Forum voyage
 Billets d'avion   Chambres d'hôtel   Séjours   Circuits   Croisières   Thalasso   Weeks ends   Voitures   Annonceurs 
 Forum   Rechercher   Communauté VF   Mon compte 
Forum > Entre deux voyages > Carnets de voyage, textes de voyageurs > Saison mousson (Inde)
 

Inde
 Voyages en Inde 
sejourVoyages en Inde
chambre hôtelChambres d'hôtel en Inde
billets avionBillets d'avion pour l'Inde
Voitures de locationVoitures de location

Inde
 Voyages en Inde 

 


Yksis
Marseille, France



26 août 2007 à 14:40

Message 1 de 12
Consulté 2 021 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Saison mousson (Inde) Répondre

 Vols   Hôtels   Séjours   Circuits 
Ville ou pays 
de départ: 
Ville ou pays 
d'arrivée: 

Date de départ:
  

Date de retour:
  

Adulte(s):   Enfant(s):

  (plus d'options)
Saison mousson - Delhi

(complètement anecdotique et forcément narcissique mais ça donnera une petite idée à ceux qui ne sont pas encore partis, la suite est moins drôle je préviens à l’avance)

Arrivée à Delhi le 3 juillet au soir après un vol bondé mais sans histoire, sauf que je me souviens vaguement avoir été coincée sur un siège couloir vers les toilettes, ce qui n'est pas très agréable. « Tout le monde réserve son fauteuil à l’avance sur internet maintenant », dixit l’employée à l’embarquement. Ah oui, sauf aussi qu'à Roissy le terminal de départ venait de changer le jour même et ne correspondait plus bien sûr à celui indiqué sur mon dossier. Après avoir attendu près de 40 min sans voir personne ni aucun vol affiché, j'ai fini par me renseigner puis attendre dehors la navette et enfin j'avais gagné le droit de faire la queue pour embarquer. Ça commence bien me suis-je dit, oh prémonition quand tu nous tiens !

