavées entre de hauts murs de briques, derrière ces murailles se trouvent de merveilleux palais et on ne le sait pas encore ! Un porche assez banal nous mène à Tash Khauli, une vraie ville intérieure avec sa salle d'audience, ses services administratifs, ses appartements royaux et surtout son harem. Là encore un dédale de couloirs bas et sombres qui débouchent sur des cours, des salles toutes plus belles les unes que les autres : toujours ce bleu des majoliques, ces motifs si différents (floraux, géométriques ou épigraphiques), ces iwans -terrasse couverte- dont les plafonds peints sont soutenus par des piliers sculptés... notre regard se perd, notre esprit s'envole... facile d'imaginer la vie grouillante, les centaines de gens avec leur lot de joie et de tristesse, les courtisanes cachées derrière les moucharabiers... et comment ne pas encore laisser courir notre imagination quand dans la grande cour nous découvrons 5 iwans côte à côte, celui du khan et de ses quatre femmes officielles... ces lieux sont magiques !

Changement de décors, nous voici dans le bazar couvert, installé dans le caravansérail Allah Khouli Khan près de la porte Est. C'est un ancien magasin russe "Univermag", on y trouve de tout, très kitch en général, ne pas louper les robes de mariées et les gâteaux de fêtes ! un petit "meuble" très intéressant dont on nous fait la démonstration : un berceau de bébé. Mode d'emploi : directement dans le fond du berceau un orifice de 5 cm de diamètre avec une coupelle en-dessous qui permet de recueillir les urines du bébé, mais mieux que ça encore, attachée à cet orifice une cordelette avec une espèce de pipe au bout adaptée au sexe du garçon ou de la fille ! ça évite les fuites ! par contre le berceau est recouvert de plusieurs couvertures et par dessus le tout un beau couvre-lit en soie brodée... comment fait le bébé pour respirer ?

Le marché de plein air nous plait mieux, une partie bazar encore et une partie alimentation : beaucoup de fruits secs, de sucreries et gateaux (nous sommes en période de Ramadan) et de fruits et légumes. Le tout est très artistiquement disposé sur les étals. Comment arrivent-ils à "bâtir" un cône dans une bassine avec des pistaches alignées au cordeau ? c'est un mystère ! les oranges, les pommes, les tomates, voire les pommes de terre ou les carottes (rondes ici) je veux bien... mais les fruits secs ! chapeau !

Partout des sourires, des "bonjour" qui fusent ci et là et des photos qu'on nous demande... bien sûr je me régale ! Nous faisons quelques petits achats de bouche, on nous fait goûter à tout et ce sont des rires devant nos airs parfois dubitatifs ! en particulier une pate blanche très sucrée, élastique, que les femmes touillent dans de grandes bassines avec un long manche en bois et dont elles remplissent des bouteilles plastiques décapitées ! nous verrons cette sucrerie sur tous les marchés pendant notre séjour, il parait que c'est une spécialité du Ramadan. Nous achetons aussi des empreintes en bois et pointes en fer qui nous permettront de décorer le pain quand nous en ferons... un jour... et qui attendront dans le fond d'un tiroir ! mais ce matin là, nous sommes sûres que ça va nous servir !!! en plus, j'exagère, depuis notre retour André s'est construit un four à pain...

Après le marché où nous avons bien trainé... ah oui ! je n'ai pas raconté l'épisode "arrêt pipi" ! je vais passer sur les détails mais juste pour les prochaines voyagEUSES : ne vous attendez pas en Ouzbékistan à des toilettes de luxe, en ville vous en trouverez à peu près partout quand même, payantes (200 soums : 16 cts d'euros), parfois communes, c'est drôle, juste une cloison à mi-hauteur sépare les emplacements, toujours à la turque, des plus sommaires juste un trou, généralement assez propres et en conclusion, il vaut mieux un trou propre qu'un siège sale. Je parle là des toilettes publiques, dans les hôtels vous aurez le service à l'européenne... mais, nous étions peu dans les hôtels !

Bon, donc, après le marché nous passons entre les madrasas jumelles (kosh madrasas), elles se font face, leurs portails imposants sont d'un bleu profond, l'une d'elle est très peu restaurée, dans l'autre nous repérons une tchaïkhana (salon de thé) où les hommes ont vu de la bière... retenir l'adresse ! Dans les ruelles de nombreuses boutiques d'artisanat encore, je m'intéresse à une babiole quand la jeune vendeuse m'interpelle en français. Elle semble bien dégourdie et devant ma promesse de revenir dans l'après-midi, elle nous offre à toutes les trois une petite broche porte-bonheur... voilà comment on fidélise la clientèle !

