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Loopkin
Lyon, France



2 mai 2005 à 16:32

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Sujet de dissertation géantropique Répondre

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La géantropie... j'en parle deci-delà sur VF. J'en parle aussi sur mon site. En gros, cette discipline obscure s'intéresse à toutes les formes de représentation de l'espace. Une parmi tant d'autres, et non des moindres, est le récit de voyage.

Ce sujet de dissertation a donc sa place ici:

Décrivez un lieu qui vous a marqué dans vos voyages, en insistant bien sur la manière dont vous l'avez ressenti avec tous vos sens. Le lecteur doit pouvoir se représenter l'espace décrit comme s'il y était.

A vos claviers... et merci d'avance
-------
Geantropie, Vivre l'espace
http://geantropie.free.fr


Klokette
Metz, France

Photo/image personnelle du membre Klokette.


4 mai 2005 à 3:40

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Re: [Loopkin] avis à tout VF: sujet de dissertation géantropique [En réponse à] Répondre

Allez je me lance, du moins j'essaie...Tire la langue

Enfin, nous y sommes... Après avoir tellement rêver et espérer découvrir pareilles sensations, je suis heureux, simplement heureux de réaliser un rêve, mon rêve. Une énorme sensation m'envahit alors, j'en frissonne, j'écarquille grand mes yeux pour profiter au maximum du spectacle, j'ai l'impression de me trouver ailleurs, mais dans un ailleurs inconnu ou je me sens bien, qui me parait familier, ou parait me correspondre totalement dans le sens ou j'ai l'impression enfin de me trouver et de rattraper mon destin... Des nuages et des sommets nous descendons enfin ces pentes si abruptes qu'elles en donnent le vertige, les maisons semblant se cramponner comme elles le peuvent à ces montagnes environnantes, immaculées à leurs mythiques sommets d'une neige éternelle, me rappelant la pureté de mes émotions. Mais cette émotion sera encore plus intense la nuit, ou je suis stupéfait et ébloui par ces lumières, semblant être des guirlandes de Noël suspendues au-dessus d'un symbole, un des symboles de la vie. Ce qui me touche également est la pureté de ces gens, de ce pays, le coeur sur la main... Cette ville est La Paz, ce pays est la Bolivie... Hasta Luego!!!Sourire
-------
***La vie est un voyage... Voyager c'est la vie***


zabinouk
La Croix sur Lutry,, Suisse



4 mai 2005 à 13:21

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Re: [Loopkin] avis à tout VF: sujet de dissertation géantropique [En réponse à] Répondre

Je me lance à mon tour.

9oct, 6h30, température dans la tente encore à l'ombre 17°. Guma camp, Delta de l'Okavongo, Botswana.

Le soleil effleure la cime des arbres, et le vrombissement assourdissant des insectes à repris,depuis que l'aube à pointé le bout de son nez.

Il ne pas faut croire pour autant que la nuit fut calme.

Craquement de branche, bruit de la chute des feuilles sur la toile tendue de notre tente, tout concours dans cet environement étranger à créer quelques inquiétudes, de quoi réfléchir à deux fois si on doit se lever la nuit. Et puis on est au bord d'un des bras de l'Okavongo, alors les voisins sont bruyant et bagarreurs. Avez-vous déjà expérimentez une nuit près d'une baignoire à Hyppopotames ? Ce n'est que souffle, grognement bruit d'eau que l'on remue fortement, splasch et parfois le souffle se fait plus proche, et l'on entend se bruit particulier du mangeur d'herbe,qui arrache sa pitance au sol.

J'hésite quelques minutes entre sommeil et veille, est-il trop tôt pour me lever? Moralement je suis bien douilletement blottie au creux de mon duvet, mais mes vieux os protestent , mes muscles ont besoin d'etre étiré, et ma vessie et sur le point d'éclater, je me suis abstenue cette nuit de me lever.

Allez hop, j'enfile mon short raide de poussière, prend le sweet, enfile les sandales, et tout celà sans réveillée ma compagne de tente, à quatre pattes ,je gagne la sortie de la tente et zip je remonte la fermeture éclaire.

OUps, dur de se relever.

"Bonjour Sikoki", "Good morning Clinton", notre cuisinier et notre guide s'affaire à la préparation du petit déjeuner, j'attrape ma trousse de toilette et ma serviette, et en route pour ces merveilleux sanitaires, un coin WC, UN coin douche, super elle sera même chaude, quelqu'un à déjà lancé les chaudières camouflées dans des termitières.

Je pose la barre de bois entravers du passage, c'est occupé. J'observe attentivement les murs et le toit de banbous, pas d'araignées visibles, le sol bétonné, pas de fourmis, j'ai l'air d'avoir choisi la bonne douche. Et la chasse d'eau du WC fontionne.

Le béton est frais et rugueux sous mes pieds, le filet d'eau est d'abord froid puis tiède, mmm un délice.

Après cette rapide toilette je regagne la tente , les autres commence à emmerger et je répond à quelques saluts, je commence à rassembler mes affaires et à les trier car ce matin on part pour deux nuits au coeur du delta .

On prend rapidement le petit déjeuner car il va falloir emballer les affaires de cuisine que l'on emmène avec nous.

Thé noir brulant, ne pas oublier de prendre le linge pour prendre l'anse brulante de la bouilloire qui repose au coin du feu, la chaleur dégagée par les braises, me brulent un instant les joues. Toast parfumer de l'odeur de fumée, beurre légérement salé, confiture, cornfalkes, et encore une autre tasse de thé brulant, c'est tasse qui font réver les apprenti aventurir dans leur enfance, celles en émail , solide, mais avec lesquelles on se brule systhématiquement les lèvres.