Arrivée à Delhi le soir donc, je récupère mes bagages dans les premiers voyageurs et triomphante, je passe la première la sortie… Imaginez de chaque côté une foule de gens pressée, chacun brandissant un petit panneau avec le nom de son hôtel. Prévoyante j'avais demandé un transfert. Le sourire aux lèvres, je m'approche et m'empresse de déchiffrer les noms sur les petits panneaux. En vain ! Ce n'est pas grave me dis-je, il reste l'autre côté. Me voilà de l'autre côté puis une nouvelle fois, je recommence, de chaque côté. Rien, que dalle, Shivam international , ni vu ni connu ! D'ailleurs, repérant l'écriteau du Yes cottage je demande au chauffeur s'il a aperçu celui du Shivam. Il fait semblant de ne pas comprendre. Entre temps un bel hindou m'accoste et m'explique qu'il peut m'aider, qu'il y a des taxis dehors, etc. Oui, oui lui rétorqué-je mais je dois d'abord téléphoner. J'appelle l'hôtel en ville, il me restait heureusement plein de monnaie du dernier voyage, et celui-ci me répond "ok, on vous envoie un taxi". Ah mais non, leur fais-je, il devait y avoir un taxi, il n'y en a pas, je ne vais pas attendre une heure qu'un autre arrive ! Je vais prendre un pre-paid. Très bien me disent-ils, on vous attend". Je sors donc, le bel hindou à mes basques, du coup je ne prends pas la sortie qu'il faut (je prends celle de gauche alors qu'il faut sortir à droite). Et le voilà à m'entraîner vers des taxis blancs et lorsque je lui demande le prix il dit 500 rs. Heureusement j'ai lu VF et lui rétorque que je vais à la station officielle. J'ai un peu de mal à le décrocher mais je harponne un hindou en voyage, qui lui, m'aiguille vers la bonne sortie, je suis sauvée ! J'hésite un peu quand mon taxi s'arrête dans une drôle de cahute à peine sorti de l’aéroport mais ouf, c'est pour changer un pneu. Je peux enfin sourire, écouter la musique, qui bien sûr me plaît, et m'abandonner tout entière au plaisir de retrouver l'Inde. Une heure plus tard, nous sommes arrivés à Paharganj et cherchons le Shivam. C'est clairement mission impossible, mon chauffeur est complètement perdu et j'ai beau répéter le nom de la rue, celui des repères, rien n'y fait. Pour couronner le tout, il pleut d'une pluie fine mais pénétrante et bien sûr la chaleur de juillet est étouffante. Enfin après avoir demandé à au moins 3 personnes différentes, je comprends qu'il me faut descendre de voiture et marcher à pied jusqu'à une enseigne un peu lointaine. Je m'exécute et donne son congé au chauffeur. J'arrive au Shivam. Du fait de l'absence du taxi à l'aéroport, je me sens tout à fait dédouanée de mes engagements (j'avais réservé pour une nuit). À peine arrivée, ils me disent "le taxi a appelé, il vous attendu " ah bon, leur fais-je "il a appelé il y a combien de temps ? "oh pas longtemps, à peine une demie-heure" "et bien il était vraiment en retard votre taxi…" lls font mine de monter ma valise à l'étage. Non, non, je préfère voir la chambre d'abord. En haut la chambre est délabrée et on me réclame 600 rs, plus pour la clim. Je ne suis pas contente et redescends malgré leurs protestations. Et me voilà de nuit, à pied dans les ruelles de Paharganj, traînant ma valise sous la pluie. Heureusement ma mère ne me voit pas, pensé-je, le sourire aux lèvres à cause du petit côté surréaliste, je ne m'en fais pas vraiment… je marche sous la pluie, je suis heureuse.
Je vois au loin une autre enseigne "Ganga Inn", je vais y jeter un œil. Une ruelle crasseuse qui ne présage rien de bon, mais ô miracle au détour du tournant, un hall d'accueil tout en verre et marbre, lumineux et accueillant, il y a même des plantes vertes et un petit canapé, des fauteuils et un ascenseur ! Ils sont très surpris de me voir ainsi débarquer seule et en pleine nuit et m’assaillent de questions pour savoir comment j’ai trouvé leur hôtel. « J’ai marché », je demande le prix des chambres, on m'annonce 750 rs pour l'aircooler et 900 rs pour la clim. Je demande à voir et laisse bien sûr la valise en bas. La chambre est vaste, d'une jolie peinture parme, les sanitaires impeccables, Je suis séduite mais ne le montre pas et demande à voir l'autre. Là c'est luxe, marbre et tentures et tiens les mêmes couvertures qu'à Munnar ! Mais peu importe, l'air cooler me suffit amplement, je redescends négocier. C'est combien votre meilleur prix "mousson" ? demandé-je avec un regard vers la pluie qui tombe… le prix descend un peu mais pas assez à mon goût. "500" dis-je alors. Le réceptionniste m'explique qu'il faut ajouter les taxes. J'ai lu le GR et rétorque, "mais pas pour un hôtel de cette catégorie, non, non c'est 500" je fais mine de reprendre ma valise et me dirige vers la sortie. Au passage j'ai bien vu sur le registre qu'il n'y avait pas grand monde. Ils m'arrêtent (ouf, j'ai eu chaud) et c'est parti pour 500 rs, il faut à présent remplir les registres. Je réalise au passage qu'il n'est pas loin d'1h du mat, que la fatigue commence à se faire sentir et que mon ami qui attend de mes nouvelles et qui ne sait pas que j'ai changé d'hôtel doit être mort d'inquiétude. Bref je marque un temps d'arrêt, mon esprit s'embrouille, assez pour que mes 500 rs disparaissent. Je regarde le réceptionniste et lui dit "mais si, je viens de vous les donner" et lui "oui, mais vous les avez repris". Le ton monte, c'est tout juste si je ne fonds pas en larmes, d'abord le taxi, ensuite négocier à bâtons rompus, tout ça pour se faire voler 500 rs comme ça ! Je désespère, enfin je sors mon porte-monnaie, je compte et re-compte, et oui, j'avais oublié les 350 rs du taxi, un billet est bel et bien déjà parti, c'est moi qui me suis trompée et qui machinalement ai du ranger ledit billet. Et me voilà à m'excuser auprès du réceptionniste, direction un repos bien mérité.

End of part 1
-------
Avec tes défauts pas de hâte, ne vas pas à la légère les corriger. Qu'irais-tu mettre à la place ?
Henri Michaux in Poteau d'angle


Annonceurs en lien avec l'Inde:

» Annoncer sur VoyageForum.com
  India Peacock Travel (www.india-peacock-travel.com)
Préparons ensemble votre voyage en Inde (Rajasthan, Kerala, Himalaya...)
   
  Vijay Tourisme (www.vijaytourisme.com)
Profitez de circuits élaborés sur-mesure et partez découvrir l'Inde du Sud !
   
  Amicale India Tours & Travels (www.AmicaleIndiaTours.com)
Rajasthan: à partir de 41,00 € /jour (hôtels de charme + guide + voiture privée).
   