En rentrant vers le B&B je remarque dans le coin d'une rue une dame qui sort des galettes de pain de son four en plein air. Nous nous approchons pour observer la méthode de cuisson. Le four est comme une grosse jarre plus ouverte, la pâte à pain aplatie est collée sur les parois intérieures. Nous n'avons jamais vu une boulangerie telle que nous l'entendons mais partout des dames qui vendent ces galettes délicieuses sur de vieux landaus recyclés. Elles viennent s'approvisionner directement au four. Notre boulangère nous offre spontanément un de ses pains que nous partageons et que nous apprécions d'autant plus qu'il est déjà 14 h !

L'après-midi nous appartient et nous repartons flâner dans Khiva. Comme promis nous retournons voir Xosiyad, c'est le prénom de notre petite vendeuse, nous restons un bon moment parler avec elle. Elle est lycéenne et les établissements sont fermés en cette période de récolte du coton pour permettre aux jeunes d'aller travailler dans les champs. Je n'ai pas vraiment compris si ils étaient libérés pour pouvoir se faire de l'argent de poche ou si ils étaient fortement incités à aller travailler pour l'état. En tous les cas, les parents de Xosiyad, estimant qu'elle était bonne commerçante, préfèrent la voir à leur boutique qu'elle tient seule ! apparemment, elle aussi ! beaucoup de jeunes auxquels nous avons parlés espèrent devenir guide plus tard, le tourisme étant en plein essort, ce n'est pas une mauvaise idée, en attendant ils bossent les langues et cherchent toutes les occasions de parler avec les étrangers. Xosiyad, qui n'a que 14 ans, nous surprend par sa tchache, son dynamisme, sa gaieté et surtout son sens du commerce, elle parle avec nous mais ne loupe aucun client. Nous repartons avec quelques achats, des photos, son adresse, avec aussi le souvenir d'une gamine attachante à qui nous souhaitons un bel avenir.

Puis, nous allons un peu nous poser à la tchaïkhana. Bière bien sûr et thé vert qui est systématiquement offert, aussi bien dans les restaurants que dans les "bars", sur la table petites assiettes de cacahuètes, de raisins secs et de bonbons en sucre à notre disposition. Nous observons le va-et- vient des touristes dans la cour de la madrasa et le jeu des commerçants. Une dame charmante et souriante réussira à nous vendre quelques paires de chaussons en laine (on n'en trouve qu'à Khiva, c'est là qu'il faut les acheter) Les tailles ou les couleurs qu'elle n'a pas, elle va les chercher chez la voisine. Yolande prendra même une leçon de tricot... mais pour l'instant nous préfèront acheter nos chaussons ici !

Au repas Nourali nous présente un nouveau guide et un nouveau chauffeur. Nous allons nous séparer en deux groupes comme il était prévu avant le départ. Demain, nous quitterons Khiva avec Nourali et Elias. Le circuit est un peu modifié pour éviter que nous nous retrouvions dans les hébergements, ça n'aurait pas de sens ! tout se passe sans problème.

Après le repas nous faisons un dernier tour. Les commerçants ont fermé leurs boutiques et ont quitté la vieille ville pour leurs maisons à l'extérieur, les rues sont vides, quelques rares lampes éclairent les pavés, il souffle un petit vent froid, tout est désert mais quand nous passons une dernière fois devant le minaret inachevé, le seul illuminé, je ne peux m'empêcher de m'exclamer : que c'est beau! mais que c'est beau !





La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)


Japon
 Voyages au Japon 
sejourVoyages en Asie
chambre hôtelChambres d'hôtel en Asie
billets avionBillets d'avion pour l'Asie
Voitures de locationVoitures de location

Chine
 Voyages en Chine 


mijoperette
France

22 novembre 2007 à 16:38

Message 7 de 40
Consulté 2 497 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [mamina64] Retour d'Ouzbékistan: un super beau voyage! (septembre/octobre 2007) [En réponse à] Répondre

Super, ton récit. Enfin, c'est à mon tour de me régaler ! J'attends la suite, mais dis-donc, tu as pris des notes ou ta mémoire est meilleure que la mienne ? Malin

marie
(Ce message a été modifié par mijoperette le 22 novembre 2007 à 16:39.)


mamina64
Sud-Ouest, France

Photo/image personnelle du membre mamina64.