Je rassemble dans un coin les affaires que je laisses et dans un autres les affaires que j'emmène pour 3 jours, j'attrape le matelas le sort de la tente et vais le glisser avec ceux des autres dans sa house protectrice, avec l'aide de ma compagne, je démonte la tente et la plie, et me voilà faite comme un ramoneur, poussière, poussière chaque matin c'est pareil, j'ai la peau des mains sèche et rugeuse à force de manipuler tous ces objets couverts de poussière. J'aide à charger la remorque du 4X4 et nous gagnons "l'embarquadère" par une piste sabloneuse ou le véhicule dérape etsurf comme si on été sur une piste de ski.

Un premier canot à moteur est chargé , voir surchargé de nos affaires, nous patienterons un bon 45mn avant de voir apparaitre notre embarcation. Je suis face à un bras assez large de l'Okavango, il est seulement 8h15, mais il fait déjà très chaud, le soleil est déjà haut dans le ciel, et le reflet sur l'eau est intolérable pour des yeux non protéger par des lunettes de soleil. je cherche une place à l'ombre d'un arbuste, en bordure de cette lagune les papyrus s'agitent mollement, quelques singes se poursuivent dans les frondaisons voisines. Je me tartine de protection solaire, très efficace non pas grace à son haut indice de protection mais grace à la poussière qui s'y colle imédiatement.

Nous embarquons enfin, je me suis arrangée pour embarquer la dernière, afin de me retrouver aux premières loges, à l'avant du bateau. Nous nous dirigeons plein Est, la reverberation est terrible, on est dans une espèce de lagune, très large, au loin s'élève un mur de roseaux et de papyrus, par ou vas t'on passer? Petit à petit le mur végétal se rapproche et j'apperçois l'ébauche de différents cannaux. Le bateau ralentit un peu et s'engage dans l'un d'entre eux.

Le passage devient de plus en plus étroit et la vitesse ne diminue pas plus, j'ai le visage et le bras fouété pas les feuilles de roseaux et par quelques papyrus courbés au dessus du canal. Du coin de l'oeil, je vois disparaitre un petit crocodile, 50,70cm je dirais pas plus, un peu plus loin le vacarme de notre moteur fait se lever un nuage blanc, ce sont des grandes aigrettes blanches et des crabiers chevelus. Il n' y aurais pas le bruit du moteur, j'aurais la vision d'un matin de commencement du monde.

Le chenal c'est vraiment rétrécie, le bateau ralentit sa course et nous abordons un rivage boisé. Cernée de toute part par la végétation, difficile de trouver des repaires. Nous avons abordé une île, ilot composé de sédiment aluvial, sur lequel à pousser différents arbres, notement des palmiers, nous la traversons d'Ouest en Est, sur une courte distance, mais quand on ne sait pas ou l'on vas les distance paraissent toujours énormes.

Et là nous rencontrons notre équipe de piroguiers, nos affaires les plus encombrantes sont déjà chargées sur les mokoros, puis deux par deux avec nos affaires personnelles, nous embarquons à notre tour sur ces pirogues à fond plat, qui étaitent traditionnellement creusées dans des troncs d'arbres et qui sont pour nous en fibre de verre.

Les mokoros sont donc "garés" l'un derrière l'autre dans un très étroit chenal, sous le regard malicieux des piroguiers nous essayons d'embarquer sans glisser dans la boue,et sans y laisser une chaussure. Et j'essaye de m'installer le plus comfortablement possible en me calant avec un de mes sacs. J'ai embarqué sur la première pirogue et donc nous partons les premieres, de fortes secousse de la part de notre guide pour essayer d'ébranler le mokoro,et c'est partit , lentement, jusqu'a une étendue un peu plus large ou nous attendrons que les autres nous rejoignent.Clin d'oeilClin d'oeil

La suite dans quelques instants , j'ai trop peur de faire un fausse manoeuvre et de tout effacerTire la langue
-------
Je soutiens le projet d'une école au Zanskar http://www.rigzen-zanskar.org


zabinouk
La Croix sur Lutry,, Suisse



4 mai 2005 à 14:52

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Re: [zabinouk] avis à tout VF: sujet de dissertation géantropique [En réponse à] Répondre

 Je regarde autour de moi, le regard ne porte pas très loin, un mur végétal composé de papyrus gigantesques et de roseaux m'entoure, sous moi je sens l'ondulation du mokoro au moindre mouvement des uns ou des autres, il faut vraiment se bouger,ou changer de position avec mille précautions.

L'eau est brun rougeatre, mais claire, les feuilles des nénuphares s'étalent à la surface en un tapis vert sombre, quelques une malencontreusement retournées laissent apparaitre un dessous violacé. Les fleurs elles, sont de différentes nuances, rose très pale, mauve pale, blanche, toutes laissent apparaitre plus ou moins un magnifique coeur jaune vif, je pourrais presque me croire , hormis la température avoisinant les 35°, dans un des tableaux de Monnet.

Le silence est seulement rompu par le claquement sec des perches de bois contre les flancs des mokoros, par le froissement des herbes, par les cris des piroguiers qui s'interpellent et par nos exlamations de surprise devant la découverte de cet endroit.

Nous voilà tous sortis de la gangue étroite du chenal de départ, quelques manoeuvres et un premier mokoro s'engage dans un chenal de verdure.

