
guillaum
France
24 août 2004 à 16:14
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Le Kosovo, une terre de "contraste"
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10/08/04 Ca y est ! A l’heure prévue, le bus estampillé " cars de Cornouailles 29750 Loctudy " quitte la gare routière. Je paye mon ticket en euros. Sur un immeuble, une photo géante d’un Bill Clinton hilare : que fait-il ici ? On quitte Pristina. A 20 kilomètres au sud de la " capitale " du Kosovo, c’est Gracanica. Promenade dans la ville, les prix sont indiqués en dinars, les voitures sont immatriculées en Serbie, les panneaux sont écrits en cyrillique, on parle " yougo ". Pourtant, l’unique route qui traverse l’enclave serbe est empruntée par les véhicules albanais. Un drapeau américain flotte sur une maison. Pourquoi ? On m’a raconté que les américains soutenaient les albanais et pas les serbes. Mais des GI’s protégent le monastère de la ville, un des plus anciens du pays. Un minibus pour Lipljan, situé 15 kilomètres au sud. Toute petites routes de campagne, détours. On tourne en rond. Les passagers parlent serbe. Le chauffeur salue d’un signe de la main les personnes qui marchent sur le bord de la route. J’imagine qu’ils sont serbes. Et que le minibus l’est lui aussi, qu’il s’agit par exemple d’un bus qui relie les enclaves serbes. Puis, au bout d’une rue, apparaissent quelques maisons sur lesquelles flotte le drapeau rouge et noir albanais. Je suppose qu’on a changé de quartier. Arrêt du minibus dans une rue coupée en deux par des barbelées. Ou est le coté serbe ? Et l’albanais ? En fait, c’est facile à identifier : beaucoup de monde se pressent dans les rues albanaises. Chacun vaque à ses affaires : marchés, cafés, mosquées… Et personne ne se ballade dans la partie serbe (en fait une simple rue). Exceptés deux vieux qui gardent l’entrée d’une petite église. Devant l’édifice religieux, se trouve une pancarte rouillée : " souvenirs 50 m ". Mais la boutique a apparemment disparue. Tant pis, je n’achèterai pas de cartes postales de Lipljan. Près d’un jardin, ça sent la prune : les arbres sont couverts de fruits. Une jeune fille tricote, assise sur son balcon. Elle a une vue imprenable sur la grosse base irlandaise implantée dans ce " ghetto ". Les blindés sont plus nombreux que les Golfs. Direction Mitrovica (40 km au nord de Pristina). Sur la route, j’aperçoit un petit panneau bleu : " rue de la paix " Dans cette rue est implanté un camp de soldats français. A Mitrovica, les deux entités sont aisément identifiables, le fleuve Ibar et un pont couvert de barbelées séparent les deux communautés. Ce pont est gardé par des soldats français. " Plus qu’un mois et dix jours a passer ici " me confie l’un d’entre eux. L’ouvrage a été conçu par un français, Gustave Freyssinet, inventeur du béton précontraint. Une plaque dorée est fixée au milieu du pont en mémoire de l’ingénieur. D’un coté les mosquées, de l’autre les églises. D’un coté les pubs vantant les séjours à Durrès (Albanie), de l’autre, c’est pour Budva (Monténegro). D’un coté on écoute Méda (chanteur albanais à la mode). De l’autre c’est Ceca (chanteuse serbe kitch). Dans la partie serbe, un restaurant s’appelle " chez Pascal ". Une fille en mini jupe se balade près d’un check point gardé par des soldats allemands. Dans la partie albanaise, les vendeurs de pastèques et de melons posent un bandage de scotch aux fruits fendus par la chaleur. Un gosse interpelle les passants : il vend des cassettes audio. Des filles en débardeur regardent l’étalage d’un vendeur de hidjabs. A la sortie de la ville, arrêt devant un groupe de maisons. Panneau à l’entrée de ce petit village : " sultanat d’Oman village ". Plus loin, autre arrêt devant un abri bus de tôle jaune financé par l’European Reconstruction Agency. Soirée à Pristina. Une portion d’un grand boulevard est plongée dans le noir. On ne s’entend pas parler : épiceries et autres commerces ont leur groupe électrogène en marche placé sur le trottoir. Les restos ont installés des bougies sur les tables. Romantique ! Quelques mètres plus loin, l’éclairage public marche, on se masse dans les cybercafés. A chaque coin de rue, toujours des dizaines de taxis qui attendent l’improbable client. Toujours les 4X4 de l’ONU, l’OSCE ou Coca Cola. Il est tard, à l’hotel, l’eau ne coule plus du robinet. Avant de s’endormir, on a le choix entre RFI, la BBC, une radio italienne, une allemande… guillaume
(Ce message a été modifié par guillaum le 24 août 2004 à 17:02.)
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