23 novembre 2007 à 15:44

Message 8 de 40
Consulté 2 449 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [mamina64] Retour d'Ouzbékistan: un super beau voyage! (septembre/octobre 2007) [En réponse à] Répondre

zut, zut !!! vous attendrez la suite demain, je viens d'écrire pendant deux heures et j'ai tout supprimé en faisant une mauvaise manip.

en plus, j'avais écrit en direct alors que d'hab. je fais un brouillon, marre de la vie !.... mais quelle nouille !





La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)


GRENE
SUD OUEST, France

Photo/image personnelle du membre GRENE.

Description de la photo/image: village nubien depuis le nil


24 novembre 2007 à 8:56

Message 9 de 40
Consulté 2 426 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [mamina64] Retour d'Ouzbékistan: un super beau voyage! (septembre/octobre 2007) [En réponse à] Répondre

s'il vous plait, la suite....
je retrouve l'ouzbekistan que j'ai visitée. Merci à plus tard
Chantal

Il y a un temps pour tout, aujourd'hui c'est celui de la découverte


GRENE
SUD OUEST, France

Photo/image personnelle du membre GRENE.

Description de la photo/image: village nubien depuis le nil


24 novembre 2007 à 9:00

Message 10 de 40
Consulté 2 424 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [yangguizi] Retour d'Ouzbékistan: un super beau voyage! (septembre/octobre 2007) [En réponse à] Répondre

elle écrit bien la mamina, on attend la suite avec impatience, retrouves-tu l'ouzbekistan que tu as visité?? moi je salive, je retrouve le gout du pain, la vue des bleus et verts si spéciaux, le rire des femmes au sourire d'or, les enfants si gai. Quel bonheur
attendons la suite, mais pas trop longtemps.

Il y a un temps pour tout, aujourd'hui c'est celui de la découverte


mamina64
Sud-Ouest, France

Photo/image personnelle du membre mamina64.


24 novembre 2007 à 10:53

Message 11 de 40
Consulté 2 417 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [mamina64] Retour d'Ouzbékistan: un super beau voyage! (septembre/octobre 2007) [En réponse à] Répondre

Khiva - Boukhara jour 3

Ce matin nous sommes partis vers 8 h dans une chouette estafette blanche de 10 places. Elias est notre chauffeur, nous nous sommes toujours sentis très en sécurité avec lui. La route aujourd'hui va être assez monotone sinon le passage de l'Amou Daria.

Une heure après le départ à peu près nous sommes en vue de cet immense fleuve. L'Amou Daria traverse l'Ouzbékistan du Sud Est au Nord Ouest et c'est lui qui a apporté toute l'eau nécessaire à la culture intensive du coton, peu à peu il s'est asséché, la mer d'Aral avec. Je vais passer sur cet épisode, bien d'autres l'on fait dans leurs carnets et ainsi je vous dispense d'un cours sur la tranformation des liquides ! Pour l'instant, pas facile de franchir ce pont flottant fait de barges reliées par de grosses chaines. Le tout est en très mauvais état, il y a pas mal de circulation et souvent un seul passage. Certaines barges reposent sur le lit d'alluvions, partout des îlots de sable et très très peu d'eau... d'après la largeur entre les berges le fleuve est bien plus imposant ; j'irais voir sur internet des photos du fleuve rempli car là, difficile de se faire une idée !

Plus loin nous nous arrêterons à nouveau au bord du fleuve, on ne voit de l'eau qu'à l'horizon, nous sommes le 1 ier octobre, l'été a été sec, la pluie devrait arriver avec l'automne, espérons qu'elle attendra notre départ ! Nous le longeons de plus ou moins près pendant quelques temps.

Arrêt repas dans un petit restaurant au bord de la route, nous mangeons des brochettes dehors sous les arbres, nous y avons retrouvé le reste du groupe, nous avions eu le temps de sympathiser. Eux partent vers le Nord, maintenant nous ne les retrouverons plus qu'à Samarkand dans dix jours.

Nous traversons le Kysyk Khum - désert rouge - en fait plutôt une steppe faite de buissons secs, de gros cailloux et le sable c'est du gravier. Il parait qu'au printemps le désert se couvre pendant un mois d'herbe et de champs de coquelicots, ce doit être beau ! pour l'instant, la seule chose qui pousse ce sont les poteaux électriques, des kms de poteaux en parallèle de la route alors qu'il n'y a aucun village, aucune ferme à l'horizon. Les lignes téléphoniques aussi sont enfouies dans le sable et marquées par de petites haies de branchages, surprenant ! De temps en temps nous devinons un troupeaux de chèvres ou de moutons et leur berger, des nomades vivent donc dans ce désert guère sympayhique.