Sensation etrange, il y a à peine un petit mètre qui sépare les deux murs de végétaux entre les quels nous navigons, l'avance se fait plus ou moins régulièrement, à coups, glissements, brusques ralentissements du à une motte de terre qui émerge, manoeuvre délicate à négocier pour virer quasi à angle droit dans des chenaux très étroits.

Faire tourner une embarcation de 5m de long dans ces conditions ne vat pas sans poser problème, parfois le nautonier a été un peu trop vigoureux dans sa manoeuvre, et l'avant ou l'arrière est planté entre les roseaux, il lui faut alors pousser très fortement sur ça perche, pour reculer et essayer de se dégager, et si ça ne marche pas il fait ociller le bateau , à notre grande angoisse de passer par dessus bord avec nos affaires, ou alors il emploit ses pieds pour prendre appuis sur une motte de terre, tout ça sous les moquries, très probables de ces confrères.

Dans ce labyrinthe végétal, il y parfois de grands espaces dégagés, finie la sensation d'opression que l'on peut ressentir en progressant entre les parois vertes. Le mokoro prend un peu de vitesse et glisse sur un tapis d'ajoncs, ou entre les fleurs de nénuphares et d'iris d'eau. Un envol d'oies de Gambie salue notre passage. Le miroitement de l'eau sous le soleil m'éblouie.

C'est l'un des paradis sur cette terre, et j'y suis. Quand je réalise celà, je sens l'émotion me prendre à la gorge, les larmes de bonheur ne sont pas loin, comme chaque fois que quelque chose me touche.

Il doit être maintenant proche de midi, le soleil est à la verticale, j'enfile délicatement les jambes de mon short pantalon car j'ai l'impression que mes genoux rougissent. Des iles apparaissent, comment les différencier du reste du paysage ? C'est là qu'il y a des arbres. Ou vas t'on ? Est ce encore loin ? La position devient inconfortable.

Un plan d'eau dégagé, les mokoros se dirigent vers un arbre, contourne un groupe de roseaux et vire à angle droit, avant de forcer le passage, en arrachant force mottes de terre, d'un chenal trop étroit, des palmes me frolent les bras, une étendue d'eau libre, un forte poussée sur la perche et nous voilà échouer sur notre île pour 2 nuits, 3 jours. Avant de se lever, attendre que toutes les embarcations soient arriver en gardant surtout les mains à l'intérieure.

Et puis voilà venu le moment d'installer le camp, peu de place entre les racines des arbres qui nous fournissent de l'ombre. Les feuilles mortes crissent sous nos pas, l'endroit le plus dégagé est reservé à la cuisine salle à manger, c'est la que l'on ferat le feu. Nous on se dégotte des petites places à peu près planes entre les crottes d'hyppos ou d'éléphants et l'on monte la tente. On pousse une branche dégage une souche, aplanissant le sol comme l'on peut.

Voilà notre petit chez soi installé, les WC sont installés au soleil en lisière de végétation avec vue magnifiquement dégagée sur nul part.

Voilà je suis quelque part au coeur du DELTA DE L'ONKAVONGO, "naufragée" volontaire sur une île, je sais que je suis sur une île,mais elle est entourée de végétation, tout est vert autour de moi, l'eau ? On la devine seulement.

La suite de cette histoire....ça c'est une autre histoire.

Loopkin est ce que cette disserte correspond à ton attente ? Si mes profs de français pouvaient me lire maintenant, ils n'en reviendraient pas , quand le sujet m'interesse je suis intarissable (peut être suis je hors sujet ?). Par contre là ou ils me reconnaitraient certainement, c'est pour les fautes d'orthographes et de grammaires, et là je présente mes plates excuses à tous le monde.

Zabinouk
-------
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Images attachées:

AA007.JPG - Sujet de dissertation géantropique
Image postée par le membre zabinouk dans la discussion «Sujet de dissertation géantropique».
AA023.JPG - Sujet de dissertation géantropique
Image postée par le membre zabinouk dans la discussion «Sujet de dissertation géantropique».


opai
France

Photo/image personnelle du membre opai.

Description de la photo/image: Approchant du lac salé Tso-Kar, Rupshu, est du Ladakh.


4 mai 2005 à 15:21

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Re: [Loopkin] avis à tout VF: sujet de dissertation géantropique [En réponse à] Répondre

C'est l'été et je suis à Petra...Après avoir marché depuis le lever du soleil, je décide de me reposer en allant dans une niche, perchée en hauteur, sur les flans d'une falaise. Allongé, je vois onduler un temple, sous l'effet de la chaleur...comme un mirage. Je suis dans un demi sommeil. Le vent me raffraichi et me berce. Le souffle est continu, soutenu. Cette monotonie est quelquefois rompu par un âne amoureux ou en colère. Je suis à l'écart ne perçoit rien d'humain.Chacune de mes cellules est en contact avec le grès raffraichissant. Les yeux toujours fermés, j'embrasse intérieurement les grands espaces minéraux traversés toute la journée. Mon corps se relâche, perd son enveloppe et devient aussi étendu que ce désert. Je ne suis plus ici, je ne suis plus maintenant. Lentement, les sons redeviennent plus précis, des voix au bas de la falaise me ramènent dans le temps. Le soleil est tombé, les roches se sont teinté de rose et de vert. Je ne suis plus dans le même décor qu'avant mon repos....
-------
"Même au plus haut des trônes du monde, on est jamais assis que sur son cul!" (Montaigne)

http://notesvagabondes.free.fr


lafleur
porto, Portugal

Photo/image personnelle du membre lafleur.


