Bien, dernière étape. C’est ici que je dois vous donner l’envie d’y aller, pas vrai ? Que faut-il voir absolument ? Ne pas manquer ? En fin de page, je vous laisserai les liens indispensables pour compléter votre information. En attendant, je vais continuer à partager avec vous mon expérience. Accra, à visiter absolument : le Mémorial Kwame Nkrumah, sa statue est magnifique, et les deux bassins juste à ses pieds, avec ses jets d’eau, d’une esthétique parfaite. Ne vous contentez pas de visiter le parc et le mausolée, entrez dans le musée et suivez le guide. Un peu d’histoire, vous aidera à comprendre le Ghana d’aujourd’hui. Juste à côté, vous trouverez le Centre d’Arts, avec ses expositions de peintures et de sculptures, ses étales d’artisanat local, bijoux, masques, sculptures, instruments de musique, vêtements, tissus (le fameux kente)… Apprêtez-vous à marchander… j’avais la chance d’être accompagnée d’un ghanéen ; ce qui n’a pas empêché les marchands d’annoncer un prix unique à chaque fois, que j’avais l’air intéressée : 50 GHC ! Enfin, j’ai apprécié les négociations de Nana, dur dur en affaires, mon ami ghanéen ! Je suis repartie avec 2 rastas pants = 30 cedis ; 2 colliers + 1 gratuit = 12 cedis ; 1 kora (talk-reading, genre de luth utilisé par les griots) = 6 cedis ; 1 calebasse = 12 cedis ; la négociation la + longue a été pour le djembé que je souhaitais offrir à Nana : 48 cedis, au lieu de 70. Vous serez plus à l’aise à l’extérieur de ce grand hangar, et moins harcelé, si vous vous baladez au milieu des petites échoppes avoisinantes. Ensuite, descendez vers le vieux port d’Accra. Avec son charme désuet, les pirogues, les impressionnants filets, que les pêcheurs réparent patiemment. Et toujours, l’Atlantique, magnifique et violent. Destination, Kokrobite… réputé pour ses festivals et shows, musique reggae, rassemblement de rastas, le Big Milly’s et son restaurant, particulièrement apprécié des touristes, soirées animées et sympas ! Beaucoup dorment sur la plage, avec ou sans tente. Et flotte dans l’air, une odeur… de cannabis. Appelé ici " ganja ". Ben oui. Mais, ils fument tous ici, ce n’est pas spécifique aux rastas. (Attention de ne pas vous faire prendre, vous irez tout droit en prison). Ils fument pour se relaxer : to be fine. Et ils boivent beaucoup, les Ghanéens, pas les rastas… beaucoup de bière. Sur la table, on dépose une bouteille de 1 L de star…… wow ! Très jolie, la plage de Kokrobite… mais je vous recommande de grimper la colline pour découvrir le village. Il y a des chèvres qui circulent librement partout. Vous découvrirez un spot (bar en plein air), une animation musicale (genre MTV music), des chop, où vous pourrez vous installer pour manger, tabourets et table basse, on mange avec les doigts, une bassine, savon, éponge sur la table à votre intention… n’oubliez pas : on se lave les mains avant de manger, pas seulement après ! Ici, la nuit tombe tôt et brutalement, vers 18h (6pm)… et tout le monde se retrouve dans les rues, pour discuter, manger… ados, adultes et enfants, … de super moments à partager. Le Marché, Achimota et Kaneshie pour trouver les krobos, perles traditionnelles et des tissus. J’ai envie de profiter du talent des tailleurs installés derrière leur vieille Singer à pédales, et qui réalisent en deux temps, trois mouvements de magnifiques tenues africaines. Des pans de mur entier sont recouverts de ces magnifiques étoffes colorées, avec impressions africaines. Je trouve mon bonheur et demande à la fille de m’en couper 2 hauteurs. Elle annonce 5 cedis, soit 3€. Super ! C’est la patronne qui tient la caisse, et là, surprise… en me voyant (ben oui, je suis blanche) le prix devient 15 cedis. Pas de problème, je prends… et cette pauvre fille qui se fait réprimander. Pas grave, je fais une bonne affaire de toute façon. Mais ce qui me déplait, c’est le principe, à leurs yeux : tu es blanc = tu es riche. A vous de voir et