  Shahi Palace Hotel (www.shahipalacehotel.com)
Rajasthan,Jaisalmer.Hotel calme,vue sur le fort,ambiance familiale,tres cosy
Rabais aux membres de VF: 10 % de remise pour les chambres [coupon-rabais]
   
  Guesthouse Swades Nous,le Peuple à Pondichéry (www.swades-guesthouse.com)
G-H chez l'habitant au coeur de la ville, idéal pour connaître la vie Indienne.
   
  Les Portes de l'Aventure (www.PortesAventure.com)
Agence de trekking et de voyages en Inde du Nord.
   
  Oihana Voyage (www.oihanavoyages.com)
Nous remuons le ciel pour vous. Voyages à la Carte.
   
Afficher tous les annonceurs en lien avec l'Inde Afficher tous les annonceurs en lien avec l'Inde


milou2008
DELHI, Inde

27 août 2007 à 5:56

Message 2 de 12
Consulté 1 978 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [Yksis] Saison mousson (Inde) [En réponse à] Répondre

la suiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiite!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!


Yksis
Marseille, France



27 août 2007 à 12:35

Message 3 de 12
Consulté 1 941 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [milou2008] Saison mousson (Inde) [En réponse à] Répondre

la suite pour Milou

Saison mousson – train de nuit pour Udaipur

Repos qui n’arrive pas. C’est de ma faute, toujours à tout préparer au dernier moment et à accepter des clients jusqu’à la veille de mon départ, la dernière nuit est souvent blanche. Résultat, décalage total + fatigue nerveuse = sommeil impossible. J’en profite pour envoyer un sms à ma mère pour dire que je suis bien arrivée. Enfin, mon ami, appelons-le Sharam, téléphone, il arrive demain, me voilà rassurée, je n’en dors pas pour autant. (…)
Il est 15h, me voilà dehors sur les marches à guetter son arrivée. Ciel, il n’a pas rasé sa moustache, il est méconnaissable, il ressemble vraiment à un indien, enfin je vais vivre avec, autant m’habituer à son nouveau visage. Normalement, sur le programme initial, nous devions nous précipiter à la gare pour filer sur Agra. Oui mais voilà, il vient d’arriver, il a faim, j’ai faim, il fait chaud… le voyage est remis à plus tard. Après une autre nuit sans sommeil, et toujours une chaleur accablante, je n’ai plus du tout envie d’aller à Agra. D’ailleurs le lendemain de notre arrivée à Agra tomberait un vendredi et comme tout le monde ici le sait, le Taj sera fermé, exit la visite du site au lever du soleil. Nous décidons ensemble d’aller à Udaipur, où le climat sera plus clément, espérons-nous (enfin surtout moi). Après une visite au bureau du tourisme de la gare, nous apprenons qu’il faudra patienter, il n’y a pas de train pour lui avant le surlendemain. Soit, nous organisons donc entre temps une journée en voiture climatisée de visite de la ville. Avant de commencer, le chauffeur nous arrête au marché aux grains où sa mère travaille. Suivront le Fort Rouge, le temple de Birla Mandir où je médite quelques instants, un passage obligé devant les bâtiments officiels et l’India Gate, puis le musée de Gandhi et enfin mon préféré : le tombeau de Humayun. Ce qu’une femme peut faire par amour… c’est magnifique et les jardins sont si sereins, on y resterait des heures assis sur un banc à l’ombre des saules, Sharam et moi. En fin de parcours, comme d’habitude, bien qu’ayant négocié la journée à 750 rs, le chauffeur nous extorquera près de 200 rs en guise de pourboire. Il faut que je cesse de marchander ainsi, songé-je, c’est mesquin et ça va me gâcher mon séjour… surtout qu’une journée au frais, franchement c’était bien agréable. Je fais attention quand même parce que depuis la veille j’ai un vague mal de gorge qui s’annonce, conséquence de l’air cooler. Avant de partir, dernières amplettes sur Paharganj, me tordant le pied devant une boutique, je réalise qu’il s’agit d’encens et je trouve enfin celui que j’avais vainement cherché partout lors de mes précédents séjours à Trivandrum et Cochin, le fameux « Spiritual guide ». Me voilà ravie, j’achète 5 cartons et vais illico en expédier 4, non sans être passée par une boutique Himalaya, faire le plein de crèmes et de savons. (J’avoue, j’ai un faible pour les savons ayurvédiques, j’en ferai bien collection, je garde les boîtes, je les ouvre, je les respire hmmm). Au passage la boutique nous fait une remise en espèces, c’est bien la première fois, je regarde mon ami avec un œil différent. En fin d’après-midi, direction Nizamuddin, embarquement pour Udaipur. J’ai lu qu’il fallait des chaînes dans le train, j’envoie donc mon ami en acheter et nous voilà parés. Après avoir failli monter dans un autre train sur le même quai, nous voilà enfin à bord du Mewar express, dans le bon compartiment avec nos valises (départ du Mewar exp à 19h). C’est ma première nuit dans un train indien, je suis curieuse de tout. En face de moi une adorable petite fille avec qui je vais jouer à « coucou, caché » avec les rideaux. Nous avons deux couchettes inférieures, côté à côte. Sur la couchette de Sharam, un hindou s’assied, j’observe, médusée pendant qu’il s’installe, ouvre son ordinateur puis plus tard s’apprête à déguster le repas qu’il a lui-même apporté (sage précaution). Sans aucune gêne, il reste là sur une couchette qui n’est pas la sienne (il a la couchette du haut). Sharam ne bronche pas, ce n’est donc pas à moi de dire quelque chose. Le repas servi sur l’express est très épicé, quasi immangeable, je me contente du pain et du riz mêlé à une toute petite cuillère du dal. Bien vu, n’écoutant pas mes conseils, jouant sur le registre du «mais moi j’ai l’habitude» Sharam sera malade dès le lendemain…