5 mai 2005 à 4:33

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Re: [Loopkin] avis à tout VF: sujet de dissertation géantropique [En réponse à] Répondre

ça y est j'ai mon billet....je pars dans 3 semaines.....j'arrive à peine à le réaliser.....j'attends ce départ depuis tant de mois.....je veux partir, j'en ai marre de rester ici......ma famille me manque mon pays aussi...........je veux froler de nouveau le sol de Porto.....allez pourquoi les heures passent si lentement.....je suis en cours et j'entends à peine ce que raconte mon prof de maths "2/3 est plus petit ou égale à 2x".........."si la droite passe par le milieu"............je m'en fiche de ce qu'il raconte je regarde par la fenêtre.....le ciel est pâteux......il va pleuvoir......peut m'importe j'ai l'impression de voir du soleil partout..........je suis trop heureuse je pars dans 3 semaines......bon sang c'est long.....allez encores un effort......je rentre chez moi et compte les heures.....c'est horrible, je ne tiendrai jamais....."mais si Telma, allez courage", j'essaye de me raisonner !!!!

Ca y est on est la veille......oh lalala !!!!! Je rêve tellement que j'ai oublié de faire mon sac ! Je m'en fiche tout ce que je veux c'est ne pas perdre mon billet !! "Papa, ou est mon billet ?" "t'en fais pas il est là" !!!! 5min plus tard "papa, t'as toujours le billet, hein, il n'est pas perdu ?" "Mais, non t'en fais pas !!! Fais donc plutôt tes bagages !!!" Ok allez j'ouvre ma valise.....hop je mets des fringues chauds car l'hiver est rude et humide au Portugal !.....j'oublie pas ma brosse à dent.....hop, ma brosse à cheveux.....au bout de 30 min chrono j'ai bouclé ma valise........20h.......j'entends "madame, monsieur bonsoir, dans l'actualité de ce vendredi 12 Février 2005.........." début des infos......j'essaye de passer le temps.....attends ou est mon billet ? Ah voilà c'est bon je l'ai........22h30 je vais me coucher..........doit me lever tôt demain...........23h....toujours pas sommeil.......je vois déjà mon arrivée là bas.......0h......je ferme les yeux.......1h du mat' je m'endors complètement........7h30 ! Debout allez papa dépêche toi je veux partir !!!! Départ pour l'aéroport.....arrivée.....enregistrement des bagages....aurevoir papa, "amuse toi bien et fais pas de bêtises !" "oui papa" ! "appelle moi dès que t'es arrivée" !!

L'avion part à 11h......j'arrive enfin à Porto !!!! 12h30 heure locale !!!! "Ola Telma !" ça y est j'entends parler ma langue.....je sors de l'aéroport.....je plane complètement......le ciel est bleu....ça sent bon....ça sent quoi d'ailleurs ? ......le bonheur ! Oui le bonheur !!!!

On monte dans la voiture et commence à rouler.......on arrive sur des routes pavées comme elles sont si bien faites la bas.....la voiture saute dans tous les sens.....je suis heureuse..........ça y est on s'approche de chez ma grand-mère.......oh mais qui je vois sur le trottoire ? Oui ma cousine, ma grand-mère......ma cousine me saute au cou ! "Ola prima ! Tudo bem ?" "sim esta tudo bem e contigo ?"..........je suis dans un rêve.....mon rêve...........je monte dans la maison, pose mes sacs...........le soleil tape fort.....je me mets près de la fenêtre pour sentir sa chaleur.....je suis tellement bien que.....oups j'ai oublié d'appeller mon père pour lui dire que je suis bien arrivée !!!! Je le fais en vitesse et.....des amis viennent me chercher pour sortir....à peine eu le temps d'arrivée que me voilà déjà au rythme du Portugal !!! S'amuser, se reposer.....oui voilà ce que je suis venue faire ici......allée j'arrête de penser, de réfléchir, d'organiser ceci ou celà.....stop je relâche la pression et profite de chaque instant........je suis heureuse..........heure du goûter !!! Enfin je mange local.....Mmmmm c'est trop bon....indéscriptible......on monte dans la voiture....j'allume immediatement la radio "radio cidade" ! j'entends des animateurs portugais.....les chansons fusent....j'ouvre la vitre pour sentir l'air de Porto me taper sur le visage.....

Maintenant je me tais, le reste de mes souvenirs je les garde.....au risque de paraitre egoïste c'était trop beau et je ne veux pas que ces souvenirs sortent de ma tête..........je les garde.....j'étais tellement bien.....heureusement que j'y retoune en septembre.....pour toujours....je vais pouvoir vivre mon rêve au quotidient.....portugal rime avec calme, sérénité....difficultés économiques certes mais joie de vivre.....simplicité des gens.....attendez moi je sui là dans 118 jours........
-------
Souriez et la vie vous semblera bien plus belle ;)


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Loopkin
Lyon, France



5 mai 2005 à 18:10

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Re: [zabinouk] avis à tout VF: sujet de dissertation géantropique [En réponse à] Répondre


 Citation 
Loopkin est ce que cette disserte correspond à ton attente ? Si mes profs de français pouvaient me lire maintenant, ils n'en reviendraient pas , quand le sujet m'interesse je suis intarissable (peut être suis je hors sujet ?).




Totalement! Merci beaucoup. C'est très parlant, et on s'imagine les photos avant de les avoir vues. Les petits détails visuels, sonores ou olfactifs ou tactils que tu glisse tout le long ajoutent énormément. On s'y croit réellement, même pas besoin de fermer les yeux (sinon, de toute façon, la lecture s'arrête). Ces précisions sensorielles sont la preuve que la représentation spatiale est bien plus précise et efficace quand on les utilise.