Rien à faire d'autre que de somnoler... du coup Nourali entreprend de nous raconter des histoires de Houdja Nasruddin, c'est LE personnage de l'Ouzbékistan, un mélange de Robin des Bois et Toto, celui qui s'est moqué des grands, qui a secouru la veuve et l'orphelin, qui avec ironie et bon sens remet les choses à leur place ! nous rions de bon coeur d'autant plus que souvent il y a d'étranges ressemblances avec nos petites histoires à nous ! il nous accompagnera tout le voyage et rentrera même avec nous, n'est-ce-pas Nasrius ?

A l'approche de Boukhara les paysages changent, des champs de coton un peu partout. Essentiellement des femmes, peu d'hommes, avec toujours leurs robes et leurs foulards si colorés cueillent les boules de coton arrivées à point. C'est pour nous un tableau des plus réjouissants mais le travail est difficile, elles peuvent ramasser de 30 à 50 kgs par jour, quand on voit le volume, impressionnant ! Aux abords de ces champs, les usines se sont installées, il faut voir ces montagnes blanches de coton en attente de traitement ! Beaucoup d'arbres fruitiers aussi ont été planté et profitent de l'irrigation du coton.

Puis, c'est la grande banlieue de Boukhara et nous y retrouvons les larges avenues, les batiments austères, les cités, les services administratifs imposants que nous avions vu en Russie l'an dernier. Lorsque nous faisons remarquer à Nourali ce qu'il reste quand même du passage des soviétiques, il nous répliquera à chaque fois "c'est grâce au travail des ouzbeks, c'est notre sueur, c'est avec nos richesses" quoi répondre à ça ?

Le minibus nous dépose en plein centre de la vieille ville à quelques centaines de mètres de notre hébergement. Tout le secteur est piéton, notre maison d'hôtes est dans le quartier juif. En descendant au bord du bassin Liab-i-Khaouz que nous longeons, nous ne pouvons nous empêcher de sourire devant l'air fier et tendre d'un grand-père, à la dentition chargée d'or, tenant sur ses genoux sa petite-fille : une vraie poupée vêtue d'une robe rose, d'une petit foulard blanc brodé, de grands yeux noirs étonnés. Annick est repartie 35 ans en arrière !

Le B&B est encore une grande maison en bois, des balcons à l'étage, un îlot de verdure au centre et un iwan pour le repos et la détente. C'est une ancienne maison juive et nous serons surpris de voir des groupes de touristes israéliens visiter la maison ! Il n'est que 16 h et Nourali se propose de nous faire visiter l'ensemble Liab-i-Khaouz qui est tout près.

Boukhara est une ville très différente de Khiva. C'est une ancienne oasis, ce qui a permis de creuser de grands bassins, véritables ilots de fraicheur et de verdure pour la ville mais aussi réserves d'eau. La plupart de ces bassins ont été comblés pendant la période russe et ce bassin-ci est un des derniers. Aujourd'hui ce n'est plus qu'un bassin d'agrément avec des cygnes et des canards, heureusement, les énormes mûriers centenaires ont été préservés et entourent encore le plan d'eau. De nombreuses tchaîkhana avec leurs traditionnels charpaïa se sont installées sous leurs ombres pour le grand plaisir de tous.

Ah ! les charpaïa ! ça mérite un petit paragraphe : ce sont ces grands lits, parfois tout simples, parfois plus décorés et même couverts, que l'on voit partout, dans les cours chez l'habitant, dans les restaurants, dans les salons de thé. Sur ce lit on met des couvertures, des coussins, on y place une table basse autour de laquelle les gens s'installent en tailleur (ouille! ouille! ouille!) pour manger, jouer aux cartes, aux dominos ou au jacquet. Le fond du lit étant une planche en bois et les couvertures assez fines c'est quand même un peu dur ! n'empêche, c'est une image qui reste assez présente de ces gens installés à 4, à l'ombre, savourant leur thé....