Après le repas, le parasite hindou se décide enfin à gagner sa couchette, où ses ronflements très sonores tout au long de la nuit finissent de me convaincre qu’il mérite vraiment son surnom. Regards complices avec Sharam puis j’ôte mes lentilles et c’est la nuit complète. Il fait froid, ça doit être la clim qui est mal réglée, enfin la nuit finira bien par se terminer, toujours pas sommeil, malgré le bercement du train, oui mais le parasite veille…

Enfin le matin et l’arrivée à Udaipur. Ici dès l’arrivée on est prévenu, c’est une ville à touristes, il faut tout négocier. Ils font même le coup de demander 200 rs à Sharam. Tant pis, nous prendrons un rickshaw pour 80 rs. Direction un bel hôtel avec piscine, où j’ai promis de lui apprendre à nager. Le temps est idéal, au moins dix degrés de moins qu’à Delhi, mais une vague inquiétude me titille.

End of part 2
-------
Avec tes défauts pas de hâte, ne vas pas à la légère les corriger. Qu'irais-tu mettre à la place ?
Henri Michaux in Poteau d'angle


(Ce message a été modifié par Yksis le 28 août 2007 à 14:11.)

Images attachées:

Marcheauxgrains1.jpg - Saison mousson (Inde)
Image postée par le membre Yksis dans la discussion «Saison mousson (Inde)».
marcheauxgrains2.jpg - Saison mousson (Inde)
Image postée par le membre Yksis dans la discussion «Saison mousson (Inde)».
Fortrougeentravaux.jpg - Saison mousson (Inde)
Image postée par le membre Yksis dans la discussion «Saison mousson (Inde)».
Humayun1.jpg - Saison mousson (Inde)
Image postée par le membre Yksis dans la discussion «Saison mousson (Inde)».
humayun2.jpg - Saison mousson (Inde)
Image postée par le membre Yksis dans la discussion «Saison mousson (Inde)».
Humayun3.jpg - Saison mousson (Inde)
Image postée par le membre Yksis dans la discussion «Saison mousson (Inde)».


Yksis
Marseille, France



27 août 2007 à 18:05

Message 4 de 12
Consulté 1 912 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [Yksis] Saison mousson (Inde) [En réponse à] Répondre

Saison Mousson – épisode mystique à Delhi (aparté)