A un moment tu triches, mais c'est très efficace aussi. Tu délègues la description à Monet, excellent représentateur d'espaces, notamment végétaux, même si d'une autre manière, et en ajoutant une précision calorifique. Bien joué. Et ça marche. Ceci dit, parfois, à Giverny, il peut faire 35 degrés, voire plus, cf dernière canicule en 2003.

Merci aux autres, aussi. Je n'y ai pas répondu directement. Je réponds juste à Zabinouk qui m'a directement posé une question.

Je ferai des commentaires plus généraux (qui suis-je pour me le permettre? enfin...) plus tard lorsque j'aurai plus de copies.

La suite siouplait? Je me régale. Portugal, Pétra, La Paz... D'autres lieux, por favor! Miam!
-------
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lepiaf
Nantes, France



6 mai 2005 à 4:52

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Re: [Loopkin] Piton de la Fournaise [En réponse à] Répondre

6 heures et demi du mat, nous commençons à grimper.
Le sentier est abrupt et, très vite, la végétation disparaît.
Nous marchons maintenant directement sur la roche volcanique.
Il n'y a plus de sentier, juste des pointillés blancs peints sur la roche.
Il fait très beau et il n'y a pas un nuage, mais il paraît que le brouillard ou les nuages peuvent très vite rendre nulle la visibilité.
La température est très agréable, bien plus fraîche qu'au niveau de la mer d'où nous sommes partis de Saint-Benoit à 5 heures, dans le noir.
Les réunionnais ont la chance de pouvoir trouver la fraîcheur en altitude.
Nous grimpons d'un bon pas, en randonneurs aguerris.
Nous avons l'impression d'être sur la lune, l'absence totale de végétation est très inhabituelle, mais ce qui l'est encore plus, c'est l'absence complète de bruit, il n'y a même pas un cri d'oiseau, et il n'y a pas d'odeur non plus sauf celle de la roche et il n'y a pas d'eau non plus.
C'est à croire qu'il n'y a aucune vie sur le volcan.
Nous grimpons toujours, et commençons à apercevoir des fumerolles.
Je suis excité, c'est la première fois que je vais voir un volcan en activité.
Maintenant, le silence est troublé régulièrement par les touristes qui survolent le volcan en avion ou en hélicoptère.
C'est bien dommage pour nous, même si le spectacle doit être magnifique vu du ciel, ce que je constaterai quelques jours plus tard en bénéficiant d'un bon plan, c'est à dire voler avec les pilotes amateurs de l'aéroclub de Saint-Denis.

Nous arrivons enfin au sommet.
Plusieurs cratères s'offrent à nos yeux, nous passons de l'un à l'autre, je suis heureux.
Nous prenons des photos bien sûr, puis pique-niquons au dessus de marmites fumantes.
Autour de nous un panorama à 360 degrés, c'est magnifique.
Les nuages arrivent, l'ascension à cette époque (fin novembre) doit être effectuée très tôt le matin si on veut avoir une bonne visibilité.
D'autres randonneurs nous rejoignent, nous étions les plus matinaux et les premiers en haut.
Quel bonheur.
C'était il ya 20 ans, je m'en souviens comme si c'était hier.


Alan
France

6 mai 2005 à 11:16

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Message supprimé. [En réponse à]

(Ce message a été supprimé par le membre Alan le 16 novembre 2007 à 4:54.)



zabinouk
La Croix sur Lutry,, Suisse



6 mai 2005 à 12:47

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Re: [Loopkin] avis à tout VF: sujet de dissertation géantropique [En réponse à] Répondre

Merci Loopkin d'avoir lancé ce sujet.

C'est finalement incroyable la sommes de détails que j'avais enmagasiné, je n'ai quasiment pas eu besoin de mon carnet de voyage, ni même de regarder les photos, toutes les impressions me revenais au fur et à mesure.

C'est comme si j'avais vécu cette matinée une deuxième fois, alors Merci

J'ai pas triché concernant Monet, car c'est la pensée qui m'est venue à plusieurs reprises, là bas sur place.

En tout cas ça me donne des idées, premièrement concernant les voyages passés, revoir si je peux reprendre des notes, voir ce que je peu refaire ressurgir comme souvenirs, et deuxièment pour mon prochain voyage en Aust. Nouvelle Zelande.
-------
Je soutiens le projet d'une école au Zanskar http://www.rigzen-zanskar.org


zabinouk
La Croix sur Lutry,, Suisse



6 mai 2005 à 12:55

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Re: [Alan] Les Victoria Falls ...... [En réponse à] Répondre

MUSI- OA- TUNYA

La fumée qui gronde.

Merci Alan de ce partage, j'ai les larmes aux yeux en te lisant.

C'était tellement beau, et moi je les aient, seulement vu à la saison sèche, ce grondement, cette chaleur humide... oui tout revient illico.

Les babouins? Je les ai seulement vu voler du pain à la douane entre Zimbabwe et Zambie. Sinon je les ai cotoyé de plus près en Tanzanie, ils nous ont même "aider à ranger nos sacs, un matin au lac Manyara.

Merci Isa
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Je soutiens le projet d'une école au Zanskar http://www.rigzen-zanskar.org


Ailleursland
Paris, Ailleurs, France

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7 mai 2005 à 6:22

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Re: [Loopkin] avis à tout VF: sujet de dissertation géantropique [En réponse à] Répondre

Il est presque midi, le point de non retour est proche. Le nez collé sur le verre frais et parsemé de givre, j’admire la carte du ciel d’un œil attentif et émerveillé.

