
crevette78 Pontault-Combault, France

18 août 2007 à 12:24
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Départ vers les îles Après quelques jours passés sur la capitale, nous quittons Bangkok pour nous aérer les neurones. Xav' est ravi, ses yeux souffrent pas mal de la polution, il est temps de faire un break. Nous avions arrêté notre choix sur Koh Mak, dans le parc maritime de Koh Chang près de la frontière cambodgienne, avant même de quitter le sol français. Sa proximité nous permettait de ne pas perdre trop de temps en transport, quant à la tranquillité du lieu c'était le critère principal ! Oliv' prend un dernier café avec nous à la gare routière d'Ekkamai. On prend nos billets au guichet, et on file une fois n'est pas coutume, direction le bar japonais face à la gare. Assez cher, mais le café est de qualité ! En revanche, le thé... Il est l'heure, on grimpe à bord du bus, c'est parti pour 6 heures de route jusqu'à Trat, la ville la plus proche de l'embarcadère. Deux arrêts en route nous permettent de nous dégourdir les pattes, de grignoter un bout, soulager nos vessies, mais surtout nos oreilles ! Les films de kung-fu chinois, ça fait du bruit !! A 17h, nous sommes à Trat, petite bourgade de province, sans charme particulier, mais où il fait bon se détendre avant de prendre la mer. Nous allons poser nos affaires dans la guest house conseillée par Serge, le libraire de la ville. Cette guest house, c'est un rêve ! 120THB la nuit avec douche commune et de l'eau chaude ! Le cadre est très joli, tous les planchers sont en teck, la déco est sobre, mais de bon goût (Yael, le jeune co-propriétaire de la guest est sculpteur et l'aménage avec quelques une de ses pièces). Nous filons manger un bout chez "Joy", un petit restau tenu par un couple franco-thaï. Ici se retrouvent les expat's du coin, et on se rend vite compte qu'ils sont très nombreux. On apprend que les bateaux ne partent pas depuis 3 jours pour cause de vent. Aïe... c'est un truc qu'on n'avait pas envisagé. Bon, pas de panique, on passe la nuit ici, si demain, les bateaux ne partent toujours pas, on bouge, c'est pas les possibilités qui manquent ! Serge nous invite à venir partager un repas avec les farangs du coin qui fêtent le départ de l'un des leur, un suédois installé à Trat depuis quelques années. On préfère ne pas s'incruster pour le repas et on reste manger chez Joy. En revanche, on finit la soirée avec eux, la Chang coule à flot, on discute avec des anglais, des suédois, des français... On partage leurs expériences d'expat'. Tout parait si simple, ça fait envie, c'est sûr ! Le lendemain matin, nous tergiversons sur notre départ... Et si une fois arrivées sur l'île, le mauvais temps nous empêchait de revenir ? Et si on ratait l'avion ?... On décide de partir mais d'écourter notre séjour d'une journée pour limiter les risques. Nous partons pour le port, le bateau est prévu à 15h. Il fait beau, le vent s'est calmé, et nous apprenons que les bateaux repartent depuis le matin. Ouf ... Nous approchons du bateau, c'est une chaloupe de pêcheur, reconvertie au transport de fret et de passagers. On s'installe à l'étage, sur les transats, la mer est d'huile, c'est parti pour 3 heures de bonheur. Koh Mak A l'arrivée du bateau, nous cherchons le pick-up du Cococape resort où j'ai réservé. Nous finirons par l'attraper in-extremis juste avant qu'il ne quitte les lieux. A l'intérieur du resort, on en prend plein les yeux ! C'est magnifique, mais c'est vide, le vent à fait fuir les touristes, nous allons bientôt comprendre pourquoi... Tout est disponible, internet, des kayaks, des VTT, des scooters, du matériel de plongée, il y a un restaurant qui fait une cuisine divine (faut juste pas être trop pressé) et le personnel est d'une gentillesse... On découvre notre bungalow en mezzanine perché dans les cocotiers, c'est sublime... Tout est en teck, et de la terrasse, la vue est à couper le souffle ! Faut dire aussi qu'on y a mis le prix, et que pour le coin, c'est vraiment pas donné !! 