
olive31
France

9 octobre 2007 à 10:19
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27. journée de repos La journée du lendemain est consacrée au repos, nous restons au camp 2 où nous faisons un point rapide sur la situation : Nous avons des rendez-vous à ne pas manquer : -au camp de base, le retour de nos jeunes muletiers, -à Javshanguz , le chauffeur de marshroutka. Les calculs sont simples : il nous reste un seul et unique jour pour tenter le sommet, ensuite nous n’aurons plus de nourriture au camp 2 et nous raterons nos rendez-vous si nous tardons à descendre. Ca sera donc demain ou jamais ! La journée est occupée à se reposer et se désaltérer, à dormir et à construire un abri pour nous protéger du soleil brûlant. En effet , dormir dans la tente est insupportable : c’est un four ! Avec un brin de corde nous entourons deux gros blocs et tissons un genre d’étendage multifils sur lequel nous plaçons les duvets. Le pare-soleil ainsi obtenu est idéal pour faire la sieste et la journée s’écoule tranquillement tout en contemplant la face nord du Marx et la voie suivie hier : vraiment on n’était pas loin du but ! 28. Le Sommet ! (le lendemain) : Toujours moyennement en forme et alors que nous nous levons très tôt dans la nuit, Nicolas décide de rester au chaud dans la tente. Il n’est pas monté avec nous lors de la précédente tentative et il ne s’est donc pas acclimaté comme nous aux effets de l’altitude. Il préfère ne pas risquer de nous retarder . Mais, alors que je passe la tête par l’ouverture de la tente, une mauvaise surprise apparaît. Le ciel est noir, on ne voit pas les étoiles, des nuages couvrent une bonne partie du firmament et surtout ces nuages semblent se rapprocher de nous. J’annonce mes observations à Jérôme et Nicolas et leur fait remarquer que depuis un mois que je suis dans le pays je n’ai encore pas eu de mauvais temps. D’ailleurs tous ces jours derniers nous n’avons eu que du grand beau ciel bleu (à part le jour de l’arrivée à Javshanguz). Ne connaissant pas ce que peut donner une tempête de neige dans le massif du Pamir mais pouvant très bien l’imaginer, je préfère dire d’entrée qu’il n’est pas raisonnable de tenter le sommet aujourd’hui. Non seulement on risque de ne pas y arriver (brouillard, vent, neige) mais en plus on prendrait de gros risques… Dépités et condamnés à l’échec (c’était notre seule chance) nous nous recouchons pour attendre le lever du jour et entamer la descente. ...................... Vers 5h30 ce matin là, je repasse la tête en dehors de la tente et là, je demande à Jérôme de sortir pour voir. En effet, avec le jour on voit mieux à quoi ressemble le ciel et il semble bien que les nuages soient moins nombreux, en tout cas ils passent assez haut, n’accrochent pas le sommet et ne paraissent pas trop menaçants. Nous restons le nez en l’air de longues minutes sans arriver à nous décider. Bon, finalement, qui ne tente rien n’a rien, on décide d’y aller, on verra bien, on scrutera les masses nuageuses et on fera gaffe. Il nous faut très peu de temps pour enfiler guêtres, baudriers, crampons et faire les anneaux de cordes. Nous reprenons nos traces de la veille et avalons la pente. Je me sens en bien meilleure forme côté ventre et je sais que nous avons quelques globules rouges en plus dans le sang grâce à l’effort fourni l’avant veille. Ca devrait pouvoir se faire cette fois-ci ! En effet, nous montons au pas de course et très rapidement nous pouvons prendre pied sur l’arête nord ouest. La vue sur l’Indu Kush est bouchée aujourd‘hui. En réalité le mauvais s’est accroché sur les montagnes afghanes et ca a l’air de bien barder là-bas ! N’est ce pas le tonnerre qu’on entend ? Les nuages s’arrêtent au dessus de la vallée du Wakhan et nous ne recevons que quelques bribes inoffensives. Pourvu que ça