D’en haut se dessine une multitude de formes ovales, parfois rondes, toutes d’une époustouflante imperfection. Sous mes yeux se dresse majestueusement un gigantesque jeu de dames, dont les pions avancent au fur et à mesure que nous approchons.

La partie est bien entamée. Pour mon plus grand bonheur, les pions éparses m’offrent un spectacle de variétés de couleurs dont la dominante est le bleu; bleu gris, bleu violine, bleu vert, sur une vaste étendue d’eau bleue…marine.. Je me sens infiniment petite face à la beauté qu’il m’est offert de contempler.

A mesure de notre progression, les formes et les couleurs se précisent. Les pièces du jeu grossissent à vue d’œil. Les teintes bleues se déclinent en un vert d’eau plus prononcé, on pourrait presque y apercevoir le mouvement des arbres frappés par une légère brise.

Mais il est encore trop tôt, trop de pieds nous séparent encore du mouvement de la terre.
Pour immortaliser l’instant, je prends un cliché de ce vaste damier, en espérant continuer la partie une fois l’oiseau posé.

Et je contemple encore ce merveilleux spectacle, bercée par les micro nuages au milieu d’un ciel azur…jusqu’à ce qu’un tintement sonore vienne me rappeler que nous sommes prêts à attérir. « Attachez vos ceintures ».…la dame Malé est devant nous, nous clame le commandant…la partie est terminée…

Vue de mon hublot….Maldives
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" Dans un grain de sable voir un Monde et dans chaque fleur des champs le Paradis.
Faire tenir l'Infini dans la paume de la main et l'Eternité dans une heure..."
W. Blake


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Loopkin
Lyon, France



31 mai 2005 à 12:18

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Re: [Loopkin] avis à tout VF: sujet de dissertation géantropique [En réponse à] Répondre

Première vague de correction. Je suis à Buenos Aires, il fait gris et frais, je suis arrivé hier. Je vais tenter de voir Hergé. En attendant, je me repose un peu, et en profite pour enfin, faire un debriefing, avec mes vagues (voire nulles) connaissances en analyse de texte. Pfffff.... Vous avez le droit de rigoler, mais soyez indulgents, s'il vous plait.




Klokette:

Klokette privilégie surtout la vue pour décrire son arrivée à La Paz, ville mythique pour lui. Son récit est rempli d'émotions et de subjectivité. L'utilisation d'autres descriptions sensorielles un peu plus rares, comme le sens du sacré (ou pour le moins du transcendant), de l'orientation, et de l'autre, complètent bien le tableau et donnent une idée précise de l'espace tel qu'il fut perçu par Klokette. Précision de la subjectivité, un paradoxe? Pour la géantropie, non.

J'en frissonne. Dès le départ, l'émotion est là. Et elle fait plus appel au sens du transcendant qu'aux autres sens.

J'écarquille les yeux, la vue, à saturation, goûlument.

dans un ailleurs inconnu ou je me sens bien, qui me parait familier, ou parait me correspondre totalement dans le sens ou j'ai l'impression enfin de me trouver et de rattraper mon destin. Espace nouveau perçu de manière transcendentale. Idée d'énergies positives et compatibles avec Klokette.

Le vertige: sens de l'orientation. Rarement utilisé dans les descriptions. Un plus indéniable.

A la fin, Klokette nous parle des gens qui occupent l'espace décrit. C'est ce qu'on peut appeler le sens de l'autre, qui est incontournable, surtout dans un espace aussi habité que La Paz!!!




Zabinouk:

Le récit de Zabinouk est extrêmement dense en indications tactiles. De plus, ces indications sont très précises, variées, et poétiques. Ce récit est, selon moi, une perle de représentation spatiale. Je vais tenter de le décortiquer linéairement ci-après pour le prouver. Ce récit est celui qui m'a le plus projeté dans l'espace qu'il décrit. Et avec délice. Les différents sens (même les sens un peu plus difficiles à cerner que les 5 sens) se relaient tour à tour, se superposent, s'entremêlent, pour donner un tableau complet, bien plus complet, évidemment, qu'une carte, de ce qu'est le delta de l'Okavango. Afrique!

Dès le début, les indications sont extrêmement précises. Heures, température, sons. L'univers sonore est très développé et les idées passent parfaitement. On s'imagine l'herbe haute, les insectes qui vrombissent sous la chaleur déjà forte et inquiétante du petit matin, et la nuit passée à guetter et tenter de deviner la source de chaque son incongru et inquiétant.

Le toucher est à la fête lorsque Zabinouk décrit ce qu'elle ressent dans la tente avant de s'extirper de son duvet. Mais l'ouïe n'est pas pour autant délaissée, gràce à trois petites lettres: zip. Inspection des sanitaires à cause des bébettes et de la saleté. Visuel. Pour la première fois. Etonnant. En général, le champ visuel est le premier et le plus utilisé. L'effet obtenu est bon car il suit l'ordre naturel du réveil. D'abord le son, le toucher, l'odeur (description des cuisiniers qui préparent le petit déjeuner), puis la vue et le goût. En général. Parfois, l'odeur ou le toucher peuvent intervenir en premier s'ils sont les sources du réveil.