Dans la chambre aux murs parme du Ganga Inn à Delhi, la veille de notre départ, Sharam m’explique que, son associé le rejoignant une journée plus tôt pour effectuer des achats pour leur boutique, il est contraint d’écourter notre voyage d’une journée. Je tremble et bafouille incrédule «comment, on a déjà si peu et toi tu veux raccourcir d’un jour ?» C’en est trop pour moi, je ne l’ai pas vu depuis quatre mois, j’éclate en sanglots, longs, incontrôlables, irrépressibles… Sharam est furibond, il ne supporte pas de me voir pleurer, ça fait pourtant partie de notre contrat tacite, pas de larmes. Mais là je ne peux m’empêcher, tout mon corps est secoué, libérant les flots de tristesse et d’amertume accumulées pendant ces quatre mois. Je crains la suite car à chaque fois que mon équilibre émotionnel est perturbé (oui, je sais ça fait prétentieux), et bien dans les 24h qui suivent je tombe malade, au mieux un rhume, au pire… Bien sûr sur le moment je ne songe pas à cela. Les sanglots s’estompent et peu à peu je reprends mon souffle, incapable de parler et surtout je lui en veux de me faire si mal. Bref je boude et saisis un livre au hasard. Quel livre, je ne me souviens plus ? Ah oui, j’ai emporté le dernier Carl Hiaasen, écrivain américain assez jubilatoire et je m’applique à sa lecture. Je ne sais pas encore que je m’apprête à vivre une expérience hautement mystique, là dans cette chambre d’hôtel… je lis donc pendant que Sharam semble s’endormir. Au bout d’un moment, ne voulant pas gâcher son sommeil – il y en qui ont la chance de dormir parfois avant même que leur tête touche l’oreiller - j’allume ma lampe de poche, une petite torche cylindrique noire et aluminium, soigneusement importée de France (les deux achetées précédemment en Inde n’ayant même pas fait une semaine à chaque fois, à 200 rs pièce quand même) et commence ma lecture.
Peine perdue, au bout de quelques minutes je remarque un bug, oui je sais on dit insecte, mais c’est bug qui m’est venu quand je l’ai vu. Pas un moustique, non un genre de moucheron ailé et têtu qui s’acharne à passer et repasser devant le petit faisceau de ma lampe. Au bout d’un moment, agacée, je le chasse de la main une première fois, puis une deuxième et je tente une diversion, j’éteins puis je rallume. Rien à faire, il revient aussi sec. Vérification faite, (je viens de retrouver le seul écrit que j’ai conservé), je lisais un conte védantique intitulé « I carry ». Recueil de contes pour enfants acheté dans Paharganj, dans un lieu consacré à un grand swami où figurent aussi un temple, un jardin et une bibliothèque (rien à faire j’ai oublié le nom). Un livre de magnifiques paraboles, où « I carry » ne fait pas exception (je n’insiste pas, après il va falloir traduire…). Surprise de l’insistance du bug, je m’interromps à nouveau en le regardant voler vers la lumière et là l’illumination jaillit. Les insectes ont une intelligence spirituelle supérieure à la nôtre. Si, si vous dis-je. Pour lire, je projetais le faisceau de ma torche sur les pages du conte. Le bug lui, ne se promenait pas sur les pages du livre, non, il volait directement vers la lampe, la source. Vous saisissez ? Il y avait là plus d’intelligence réunie dans un simple moucheron que dans bien des humains. La plupart du temps nous ne saisissons que le reflet de la lumière, pas la lumière elle-même. Nous voyons l’amour reflété dans les yeux de nos épouses, de nos enfants, de nos amis mais nous ne voyons pas que cet amour vient du divin. Aussi lorsque nous perdons cet amour, nous disons que nous sommes tristes, que notre cœur est brisé, que c’en est fini de nous, etc. Le moucheron lui ne s’y trompe pas. Ce n’est pas le reflet sur la page qu’il vise, il ne confond pas le reflet et la réalité, c’est bien vers la lumière elle-même qu’il se dirige, parfois même pour s’y brûler. J’ai les larmes aux yeux à nouveau lorsque je réalise toute la portée de cet enseignement. Lorsque nous disons à quelqu’un « Je t’aime», le « je » et le « t’ » sont comme le reflet de la lampe sur la page du livre, la source est ailleurs, à l’intérieur, infinie et inchangée, cette source dans laquelle nous baignons tous. J’arrête là, tant pis pour ceux qui n’auront pas suivi et qui auraient été tenté d’écraser le moucheron au bout d’une minute. Il y aura un rattrapage (la vie en offre toujours) mais pas ici.

Je sèche mes larmes, mon cœur est apaisé, je réveille Sharam pour partager avec lui cette joie profonde qui m’envahit, de mon cœur la tristesse a fui.
-------
Avec tes défauts pas de hâte, ne vas pas à la légère les corriger. Qu'irais-tu mettre à la place ?
Henri Michaux in Poteau d'angle



nattyjah
Paris, France

27 août 2007 à 20:56

Message 5 de 12
Consulté 1 909 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [Yksis] Saison mousson (Inde) [En réponse à] Répondre

merci pour cet aparté...
-------
in any hard times of your life, remember music (H. Stafford)


Yksis
Marseille, France



28 août 2007 à 5:10

Message 6 de 12
Consulté 1 878 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [nattyjah] Saison mousson (Inde) [En réponse à] Répondre

en voilà un autre dans la série "mystique" que j'avais presque oublié.

