
Sawaddeekha Coeur en Thailande, Belgique

11 février 2005 à 5:24
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Vendredi (heu, non … samedi) 16/8 Rendez-vous à 07.00 avec Monsieur Chhe, notre chauffeur de tuk-tuk. Nous commençons par acheter 6 litres d’eau pour 1 $ … Ensuite, direction Angkor Thom où nous entrons par la porte Sud. Magnifique, impressionnant … super. L’allée qui mène à la porte est bordée d’un côté de dieux et de l’autre côté d’asuras, et tous tiennent un énorme naga, qui sert au barattage de la Mer de Lait. On pense que le Bayon = symbolique du pivot pour le barattage. Ensuite, nous passons la porte, qui est surmontée de 4 visages comme les tours du Bayon. Nous nous y rendons de ce pas, au Bayon. Là aussi nous restons bouche bée devant ces tours imposantes. L’entrée du temple en soi est moins impressionnante que le temple vu de l’intérieur, avec ses innombrables tours et visages. Nous nous promenons au hasard des escaliers et des couloirs. Nous rencontrons un japonais de la JSA, qui mène actuellement des travaux de restauration au Bayon. A l’arrière du temple, d’innombrables blocs de pierre, dont beaucoup avec des bas-reliefs, attendent de réintégrer leur place dans ce puzzle géant. Nous rejoignons ensuite M. Chhe, qui nous montre le chemin du Baphuon. Il n’y a pour l’instant pas grand-chose à y voir, des travaux de restauration sont en cours et la "pyramide" est fermée au public. Ici c’est l’Ecole Française d’Extrême-Orient qui mène les travaux, grue et béton à l’appui. Nous nous baladons ensuite, grimpons au sommet du Phimeanakas, puis contournons celui-ci pour longer les piscines. Nous cherchons ensuite la Terrasse des Elephants et celle du Roi Lépreux, mais il est difficile de s’orienter au milieu des temples et de la forêt. Il est ensuite temps de se reposer un petit peu ; il est midi et les heures les plus chaudes de la journée approchent. Nous déjeunons au Angkor Café, seul restaurant climatisé en face d’Angkor Vat. Les autres, non climatisés, sont plutôt des cabanes et proposent de la cuisine khmère très bon marché (et très bonne, on y est allés aussi !   ). L’Angkor Café vend de beaux objets d’artisanat khmer réalisés par les Chantiers-Ecoles, qui s’occupent de donner une formation et donc un avenir aux jeunes défavorisés entre 18 et 25 ans. Ils apprennent à sculpter, tisser, etc. Ce sont les Artisans d’Angkor. Après un excellent repas (moi : Amok Fish : un poisson blanc, assez ferme, dans une sauce au lemon grass avec un lait de coco très onctueux et un zeste d’épices ; Pierre : Khmer Roasted Chicken : poulet grillé servi du « morning glory » et des oignons – le tout arrosé d’une bouteille d’environ 75 cl d’Angkor Beer... hips). Nous prenons ensuite la direction de Ta Prohm. Soudainement, M. Chhe arrête le tuk-tuk. Il déroule des feuilles de plastique fixées par du velcro tout autour du tuk-tuk et enfile un poncho imperméable … nous nous remettons en route et en effet il pleut 10 mètres plus loin que l’endroit où nous nous sommes arrêtés. Arrivés à Ta Prohm, plus l’ombre d’une goutte de pluie. Nous demandons à M. Chhe de nous déposer à la porte Est, et nous le rejoindrons à la porte Ouest. Ta Prohm a été laissé dans l’état où les archéologues l’ont trouvé. On a bien dégagé quelques allées afin de permettre le passage, mais les bâtiments, certains encore debout, d’autres écroulés, sont pour la plupart prisonniers de racines de fromagers et de ficus énormes. Ils sont également la proie du lichen. Ce temple se trouve donc dans l’état où se trouvaient la plupart de leurs homologues au siècle dernier, avant leur restauration. Ta Prohm possède de ce fait un charme spécial ; il dégage une atmosphère quasi magique. Nous avons bcp aimé. A l’entrée de Ta Prohm nous avons vaillamment fait face aux enfants – et adultes – vendant pêle-mêle tams-tams, sacs, cartes postales et guides sur Angkor. Nous entrons dans l’enceinte de Ta Prohm. Je téléphone à la maison et puis nous nous tartinons généreusement de crème solaire. Ta Prohm a beau être à l’abri de la végétation, le soleil tape dur et nous sommes déjà assez rouges comme ça. Une femme et une petite fille s’approchent encore de nous pour nous vanter les mérites de leurs produits – qui, entre nous, ne sont vraiment pas chers – mais nous n’achetons rien encore. Puis, voyant que nous nous mettions de la crème solaire, elles engagent la conversation. Notre peau est blanche – surtout la mienne !