Le toucher intervient très souvent. Béton frais et rugueux, indications de températures lors de la douche, puis du petit déjeuner. Enfin, le goût arrive en force. Puis encore le toucher, et toujours accompagné d'expressions ou de comparaisons très précises et justes (la tasse en émail qui fait rêver mais qui brûle, c'est tellement vrai!). La poussière, qui gène, c'est encore le toucher. La chaleur déjà insupportable, c'est toujours le toucher.

Le sens de la vue revient, mais carrément saturé par les reflets sur l'eau. La vue vient lorsqu'elle est nécessaire. Je cherche une place à l'ombre est accompagné d'indications visuelles sur le mouvement des plantes et de la faune. De sens normalement passif (sauf si on ferme les yeux), dans ce récit, la vue est transformée en sens actif, c'est à dire volontaire. Je regarde ce que je vois, je vois si je veux voir.

Le toucher revient vite. La poussière se cole sur la crême solaire. Tellement vrai, cela aussi! On vit la chose grâce à ces petits détails. Ces détails qui changent tout. Ces détails qui donnent vie et qualité littéraire à un récit.

Direction vers l'Est. Indication de direction (sens de l'orientation). Important, car cela change la perception visuelle: réverbération terrible. Le visuel est volontairement imprécis, car le paysage est imprécis, dans cette rencontre fractale entre terre, eau, et végétation (espèce de lagune, ébauche de canaux, par où va-t-on passer?). Pendant qu'elle y est, Zabinouk donne une petite touche de toucher dans le canal, fouettée par un roseau. Indication non réellement nécessaire, mais qui, une fois encore, change tout à la précision de la description. C'est réellement dense et étroit, l'affaire. Puis le son revient. D'abord pour justifier une scène visuelle (envol des oiseaux), puis pour décrire une sensation (Il n' y aurais pas le bruit du moteur, j'aurais la vision d'un matin de commencement du monde).

nous la traversons d'Ouest en Est, sur une courte distance, mais quand on ne sait pas ou l'on vas les distance paraissent toujours énormes. Indications d'orientation et de désorientation. Le sens de l'orientation modifie la perception de l'espace (de la distance, ici). Idée intéressante.

Les description du matériel (fond de la pirogue, tasse de thé, sol de la douche, tente) sollicitent surtout la vue, mais aussi le toucher. Deux en un. Très efficace, et encore une fois, cela permet de mieux rendre compte de ce qu'elle a vécu en ces lieux.

En mokoro, la vue est toujours aussi floue, à cause de la complexité du terrain. Et le mouvement (toucher) est insolite. La description qui suit est visuelle, et plus précise. Les couleurs apparaissent, mais on ne s'en rend pas compte à la première lecture, tant elles ont toujours été là dans le récit, même si jamais elles ne furent nommées (sauf le thé noir et quelques éléments verts). Grâce à l'utilisation des autres sens, Zabinouk nous a livré des cargos entiers de couleurs depuis le début. Même dans la nuit inquiétante qui a précédé son réveil. Et le toucher reste là, indélogeable, pour donner une indication de température et de différence. D'unique différence avec un style de peinture suffisamment connu pour qu'on puisse y avoir recours pour décrire un lieu sans risquer de donner une indication incompréhensible. Artifice facile, certes, mais pourquoi s'en priver si la scène est si proche de ce que Monet a peint avec ses Nimphéas?

Zabinouk, dans un soucis d'équité, rend ensuite vite hommage à l'ouïe, par le silence interrompu parfois. Là encore, on s'y croirait. C'est précis, tellement réel, mais poétique à la fois.

Zabinouk arrive dans un endroit plus dégagé. Changement d'ambiance. C'est très visuel. Mais aussi émotionel. Plus que jusqu'alors. La description précise, un brin trop rigoureuse (mais sans perdre en poésie) laisse la place à l'émotion. Mais toujours avec précision. Les points touchés sont la gorge et les yeux, pas loin de rendre larme.

Mais le soleil est impitoyable. Il faut revenir à la réalité, à cause des coups de soleil, de la sensation d'oppression que le caractère imprécis du terrain exèrce, et de la position inconfortable (toucher, vue, toucher).

en gardant surtout les mains à l'intérieure. Sens du goût? Celui que sentiraient les crocos si la consigne n'était pas respectée? Sens de l'autre, plutôt. Sentiment d'une présence hostile.

avec vue magnifiquement dégagée sur nul part: j'imagine que cette figure de style porte un nom. Je ne les connais malheureusement pas (et je sens que ça me fait cruellement défaut dans ce décorticage). Ce qui est certain, c'est que l'effet escompté est là et renforce cette sensation de dépaysement et d'étrangeté que le sens de la vue transmet (plus que les autres sens, dans ce récit).

Merci Zabinouk, tu nous a livré non pas un récit, mais un morceaux de notre planète de la taille d'un delta de grand fleuve africain. Pour que dalle. Juste le prix d'une connexion à internet, le temps de prendre le temps de lire cet espace.




Opai:

C'est beaucoup plus court, mais aussi dense en indications sensitives. Et aussi, voire encore plus, poétique. Les indications de sens sont précises même si elliptiques comme ici: Cette monotonie est quelquefois rompu par un âne amoureux ou en colère. Nulle part dans cette phrase n'intervient directement un mot du champ lexical sonore. Mais on comprend qu'il s'agit des cris des ânes (un cheval hennie, mais un âne? aidez moi s'il vous plait, mon français s'érode ces temps-ci, si loin de la France). Le réveil, une fois encore, est décrit dans l'ordre des signaux. D'abord les sons.