de décider s’il y a abus, ou pas. Direction Région Lac Volta, un long périple nous attend… plus de 6 heures de tro-tro. Plus nous nous enfonçons à l’intérieur des terres, plus la végétation devient dense et les arbres immenses. Le long de la route, comme partout au Ghana, se concentrent les activités commerciales. Les maisons en dur sont couvertes de toit en tôle ondulée. Parfois, des huttes avec le toit en paille serrées, elles se font rares mais dans les villages reculés on en trouve encore. Cette impression d’immensité, extraordinaire. Le lac aussi est immense. Magnifiques paysages, les montagnes se profilent à l’horizon. Nous arrivons à Ho-Hoe. Trop tard. Il n’y a plus de tro-tro pour Agumasta. Nous trouvons un taxi. Une vieille Opel Astra, déjà occupée… par 3 femmes sur la banquette arrière, et 1 homme à l’avant. Pas de problème, le chauffeur invite Nana à mettre nos bagages dans le coffre et à s’installer à l’arrière, ces dames lui feront bien une petite place ; il est filiforme mon Nana. Et moi, je suis invitée à m’installer entre le chauffeur et le passager. J’espère que mes généreuses rondeurs ne viendront pas entraver le bon usage du changement de vitesse. J’ose à peine respirer, et à chaque virage, je me crispe davantage… il est fou ce taximan, il roule à tombeau ouvert, évite de justesse les ornières ; à mon avis il rêve qu’il est pilote de rallye ! La nuit est tombée, il n’allume pas les phares, mais peut-être qu’il n’y a pas d’ampoules ? dans les descentes, il coupe le moteur… histoire d’économiser l’essence ? quand la route grimpe à nouveau, il redémarre. Nous arrivons au milieu d’une place. Il stoppe. Il ne va pas plus loin. Nous allons marcher dans l’obscurité totale pendant une vingtaine de minutes. Je ne lâche pas la main de Nana. Il a l’habitude, moi pas, je n’y vois rien ! Au bout du sentier, on aperçoit enfin des lumières. Nous arrivons à une charmante guest house, tenue par une allemande super sympa. Je vous recommande l’endroit, bien tenu, très propre et on y mange très bien. En plus, la vue est magnifique, la forêt majestueuse, la montagne, on aperçoit les Wli Waterfalls… le jardin avec ses palmiers, ses hibiscus… magique ! J’en profite pour vous dire que le Ghana est un pionnier en matière d’Eco Tourisme. Les sites répertoriés sont très nombreux, dont 16 sont exceptionnels. Donc amoureux de l’Afrique, de la Nature, d’Écologie… n’hésitez pas vous serez comblés ! Voir liens en bas de page. En route vers Teshie- Nungua. Découverte surprenante et amusante… les funérailles au Ghana. Il ne s’agit pas seulement de les voir courant et chantant, endimanchés dans le quartier où le défunt à vécu, précédés par des hommes qui armés d’un sifflet, annoncent le passage du cercueil porté sur les épaules de 6 ou 8 hommes. Mais des " coffins "… ces cercueils sont de véritables œuvres d’art. Vous pouvez vous faire enterrer dans un cercueil qui représente ce que vous étiez ou ce que vous aimiez le plus en ce bas monde. Il y a des coffins en forme d’avion, voiture, bateau, bouteille (coca-cola ou bière), basket, poisson, lion, etc.… voir mon blog, pour les photos, et davantage sur flickr.com. Ensuite, arrêt obligé à Labadi Beach… réputée. Pourquoi ? à cause de l’hôtel du même nom ? à cause de ses animations du samedi soir et du dimanche après-midi ? le rendez-vous des jeunes ghanéens…Que vous dire ? Bof ! ! ! ! ! ! ! ! Je la trouve peu intéressante, peu authentique… et franchement, très très sale. Et puis, pour la baignade… la mer est très agitée. Enfin, si vous voulez vous noyer… j’y ai échappé de peu, prise entre deux courants, et pas de maître nageur en vue… Encore un long trajet en tro-tro, entre 5 et 6 heures… en route vers Takoradi, pour rendre visite à Danielle et Olivier, des amis français installés à Busua. A Takoradi, nous descendons du tro-tro pour prendre un taxi et nous diriger vers Cape Coast, nous y passerons la nuit et visiterons