----

Le devin de Paharganj (aparté)

Certains d’entre vous l’auront vraisemblablement aperçu, avec son turban et son habit blanc, ses petits papiers et ses cartes à la main. Il arpente la rue principale, vous accoste en vous demandant « quelle est votre couleur préférée ? » puis alors que vous êtes en train de répondre il vous tend un petit papier où la réponse est déjà inscrite. Ensuite il vous donne différents détails sur votre caractère, votre façon de réagir et il vous propose d’aller prendre un verre avec lui, au café d’à-côté. Vous avez un peu de temps à perdre alors vous acceptez et c’est parti pour un chaï. ou bien un jus de mangue (ah les jus de mangue…). Oui, mais attention, l’addition monte vite. Le devin a parfaitement compris que 1 ou 2 euros ne représentent pas grand chose pour vous et donc avant de poursuivre son discours, entre deux tirages, il vous réclame quelques billets. Il n’a pas eu l’air très satisfait quand j’ai donné 100 Rs, je pense donc que d’autres doivent donner des billets de 500 rs… Ceci dit, c’est loin d’être inintéressant ce qu’il raconte, et puis c’est vrai, relativisons, c’est toujours agréable d’entendre parler de soi (je vous avais prévenu pour le narcissisme !) et c’est nettement plus économique qu’une séance chez le psy… surtout que bien sûr il vous annonce des choses plutôt agréables et plutôt intelligentes. Je l’avais repéré déjà la veille dans ce même café (et oui quand j’ai trouvé un endroit sympa, j’aime bien y retourner, l’homme est un être d’habitude, la femme aussi) causant avec un jeune blond chevelu genre allemand en vacances en sandales et débardeur. Je pense donc honnêtement qu’il y a un truc, qu’il est de mèche avec le café. Je m’explique, à un moment donné j’ai voulu le mettre à l’épreuve (si vous avez lu le reste, vous avez déjà compris que je ne laisse pas filer mes sous si facilement) je lui ai donc demandé quelle activité j’exerçais. Il m’a demandé d’écrire la réponse sur un petit papier qu’il a bien sûr fait disparaître, a continué la conversation et au bout d’un moment m’a déplié un autre petit papier sur lequel figurait d’une autre écriture que la mienne ma réponse. C’est assez bluffant sur le moment mais je pense quand même qu’il y a un truc, que le jeune serveur du café est de mèche avec lui. Voilà donc si vous passez du côté du Vivek hotel, et que vous croisez le devin tout en portant sur vous votre couleur favorite, essayez donc de répondre autre chose pour voir si la magie marche quand même… et si vous l’avez déjà croisé, racontez…
-------
Avec tes défauts pas de hâte, ne vas pas à la légère les corriger. Qu'irais-tu mettre à la place ?
Henri Michaux in Poteau d'angle



Inde
 Voyages en Inde 
sejourVoyages en Inde
chambre hôtelChambres d'hôtel en Inde
billets avionBillets d'avion pour l'Inde
Voitures de locationVoitures de location

Inde
 Voyages en Inde 


Yksis
Marseille, France



28 août 2007 à 14:09

Message 7 de 12
Consulté 1 835 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [Yksis] Saison mousson (Inde) [En réponse à] Répondre

Retour à Udaipur (fin des apartés)


Sur internet, l’hôtel était magnifique, un ancien haveli (palais) avec des mosaïques, une piscine, des plantes, beaucoup de raffinement et des commentaires très positifs lus sur Tripadvisor (je m’en sers souvent pour vérifier les conseils des guides classiques). Je comptais m’y poser quelques jours, récupérer de la fatigue d’Agra, du voyage en train, et donc j’étais prête à dépenser plus de sous pour l’hébergement (héhé). Et puis une piscine en Inde, ça aurait été ma première fois ! De même que nous n’avions pas vu Agra, nous n’allions pas non plus voir Anjani haveli…

Le touk-touk, comme les appelle Sharam, nous dépose au pied de la ruelle de l’Anjani, et fait mine de nous accompagner. Bien sûr je l’arrête, nous le payons et y allons seuls. Premier signe décourageant, au beau milieu de l’allée trône une énorme m… fraîche et peu avenante (et pas une m… de vache). J’évite et pénètre dans la cour. Ô stupéfaction j’aperçois de là la piscine toute proche, mais pas comme sur les photos, non, là elle est vide, crasseuse, avec au fond de l’eau stagnante et d’une étrange couleur. Toutes mes idées de baignade sont instantanément noyées sous la déception. Sharam interroge et apprend que l’hôtel est fermé. De toute façon malgré les mosaïques, hors de question que j’aille ici à présent ! C’est quand même étrange car prudente, j’avais fait téléphoner Sharam pour réserver avant même d’arriver à Delhi. Évidemment aucune trace de notre appel…