L'idée du changement de l'espace à travers le temps alors qu'Opai est resté rigoureusement au même endroit plusieurs heures est intéressante et prouve que la notion de temps est indissociable de celle d'espace. Et qu'un espace n'est représentable ponctuellement que pour un temps donné. A t + dt (un peu plus tard), l'espace n'a rien à voir. Et ce, que ce soit en ville ou dans la nature.




Je fais une pause, je parlerai des autres après manger, mon estomac se tortille avec une forme malicieuse et moqueuse. Comme si écrire était plus important que manger!!! Il se marre le gars. Jaune. Jaune gastrique.
-------
Geantropie, Vivre l'espace
http://geantropie.free.fr


Fabricia
Alpes Maritimes, France

Photo/image personnelle du membre Fabricia.

Description de la photo/image: Amber Fort, Rajasthan, octobre 1994 : une belle indienne offre aux visiteurs un gobelet d'eau puisée dans sa cruche.


31 mai 2005 à 12:52

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Re: [Loopkin] avis à tout VF: sujet de dissertation géantropique [En réponse à] Répondre

Clin d'oeil Félicitations, cher Prof' Loopkin : ces fines et savantes analyses méritent une excellente note = 18/20 !

(On dit qu'un âne "brait")

Bonne nuit sous le ciel argentin... Hi-han... je rectifie : Bonne journée et bon appétit...




-------
Fabricia -
Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)


(Ce message a été modifié par Fabricia le 31 mai 2005 à 13:07.)


Loopkin
Lyon, France



31 mai 2005 à 12:54

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Re: [Fabricia] avis à tout VF: sujet de dissertation géantropique [En réponse à] Répondre

Merci pour la méta-analyse, et merci pour braire, effectivement. Braire. C'est fou d'oublier des choses pareilles. On dit même, parait-il, tu me fais braire. J'espère que je ne fais pas braire les lecteurs de cette longue discussion.
-------
Geantropie, Vivre l'espace
http://geantropie.free.fr


zabinouk
La Croix sur Lutry,, Suisse



31 mai 2005 à 13:06

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Re: [Loopkin] avis à tout VF: sujet de dissertation géantropique [En réponse à] Répondre

Pfff! quelle surprise pour moi, premièrement c'est sacrément interessant de voir analyser un de mes écrits, mais la surprise vient du fait que le sens du toucher semble prendre la première place dans ma description.

J'en suis baba, moi qui pensais que mon point fort c'était la vue.Cool

Merci beaucoup pour la "correction", j'ai appris beaucoup d'un coup.
-------
Je soutiens le projet d'une école au Zanskar http://www.rigzen-zanskar.org


Loopkin
Lyon, France



31 mai 2005 à 14:04

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Re: [Loopkin] avis à tout VF: sujet de dissertation géantropique [En réponse à] Répondre

Mon estomac faisant moins le malin après la dose que je viens de lui injecter, et surtout à cette vitesse, je reprends:




LaFleur:

Non, je n'ai pas mal mangé, et non je n'ai rien contre toi, et non, ce n'était ni du lion ni de la hyène. Et je suis désolé de commencer comme ça, mais voilà: ce que tu as écrit est un peu hors sujet. Tu ne décris pas vraiment un espace, à part quelques moments sur lesquels je reviendrai. La première partie, en particulier, bien que pleine d'émotion, n'est pas de la représentation spatiale. Tu ne décris aucun lieu, mais tu décris l'idée d'un pays (et un pays est un espace, cela, je te l'accorde). Tu décris surtout, dans cette partie, via des histoires de fractions ou de journaux télévisés qui te passent à dix mille kilomètres au dessus du crâne, à quel point tu es focalisée sur une seule chose, le Portugal, qui te manque tant et qui signifie tant pour toi. Mais je le répète, tu ne représentes, au sens de description, aucun espace dans cette partie.

Ensuite, il y a quelques descriptions parlantes, et comme par hasard, ce sont celles qui font appel aux sens (de toute façon, c'est le principe même d'une description).

D'abord des sons: ta langue. On imagine le bonheur. Puis le climat (vue et toucher principalement): le ciel est bleu, alors qu'à Paris, il était pâteux (en passant, je trouve que c'est une image forte, et c'est un adjectif qui ne se prête normalement pas à un ciel, cette figure de style porte un nom, que j'ai appris il y a peu, mais voilà, j'ai oublié). Et il y a cette odeur de bonheur. Pas la peine d'en dire plus.

la voiture saute dans tous les sens.....je suis heureuse. On imagine la scène où tu es heureuse d'être bousculée dans tous les coins, ce qui est normalement désagréable est tant chargé de signification que ça te rend heureuse (comme moi quand je sens l'odeur du soufre, ça me rappelle trop l'Indonésie et ses volcans, alors qu'objectivement, ça pue). Dans ce cas présent, on a donc une descrition sensorielle subjectivisée (et donc alterée) par ce qu'elle représente pour celui qui a ressenti ce qu'il décrit.

Enfin je mange local.....Mmmmm c'est trop bon....indéscriptible...... Dommage que tu n'en ais pas profité, justement, pour décrire le goût que tu as senti, à la manière, par exemple, de Zabinouk. C'est ce genre de choses que j'attendais!

j'entends des animateurs portugais.....les chansons fusent....j'ouvre la vitre pour sentir l'air de Porto me taper sur le visage..... Oui, là, on s'imagine bien. Son, toucher, et odorat se rejoignent en une seule sensation: le retour au bercail et tout ce qu'il veut dire. On sent que le vent dans les yeux n'est pas le seul facteur à les rendre aussi humides.

Dans tous les cas, merci d'avoir partagé une t