
albathor
(en ligne!) France
2 février 2007 à 4:13
Message 23 de 59
Consulté 2 088 fois
Signaler ce message aux modérateurs
Haut de la page
|
Salut tout le monde. Tiens, pour une fois je suis d'accord avec Tatra ! Bon alors il faut arrêter de délirer, là. La remise de gaz est une manoeuvre courante, qui peut être décidée par l'un des deux pilotes lorsqu'il estime que l'atterrissage pourrait être compromis pour toute raison, ou dès qu'il y a doute sur quoi que ce soit. Lors de la présence de brouillard, les pilotes peuvent (conditions expliquées dans un autre sujet sur ce même forum) décider de se poser en approche dite catégorie 3, laquelle permet de réaliser l'atterrissage avec une visibilité disons quasi-nulle. Mais cette procédure doit être en vigueur sur l'aéroport concerné, ce qui n'est pas forcément le cas lorsque le brouillard arrive soudainement ou qu'il n'est présent qu'en bancs. Il arrive souvent qu'un avion se présente en approche ILS standard (catégorie 1) et qu'un banc de brouillard (dit "à lapins" car peu épais) empêche finalement aux pilotes de poursuivre jusqu'à l'atterrissage complet. Le pilote aux commandes effectue alors une remise de gaz avant de se représenter en ILS catégorie 3, où là, dans l'immense majorité des cas il pourra se poser normalement. Lorsque les approches catégorie 3 sont en vigueur, toute l'exploitation tourne au ralenti car les contrôleurs ne voient plus les avions au sol (et ne disposent pas tous de radars permettant de les situer au sol) et les espacements sont alors considérablement augmentés. Avant de décoller, les avions doivent marquer l'arrêt absolument avant la piste au "point d'arrêt cat 3" qui se situe à AU MOINS 150 mètres de l'axe de piste, c'est-à-dire très loin. Lorsque d'un avion, pris dans le brouillard, franchit d'un demi-centimètre cette marque d'arrêt, un signal d'alarme d'incursion de piste retentit dans la tour de contrôle, et le contrôleur la répercute immédiatement au pilote qui remet les gaz. Une autre possibilité est que l'espacement entre les avions à l'atterrissage ait été un peu court et que le premier à se poser ait un peu tardé à annoncer que la piste était totalement dégagée (obligatoire en catégorie 3 avant que le contrôleur n'autorise le suivant à atterrir...). Dans ce cas, le contrôleur ordonne aux pilotes une remise de gaz. Dans ces deux derniers exemple, la raison officielle est "présence d'un avion sur les servitudes de piste", ce qui ne signifie pas exactement que l'avion est sur la piste dans la très très grande majorité des cas. Et quand bien même. Ademttons qu'un avion se pose sur la piste, par temps de brouillard et que celui-ci ne trouve pas la sortie (ne souriez pas, cela arrive fréquemment, c'est une phase très délicate pour les pilotes). Il reste donc sur la piste en roulant lentement et l'avion qui suit est contraint de remettre les gaz. Dans tous les exemples précédents, à AUCUN moment la sécurité n'a été engagée en aucune manière. Les remises de gaz sont des manouvres courantes. Contrairement à ce que j'ai lu plus haut, elles peuvent être décidées et exécutées même après que les roues aient touché le sol. (jusqu'à la sortie des "reverses" exactement...) et parfois, une remise de gaz initiée avant que les roues touchent la piste conduit l'avion à toucher brièvement le béton. Cela est prévu. Dans tous les cas, l'opération est parfaitement connue de tous les pilotes qui sont formés et régulièrement entrainés à cela. Enfin, contrairement à l'affirmation d'un contributeur, il est parfaitement admis (en bonnes conditions météo bien sûr) qu'un avion soit autorisé à atterrir alors même qu'il y en a trois ou quatre devant lui. C'est même la règle générale à Roissy, où cela arrive tous les jours. Qu'on se souvienne bien que les contrôleurs ne décident rien à proprement parler : les pilotes restent maîtres dans tous les cas et une autorisation à l'atterrissage ne signifie pas une obligation de poursuivre la manoeuvr |