Nous passons dans un jardin et c'est Nasruddin sur son âne, l'air coquin et filou, qui nous accueille. Nous posons avec plaisir (oui, oui) devant la statue pour la photo traditionnelle ! Sur trois des côtés du bassin, au-delà des bars et des arbres se trouvent deux medersas et une khanaka.
D'abord en face la madrasa Koukeldash, une des plus grandes de la ville mais dont les cellules sont maintenant attribuées aux marchandes de suzanis. Cette madrasa, avant l'indépendance, avait été transformée en cinéma et salle de conférence, on peut voir encore sur les murs des peintures à la gloire des travailleurs et des paysans. A sa droite la madrasa Nadir-Divanbeg dont le portail, orné de deux oiseaux fantastiques volant vers le soleil, présente une décoration animale originale. A gauche, la khanaka Nadir-Divanbeg, servant à abriter les derviches de passage à Boukhara (je traduis : le monastère servant à abriter les missionnaires de passage... le tout à replacer bien sûr dans le contexte de l'art oriental) cet édifice est beaucoup plus sobre (ou moins restauré ?) et nous y verrons dans la mosquée quelques peintures anciennes et des décorations de stuc.

Le tout forme l'ensemble Liab-i-Khaouz, c'est superbe et les façades, aux cellules recouvertes de majoliques bleues, reflètent la couleur particulière des derniers rayons du soleil.

Nous rentrons pour un repas rapide au B&B car ce soir nous assistons à un défilé de mode et à une démonstration de danses orientales à la madrasa Nadir Divanbeg (sur les conseils de Yanguizzi Clin d'oeil) Le défilé est superbe, les mannequins ravissants. Sur des jupes ou pantalons noirs elles nous présentent des vestes et manteaux en soie imprimée, avec soit des motifs appliqués ou rebrodés, toujours de couleurs vives. C'est très joli, très très chic... et avec nos uniformes de chez Décathlon nous ne nous permettons aucune critique ! non, sincèrement, les stylistes font un travail intéressant, adaptant leurs techniques et leurs motifs ancestraux à la mode de notre époque. Personne ne s'est ennuyé non plus pendant les danses, musique et costumes à la hauteur, quant aux demoiselles.. les ouzbèques sont magnifiques et vont hanter les rêves d'au moins trois hommes ce soir !

Lorsque nous sortons, le vent s'est levé, l'air s'est bien rafraichi, allez ! au dodo !





La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)
(Ce message a été modifié par mamina64 le 25 novembre 2007 à 16:16.)


mamina64
Sud-Ouest, France

Photo/image personnelle du membre mamina64.


26 novembre 2007 à 10:20

Message 12 de 40
Consulté 2 347 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [mamina64] Retour d'Ouzbékistan: un super beau voyage! (septembre/octobre 2007) [En réponse à] Répondre

Sur mon dernier billet j'ai dit une bêtise : ce n'est pas une charpaîa mais un tapchan... bien sûr vous aviez tous relevé l'erreur, pardon... quant aux kilos de coton ramassés en une journée, Pierre me dit que c'est beaucoup plus... les chiffres se bousculent. Si vous avez des précisions n'hésitez pas ....

Boukhara - jour 4

Ce matin les jambes nous démangent et nous espérons marcher un peu plus dans Boukhara : Khiva n'était pas bien étendue et hier nous avons surtout fait de la voiture. Nous partons vers 9 h avec Nourali.

A cette heure-ci c'est calme, nous avons souvent été les seuls étrangers sur les sites, nous nous attendions globalement à beaucoup plus de touristes.
Le ciel est d'un bleu immaculé mais les températures ont bien baissé. Le matin et le soir les polaires sont indispensables, au soleil et en milieu de journée nous sommes en tee-shirt.

La ville s'anime peu à peu. Matin et soir les rues sont soigneusement balayées par des femmes qui manient avec dextérité de grands balais de paille peints en rouge. Nous verrons des tonnes de ces balais en vente sur les marchés ! Les rues commerçantes et les abords des monuments sont toujours très propres, même chose d'ailleurs dans les ruelles où nous voyions tous les soirs les femmes sortir le tuyau d'arrosage (poussière oblige) et ce fameux balai.

Nous arrivons à la coupole des Changeurs et dans les boutiques les femmes accrochent les soieries (vêtements et nombreux foulards), sortent les céramiques, disposent les poteries, tout celà prend vie sous nos yeux intéressés. A Boukhara il y a ainsi trois coupoles (Tak) datant du 16 iè s. Ce sont des arches à bulbes construites juste à l'emplacement d'1 croisement de routes donc quatre ouvertures très hautes et en ogive pour permettre le passage des caravanes de chameaux. Des échoppes diverses se sont installées dans les niches car toute cette population favorisait le commerce. L'Ouzbekistan a toujours été un peuple de marchands ceci étant du à sa position centrale sur la route de la Soie. Chaque tak a sa spécificité, celle-ci c'est l'échange des monnaies et l'acquittement des taxes.

