
opai
France
Photo/image personnelle du membre opai.
Description de la photo/image: Approchant du lac salé Tso-Kar, Rupshu, est du Ladakh.
27 mai 2007 à 13:26
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Premier voyage... Je me suis souvenu il y a peu de ma première sensation de voyage. Je devais avoir 6 ans et je me suis un peu perdu en vélo. Tout à coup je me retrouve face à la maison de mon copain de classe, à l'autre boût du village, où mes parents m'emmenaient d'habitude en voiture. Ca ma semblait loin! Le coeur battant, j'étais heureux d'avoir parcouru tout ce chemin, même involontairement. Vers quinze ans, un film sur Prague. Je ne connais plus le titre. Deux amoureux se rencontrant dans un train. Le film s'y déroule presque intégralement. A la fin du film, un grand désir d'y aller mais je ne savais pas encore que c'était possible!! Ca me paraissait inaccessible bien que ma mère me disait "Vas-y!". Le temps passe. Une amie japonaise, une occasion d'aller au Japon. Trois semaines de découvertes. Tout est différent. Les gens plus petits, les maisons plus hautes, les odeurs, les annonces à la gare, les montagnes, le ciel, la lumière. Je ne suis pas encore rentré que je dis déjà : "il faut que je voyage". Deux mois après, je repars, seul, au Moyen-Orient. D'autres odeurs, un autre ciel, la même exaltation... Ma soeur m'a dit que le voyage est une drogue dure. Pas dangereuse mais qui rend dépendant... Elle a raison, c'est parti. Dans mes premiers voyages, je recherche la compagnie de mes semblables... Une sorte de voyageurs Lonely Planet. D'hotels en hotels, tout semble identique! Je fais des rencontres agréables voir intéressantes puis je m'en lasse... Je me rend compte aussi qu'on peut garder cet esprit même chez moi : être ouvert, rechercher l'émerveillement. Ne pas être insensible à la beauté sous prétexte qu'on la voit quotidiennement. Mais ça ne suffit pas, régulièrement, il faut partir! Parfois, un doute m'envahit. Certains voyages sont durs. Je m'ennuie. Je me demande si je ne suis pas blasé, si je n'ai pas vu trop de belles choses. Je découvre qu'il ne suffit pas de bouger pour aller bien. Mais le voyage suivant suffit à me convaincre du contraire. Et puis, je laisse le guide plus de côté. Je recherche un fil directeur à mon voyage. La musique, la politique, la famille. Je suis beaucoup plus détendu que lors de mes premiers périples. Vingt chauffeurs de taxi à la descente du bus ne m'effraient plus. Quarantes enfants me harcellant me font sourire. Et du coup, ils sourient! Le coeur bat peut-être un peu moins vite mais j'ai accès à d'autres choses. Je rencontre moins de Backpakers mais j'écoute mieux les habitants que je rencontre. On essaie de se comprendre, même si j'ai conscience de n'être qu'un passant... Les moments de sérennité (on pourrait dire de grâce, d'éternité aussi) que je vis ont lieu pour la plupart quand je voyage. Sur un temple à Pagan, dans une arrière cour à Damas, sur les tapis d'une mosquée à Ispahan, dans une tombe à Pétra, sur un banc à St Malo, dans un bar à St Petersbourg ou à discuter (!) avec un tortue luth en Guyane... Je voyage chez moi, je voyage dans le monde. Je fais des rencontres chez moi et en voyage... Et le désir est toujours là. Comme quand je partais en vélo dans des rues inconnues. ------- "Même au plus haut des trônes du monde, on est jamais assis que sur son cul!" (Montaigne) http://perso.wanadoo.fr/nomadismes http://notesvagabondes.club.fr
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