- et ça a l’air de les intéresser. Elles nous disent qu’elles préfèrent notre peau à la leur, qui est plus burinée. Elles parlent relativement bien l’anglais, à force d’être en contact avec les touristes. Nous prenons congé d’elles et nous dirigeons enfin vers les ruines. Nous tombons sous le charme, d’autant plus que très peu de touristes sont sur place. On doit être 5 en tout. Il tombe quelques gouttes de pluie ici et là, juste de quoi nous rafraîchir un petit peu. Nous n’avons jamais transpiré autant qu’aujourd’hui, même dans un sauna ou dans un hammam !! Pourtant il ne fait pas étouffant du tout, il y a de l’air. Les racines des fromagers sont énormes ; les arbres sont tout aussi monumentaux que les constructions humaines. Les fromagers dominent les ficus – tout au moins en quantité. Les racines des fromagers sont très grosses et présentent une couleur beige doré tandis que celles des ficus sont plus fines et de couleur grise. L’endroit est également envahi de perruches, qui font un boucan d’enfer. On les aperçoit fugitivement lorsqu’elles volent d’arbre en arbre, mais deviennent invisibles lorsqu’elles se posent. Elles sont vertes et assez petites. Nous avons l’intention, ce soir, d’assister à un concert gratuit donné par un docteur pour financer son hôpital pour enfants … et justement M. Chhe nous propose d’y aller. Beatocello – Kantha Bhopa Le Dr. Beat Richner est un pédiatre suisse qui a travaillé dans un hôpital pour enfants au début des années ’70. Il a dû partir lorsque les Khmers Rouges ont pris le pouvoir, mais il est revenu en 1991. Sa fondation compte à présent 3 hôpitaux : un à Siem Reap et deux à Phnom Penh … Ils ne fonctionnent qu’avec très peu de subsides du gouvernement cambodgien (?) et de la Suisse, et dépendent donc totalement des dons privés. Entre deux morceaux ou chansons, le docteur nous explique que les 3 hôpitaux de Kantha Bhopa s’occupent gratuitement des enfants de familles pauvres qui ne pourraient pas se permettre de les faire soigner sinon. 80% de ces enfants n’auraient aucune chance de survie sans soins adéquats. Nombre d’entre eux sont atteints de tuberculose, qui s’attaque non seulement aux poumons, mais aussi aux os, au cœur, … Ils ont également créé une maternité pour empêcher la transmission mère-enfant du virus du SIDA et soignent les mères et leurs enfants. Le salaire mensuel d’un médecin dans un hôpital gouvernemental s’élève à 20 $, or il faut en moyenne 260 $ par mois pour faire vivre une famille comptant 4 enfants. D’où le fait que médecins et infirmiers vendent des médicaments « sous le comptoir » aux familles khmères nanties afin de gagner de quoi vivre. Dans les hôpitaux de Kantha Bhopa, ils proposent des salaires décents aux médecins et infirmiers qu’ils forment, et pensent donc éviter ce fléau. Il prêche pas mal pour sa chapelle et a visiblement eu maille à partir avec l’OMS, qu’il ne semble pas porter dans son cœur. Il faut dire que l’OMS ne l’a pas particulièrement aidé non plus … Enfin tout ça c'est ce que Richner a raconté, on ne l'a pas vérifié. Son concert ne sera pas le moment musical le plus grandiose que nous ayons vécu, mais en sortant nous donnons de l'argent à la fondation et je leur achète un T-Shirt, j'en avais justement besoin -- ce qui s'appelle faire d'une pierre deux coups !
"If you look like your passport photo, then in all probability you need the journey" - Earl Wilson.
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