1800THB la nuit, sans petit déj'... Mais on s'était dit que vu le peu temps où nous y serions, on pouvait se faire un petit plaisir. On a eu un vrai coup de coeur pour cette île ! Il y règne une atmosphère vraiment sympa, tout le monde se connaît, les proprios des bungalows de l'île sont plus ou moins de la même famille. C'est tout petit, 16km2 ce qui permet de faire le tour de l'île très facilement à pied, en VTT ou en scooter pour les moins courageux. L'île vit du tourisme, encore peu développé (ça risque de ne pas durer...) mais surtout de ses plantations de cocotiers et d'hévéas. On y mange dans des gargotes en bord de plage pour pas cher, on discute avec les locaux, les touristes, on profite du soleil, du calme. On peut même y boire du vrai café ! Si, si fait avec un percolateur, j'vous jure !! Mais pour cela, il faut retourner au port. On peut même en profiter pour y relever ses mails. Le hic, c'est le vent. La trêve aura été de courte durée, des orages au large du Vietnam nous l'ont renvoyé. Pas de chance, notre resort est situé sur la côte nord de l'île, la plus exposée au vent. Et quand ça souffle, les palmes d'un cocotier, ça fait du bruit ! Alors imaginez, quand vous dormez au milieu de dizaines de cocotiers... Et bien, en fait, vous ne dormez pas, vous attendez que ça se calme ! Mais du côté ouest, sur les plages, c'est le calme plat ce qui nous permet d'en profiter pendant la journée. Au bout de 3 jours, on commence à s'inquiéter du vent qui persiste et on préfère rentrer en bateau avant que la mer ne soit trop mauvaise. Il faut dire que la nuit précédente, on n'a presque pas fermé l'oeil avec le bruit des palmes de cocotiers. Le lendemain matin à 7h30, nous sommes au port prêts à embarquer. Il faut enjamber un autre bateau pour se glisser à bord du notre. A peine à bord, on nous équipe de gilets de sauvetage. Tiens, c'est marrant, on n'a pas eu ça à l'aller ! Un jeune allemand qui connaît bien l'île me dit que c'est le signe d'un voyage musclé. Il a l'air sérieux, ce qui ne me rassure pas du tout ! On part 3/4 d'heure plus tard, et à peine avons-nous quitté les côtes de l'île que nous sommes à la merci des vagues et du vent. Tout le monde est trempé, le bateau commence à tanguer sérieusement, et certains voyageurs passent du blanc au vert. Tout d'un coup les moteurs se coupent, nous sommes au milieu de creux de 3 mètres, la situation commence à m'angoisser. Le jeune allemand, qui parle thaï, revient m'expliquer que le capitaine a décidé de faire demi-tour. La mer est trop mauvaise et le bateau risque de casser à tout moment. Je ne desserrerais les fesses qu'au retour sur la terre ferme. On passe la moitié de la journée au port en espérant que le vent se lève, mais il faut se rendre à l'évidence, nous passerons une nuit supplémentaire sur l'île. Il nous faut donc trouver un endroit où dormir. Hors de question de retourner au Cococape, on a envie de dormir cette nuit ! Après que le gentil propriétaire du café m'ait proposé de partager son lit (véridique !), on débarque au Sunset resort, un petit ensemble de bungalows à l'ambiance baba cool, ou nous logerons pour 300THB dans une petite maison en bord de mer. C'est le jeune couple de proprio qui a tout construit, que de la récup' ! Ils nous assurent que dès demain, nous pourrons reprendre la mer car un ferry vient depuis le continent tous les week-end. C'est chouette, on se sent un peu en famille ici. On passera la soirée avec un couple suisso-indonésien que nous avons croisé plusieurs fois ces derniers jours. Il nous faudra 1/4 d'heure de discussion en anglais pour nous rendre compte que nous parlons tous français ! Un remake de la Grande Vadrouille "But you are French ?" Le lendemain matin, le ferry nous attend. Nous quittons Koh Mak à regret, mais soulagés de pouvoir rejoindre la capitale à temps. Noël à Bangkok De retour à la maison !! On se sent chez nous dans ce studio au beau milieu de cette ville de fou ! C'est simple, nous n'avions prévu d'y rester que 4 jours, nous y passerons finalement plus de la moitié de notre séjour. Pourtant nous sommes loin d'en avoir fait le tour. Ce soir, c'est le réveillon de Noël, et si pour les thaïs, cette fête n'a aucune portée symbolique ou religieuse, ils ont bien compris que c'était une occasion commerciale en or ! On attribut les débuts du commerce aux chinois me semble-t-il, personnellement, j'ai des doutes... Tout est rouge et blanc dans les vitrines, et chaque personne que nous croiserons aujourd'hui ne manquera pas de nous souhaiter un "merry christmas !". Il nous reste un pécule non négligeable que nous allons faire fondre (que je vais faire fondre ...) dans les allées de Chatuchak dès 9h ce matin ! Mes talents de négociatrice sont rodés, même Oliv' me félicite : "Il te reste plus qu'à te faire brider les yeux !" Nous repartons habillés pour l'été suivant et pourvus d'un sac supplémentaire pour ramener nos achats. Retour au Pantip l'après-midi, je laisse tomber les enceintes, Xav' craque sur son MP3. On achète quelques jeux