
mamina64 Sud-Ouest, France
Photo/image personnelle du membre mamina64.
26 novembre 2007 à 10:20
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Re: [mamina64] Retour d'Ouzbékistan: un super beau voyage! (septembre/octobre 2007)
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Sur mon dernier billet j'ai dit une bêtise : ce n'est pas une charpaîa mais un tapchan... bien sûr vous aviez tous relevé l'erreur, pardon... quant aux kilos de coton ramassés en une journée, Pierre me dit que c'est beaucoup plus... les chiffres se bousculent. Si vous avez des précisions n'hésitez pas .... Boukhara - jour 4 Ce matin les jambes nous démangent et nous espérons marcher un peu plus dans Boukhara : Khiva n'était pas bien étendue et hier nous avons surtout fait de la voiture. Nous partons vers 9 h avec Nourali. A cette heure-ci c'est calme, nous avons souvent été les seuls étrangers sur les sites, nous nous attendions globalement à beaucoup plus de touristes. Le ciel est d'un bleu immaculé mais les températures ont bien baissé. Le matin et le soir les polaires sont indispensables, au soleil et en milieu de journée nous sommes en tee-shirt. La ville s'anime peu à peu. Matin et soir les rues sont soigneusement balayées par des femmes qui manient avec dextérité de grands balais de paille peints en rouge. Nous verrons des tonnes de ces balais en vente sur les marchés ! Les rues commerçantes et les abords des monuments sont toujours très propres, même chose d'ailleurs dans les ruelles où nous voyions tous les soirs les femmes sortir le tuyau d'arrosage (poussière oblige) et ce fameux balai. Nous arrivons à la coupole des Changeurs et dans les boutiques les femmes accrochent les soieries (vêtements et nombreux foulards), sortent les céramiques, disposent les poteries, tout celà prend vie sous nos yeux intéressés. A Boukhara il y a ainsi trois coupoles (Tak) datant du 16 iè s. Ce sont des arches à bulbes construites juste à l'emplacement d'1 croisement de routes donc quatre ouvertures très hautes et en ogive pour permettre le passage des caravanes de chameaux. Des échoppes diverses se sont installées dans les niches car toute cette population favorisait le commerce. L'Ouzbekistan a toujours été un peuple de marchands ceci étant du à sa position centrale sur la route de la Soie. Chaque tak a sa spécificité, celle-ci c'est l'échange des monnaies et l'acquittement des taxes. De là nous nous dirigeons vers la mosquée Attari dont la partie la plus ancienne date du 9 iès. Cette mosquée est un peu en contrebas et pendant que nous l'admirons du haut des marches, une femme tourne autour de nous avec une casserole de laquelle s'échappe une fumée acre, elle chasse le mauvais sort! nous devons en avoir bien besoin car celà se reproduira plusieurs fois ! Dans la mosquée une exposition de tapis anciens dont certains avec le célébre motif des tapis de Boukhara : le pied d'éléphant. Nous en aurions bien emporté deux ou trois... ils sont superbes ! Nous continuons notre chemin en passant successivement devant le magnifique hôtel Asia puis sous le deuxième Tak, la coupole des chapeliers, ensuite devant le Tim Abdullah Khan -galerie marchande du 16 iès- (nous n'avons rien inventé) où en plus d'une démonstration de tissage de la soie, nous admirons les costumes anciens. Nous nous laissons tenter par quelques babioles : des épices, des calottes brodées, une petite statuette de Nasruddin qui me sourit ironiquement en ce moment, posée près de l'ordi ! Nous débouchons sur la grande place entre les kosh madrasas (les jumelles), l'une d'elles, Abdul Aziz Khan, a son immense portail en restauration et abrite de nombreuses boutiques. J'admire plus particulièrement des calottes anciennes, toujours très colorées, agrémentées de nombreux pompons, de breloques en argent, véritables bijoux ! la mosquée de cette medersa est peinte dans des tons doux, beige, ocre, bleu lavande qui tranchent avec les majoliques si vives que nous avons vues jusqu'à présent. Les bulbes intérieurs sont ornés de stucs et dans la niche de mirhab on peut deviner la silhouette du prophète... En me dirigeant vers l'autre medersa, j' envie un touriste allemand qui croque sur un carnet toutes les beautés qui nous entourent, quelle chance de savoir dessiner ! en plus, ici il est gâté, nous sommes entre deux porches majestueux aux majoliques bleues, blanches, vertes, face aux coupoles du Tak des joailliers et au loin l'ensemble Po-i-Kalon avec son minaret élancé et ses bulbes turquoises. La restauration de la cour intérieure de la madrasa Ouloud Begh a été interrompue. Cette madrasa a servi d'habitation à des familles pendant la période russe. Celà permet aussi de se rendre compte de l'état des édifices avant les travaux. Une cellule a encore ses murs peints et des niches pour le rangement, à côté par contre, ce sont des toilettes qu'on nous permet d'utiliser gentiment (un simple trou dans le plancher mais nickel !). Du coup Yolande achète une écharpe bleue aux commerçantes pour les remercier (important l'écharpe, on en reparlera !) Vers PO-i-Kalon nous ne pouvons éviter les jeunes vendeuses de céramique (hé oui ! elles sévissent toujours !) dont les bols, les plats, les services divers s'étalent sur les larges trottoirs. Elles sont très malignes, elles nous demandent gentiment notre prénom, prennent discrètement une photo sur leur portable, notent le tout, nous offrent une minuscule tasse et nous font promettre de revenir les voir ! tout celà en français. A chaque fois que nous allons passer (et c'est souvent) elles nous interpellent par notre prénom. Elles sont rigolotes, souriantes, dynamiques... mais quand