Retour donc dans la rue principale où le chauffeur de rickshaw nous indique deux hôtels à proximité. La matinée avance et la perspective d’une bonne douche après une (autre) nuit sans sommeil dans le train devient de plus en plus tentante. Je visite les deux hôtels et opte pour le second, l’Udai Niwas, où les chambres et sanitaires sont impeccables. C’est un hôtel qui offre tous les services routards (internet, std, cars) et va nous faire gagner du temps. Au passage des chambres bien sûr je fais comme à l’accoutumée, je fais la moue, monte les étages et choisis enfin une chambre lumineuse au 4e pour 450rs que nous aurons pour 400 rs car nous comptons rester plusieurs nuits. Direction la douche puis le petit déjeuner tant mérité que nous prenons sur la terrasse en plein vent. À ce moment là l’inquiétude du matin refait surface : en plus du mal de gorge qui n’a pas disparu, une douleur semble envahir mon oreille du côté droit. Prudente, je fais redescendre Sharam et nous mangeons à couvert, avec cependant les baies vitrées ouvertes et une vue splendide sur les toits et les temples de la ville. Retour à la chambre où je remarque que décidément on entend beaucoup les klaxons et bruits de la rue puis je descends voir mes messages et tiens je crois bien avoir oublié ce que nous avons fait cette journée. Ah si, ça me revient, Sharam est malade à cause du repas du train. Il n’a pas bonne mine du tout. Je le soigne avec mes gouttes du complexe homéopathique L107 et reste me reposer à ses côtés. La nuit par contre, ça non, je n’ai pas oublié : cauchemardesque ! du bruit jusqu’à 3h du matin et du bruit encore dès 6h du matin ! Ici il faut vous expliquer que, bien qu’étant parisienne, je vis sur une partie d’avenue très calme dans un petit immeuble donnant sur cour où les mésanges aiment à se poser et sillonnée par les chauves-souris en été le soir. Bref, très calme. Rien à voir avec la cacophonie permanente de touk-touk, voitures, motos vélos qui hante la rue du Gangaur Marg. Bref au petit matin, ma mine et mes cernes se sont encore allongés, sans parler du mal d’oreille qui s’installe. Heureusement Sharam lui va mieux, je peux l’envoyer à la pharmacie du bas de la rue chercher des anti-douleurs pour moi. Compréhensif il accepte aussi que je ne puisse pas rester une nuit de plus dans cet établissement où je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. Tant pis pour la belle chambre avec les mosaïques je descends à l’accueil expliquer ma déconvenue et dit qu’il me faut vraiment du calme. Sur ce, le réceptionniste me conseille de traverser la cour et d’aller jeter un œil au Badi haveli. Un peu refroidie tout de même par le mot de « haveli » je franchis une cour encombrée de gravats, grimpe quelques marches et parviens au rez-de-chaussée de l’ancienne demeure. Il n’y a personne, je grimpe seule le reste des escaliers et arrive sur une belle cour fleurie avec plusieurs portes. La femme du brahmane qui tient l’hôtel finit par surgir et me montre plusieurs chambres encore un étage au-dessus puis d’autres encore lorsque Sharam nous rejoint. Miracle, les chambres sont presque trois fois plus grandes que celle de l’Udai Niwas, nous optons pour une chambre sur la première cour, où il y a une belle alcôve avec des coussins pour lire, prendre un thé ou papoter, un lit immense, un vestige de bassin et une grande pièce (genre de salon vide) dont je n’ai pas deviné l’usage (Sharam non plus). Il me faut à présent faire accepter à Sharam le fait que les sanitaires sont à l’extérieur et surtout qu’il n’y a pas de télé ! Pour moi c’est un paradis mais pour lui, privé de football, je vois bien que ça n’est que cacahouètes comparé à l’Udai Niwas qui dispose de tout le confort. Mais enfin, je ne vais pas bien, il le voit et ne dit rien. Nous avons donc une nouvelle journée devant nous. Nous retournons déjeuner à l’Udai Niwas où Sharam a négocié un discount spécial pour nous à -20% vu que bien sûr il n’y a pas de raison qu’il paye aussi cher que les touristes alors que lui n’en est pas un… Entre temps mon mal d’oreille se fait plus lancinant et je vois bien qu’il me faut faire quelque chose. J’ai en effet un long passé d’otites et de parasynthèses (ça pour les curieux c’est quand on perce le tympan sans anesthésie, fallait pas être curieux) et je suis fragile côté oreilles. Nous voilà donc partis, renseignements pris, à l’hôpital ayurvédique, hôpital gouvernemental.
-------
Avec tes défauts pas de hâte, ne vas pas à la légère les corriger. Qu'irais-tu mettre à la place ?
Henri Michaux in Poteau d'angle


(Ce message a été modifié par Yksis le 28 août 2007 à 14:11.)