vidéos qui resteront finalement chez Oliv', Xav' craignant le passage des douanes françaises à l'arrivée. Le soir, Oliv' et Pam nous proposent le marché de nuit de Suan Lum et un karaoké. Le marché n'est pas aussi grand que Chatuchak ou Pratunam, et les articles s'adressent plus à une clientèle de touristes. Mais c'est chouette de faire ça à la tombée de la nuit. C'est très animé. Nous mangeons à la terrasse d'un resto italien. Pas top...On devrait pourtant le savoir "A Rome, fais comme les romains !". La pizza de Xav' manque de fromage, mon martini est noyé dans l'eau et les glaçons... En revanche, au niveau de l'addition, ça cartonne : 2400THB à 4, record battu ! Et pour un truc vraiment pas génial. Pas grave, c'est Noël, on se détend et on se chauffe la voix avant le karaoké. On arrive non pas dans un bar ou un hôtel mais au bas d'un immeuble, au lobby on ne peut plus classique avec réception. Ici, on loue sa salle privée en fonction du nombre de convives. Pam me raconte que parfois les employés viennent chanter, seuls, sur leur pause déjeuner. Ce concept typiquement asiatique du karaoké me fait sourire ! Installé dans notre "salon", chacun y va de sa sélection de chanson. L'alcool coule à flots et les serveuses sont là pour s'assurer que vous ne manquez de rien. Quand je vous dis que je suis sûre que c'est eux le commerce ! J'ai un peu de peine pour Pam car je la sens isolée au milieu de nos beuveries et nos chansons occidentales. J'espère juste qu'elle ne se sera pas trop ennuyée. Il est 1h du matin, et comme partout à Bangkok, c'est l'heure de la fermeture. On se charge d'ailleurs de nous le rappeler en téléphonant directement dans le salon. Et pour que le message soit clair, on vous coupe la télé et la sono à distance ! Encore une fois, l'addition est salée, nous aurons sur la journée dépenser 1/4 de notre budget global... On n'est pas super fier, mais après tout, on s'est fait plaisir. On sera plus raisonnable la prochaine fois ! Un p'tit tour et puis s'en vont Le retour approche, la morosité nous guette. Ce soir, on reprend l'avion pour Paris. On quitte une ville et un pays qui nous ont fait une forte impression, et puis on quitte Pam et Oliv', et ça aussi c'est triste ! On part se balader du côté de Pratunam, mais le coeur n'y est pas. Un dernier taxi, un dernier café sur Ratchada, j'ai les yeux partout (également sur la serveuse qui fait les yeux doux à Xav' !), je veux tout fixer dans un coin de mémoire. Ne rien oublier de tout ce qu'on aura vu, fait, goûté, entendu, senti. Bangkok se vit avec les 5 sens. Tous les sourires, les petits mots appris en thaï, la gentillesse, les mots manquent face à ce trop plein d'amour pour cette ville inconnue il y a encore 15 jours. On se prend nous aussi à rêver d'une expatriation soudaine. Nous sommes pourtant conscients de tout ce que cela implique en terme de difficultés. La propriété est quasi impossible pour les étrangers, le travail que l'on propose est celui qui n'est pas exécutable par un thaï (autant dire pas grand chose), les run-visas tous les mois à frontière pour rester dans une semi-régularité tolérée (jusqu'à quand ?...), l'apprentissage du thaï, les mentalités, le protectionnisme, etc... Et l'intégration... on ne sera toujours qu'un blanc, aussi respecté que l'on soit ! Mais tout cela vaut peut-être le coup d'y réfléchir. Rien ne se doit d'être immédiat ! 5, 10,20 ans... Oliv', garde nous quand même une petite place, on ne sait jamais ;-) Les bagages sont faits, la réceptionniste de l'immeuble nous appelle un taxi. Elle m'aime bien et me propose de partager son repas pour me faire goûter à d'autres plats typiques. Et surtout typiquement épicés... J'ai à peine le temps de me remettre de ma quinte de toux que le taxi est là et nous attend. On fait vite pour se dire au revoir, j'vais quand même pas me mettre à pleurer, j'ai ma fierté moi môssieur ! L'enregistrement est fait, la taxe est payée, les cigarettes achetées, l'embarquement se fait à l'heure. Notre 747 s'envole vers Paris. Il est 1 heure du matin. Le voyage de retour est mouvementé, à cause de turbulences au dessus de l'Inde. Je m'agrippe aux accoudoirs en attendant que ça passe... 27 décembre, 06h40 , nous sommes à Roissy. Ca s'engueule au passage des postes de police... Décidément, tous ces touristes n'ont rien appris de leur voyage en Asie. Il fait froid dehors, il neige, amplitude thermique :32°C perdus en 12 heures. Dis chéri, quand est-ce qu'on repart ?... THE END !
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