De là nous nous dirigeons vers la mosquée Attari dont la partie la plus ancienne date du 9 iès. Cette mosquée est un peu en contrebas et pendant que nous l'admirons du haut des marches, une femme tourne autour de nous avec une casserole de laquelle s'échappe une fumée acre, elle chasse le mauvais sort! nous devons en avoir bien besoin car celà se reproduira plusieurs fois ! Dans la mosquée une exposition de tapis anciens dont certains avec le célébre motif des tapis de Boukhara : le pied d'éléphant. Nous en aurions bien emporté deux ou trois... ils sont superbes !

Nous continuons notre chemin en passant successivement devant le magnifique hôtel Asia puis sous le deuxième Tak, la coupole des chapeliers, ensuite devant le Tim Abdullah Khan -galerie marchande du 16 iès- (nous n'avons rien inventé) où en plus d'une démonstration de tissage de la soie, nous admirons les costumes anciens. Nous nous laissons tenter par quelques babioles : des épices, des calottes brodées, une petite statuette de Nasruddin qui me sourit ironiquement en ce moment, posée près de l'ordi !

Nous débouchons sur la grande place entre les kosh madrasas (les jumelles), l'une d'elles, Abdul Aziz Khan, a son immense portail en restauration et abrite de nombreuses boutiques. J'admire plus particulièrement des calottes anciennes, toujours très colorées, agrémentées de nombreux pompons, de breloques en argent, véritables bijoux ! la mosquée de cette medersa est peinte dans des tons doux, beige, ocre, bleu lavande qui tranchent avec les majoliques si vives que nous avons vues jusqu'à présent. Les bulbes intérieurs sont ornés de stucs et dans la niche de mirhab on peut deviner la silhouette du prophète...

En me dirigeant vers l'autre medersa, j' envie un touriste allemand qui croque sur un carnet toutes les beautés qui nous entourent, quelle chance de savoir dessiner ! en plus, ici il est gâté, nous sommes entre deux porches majestueux aux majoliques bleues, blanches, vertes, face aux coupoles du Tak des joailliers et au loin l'ensemble Po-i-Kalon avec son minaret élancé et ses bulbes turquoises.

La restauration de la cour intérieure de la madrasa Ouloud Begh a été interrompue. Cette madrasa a servi d'habitation à des familles pendant la période russe. Celà permet aussi de se rendre compte de l'état des édifices avant les travaux. Une cellule a encore ses murs peints et des niches pour le rangement, à côté par contre, ce sont des toilettes qu'on nous permet d'utiliser gentiment (un simple trou dans le plancher mais nickel !). Du coup Yolande achète une écharpe bleue aux commerçantes pour les remercier (important l'écharpe, on en reparlera !)

Vers PO-i-Kalon nous ne pouvons éviter les jeunes vendeuses de céramique (hé oui ! elles sévissent toujours !) dont les bols, les plats, les services divers s'étalent sur les larges trottoirs. Elles sont très malignes, elles nous demandent gentiment notre prénom, prennent discrètement une photo sur leur portable, notent le tout, nous offrent une minuscule tasse et nous font promettre de revenir les voir ! tout celà en français. A chaque fois que nous allons passer (et c'est souvent) elles nous interpellent par notre prénom. Elles sont rigolotes, souriantes, dynamiques... mais quand même un peu insistantes !

Po-i-Kalon... un instant magique... il est midi passé, personne, tout est à nous... nous nous installons sur les marches de la Medersa et, tout en écoutant Nourali, je me remplis les yeux de cet endroit : le minaret d'abord qui s'élance à 48 m de haut, il est peu décoré de céramique mais les briques cuites ont été disposées de façon circulaire et forment des motifs changeants, ce minaret a sinistre réputation car il servait non seulement à l'appel du muezzin et de phare pour les caravanes arrivant du désert mais aussi on y jetait les condamnés, brrr.... Un peu à l'arrière une mosquée transformée en bibliothèque, fermée aujourd'hui, dommage ! quant à la madrasa, nous ne pouvons y rentrer, elle est en activité et sert donc d'école à des étudiants que nous voyions, derrière la grille d'entrée aller et venir dans la grande cour. Nous rentrons dans la mosquée en face, comme les pélerins nous faisons nos ablutions (bien contents de se rafraichir !) avec l'eau remontée du puits près de l'entrée. La cour est immense, d'une décoration fine, harmonieuse, un gros murier dispense un peu d'ombre, nous en faisons tranquillement le tour, presque en chuchotant tant l'endroit est calme et incite au silence !