Parvat
Perpette les vaches, Belgique



28 août 2007 à 14:23

Message 8 de 12
Consulté 1 827 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [Yksis] Saison mousson (Inde) [En réponse à] Répondre

merci Yksis Sourire
Aaah les sorciers, devins et magiciens de l'Inde...
Tu aimerais surement lire "l'apprenti Sorcier" de Tahir Shah...
-------
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations...
(N.Bouvier)




Yksis
Marseille, France



28 août 2007 à 14:54

Message 9 de 12
Consulté 1 822 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [Parvat] Saison mousson (Inde) [En réponse à] Répondre

Celui-là, connais pas, mais ça a l'air bien? Tu l'as Parvat ? Si oui (et si tu es prêteuse, je suis très soigneuse si si) je veux bien refaire un dîner ou déj avec bourse aux livres, sinon je vais attendre que mes finances se remettent de la rentrée et le commander en ligne.

A part ça j'avais emprunté à ma voisine "the path of the masters" The Science of Surat Shabd Yoga, c'est pas spectaculaire mais c'est très bien.
-------
Avec tes défauts pas de hâte, ne vas pas à la légère les corriger. Qu'irais-tu mettre à la place ?
Henri Michaux in Poteau d'angle



laptitmarie
Bierges,Bruxelles, Belgique

Photo/image personnelle du membre laptitmarie.

29 août 2007 à 4:40

Message 10 de 12
Consulté 1 811 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [Yksis] Saison mousson (Inde) [En réponse à] Répondre

Très bon, ton récit !! Je te remercie et attends la suite avec impatience.

J'ai logé au Badi Haveli à Udaipur, mignon tout plein, un petit paradis sur terre !!

Ah oui, Parvat m'avait aussi prêté son "'apprentir sorcier", ça vaut vraiment le coup de le lire. Une autre approche de l'Inde d'aujourd'hui.
On est transporté dans les petits villages où la magie, l'illusion et la superstition est encore bien ancrée.
-------
Balades autour de la boule : Inde, Bangladesh, Turquie, Népal,..
Récit Bangladesh
Mon couchsurfing


Yksis
Marseille, France



29 août 2007 à 17:43

Message 11 de 12
Consulté 1 800 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [laptitmarie] Saison mousson (Inde) [En réponse à] Répondre

merci Laptitmarie mais il va falloir un tout petit peu de patience : je pars quelques jours et entre le chat et l'ordinateur il a fallu faire un choix, question de poids !
en attendant voici quelques photos qui te rappeleront des souvenirs et le plus attendrissant : sur la terrasse de notre chambre il y avait un couple d'oiseaux nichés !
-------
Avec tes défauts pas de hâte, ne vas pas à la légère les corriger. Qu'irais-tu mettre à la place ?
Henri Michaux in Poteau d'angle


Images attachées:

terrasse.jpg - Saison mousson (Inde)
Image postée par le membre Yksis dans la discussion «Saison mousson (Inde)».
oiseaux.jpg - Saison mousson (Inde)
Image postée par le membre Yksis dans la discussion «Saison mousson (Inde)».
terrasse2.jpg - Saison mousson (Inde)
Image postée par le membre Yksis dans la discussion «Saison mousson (Inde)».
terrasse3.jpg - Saison mousson (Inde)
Image postée par le membre Yksis dans la discussion «Saison mousson (Inde)».


Parvat
Perpette les vaches, Belgique



30 août 2007 à 12:55

Message 12 de 12
Consulté 1 785 fois

Signaler ce message
aux modérateurs


Haut de la page
Re: [Yksis] Saison mousson (Inde) [En réponse à] Répondre

 Vols   Hôtels   Séjours   Circuits 
Ville ou pays 
de départ: 
Ville ou pays 
d'arrivée: 

Date de départ:
  

Date de retour:
  

Adulte(s):   Enfant(s):

  (plus d'options)
Pour le bouquin, demande à P'tite Marie Sourire, et merci pour la badi haveli d'udaipur...Sourire
Jour J- 6!!!
-------
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations...
(N.Bouvier)



 
 

Inde
 Voyages en Inde 
sejourVoyages en Inde
chambre hôtelChambres d'hôtel en Inde
billets avionBillets d'avion pour l'Inde
Voitures de locationVoitures de location

Inde
 Voyages en Inde 

Discussions récentes sur l'Inde:
Sujet de la discussion Réponses Auteur RubriqueDate et heure
Association humanitaire qui propose des postes bénévoles dans un village en Inde? 0 pholane83 Aide humanitaire et bénévolat à l'étranger 4 déc. 2008 à 18:16
Problème de communication par email avec l'Inde depuis les attentats 0 CLEOPATRE64