dure ! La trace que nous avions tant peinés à faire l’autre jour est tassée et nous pouvons la suivre et la remonter facilement et rapidement. Arrivé au point de notre demi-tour , l’optimisme est au plus haut, avec la patate qu’on a aujourd’hui c’est obligé d’y arriver. En effet nous nous relayons pour faire le reste de trace dans la grande traversée sous le sommet et bientôt sans beaucoup nous arrêter pour souffler longuement comme la dernière fois, nous voici contre les rochers sommitaux. Tout en bas, très bas, un tout petit point jaune est visible :la tente du camp 2. Est-ce que Nicolas nous voit d’où il se trouve ? Le glacier principal est très beau en vue aérienne et nous devinons la prairie du camp de base des yacks là-bas tout en bas : c’est la tache verte ! Pour contourner les rochers sommitaux une dernière pente et une facile arête de neige nous permettent le passage. La surprise du chef nous est réservée par une ultime crevasse camouflée par la neige fraîche et dans laquelle je passe une jambe...petite frayeur pour me rappeler qu'on n'est pas à la plage ! En réalité il s’agit d’une sorte de mini-rimaye qui sépare les rochers sommitaux de la pente de neige en dessous. Nous contournons cette crevasse par la gauche en sondant avec les bâtons télescopiques et dès lors que le bâton ne s’enfonce plus, nous montons tout droit. Ca y est plus que 15 mètres et on arrive. Quelques rochers très faciles matérialisent le sommet. Pas de croix, pas de drapeaux à prières, pas d’offrandes à la montagne comme sur tant d’autres sommets du monde. Non, ici, c’est la sobriété : Un tout petit cairn matérialise le sommet. Nous sommes bien contents, pas trop fatigués et nous sortons les appareils photos pour immortaliser l’instant. Puis c'est la contemplation du paysage pour quelques minutes, pas plus, rien ne sert de s’éterniser ici ! Une poignée de raisins sec plus tard et après avoir ingurgité un infâme morceau de chocolat russe, nous prenons le chemin de la descente. L’euphorie du sommet anesthésie la fatigue et nous dévalons les pentes à bonne allure . Cette fois nous choisissons de désescalader directement les 300 m de la pente raide sans chercher à l’éviter comme avant hier. Sans nous presser et en restant précautionneux cela se fait très bien et gagne beaucoup de temps. Nous sommes tellement rapides qu’une fois revenus au grand col il nous faut attendre allongés au soleil sur les sacs et nos vestes que les derniers séracs et ponts de neige fragiles repassent à l’ombre et regèlent en fin de journée. Une bonne sieste n’est d'ailleurs pas de refus, le soleil nous chauffe. Une grosse heure après, dès que le froid arrive enfin sur nous, la descente se poursuit sans encombre. Nous retrouvons Nicolas avec plaisir et sommes contents pour lui car même s’il n’est pas venu avec nous c’est une aventure qui s’est faite à 3 avec lui . D’ailleurs si nous n’avions pas ces rendez-vous je crois bien qu’on le motiverait avec Jérôme pour nous accompagner une deuxième fois au sommet. Mais là ce n’est plus possible, nous avons terminé notre nourriture et devons descendre pour retrouver les mules. Nico est quand même dépité et ne peut s’empêcher de se culpabiliser d’avoir été malade depuis le début. J’en connais pas mal qui ne seraient sans doute pas montés jusqu’à ce camp 2 dans son état, alors il n’a rien à se reprocher, il n’a jamais été un poids pour nous et il a porté sa part de matériel et de vivres dans cette histoire. Des montagnes il y en a plein de part le monde et il pourra en gravir d’autres dans sa vie ! Voir le compte-rendu de Nico et Jérôme qui bénéficiaient d'une Bourse "Expé" : http://www.laphotodusixiemejour.com/blog/?page_id=21
(Ce message a été modifié par olive31 le 18 octobre 2008 à 1:27.)
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