même un peu insistantes ! Po-i-Kalon... un instant magique... il est midi passé, personne, tout est à nous... nous nous installons sur les marches de la Medersa et, tout en écoutant Nourali, je me remplis les yeux de cet endroit : le minaret d'abord qui s'élance à 48 m de haut, il est peu décoré de céramique mais les briques cuites ont été disposées de façon circulaire et forment des motifs changeants, ce minaret a sinistre réputation car il servait non seulement à l'appel du muezzin et de phare pour les caravanes arrivant du désert mais aussi on y jetait les condamnés, brrr.... Un peu à l'arrière une mosquée transformée en bibliothèque, fermée aujourd'hui, dommage ! quant à la madrasa, nous ne pouvons y rentrer, elle est en activité et sert donc d'école à des étudiants que nous voyions, derrière la grille d'entrée aller et venir dans la grande cour. Nous rentrons dans la mosquée en face, comme les pélerins nous faisons nos ablutions (bien contents de se rafraichir !) avec l'eau remontée du puits près de l'entrée. La cour est immense, d'une décoration fine, harmonieuse, un gros murier dispense un peu d'ombre, nous en faisons tranquillement le tour, presque en chuchotant tant l'endroit est calme et incite au silence ! De Po-i-Kalon nous allons manger dans un petit restau. local, sous les arbres, face à la forteresse et au minaret de la mosquée aux 40 colonnes. La plupart des gens sont installés sur des tapchan. Nous, on nous donne tables et chaises (pitié de nos dos de Tamalous ?). Nous avons la surprise d'y retrouver un jeune italien, voyageant seul, avec lequel nous avions discuté à Khiva, moment bien sympathique, il est charmant... et charmeur... et nous fait bien rire en nous avouant qu'il doit téléphoner tous les soirs "à la mama" pour la rassurer ! Retour au B&B pour déposer nos achats et pelures et nous voilà repartis tous les six en vadrouille ! vous devez dire : mais ils ne se séparent jamais ceux-là ! je vous dois une explication ! en fait, on a essayé, mais pas longtemps car nos hommes nous ont avoué que c'était plus agréable d'attendre devant les boutiques à trois plutot que tout seul... nous n'avons pu qu'accéder à leur demande... sinon plus de shopping ! bon on n'a pas exagéré non plus ! D'ailleurs là, nous nous dirigeons vers la madrasa Koukeldash où hier nous avions repéré de jolis suzanis. Pendant que nous marchandons un peu les prix (nous sommes quand même soucieuses du budget familial) nos hommes, assis à l'extérieur, se font entreprendre par le marchand de bijoux qui les inquiète en faisant croire qu'on achète tout le magasin ! tout ça dans nos anglais plus qu'approximatifs (pas Yolande, elle, elle est bonne !) et à force de gestes et de mimiques. Puis, nous partons flâner vers l'Est de la vieille ville, à la recherche de Chor Minor - les quatre minarets - ce petit monument est perdu dans les ruelles et celà nous permet d'observer la vie des habitants... plusieurs choses nous ont étonné : aucune tuyauterie n'est enfouie dans le sol, si bien que les canalisations de gaz (jaunes) et d'eau (bleues) passent d'une maison à l'autre en hauteur à travers les ruelles, surélevées au-dessus des porches, au moins, une fuite ils la repèrent vite !, les gouttières aussi, elles sont en zinc très décorées, travaillées, avec des motifs, c'est joli ! La plupart des maisons sont en pisé recouvertes ensuite de ciment et nous avons la chance d'observer, au détour d'une ruelle, la fabrication de ce pisé : du sable, du foin, de l'eau et une bonne dose de courage pour piétiner le tout pendant des heures ! pas de trottoirs ici, un caniveau est creusé au milieu de la rue, parfois recouvert de plaques métalliques, pas toujours (André mettra le pied dedans, distrait qu'il était au passage d'une jolie ouzbèke !) et les rares voitures doivent bien viser pour ne pas y coincer une roue. Les rues sont très étroites, souvent nous ne tenons pas à six de front, de hauts murs cachent les maisons dont nous n'apercevons les cours intérieures que par les portes en fer entre-ouvertes. Manifestement nous nous sommes un peu égarés et un jeune garçon à vélo, Mizrob, se propose de nous accompagner. Il réclame un peu d'argent et pour le remercier nous lui donnons quelques soums ce qui provoque une dispute entre lui et d'autres comparses qui s'étaient rajoutés au groupe, ils veulent tous leur part ! c'est la seule fois que ceci arrive. Chor Minor, ce sont quatre minarets, restes de la porte d'entrée d'une madrasa, au centre d'une place, un petit bassin, quelques arbres, l'endroit est charmant. Nous y restons un moment et tous les gens de passage nous saluent de façon fort sympathique, certains cherchent à savoir d'où nous venons et à l'évocation de la France, le sourire est plus grand ! devinez qui est notre plus grand homme ? Zidane ! et notre plus petit ? (en taille bien sûr !) Sarko ! ils ont suivi les élections... Avant de rentrer à la maison d'hôtes, et en prévision de notre séjour dans le désert, nous passons acheter quelques bonbons, gateaux (pour distribuer) et quelques boissons (pour nous réchauffer) les prix sont incroyables : 1 euro 80 pour une bouteille de leur vin un peu sucré, et 2 euros 50 pour une bonne bouteille de vodka, pas la peine de s'en priver ! Ce soir Elias nous amène en minibus dans la banlieue de Boukhara manger dans un restaurant "anciennement" russe. On y mange bien, entre autres des aubergines frites et un gros ravioli aux légumes... qui vont nous être fatals !
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)
(Ce message a été modifié par mamina64 le 26 novembre 2007 à 10:31.)
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