De Po-i-Kalon nous allons manger dans un petit restau. local, sous les arbres, face à la forteresse et au minaret de la mosquée aux 40 colonnes. La plupart des gens sont installés sur des tapchan. Nous, on nous donne tables et chaises (pitié de nos dos de Tamalous ?). Nous avons la surprise d'y retrouver un jeune italien, voyageant seul, avec lequel nous avions discuté à Khiva, moment bien sympathique, il est charmant... et charmeur... et nous fait bien rire en nous avouant qu'il doit téléphoner tous les soirs "à la mama" pour la rassurer !

Retour au B&B pour déposer nos achats et pelures et nous voilà repartis tous les six en vadrouille ! vous devez dire : mais ils ne se séparent jamais ceux-là ! je vous dois une explication ! en fait, on a essayé, mais pas longtemps car nos hommes nous ont avoué que c'était plus agréable d'attendre devant les boutiques à trois plutot que tout seul... nous n'avons pu qu'accéder à leur demande... sinon plus de shopping ! bon on n'a pas exagéré non plus !

D'ailleurs là, nous nous dirigeons vers la madrasa Koukeldash où hier nous avions repéré de jolis suzanis. Pendant que nous marchandons un peu les prix (nous sommes quand même soucieuses du budget familial) nos hommes, assis à l'extérieur, se font entreprendre par le marchand de bijoux qui les inquiète en faisant croire qu'on achète tout le magasin ! tout ça dans nos anglais plus qu'approximatifs (pas Yolande, elle, elle est bonne !) et à force de gestes et de mimiques.

Puis, nous partons flâner vers l'Est de la vieille ville, à la recherche de Chor Minor - les quatre minarets - ce petit monument est perdu dans les ruelles et celà nous permet d'observer la vie des habitants... plusieurs choses nous ont étonné : aucune tuyauterie n'est enfouie dans le sol, si bien que les canalisations de gaz (jaunes) et d'eau (bleues) passent d'une maison à l'autre en hauteur à travers les ruelles, surélevées au-dessus des porches, au moins, une fuite ils la repèrent vite !, les gouttières aussi, elles sont en zinc très décorées, travaillées, avec des motifs, c'est joli ! La plupart des maisons sont en pisé recouvertes ensuite de ciment et nous avons la chance d'observer, au détour d'une ruelle, la fabrication de ce pisé : du sable, du foin, de l'eau et une bonne dose de courage pour piétiner le tout pendant des heures ! pas de trottoirs ici, un caniveau est creusé au milieu de la rue, parfois recouvert de plaques métalliques, pas toujours (André mettra le pied dedans, distrait qu'il était au passage d'une jolie ouzbèke !) et les rares voitures doivent bien viser pour ne pas y coincer une roue. Les rues sont très étroites, souvent nous ne tenons pas à six de front, de hauts murs cachent les maisons dont nous n'apercevons les cours intérieures que par les portes en fer entre-ouvertes.

Manifestement nous nous sommes un peu égarés et un jeune garçon à vélo, Mizrob, se propose de nous accompagner. Il réclame un peu d'argent et pour le remercier nous lui donnons quelques soums ce qui provoque une dispute entre lui et d'autres comparses qui s'étaient rajoutés au groupe, ils veulent tous leur part ! c'est la seule fois que ceci arrive.

Chor Minor, ce sont quatre minarets, restes de la porte d'entrée d'une madrasa, au centre d'une place, un petit bassin, quelques arbres, l'endroit est charmant. Nous y restons un moment et tous les gens de passage nous saluent de façon fort sympathique, certains cherchent à savoir d'où nous venons et à l'évocation de la France, le sourire est plus grand ! devinez qui est notre plus grand homme ? Zidane ! et notre plus petit ? (en taille bien sûr !) Sarko ! ils ont suivi les élections...

Avant de rentrer à la maison d'hôtes, et en prévision de notre séjour dans le désert, nous passons acheter quelques bonbons, gateaux (pour distribuer) et quelques boissons (pour nous réchauffer) les prix sont incroyables : 1 euro 80 pour une bouteille de leur vin un peu sucré, et 2 euros 50 pour une bonne bouteille de vodka, pas la peine de s'en priver !

