
pramont
France
27 septembre 2004 à 14:15
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Merci de ton message perso. Comme j'ai envie que tout le monde profite de mon expérience de l'insécurité et de la violence sous toutes ses formes dans des régions et pays aussi différents que le Brésil, la Colombie, le Pérou, la Russie, Paris, Bali, les Etats-Unis, l'Inde, la Corse, vous parler de la maîtrise de la peur, de l'immersion, de la manière de provoquer cette violence parfois sans s'en rendre compte, ou au contraire de la détourner de son objet, enfin, en un mot, de vous parler à tous d'un sujet FONDAMENTAL sur un forum voyage, "violence et voyage", je te propose de te répondre de manière ouverte, et surtout, en peu de mots, que je relaierai par une page internet que je vais créer exprès pour toi lol et qui sera en accès libre, bien entendu. Alors, aller ou pas en Colombie en tant que nana toute seule ? Franchement, je ne sais pas. Attends, je vais réfléchir... Je me rappelle d'une scène de notre dernier voyage en hydravion à travers les Amériques avec les trois enfants. Nous étions partis de San Francisco, avions traversé le Mexique (fabuleux, d'ailleurs, le Mexique), avalé d'une traite Guatemala (avec un petit souci à Guatemala City, à la manière de Saint Exupéry, mais en plus cool, rien de grave, mais bloqués quinze jours à Antigua Guatemala, passage par Atitlan, des lieux que je conseille bien sûr, mais ce n'est guère original, n'est-ce pas, sauf que j'aurais bien voulu me poser dans le lac Atitlan en hydravion, et aussi parler la langue du coin, car les regards des Indiens du bord du lac n'étaient guère amicaux, ce qui s'explique quand on sait les exactions qu'ils ont subies de la part des paramilitaires il n'y a pas si longtemps, enfin, continuons, avalé, disais-je, Salvador, Costa Rica, Panama et son canal, et HOP, que faire, sinon passer par la Colombie pour continuer sur notre route vers le SUD. LA COLOMBIE EST INCONTOURNABLE, au sens propre du terme. Tout périple de l'Alaska à la Terre de Feu, à moins de faire du saut de puce et s'enfiler l'une après l'autre les perles des Antilles pour rentrer par le delta de l'Orénoque (ce que nous avions fait la première fois), tout périple Nord-Sud oblige à passer par la Colombie, l'incontournable Colombie. Alors nous l'avons fait, et pour résumer, nous nous sommes modestement contentés de trois jours à Pereira, chouchoutés et cornaqués et hébergés par un gars du coin absolument charmant, pilote d'hélicoptère et ensuite nous avons filé d'un coup d'aile vers Iquitos, qui, pas de pot, était juste de l'autre côté de la zone Farc. Autant dire que nous n'avons pas choisi la facilité, je me souviendrai toujours de ce soir où nous sommes allés dîner dans un restaurant de Florencia, une ville à la lisière de la zone autonome des Farc, dans l'attente d'une autorisation de sortie par la voie des airs, chose à laquelle visiblement les Colombiens n'étaient pas habitués... Ce soir-là, pendant que nous attendions nos plats, un gars est rentré, s'est assis le dos au mur du restaurant, qui, ouvrait de plein pied sur l'extérieur, si vous voyez ce que je veux dire, sans mur de séparation par rapport à la rue. Le gars a pris son temps pour s'asseoir, regardant bien autour de lui,et, très poliment, comme d'autres sortent leur téléphone portable de leur poche, l'éteignent et le posent gentiment sur la table, lui, il a sorti un très gros flingue, lui a jeté un petit regard tendre, et a fait signe au garçon. Ambiance... Tu vois, en soi, je n'ai pas grand-chose d'autre à te raconter de la Colombie, enfin, je vais quand même rechercher dans ma mémoire des impressions fugaces des quelques jours que nous y avons passé dans cette famille à Pereira, une chouette villa avec piscine dans un paysage de collines digne de ce qu'a dû être le Rwanda, autre lieu mythique. Mais bon sang, pourquoi, quand je repense aussi à la Yougoslavie, au Caucase, dont mes potes Russes parlaient avec la larme à l'oeil tant c'était beau, disaient-ils, l'Afghanistan, le Cachemire, Ceylan, pourquoi faut-il que les hommes s'étripent dans des endroits aussi beaux. Comment se fait-il que la beauté des lieux ne suffise pas à élever l'âme de l'homme et à le rendre pacifique ? Ceci reste un mystère sur lequel il faudrait encore réfléchir... En attendant, je planche sur ta question, et te donne bientôt une réponse tirée de mon expérience, promis. Xavier de Pramont J'en profite, çà ne mange pas de pain, pour citer, comme d'hab', la bible du bouquin d'aventure (dixiunt d'autres gens), en hydravion, certes, mais on peut extrapoler à d'autres situations, dont le premier tome est disponible sur Fnac.com, en tapant "Pramont, l'Odyssée de l'Espion" dans le moteur de recherche de bouquins... Pour plus de détail sur ce livre, visitez la page suivante : http://seaplane.free.fr/bouquin_et_bouquins.htm
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