le fort, le matin avant de repartir. L’hôtel typique africain, sympa et rustique… rien à dire. La visite du fort, l’histoire de l’esclavage… impressionnant et difficile. Nana ne lâche pas ma main, son visage est fermé…le poids du passé. L’émotion est forte. Je croyais être bien informée…pas assez. Comme moi, vous savez que les esclaves étaient enchaînés. Mais saviez-vous qu’ils étaient marqués au fer rouge comme du bétail. Moi pas. J’en suis malade. Quelle honte ! Bien, encore quelques kilomètres et nous serons à Busua… Au rond point à Dixcove, nous descendons du tro-tro qui continue à droite, alors que Busua, est à gauche. Il n’y a pas de tro-tro à cette heure, juste des taxis. Allez marchons ! Olivier m’a dit que ce n’était pas loin du carrefour, juste quelques minutes… ils sont sur la plage. Le tout était de savoir, à partir de quel carrefour ? Nana et moi, en rions encore. Jamais il n’oubliera " on the road to Busua ". Après une vingtaine de minutes, nous avons dépassé les maisons ; nous rencontrons un vieil homme et nous lui demandons si Busua est encore loin. Il nous demande " vous allez à la mer ". Oui, nous allons à la mer. Il nous répond, je ne sais pas 25 ou 40 minutes. Bien, nous reprenons notre marche. Rien à l’horizon, pas de mer en vue. D’ailleurs rien en vue. Il n’y a rien, ni personne. Nana me houspille un peu… tu vois bien qu’on aurait dû prendre un taxi… c’est à ce moment, qu’une golfe s’arrête à notre hauteur. Le chauffeur nous demande " où vous allez les enfants ? "… Allez je vous emmène c’est sur ma route. Il est sénégalais, il vit au Ghana depuis deux ans, il se plaît beaucoup ici. Il nous parle de sa vie, de sa famille et 45 minutes plus tard, nous arrivons à un carrefour en Y, il nous dépose, il continue à droite et Busua c’est à gauche. Bien, continuons notre marche. Un homme surgit des buissons, une machette à la main. On lui demande si nous sommes encore loin de Busua. L’homme ne répond pas, il rit. Là, je vois mon Nana se décomposer… il se prépare un joint " I need to relax "…j’avoue que j’en ai marre moi aussi. La chaleur, la fatigue, la faim… On n’en voit pas la fin de cette route. Nana me tend son gsm pour que j’appelle Danielle. Nous avons marché, marché, marché… près de deux heures en tout. Ouf ! Danielle vient nous sauver de ce lacet de bitume qui n’a pas de fin. Une vingtaine de minutes plus tard, nous arrivons à Busua. L’hôtel est installé au milieu du village, sur la plage… quel bonheur ! L’endroit est charmant, pittoresque et, nos hôtes super sympas ! Une bonne bière, la fraîcheur du large… un peu de repos, bien mérité. Nous avons faim et envie de fufu. Une gamine nous emmène, au détour d’un dédale de ruelles entre les baraquements. Nous arrivons dans une grande cour. La famille est en train de préparer le fufu, ils sont deux à frapper alternativement et en rythme dans le récipient, à l’aide de longs bâtons… le fufu sera bientôt prêt. Il nous sera servi avec des morceaux de poisson, pour la somme dérisoire de 3 cedis, pour nous deux. Encore une expérience pleine de richesse dans l’échange. Rien ne les étonne, ils vivent l’instant. Extraordinaire. Nous passons le reste de la soirée avec Danielle et Olivier, et quelques visiteurs… Ils n’ont plus de chambre disponible et proposent de réserver une chambre à l’hôtel à côté. Séparés ou ensemble ? Ensemble. Nous suivons la fille, lui payons les 20GHC ; elle nous donne la clef, nous montons l’escalier, ouvrons la porte. Chambre très propre, … mais, le lit… quelle journée ! C’est un lit 1 personne. No problem ! Il est tard, tout le monde dort. Pffffffff… Direction washroom et dodo. Demain on reprend la route très tôt, pour éviter les embouteillages à Accra. Nana m’éveille à 4h30, négocie un taxi pour nous conduire au point de départ des tro-tro. Celui-ci se remplit lentement, nous démarrons, il est passé 5h. Pas de chance, nous arrivons à Accra vers midi et demi. Courage, le