
Migrador Un peu partout, Belgique

5 février 2007 à 3:57
Message 1 de 39
Consulté 3 131 fois
Signaler ce message aux modérateurs
Haut de la page
|
|
Roumanie: Bucarest "entre deux"
|
Répondre
|
|
1. Pas de rencontres exceptionnelles, pas de coucher de soleil paradisiaque, pas de paysages à vous couper le souffle, pas d’éléphants dans les rues, pas de « choc culturel », pas de singe, pas de mer turquoise, …, rien de tout ça. Vous ne verrez pas de belles avenues, de beaux endroits hype, pas de modernité, etc. Juste des pas derrière les autres. Plus qu’un carnet de voyage, ce sera un regard posé et subjectif d’un déambulateur à Bucarest. Je n’y suis resté que quelques jours la semaine dernière, pas assez pour faire ce que je désirais, mais suffisamment pour y flâner paresseusement, pris mon temps et capté quelques moments. On pourrait croire au vu des photos qui vont jalonner ce parcours, que Bucarest est une ville en déliquescence. Loin de là, elle est plutôt l’inverse : une ville en plein changement. Elle est « entre deux ». Mon parti pris a été de montrer des parties de la ville qui disparaissent, se transforment ou ne demandent qu’à se transformer. La Roumanie pour moi c’était 1989. Pour les gens de mon âge (37 ans), c’était l’âge de nos 20 ans. En ce qui me concerne, je ne me rendais pas compte des bouleversements que cette année allait représenter dans le monde et ce qu’elle représentait pour des centaines de millions de personnes, mais j’étais suffisamment âgé pour me rendre compte que c’était très important et j’ai vécu ces bouleversements avec émotion et plein d’optimisme. Je pense que beaucoup de personnes de mon âge ont vécu ces événements comme moi. A travers la TV, j’ai vu le mur de Berlin tomber, les berlinois de l’est se ruer vers l’ouest, les mains se serrer entre les allemands, le mur déchiqueté, chacun prenant une pierre. J’ai vu Tienanmen et cet étudiant faire face aux chars, les massacres. J’ai vu toutes les anciennes républiques soviétiques se « libérer » et surtout je me souviens de Bucarest cette année-là. Les drapeaux dont les gens avaient enlevé l’emblème de la dictature de Caucescu, le procès bidon, l’exécution du dictateur et sa femme dans une arrière cour.
Que restait-il de cette Roumanie-là 17 ans plus tard, juste un mois après son entrée dans l’Union Européenne? Allais-je voir quelques drapeaux troués ? Des bâtiments post-dictatoriaux ? Est-ce que l’image que j’avais des Roumains allait se confirmer ? Ces quelques jours allaient me laisser sur ma faim mais en même temps me combler et me surprendre. La première constatation en arrivant en ville, c’est qu’il restait peu de « vestiges » de l’ancien régime. La seconde, c’est que les Roumains sont profondément européens et leur isolement de l’ « Ouest » me faisait croire qu’ils étaient très loin. Cette particularité, m’a rappelé Prague ou Budapest. Ces villes me semblaient faire partie d’un autre continent alors qu’elles ne sont qu’à 800 kilomètres (pour Prague). C’est-à-dire plus proche de Bruxelles ou Paris que ma propre ville natale, Rome, Athènes, Lisbonne ou Madrid. C’est dire leur appartenance légitime à l’Europe. Bucarest est semblable. Elle m’a semblé être une ville en complète transition, avec un potentiel énorme à tous points de vues. Sa position géographique, sa culture, ses gens, ses rues, ses avenues.
(Ce message a été modifié par Migrador le 5 février 2007 à 4:02.)
|
|