
Jissey
Marseille - Aix en Provence, France
30 décembre 2007 à 4:43
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Allez Gilles… Encore un contre ! Mais tu as prouvé que tu étais apte à affronter une discussion sans sortir de tes gongs et cela mérite le respect ! Tes propos me semblent symptomatiques de l’attitude Française actuelle (entre autres) prônant la divine obligation de privilégier le travail au détriment du rêve. Mais qu’est-ce qu’un rêve ? Un rêve n’est autre que le moyen le plus commode trouvé par notre corps (notre âme ?!, ou plutôt celle offerte en jouissance par ce divin créateur lui-même) pour nous montrer la voie, celle nous permettant de découvrir, développer et en fin de compte rendre justice au créateur de ces capacités dont il a choisi de nous gratifier. Alors doit-on mettre au rancart ces rêves disposés à nous offrir la vie la plus adéquate possible à assumer pleinement et réaliser nos propres valeurs et compétences. Cela, bien entendu, au profit d’une pensée unique visant à enrichir toujours plus une minorité de grands patron en exploitant la grande majorité des autres individus. Ne naît-on pas pour développer et profiter de nos compétences pour pouvoir, ensuite, les offrir et les partager ? Aujourd’hui, il semble que non ! Les valeurs ont été rigoureusement chamboulées, renversées dans le but de nous transformer en agneaux bien obéissants au cerveau, et surtout à la volonté, croupissants. Pourtant le mouvement est au cœur de la vie. Imaginez une Terre ne tournant plus autour du soleil, n’étant plus soumise à sa propre rotation sur elle-même : plus de pesanteur… plus de vie. Imaginez une rivière dont les eaux galopantes si rafraîchissantes iraient se perdrent dans une mare pour y croupir en masses nauséabondes. Bien sûr, me direz-vous, il y a de la vie la dedans ! Mais quelle vie ! Des créatures se dévorants les unes les autres. C’est à cette mare que je comparerais la France, et le monde socialement civilisé en général, actuels. Des individus poussés à se combattre, se marcher les uns sur les autres, se dévorer suivant des règles archaïques plus animales qu’humaines. Ne devrait-on pas plutôt partager ses richesses pour que, chacun y joignant sa propre richesse, on puisse faire de cette Terre un monde où il fasse bon vivre ? Comment peut-on transformer ce paradis en enfer en prétendant être dans le juste ? Cela me dépasse. Une question a été posée : « Vous êtes patron. Deux CV presque identiques arrivent en final pour un boulot. Le premier candidat sort des études. Le second est sorti il y a un an et a fait un TDM d'un an. Lequel recrutez-vous et pourquoi ? Jouez le jeu car vous avez eu un avis sur mes choix. » Etant moi-même en pleine préparation d’un tour du monde en vélo et en pleine autonomie, il est évident que cela va influer sur mon choix. Mais je suis aussi et surtout obstinément orienté sur l’épanouissement de l’individualité avec l’idée de créer une union de ces individus aussi complète et fructueuse possible. Pour la présentation je suis un grand rêveur mais n’hésitant pas à adopter les coutumes de cette société que j’ai tant décriée. En effet, je m’appuie aussi sur un point de vue de chef d’entreprise ; photographe de profession j’ai tenté de « vendre » à mon banquier la création d’un studio photographique innovant et inédit en France, mais pas ailleurs, où de telles entreprises génèrent des chiffres d’affaires de 500 000 € annuels, voire plus.. Dialogue de sourd… discussion perdue d’avance ! - Mon banquier : « la photographie n’entre plus dans nos grilles, elle est devenue inapte à produire des entreprises financièrement sécuritaires ! Les chiffres sont là pour le prouver, vous voyez, juste là sous mon doigt ! - Moi : Certes, mais ces chiffres ne s’appliquent pas à moi précisément puisque aucune entreprise de la sorte n’existe encore en France ! Par ailleurs les chiffres sont ceux que je vous ai donnés ! - Mon banquier : non, non, en France cela ne fonctionnera pas ! Regardez donc, la photographie à baisser de moitié ! Juste là sur mon écran ! Aujourd’hui tout le monde fait ses photos lui-même ! - Moi : c’est justement pourquoi ce studio fonctionnera, parce que la nouveauté est de proposer l’irréalisable au plan individuel. Et puis entre nous si les Français sont capables de dépenser des fortunes dans des produits high-tech juste pour avoir le bon design alors pourquoi ne craqueraient-ils pas sur un produit rehaussant leur propre valeur d’autosatisfaction tout en leur offrant un souvenir éternel. - Mon banquier : voyons ! Les clients ne sont pas si bêtes. Si ils peuvent le faire eux-mêmes pourquoi paierait-ils pour l’avoir ? - Moi : mais puisque je vous dis qu’ils ne peuvent pas le faire eux-mêmes ! - Mon banquier : BOF ! Voici donc pourquoi je choisirais, seul contre tous, , celui qui aurait fait un tour du monde. Ceci, bien évidemment, après rencontre des deux protagonistes et m’étant assuré que les deux possèdent les mêmes compétences et capacités : - D’abord, plus qu’un rêve, il me semble qu’il n’y a pas de moyen plus « concret d’entrer dans la réalité » que de la voir, de la vivre, de l’expérimenter sous toutes ses facettes ! Je parle d’un tour du monde pendant lequel ce jeune candidat aura vécu au contact des locaux, se faisant gracieusement inviter par les autochtones, partageant leur nourriture, leurs joies, leurs difficultés, écoutant de leurs expériences, apprenant de leur sagesse toutes plus différentes les unes que les autres. Pas de voyages organisés avec comme guides des compatriotes issus de pays développés. Pas de voyages durant lesquels on dormira dans des hôtels luxueux pour se rendre en limousine sur la plage distante de 300m. Pas de voyage qui aura coûté 50 000 € pour 6 semaines. - Un tel individu qui aura donc su se jouer des difficultés de la route, aura su se donner les moyens de réussir là où des millions d’autres ne font que rêver, tout cela pour découvrir que l’on nous a trop souvent menti sur ces difficultés et cette réalité, ou tout au moins très exagéré… Cet individu-là… je l’adopte illico ! Et ne le laisse plus partir sinon lors de congés sans soldes, tous les trois ans s’il le souhaite ! Car je sais qu’il me reviendra, comme il est déjà revenu une fois, la tête pleine d’image et le corps revitalisé pour affronter les trois années suivantes avec brio. Combien de voyageurs ont déjà adopté ce train de vie : revenir travailler 6 mois / 1 an et repartir un an ou deux sur les routes ! Il y a, je crois, bien pire comme vie ! Notez que je ne mésestime pas ceux qui restent. Chacun ses propres rêves ! Notez aussi que je n’attends pas de convaincre qui que ce soit… ceci n’est pas dit dans le but de fermer le clapet de qui que ce soit, peut-être quand même remettre quelques pendules à l’heure. Après tout comme je l’ai déjà dis, le mouvement est source de vie. Le mouvement dans tous ses états. Que ce soit celui du corps, de ses liquides corporels, de l’âme ou bien celui des idées et opinions. Cordialement, Jissey
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