Ce soir Elias nous amène en minibus dans la banlieue de Boukhara manger dans un restaurant "anciennement" russe. On y mange bien, entre autres des aubergines frites et un gros ravioli aux légumes... qui vont nous être fatals !





La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)
(Ce message a été modifié par mamina64 le 26 novembre 2007 à 10:31.)


Japon
 Voyages au Japon 
sejourVoyages en Asie
chambre hôtelChambres d'hôtel en Asie
billets avionBillets d'avion pour l'Asie
Voitures de locationVoitures de location

Chine
 Voyages en Chine 


Chris51
Nice, France



27 novembre 2007 à 17:19

Message 13 de 40
Consulté 2 301 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [mamina64] Retour d'Ouzbékistan: un super beau voyage! (septembre/octobre 2007) [En réponse à] Répondre

Mamina, tu as bien fait de te lancer (comme tu dis !).

Je me régale de te lire, je retrouve l'Ouzbékistan où on m'a envoyé en mission (de travail) il y a quelques années, et où malheureusement je n'ai pas pu (ou très peu) faire le touriste !
Les couleurs, les odeurs, les femmes sur les marchés, les sourires aux dents d'or, le plov, les repas délicieux mais aux suites incertaines ... Fou

Mais par dessus tout, tu me donnes envie d'y revenir pour voir tous ces trésors d'architecture et d'histoire qui m'ont pour la plupart échappé.

Merci !

Chris.


mamina64
Sud-Ouest, France

Photo/image personnelle du membre mamina64.


28 novembre 2007 à 8:03

Message 14 de 40
Consulté 2 284 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [mamina64] Retour d'Ouzbékistan: un super beau voyage! (septembre/octobre 2007) [En réponse à] Répondre

Boukhara – jour 5

Ce matin les troupes sont plutôt décimées et ne font guère honneur au petit déjeuner. Pierre et Jean-Marie sont en forme, moi… à moitié mais les autres ont passé une très mauvaise nuit. Malgré tout nous nous préparons à rejoindre la forteresse pour continuer les visites. André surmonte ses douleurs atroces et nous rejoint rapidement.

Pour couronner le tout, le vent s’est levé et tout le sable et la poussière accumulés depuis plusieurs semaines tourbillonnent autour de nous… nous en aurons vite plein le nez et les oreilles, attention aux yeux…Nous refaisons le même chemin qu’hier, mais aucune envie de trainer car ce vent froid s’engouffre dans les ruelles et nous gèle, pourtant le ciel est encore tout bleu et le soleil va vite venir réchauffer tout ça !

La place du Réghistan, au pied des remparts de la forteresse, est comme un lieu abandonné qui ne sert que de passage, quelques parterres de lavatères et de cosmos essaient de l’égayer mais sans succès. Nous entrons les premiers dans la citadelle, dans ce grand corridor de pierres, permettant aussi aux chevaux de pénétrer dans la cour, les cellules des prisonniers sur notre gauche, c’est assez sinistre. La salle du trône est en travaux, le musée est fermé, à part le magasin, véritable caverne d’Ali Baba, qui se trouve dans les anciennes loges de l’Emir, au-dessus du porche, rien ne m’a vraiment touché dans cet endroit. Pourtant, jusqu’en 1920, l’Emir Alim Khan vivait ici et les photos de l’époque témoignent d’une ville interdite qui fit rêver tant d’ occidentaux

Le petit bureau de change juste à l’entrée vient d’ouvrir, profitons-en pour récupérer quelques liasses de soums… nous traversons la place du Réghistan, sur les pas de l’Emir et de sa cour, mais sans musique ni bannières, pour nous diriger vers la mosquée Bolo-Khaouz. Là aussi un vaste bassin mais qui a été réduit de moitié et empêche les 20 colonnes de l’iwan de se réfléter dans son eau… comme à l’époque où l’on appelait cette mosquée celles des 40 colonnes. A coté de la mosquée un charmant minaret, pas bien haut mais élégant.

Une petite mendiante, bien coquine, vient systématiquement se mettre entre mon objectif et le minaret pour que je la prenne en photo, moyennant une petite rétribution… elle est tellement souriante que je le fais avec plaisir et lui montre le résultat sur l’écran du numérique, du coup, elle part vite trouver un autre pigeon… le plus drôle c’est qu’en repassant quelques heures plus tard elle me refait le coup et il a fallu que je lui remontre sa photo pour qu’elle nous la