temps d’attraper un tro-tro pour Dome et rentrer à la maison, pour une bonne sieste. Oui, ici, en zone tropicale humide. La sieste, vous n’y échapperez pas. Et je peux vous dire, qu’on dort. Deux, voir trois heures ! Suivre le rythme… de la vie locale. Reste le Royaume Ashanti à visiter, mais ce sera pour la prochaine fois. Ma cagnotte est épuisée, et il reste encore à se nourrir quelques jours avant le départ. Voilà, vous dire que j’ai aimé mon séjour, mes rencontres… c’est évident ! J’y retournerai, et j’espère je m’y installerai un jour… Un grand merci à Danielle et Olivier, pour leur accueil et leur gentillesse. Un grand merci à mes amis ghanéens, Nana, bien sûr qui a veillé sur moi, tenu toutes ses promesses, à Holman, Mustapha, Archie, Sizzle, Menelik, Perry, Richard et Gifty, Marcia, Mathilda, Abigael, Lynda... et le gardien, Baba. Ici, dans ma petite Belgique, près de Liège. J’ai tout… mais tout me manque ! Ghana garde-moi une place dans ton cœur, je reviendrai. Pour les photos, mon blog – http://nanaabena.skyrock.com et http://www.flickr.com. Pour des informations complètes et sérieuses – http://www.ghana.gov.gh et http://www.touringghana.com. Avant de vous quitter, j’aimerais laisser un message à ceux qui surfent sur le net ; pas seulement pour chercher des infos, mais pour chatter et s’égarer sur les sites de " date ". Ces derniers temps, le Ghana a hérité d’une bien triste réputation, concernant les " scammers ". Et si j’en parle c’est parce que c’est une honte, pour les " honnêtes " et " courageux " ghanéens qui ne méritent pas d’être salis par ces activités criminelles, très florissantes et nées il y a quelques années déjà au Nigéria. Le Ghana se trouve en Afrique. Et en Afrique, vivent les Africains et les Africains sont noirs. Pas blancs ! Alors arrêtez de croire au businessman américain en perdition au Ghana, ou à la petite blanche " top modèle ". Dans le quartier où je résidais, j’étais la seule blanche. Lors de mes déplacements, des blancs ? Je n’en ai guère croisé… au centre de la capitale, j’en ai croisé 2 ou 3 ; sur les plages, moins de 10 ; dans la station des bus, deux groupes de jeunes, sacs au dos, ils étaient 3 et 5. Pas plus. Patrons d’hôtel ou autre, oui, bien sûr, il y a des blancs. Mais les " vrais " businessman n’ont pas le temps de chatter, et ne ferons jamais appel à votre aide ; ils sont bien informés, bien assurés, et leur ambassade est là, en cas de besoin. Les pin-up… voyons depuis quand les " jeunes et belles " femmes doivent s’inscrire sur le net pour trouver le prince charmant ? Les photos utilisées sont " empruntées "… et pire, pour certaines, émanent de sites à caractère pornographique. Je vous affirme que les jeunes qui sont assis dans les cybercafés, sont black, ils ont entre 15 et 25 ans, rarement 30. Male, peu ou pas de fille. Ils chattent avec plusieurs contacts en même temps. Ils travaillent en équipe et se partagent les gains. Ce sont des bandes organisées. Et c’est un véritable " business ". Ils piègent leur victime sur Meetic, eHarmony, Match, hi5 ou facebook… très rapidement vous entraîne sur " messenger ", rapidement vous parle d’amour, et dans leur lancée, tout aussi rapidement, invente des problèmes, incidents… et sollicitent votre aide : envoyer de l’argent par " Western Union ". Petite précision, il y a des webcam… contrairement à ce qu’ils vous disent. Le truc imparable pour vérifier l’identité de votre correspondant : l’avoir à l’écran et lui téléphoner en même temps ! Si vous êtes prêt à accepter que votre amoureux(euse) made in Ghana, Nigeria, Benin, Côte d’Ivoire soit africain(e). Je fais du scambait depuis deux ans maintenant, et je suis effondrée de voir le nombre de témoignages de victimes (États-Unis, Canada, Europe) qui ont payé des milliers de dollars, d’euros à leur lover. (à visiter, en FR – lesarnaques.com et croque-escrocs.com, en EN – delphifaq.com et romance-scams.org) |